Prix et concurrence: Les cimentiers dans le viseur des parlementaires

Après la mission d'information sur le secteur bancaire, les parlementaires planchent sur la mise en place d'une nouvelle mission dédiée cette fois-ci au secteur du ciment. La procédure est en cours au niveau de la commission des finances de la Chambre des représentants. 

Prix et concurrence: Les cimentiers dans le viseur des parlementaires

Le 20 février 2020 à 16:17

Modifié le 20 février 2020 à 20:32

Le secteur du ciment est dans le viseur des parlementaires. L'information est rapportée en avant-première par notre confrère Hespress, et confirmée par Médias24. Une mission d'information exploratoire est en effet en cours de mise en place, à l'image de celle créée en début d'année pour le secteur bancaire. 

"Nous n'avons pas encore finalisé sa mise en place, la commission sur laquelle nous travaillons actuellement c'est celle du secteur bancaire", nous répond un membre de la commission des finances. 

C'est la troisième mission d'information temporaire qui sera mise en place au cours de cette législature, après celle sur les hydrocarbures dont le rapport a été publié en 2018, et celle sur le secteur bancaire actuellement en cours. 

Pour quelles raisons les parlementaires s'intéressent-ils au secteur du ciment ? D'abord pour analyser les prix pratiqués dans ce secteur, qui sont jugés élevés.

Le ciment marocain est-il cher ?

Médias24 a déjà consacré un article à cette question, constatant en effet que le ciment coûte cher au Maroc, alors que la demande n'est pas toujours au rendez-vous et que le secteur est en surcapacité de production. Les cimentiers augmentent leurs prix presque chaque année depuis le début de la décennie 2000.

En 2000, le prix du CPJ 45 (ciment utilisé pour les bétons armés courants et les bétons destinés aux travaux en grande masse) était de 860 DH la tonne chez les détaillants. En 2018, il est de 1.480 DH, soit une augmentation de 72% ou un taux de croissance annuel moyen de plus de 3%.

Si jusqu'en 2011, les augmentations de prix pouvaient se justifier par la progression de la demande, la consommation nationale de ciment a emprunté une trajectoire descendante pour atteindre 13,8 millions de tonnes en 2017 contre 16 millions en 2011. Alors que la demande se tassait, la capacité de production du secteur, elle, a connu un bond important à plus de 21 millions de tonnes.  

Le secteur enregistre une surcapacité de production, estimée actuellement à plus de 7 millions de tonnes. La demande n'a toujours pas renoué avec les niveaux de 2011. En 2019, la consommation nationale était de 13,6 millions de tonnes, en petite hausse de 2,52%.  

Malgré ce contexte, les prix continuent tout de même d'augmenter. L'analyse des comptes des opérateurs cotés en bourse nous avait permis à l'époque d'expliquer que ces hausses des prix leur permettaient surtout de maintenir des marges confortables, surtout en cette période de baisse de la consommation de ciment.

La marge nette de LafargeHolcim Maroc qui détient 55% de parts de marché est de 24%. Un niveau très élevé pour une activité industrielle.

Chez Ciments du Maroc (24% de parts de marché), la marge nette est de 23%. L'analyse de Médias24 se basait sur les données publiques disponibles.

Il convient à cette mission parlementaire d'aller plus en profondeur dans l'analyse de ces données. 

Quel niveau de concurrence dans le secteur ?

Le deuxième point sur lequel envisage de se pencher cette mission, une fois mise en place, c'est celui de la concurrence dans le secteur. Le marché marocain compte sept entreprises productrices dotées de 12 unités de production et 8 unités de broyage. 

Le marché marocain est impacté par les transformations que vit ce secteur à l'international, notamment en matière de concentration. Les opérations de fusion et/ou acquisition se sont multipliées ces dernières années. Conséquence d'une fusion de leurs maisons mères. Au Maroc, deux grands opérateurs ont fusionné, créant ainsi le leader actuel, LafargeHolcim. 

Pas plus tard qu'en janvier dernier, le Conseil de la concurrence a autorisé une nouvelle opération de concentration. Ciments du Maroc envisage de racheter deux unités de production appartenant à Anouar Invest (Atlantic Ciment, les Cimenteries marocaines du sud).

Prix et concurrence: Les cimentiers dans le viseur des parlementaires

Le 20 février 2020 à16:25

Modifié le 20 février 2020 à 20:32

Après la mission d'information sur le secteur bancaire, les parlementaires planchent sur la mise en place d'une nouvelle mission dédiée cette fois-ci au secteur du ciment. La procédure est en cours au niveau de la commission des finances de la Chambre des représentants. 

Le secteur du ciment est dans le viseur des parlementaires. L'information est rapportée en avant-première par notre confrère Hespress, et confirmée par Médias24. Une mission d'information exploratoire est en effet en cours de mise en place, à l'image de celle créée en début d'année pour le secteur bancaire. 

"Nous n'avons pas encore finalisé sa mise en place, la commission sur laquelle nous travaillons actuellement c'est celle du secteur bancaire", nous répond un membre de la commission des finances. 

C'est la troisième mission d'information temporaire qui sera mise en place au cours de cette législature, après celle sur les hydrocarbures dont le rapport a été publié en 2018, et celle sur le secteur bancaire actuellement en cours. 

Pour quelles raisons les parlementaires s'intéressent-ils au secteur du ciment ? D'abord pour analyser les prix pratiqués dans ce secteur, qui sont jugés élevés.

Le ciment marocain est-il cher ?

Médias24 a déjà consacré un article à cette question, constatant en effet que le ciment coûte cher au Maroc, alors que la demande n'est pas toujours au rendez-vous et que le secteur est en surcapacité de production. Les cimentiers augmentent leurs prix presque chaque année depuis le début de la décennie 2000.

En 2000, le prix du CPJ 45 (ciment utilisé pour les bétons armés courants et les bétons destinés aux travaux en grande masse) était de 860 DH la tonne chez les détaillants. En 2018, il est de 1.480 DH, soit une augmentation de 72% ou un taux de croissance annuel moyen de plus de 3%.

Si jusqu'en 2011, les augmentations de prix pouvaient se justifier par la progression de la demande, la consommation nationale de ciment a emprunté une trajectoire descendante pour atteindre 13,8 millions de tonnes en 2017 contre 16 millions en 2011. Alors que la demande se tassait, la capacité de production du secteur, elle, a connu un bond important à plus de 21 millions de tonnes.  

Le secteur enregistre une surcapacité de production, estimée actuellement à plus de 7 millions de tonnes. La demande n'a toujours pas renoué avec les niveaux de 2011. En 2019, la consommation nationale était de 13,6 millions de tonnes, en petite hausse de 2,52%.  

Malgré ce contexte, les prix continuent tout de même d'augmenter. L'analyse des comptes des opérateurs cotés en bourse nous avait permis à l'époque d'expliquer que ces hausses des prix leur permettaient surtout de maintenir des marges confortables, surtout en cette période de baisse de la consommation de ciment.

La marge nette de LafargeHolcim Maroc qui détient 55% de parts de marché est de 24%. Un niveau très élevé pour une activité industrielle.

Chez Ciments du Maroc (24% de parts de marché), la marge nette est de 23%. L'analyse de Médias24 se basait sur les données publiques disponibles.

Il convient à cette mission parlementaire d'aller plus en profondeur dans l'analyse de ces données. 

Quel niveau de concurrence dans le secteur ?

Le deuxième point sur lequel envisage de se pencher cette mission, une fois mise en place, c'est celui de la concurrence dans le secteur. Le marché marocain compte sept entreprises productrices dotées de 12 unités de production et 8 unités de broyage. 

Le marché marocain est impacté par les transformations que vit ce secteur à l'international, notamment en matière de concentration. Les opérations de fusion et/ou acquisition se sont multipliées ces dernières années. Conséquence d'une fusion de leurs maisons mères. Au Maroc, deux grands opérateurs ont fusionné, créant ainsi le leader actuel, LafargeHolcim. 

Pas plus tard qu'en janvier dernier, le Conseil de la concurrence a autorisé une nouvelle opération de concentration. Ciments du Maroc envisage de racheter deux unités de production appartenant à Anouar Invest (Atlantic Ciment, les Cimenteries marocaines du sud).

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