Présidentielle en Tunisie: 26 candidatures validées sur une centaine Conférence de presse du président de l'ISIE pour annoncer les candidatures validées

Présidentielle en Tunisie: 26 candidatures validées sur une centaine

Le 14 août 2019 à 16:55

Modifié le 14 août 2019 à 19:55

Vingt-six candidatures à la présidentielle tunisienne anticipée du 15 septembre ont été validées et 71 écartées, au terme d'un examen préliminaire des dossiers, a annoncé mercredi l'Instance chargée des élections en Tunisie (Isie).

Les personnes dont le dossier a été rejeté peuvent déposer un recours sous 48 heures devant le tribunal administratif, qui sera appelé à trancher d'ici le 31 août, date à laquelle doit être publiée la liste finale des candidats, a ajouté lors d'une conférence de presse, Nabil Baffoun, président de l'Isie.

Parmi les candidatures rejetées figure celle de Mounir Baatour, qui se présente comme défenseur des droits des LGBTQ, bien qu'il soit contesté au sein de cette communauté. La candidature de cet avocat revendiquant ouvertement son homosexualité aurait constitué une première dans l'histoire du pays et du monde arabe.

"Le dossier de Mounir Baatour n'a pas été validé parce qu'il n'a pas recueilli les 10.000 signatures d'électeurs inscrits", comme cela est requis, a dit à l'AFP la porte-parole de l'Isie, Hassna Ben Slimane.

Chaque candidat doit disposer du parrainage de 10 députés, 40 maires ou de 10.000 électeurs inscrits dans au moins 10 circonscriptions.

D'autres candidatures ont été rejetées pour absence de garantie financière, le seuil ayant été fixé à 10.000 dinars (environ 3.200 euros), a ajouté M. Ben Slimane.

Seules deux femmes figurent dans la liste des 26 candidatures validées: l'ancienne ministre du Tourisme, Salma Elloumi, et Abir Moussi, une pasionaria du régime du dictateur déchu Zine el Abidine Ben Ali et présidente du Parti destourien libre. Abir Moussi était à 10% dans les derniers sondages publiés mi-juillet. Mais elle ne pourra pas fédérer les voix des libéraux laïcs comme elle s'y emploie, car elle est ouvertement conservatrice et s'est prononcée fermement contre le projet de loi d'égalité dans l'héritage entre les hommes et les femmes.

Deux populistes dans le lot: Nabil Karoui et Kais Essâaïed

La candidature de l'homme d'affaires et magnat des médias, Nabil Karoui, a également été retenue.

M. Karoui, un personnage controversé, est présenté comme un adversaire de taille pour le Premier ministre Youssef Chahed, candidat du parti Tahya Tounes, récemment fondé. Nabil Karoui est inculpé pour blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a comparu fin juillet pendant jour devant le juge d'instruction qui rendra sa décision finale début septembre, avant l'élection prévue le 15 du mois.

A aussi été validée la candidature de Abdelfattah Mourou, du parti à référentiel islamique Ennahdha. M. Mourou occupe temporairement la présidence du Parlement en lieu et place de Mohamed Ennaceur, devenu chef d'Etat par intérim après le décès le 25 juillet de Béji Caïd Essebsi.

Le ministre de la Défense, Abdelkrim Zbidi, sera également sur la ligne de départ, et celui-ci pourrait se révéler être un candidat majeur. Zbidi est un ancien ministre des Affaires sociales puis de la Santé sous Benali, jusqu'en 2002. Il est médecin, ancien doyen de faculté de médecine. Il a été endeuillé par un drame le 1er janvier 2002 lorsque son fils unique est décédé dans un accident de voiture.

Fin janvier 2011, une quinzaine de jours après la révolution, il a été appelé à devenir ministre de la Défense dans le gouvernement de transition. Sans appartenance politique, il se revendique de l'héritage bourguibien et il est perçu comme un homme propre entièrement dévoué à la nation.

Le match se jouera au final entre Youssef Chahed, Chef du gouvernement, Moncef Marzouki, ancien président, Abdelfattah Mourou, Nabil Karoui (s'il n'est pas condamné par la justice pénale d'ici là) et Abdelkrim Zbidi, ancien ministre de la défense.

Le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le 15 septembre, la campagne officielle devant se tenir entre le 2 et le 13. Les résultats de ce premier tour seront annoncés le 17 septembre, selon le calendrier électoral de l'Isie.

La date du second tour n'est pas encore déterminée.

Prévue en fin d'année, cette élection a été anticipée à la suite du décès de M. Caïd Essebsi, qui en 2014 a été le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

Ce pays pionnier des Printemps arabes de 2011 est parvenu jusqu'ici à poursuivre sur la voie de la démocratisation.

Ce scrutin présidentiel et les législatives prévues durant l'automne seront toutefois cruciaux pour l'avenir de cette jeune démocratie, qui reste confrontée à d'importantes difficultés économiques et sociales. (Avec AFP)

Conférence de presse du président de l'ISIE pour annoncer les candidatures validées

Présidentielle en Tunisie: 26 candidatures validées sur une centaine

Le 14 août 2019 à17:28

Modifié le 14 août 2019 à 19:55

Vingt-six candidatures à la présidentielle tunisienne anticipée du 15 septembre ont été validées et 71 écartées, au terme d'un examen préliminaire des dossiers, a annoncé mercredi l'Instance chargée des élections en Tunisie (Isie).

Les personnes dont le dossier a été rejeté peuvent déposer un recours sous 48 heures devant le tribunal administratif, qui sera appelé à trancher d'ici le 31 août, date à laquelle doit être publiée la liste finale des candidats, a ajouté lors d'une conférence de presse, Nabil Baffoun, président de l'Isie.

Parmi les candidatures rejetées figure celle de Mounir Baatour, qui se présente comme défenseur des droits des LGBTQ, bien qu'il soit contesté au sein de cette communauté. La candidature de cet avocat revendiquant ouvertement son homosexualité aurait constitué une première dans l'histoire du pays et du monde arabe.

"Le dossier de Mounir Baatour n'a pas été validé parce qu'il n'a pas recueilli les 10.000 signatures d'électeurs inscrits", comme cela est requis, a dit à l'AFP la porte-parole de l'Isie, Hassna Ben Slimane.

Chaque candidat doit disposer du parrainage de 10 députés, 40 maires ou de 10.000 électeurs inscrits dans au moins 10 circonscriptions.

D'autres candidatures ont été rejetées pour absence de garantie financière, le seuil ayant été fixé à 10.000 dinars (environ 3.200 euros), a ajouté M. Ben Slimane.

Seules deux femmes figurent dans la liste des 26 candidatures validées: l'ancienne ministre du Tourisme, Salma Elloumi, et Abir Moussi, une pasionaria du régime du dictateur déchu Zine el Abidine Ben Ali et présidente du Parti destourien libre. Abir Moussi était à 10% dans les derniers sondages publiés mi-juillet. Mais elle ne pourra pas fédérer les voix des libéraux laïcs comme elle s'y emploie, car elle est ouvertement conservatrice et s'est prononcée fermement contre le projet de loi d'égalité dans l'héritage entre les hommes et les femmes.

Deux populistes dans le lot: Nabil Karoui et Kais Essâaïed

La candidature de l'homme d'affaires et magnat des médias, Nabil Karoui, a également été retenue.

M. Karoui, un personnage controversé, est présenté comme un adversaire de taille pour le Premier ministre Youssef Chahed, candidat du parti Tahya Tounes, récemment fondé. Nabil Karoui est inculpé pour blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a comparu fin juillet pendant jour devant le juge d'instruction qui rendra sa décision finale début septembre, avant l'élection prévue le 15 du mois.

A aussi été validée la candidature de Abdelfattah Mourou, du parti à référentiel islamique Ennahdha. M. Mourou occupe temporairement la présidence du Parlement en lieu et place de Mohamed Ennaceur, devenu chef d'Etat par intérim après le décès le 25 juillet de Béji Caïd Essebsi.

Le ministre de la Défense, Abdelkrim Zbidi, sera également sur la ligne de départ, et celui-ci pourrait se révéler être un candidat majeur. Zbidi est un ancien ministre des Affaires sociales puis de la Santé sous Benali, jusqu'en 2002. Il est médecin, ancien doyen de faculté de médecine. Il a été endeuillé par un drame le 1er janvier 2002 lorsque son fils unique est décédé dans un accident de voiture.

Fin janvier 2011, une quinzaine de jours après la révolution, il a été appelé à devenir ministre de la Défense dans le gouvernement de transition. Sans appartenance politique, il se revendique de l'héritage bourguibien et il est perçu comme un homme propre entièrement dévoué à la nation.

Le match se jouera au final entre Youssef Chahed, Chef du gouvernement, Moncef Marzouki, ancien président, Abdelfattah Mourou, Nabil Karoui (s'il n'est pas condamné par la justice pénale d'ici là) et Abdelkrim Zbidi, ancien ministre de la défense.

Le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le 15 septembre, la campagne officielle devant se tenir entre le 2 et le 13. Les résultats de ce premier tour seront annoncés le 17 septembre, selon le calendrier électoral de l'Isie.

La date du second tour n'est pas encore déterminée.

Prévue en fin d'année, cette élection a été anticipée à la suite du décès de M. Caïd Essebsi, qui en 2014 a été le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

Ce pays pionnier des Printemps arabes de 2011 est parvenu jusqu'ici à poursuivre sur la voie de la démocratisation.

Ce scrutin présidentiel et les législatives prévues durant l'automne seront toutefois cruciaux pour l'avenir de cette jeune démocratie, qui reste confrontée à d'importantes difficultés économiques et sociales. (Avec AFP)

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