Procès ONCF: le parquet accable le conducteur

Au tribunal de première instance de Salé, le parquet a émis, ce mardi 12 mars, ses réquisitions dans le procès de Larbi Rich. Sans surprise, le représentant du ministère public a demandé la condamnation du conducteur du train ONCF accidenté le 16 octobre 2018 à Bouknadel.

Procès ONCF: le parquet accable le conducteur

Le 12 mars 2019 à 16:43

Modifié le 13 mars 2019 à 12:54

"Nous requérons une peine qui serait adaptée à la nature de l'infraction commise par Larbi Rich", a déclaré le substitut du procureur du Roi Rachid El Manjri, à l'issue d'un réquisitoire qui a duré une heure. Le magistrat s'est gardé de préciser la portée de la sanction, laissant ce point à l'appréciation du président El Malki Hizam.

Poursuivi pour homicide et blessures involontaires, conséquence de l'accident qui a fait 7 morts et 125 blessés, Larbi Rich risque théoriquement jusqu'à 5 ans de prison.

"Le prévenu n'a pas respecté la signalisation, ni donc la limitation de vitesse à 60km/h, d'où, in fine, le déraillement du train n°9", a résumé le procureur. Il impute le drame à "la maladresse et l'inattention" du conducteur, écartant toute autre cause que celles-ci.

"Le facteur humain est l'unique cause de l'accident, qui n'est le résultat ni d'un problème au niveau des infrastructures ni d'une anomalie au niveau du système de signalisation", a tranché M. El Manjri, rappelant en ce sens les conclusions des rapports dressés lors de l'enquête préliminaire et les déclarations des témoins auditionnés par le tribunal.

A plusieurs reprises, Larbi Rich a déclaré qu'au moment des faits, la signalisation n'indiquait pas 60km/h, mais plutôt une barre blanche verticale, synonyme de voie libre. C'est pourquoi, affirme-t-il, il circulait à plus de 157 Km/h au lieu des 60km/h requises à l'approche de l'aiguille, laissant penser à une erreur de signalisation.

" La probabilité d'erreur est de 1 sur 12 milliards, c'est-à-dire quasi-nulle. Au moment des faits, ce 1 sur 12 milliards ne s'est pas réalisé", rétorque le procureur, mettant l'accent sur la fiabilité du système de signalisation conçu par Bombardier. 

"Le prévenu s'est accroché à cette réponse malgré les contradictions qu'elle sous-tend et sans étayer son propos", a tancé le procureur, intervenant du haut de l'estrade face à un prévenu qui ne l'a pas quitté des yeux. Selon M. EL Manjri, l'nsistance du conducteur est une manière de "se dérober à ses responsabilités".

"La faute de Monsieur Larbi Rich n'est pas celle de l'homme moyen, mais celle du conducteur professionnel, compétent et averti", ajoute le procureur, rappelant que le prévenu conduit le train rapide depuis 2006 et "a été sélectionné parmi les meilleurs conducteurs" de la compagnie nationale.

Pourquoi accabler le conducteur alors qu'il n'a pas intentionnellement causé l'accident? "C'est une question qu'on m'a posée dès les premiers jours de l'affaire", raconte le représentant du procureur, qui concède: " Oui, il n'y avait, chez monsieur Larbi Rich, aucune volonté de provoquer le déraillement du train". Mais soupèse: "C'est d'ailleurs pourquoi il est jugé dans ce tribunal et pas à la Chambre criminelle".

Au moment où nous rédigions ces lignes, le président avait suspendu l'audience pour 15 minutes. A la reprise, l'avocat de l'ONCF, impliqué dans le volet civil de ce procès, son assureur Wafa Assurance et deux avocats de la défense devaient intervenir dans le cadre des plaidoiries, selon un planning que vient de nous dévoiler une source sur place.

Procès ONCF: le parquet accable le conducteur

Le 12 mars 2019 à17:05

Modifié le 13 mars 2019 à 12:54

Au tribunal de première instance de Salé, le parquet a émis, ce mardi 12 mars, ses réquisitions dans le procès de Larbi Rich. Sans surprise, le représentant du ministère public a demandé la condamnation du conducteur du train ONCF accidenté le 16 octobre 2018 à Bouknadel.

"Nous requérons une peine qui serait adaptée à la nature de l'infraction commise par Larbi Rich", a déclaré le substitut du procureur du Roi Rachid El Manjri, à l'issue d'un réquisitoire qui a duré une heure. Le magistrat s'est gardé de préciser la portée de la sanction, laissant ce point à l'appréciation du président El Malki Hizam.

Poursuivi pour homicide et blessures involontaires, conséquence de l'accident qui a fait 7 morts et 125 blessés, Larbi Rich risque théoriquement jusqu'à 5 ans de prison.

"Le prévenu n'a pas respecté la signalisation, ni donc la limitation de vitesse à 60km/h, d'où, in fine, le déraillement du train n°9", a résumé le procureur. Il impute le drame à "la maladresse et l'inattention" du conducteur, écartant toute autre cause que celles-ci.

"Le facteur humain est l'unique cause de l'accident, qui n'est le résultat ni d'un problème au niveau des infrastructures ni d'une anomalie au niveau du système de signalisation", a tranché M. El Manjri, rappelant en ce sens les conclusions des rapports dressés lors de l'enquête préliminaire et les déclarations des témoins auditionnés par le tribunal.

A plusieurs reprises, Larbi Rich a déclaré qu'au moment des faits, la signalisation n'indiquait pas 60km/h, mais plutôt une barre blanche verticale, synonyme de voie libre. C'est pourquoi, affirme-t-il, il circulait à plus de 157 Km/h au lieu des 60km/h requises à l'approche de l'aiguille, laissant penser à une erreur de signalisation.

" La probabilité d'erreur est de 1 sur 12 milliards, c'est-à-dire quasi-nulle. Au moment des faits, ce 1 sur 12 milliards ne s'est pas réalisé", rétorque le procureur, mettant l'accent sur la fiabilité du système de signalisation conçu par Bombardier. 

"Le prévenu s'est accroché à cette réponse malgré les contradictions qu'elle sous-tend et sans étayer son propos", a tancé le procureur, intervenant du haut de l'estrade face à un prévenu qui ne l'a pas quitté des yeux. Selon M. EL Manjri, l'nsistance du conducteur est une manière de "se dérober à ses responsabilités".

"La faute de Monsieur Larbi Rich n'est pas celle de l'homme moyen, mais celle du conducteur professionnel, compétent et averti", ajoute le procureur, rappelant que le prévenu conduit le train rapide depuis 2006 et "a été sélectionné parmi les meilleurs conducteurs" de la compagnie nationale.

Pourquoi accabler le conducteur alors qu'il n'a pas intentionnellement causé l'accident? "C'est une question qu'on m'a posée dès les premiers jours de l'affaire", raconte le représentant du procureur, qui concède: " Oui, il n'y avait, chez monsieur Larbi Rich, aucune volonté de provoquer le déraillement du train". Mais soupèse: "C'est d'ailleurs pourquoi il est jugé dans ce tribunal et pas à la Chambre criminelle".

Au moment où nous rédigions ces lignes, le président avait suspendu l'audience pour 15 minutes. A la reprise, l'avocat de l'ONCF, impliqué dans le volet civil de ce procès, son assureur Wafa Assurance et deux avocats de la défense devaient intervenir dans le cadre des plaidoiries, selon un planning que vient de nous dévoiler une source sur place.

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