Gnaoua au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco pour bientôt

Inscription de la candidature du dossier "L'art Gnaoua" sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture Unesco. Le verdict tombera en décembre 2019. 

Gnaoua au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco pour bientôt

Le 22 février 2019 à 14:59

Modifié le 22 février 2019 à 16:08
Relevant de l'Unesco, la commission inter-gouvernementale du patrimoine culturel immatériel a accepté la requête du ministère de la Culture et de la Communication, qui a proposé d'intégrer Gnaoua à la liste représentative du patrimoine culturel immatériel en déposant le dossier "L'art Gnaoua" auprès de l'institution onusienne. 
"Cette inscription prévue constituera une nouvelle consécration du patrimoine national en général et de la musique Gnaoua en particulier, qui constitue un héritage musical universel et humain et une expression symbolique du vivre en commun dans la diversité ethnique et culturelle au Maroc", indique le ministère dans un communiqué. 
Ce pas en avant est surtout l'aboutissement d'un long combat mené par l'équipe du Festival Gnaoua et Musiques du Monde et l'association Yerma Gnaoua. 
Contactée par Medias24, Neila Tazi, cofondatrice du festival annuel dédié à Gnaoua, nous a confié: "Nous attendons cette inscription depuis très longtemps. L’équipe du festival et l’association Yerma Gnaoua  ont envoyé la demande du dépôt du dossier d'inscription au ministère il y a 10 ans. Nous remercions donc le ministre M. Laaraj, et nous comptons sur la totale mobilisation et le suivi rigoureux de son département pour faire aboutir cette demande."
La décision finale sera prise lors de la 14e réunion annuelle de la commission inter-gouvernementale du patrimoine culturel immatériel prévue du 9 au 14 décembre 2019 à Bogotá, en Colombie. 
Interrogée sur l'aboutissement supposé de la réunion, Neila Tazi est confiante: "Cela fait 22 ans que nous sommes optimistes autour des Gnaoua, malgré les difficultés nous n'avons jamais baissé les bras. Ça peut être long mais nous cherchons à donner du sens à ce que nous faisons. Il ne suffit pas d'être inscrit, il faut le rester." 
"Les Gnaoua sont l'expression de nos racines africaines, ils nous renvoient également aux origines de toutes ces musiques que sont le Jazz de la Nouvelle Orléans, le Blues du Mississipi, la Santeria de Cuba, le Candomble  du Brésil etc...En 20 ans, les Gnaoua sont passés de l’ombre à la lumière, il faut garder à l'esprit leur histoire liée à la question de l'esclavage. L'inscription de leur art au patrimoine immatériel de l’Unesco préserverait une tradition orale ancestrale, un devoir de mémoire essentiel", a poursuivi notre interlocutrice.
 
Si l'art gnaoua intègre la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, il aura rejoint 7 autres éléments du patrimoine marocain déjà inscrits: L'espace culturel de la place Jemaa el-Fna, le Moussem de Tan-Tan, la diète méditerranéenne, la fauconnerie, le festival des cerises de Sefrou, les pratiques et savoir-faire liés à l'arganier, et la Taskiwin, une danse martiale du Haut-Atlas occidental. 
Or, plusieurs aspects du patrimoine immatériel de la culture marocaine ne figurent toujours pas sur la liste. Le chemin vers leur intégration demeure long, et les associations marocaines en sont conscientes, à l'instar de l’Association Fès Saiss section Casablanca qui organise le Festival International de la culture Aissaoua du 18 au 20 avril 2019 au palais du Méchouar à Casablanca. 
Avec une programmation artistique mêlant soirées mystiques, veillées spirituelles, créations, fusions inédites et conférence-débat, le festival, à sa 2e édition, vise à valoriser la culture aissaouie, ses poèmes, ses louanges, ses secrets, et à s’ouvrir aux autres pays arabes, africains et occidentaux. 
La première édition de ce festival a drainé plus de 5.000 festivaliers avec la participation de plusieurs acteurs nationaux et internationaux de renom tant dans les domaines artistique, culturel et scientifique.  
La culture Aissaoua intégrera, probablement plus tard, la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. En attendant, souhaitons bonne chance à Gnaoua. 

Gnaoua au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco pour bientôt

Le 22 février 2019 à15:48

Modifié le 22 février 2019 à 16:08
Inscription de la candidature du dossier "L'art Gnaoua" sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture Unesco. Le verdict tombera en décembre 2019. 
Relevant de l'Unesco, la commission inter-gouvernementale du patrimoine culturel immatériel a accepté la requête du ministère de la Culture et de la Communication, qui a proposé d'intégrer Gnaoua à la liste représentative du patrimoine culturel immatériel en déposant le dossier "L'art Gnaoua" auprès de l'institution onusienne. 
"Cette inscription prévue constituera une nouvelle consécration du patrimoine national en général et de la musique Gnaoua en particulier, qui constitue un héritage musical universel et humain et une expression symbolique du vivre en commun dans la diversité ethnique et culturelle au Maroc", indique le ministère dans un communiqué. 
Ce pas en avant est surtout l'aboutissement d'un long combat mené par l'équipe du Festival Gnaoua et Musiques du Monde et l'association Yerma Gnaoua. 
Contactée par Medias24, Neila Tazi, cofondatrice du festival annuel dédié à Gnaoua, nous a confié: "Nous attendons cette inscription depuis très longtemps. L’équipe du festival et l’association Yerma Gnaoua  ont envoyé la demande du dépôt du dossier d'inscription au ministère il y a 10 ans. Nous remercions donc le ministre M. Laaraj, et nous comptons sur la totale mobilisation et le suivi rigoureux de son département pour faire aboutir cette demande."
La décision finale sera prise lors de la 14e réunion annuelle de la commission inter-gouvernementale du patrimoine culturel immatériel prévue du 9 au 14 décembre 2019 à Bogotá, en Colombie. 
Interrogée sur l'aboutissement supposé de la réunion, Neila Tazi est confiante: "Cela fait 22 ans que nous sommes optimistes autour des Gnaoua, malgré les difficultés nous n'avons jamais baissé les bras. Ça peut être long mais nous cherchons à donner du sens à ce que nous faisons. Il ne suffit pas d'être inscrit, il faut le rester." 
"Les Gnaoua sont l'expression de nos racines africaines, ils nous renvoient également aux origines de toutes ces musiques que sont le Jazz de la Nouvelle Orléans, le Blues du Mississipi, la Santeria de Cuba, le Candomble  du Brésil etc...En 20 ans, les Gnaoua sont passés de l’ombre à la lumière, il faut garder à l'esprit leur histoire liée à la question de l'esclavage. L'inscription de leur art au patrimoine immatériel de l’Unesco préserverait une tradition orale ancestrale, un devoir de mémoire essentiel", a poursuivi notre interlocutrice.
 
Si l'art gnaoua intègre la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, il aura rejoint 7 autres éléments du patrimoine marocain déjà inscrits: L'espace culturel de la place Jemaa el-Fna, le Moussem de Tan-Tan, la diète méditerranéenne, la fauconnerie, le festival des cerises de Sefrou, les pratiques et savoir-faire liés à l'arganier, et la Taskiwin, une danse martiale du Haut-Atlas occidental. 
Or, plusieurs aspects du patrimoine immatériel de la culture marocaine ne figurent toujours pas sur la liste. Le chemin vers leur intégration demeure long, et les associations marocaines en sont conscientes, à l'instar de l’Association Fès Saiss section Casablanca qui organise le Festival International de la culture Aissaoua du 18 au 20 avril 2019 au palais du Méchouar à Casablanca. 
Avec une programmation artistique mêlant soirées mystiques, veillées spirituelles, créations, fusions inédites et conférence-débat, le festival, à sa 2e édition, vise à valoriser la culture aissaouie, ses poèmes, ses louanges, ses secrets, et à s’ouvrir aux autres pays arabes, africains et occidentaux. 
La première édition de ce festival a drainé plus de 5.000 festivaliers avec la participation de plusieurs acteurs nationaux et internationaux de renom tant dans les domaines artistique, culturel et scientifique.  
La culture Aissaoua intégrera, probablement plus tard, la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. En attendant, souhaitons bonne chance à Gnaoua. 

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