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Recherche agronomique : Des avancées depuis le démarrage du PMV

Création variétale, programmes dédiés aux cultures de terroir, innovation agronomique… Des avancées majeures ont été réalisées en matière de recherche agronomique depuis le lancement du Plan Maroc Vert.

Recherche agronomique : Des avancées depuis le démarrage du PMV

Le 15 avril 2019 à 11:45

Modifié le 15 avril 2019 à 17:53

La recherche scientifique est le pivot du développement agricole. Cela est encore plus vrai dans un pays comme le Maroc, où l’agriculture est un pilier de l’économie, où le climat est semi-aride et où la durabilité constitue un défi majeur.

« Notre agriculture se trouve, aujourd’hui, confrontée à des défis majeurs comme la durabilité des systèmes de production, le changement climatique, l’évolution des marchés et des tendances des consommateurs … La recherche agronomique est donc appelée à jouer un rôle de premier plan : celui d'aider les politiques à la prise de décision et de faire progresser les solutions pour une exploitation durable des ressources pour créer la valeur ajoutée », explique Faouzi Bekkaoui, directeur général de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique).

Les filières agricoles au centre des travaux de l’INRA

Plusieurs filières agricoles, notamment celles prioritaires pour le Plan Maroc Vert, font l’objet de recherches scientifiques. « En conformité avec la stratégie du SNFRA (Ndlr : Système national de la formation et de la recherche agricole), nos chercheurs sont organisés en équipes de programme correspondant à ces filières et certaines équipes travaillent même en étroite collaboration avec les interprofessions, avec lesquelles nous avons établi beaucoup d’accords de partenariat », soutient Faouzi Bekkaoui.

Ces programmes se penchent sur l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur agricole. Il s’agit, à titre d’exemple pour les filières végétales, des semences et plants et des techniques de production et de protection, jusqu’à la valorisation et la commercialisation. Ces maillons sont traduits en axes de recherches interdisciplinaires dans les domaines de la génétique et la biotechnologie, l’agronomie, la protection des plantes, les technologies alimentaires et la socio-économie.

« Un axe de transfert a été également prévu pour chaque programme et qui est chargé de développer des stratégies et des outils pour aider à l’adoption de la sphère cible des connaissances et technologies créées. Par ailleurs, d’autres programmes transverses sont maintenus et concernent particulièrement la conservation de la biodiversité et la protection de l’environnement », souligne le directeur général de l’Institut.

L’INRA travaille, en effet, sur le système céréalier qui inclut les filières des céréales d’automne, des légumineuses alimentaires et des oléagineux annuels. En arboriculture, l’institut a des programmes spécifiques pour les filières olivier, agrumiculture, palmier dattier, arbres fruitiers et arganiculture.

« En horticulture, nos équipes travaillent sur les filières maraîchages et fruits rouges. Nous avons également des programmes pour les cultures de terroir qui concernent le safran, les plantes aromatiques et médicinales et le cactus. Et enfin, nous avons un programme pour la viande rouge qui concerne tout particulièrement les petits ruminants », soulève Faouzi Bekkaoui.

60 variétés enregistrées depuis 2008

Dans ses travaux, l’INRA se penche également sur la création variétale, un processus de longue haleine, visant à combiner des caractères qui répondent à certains objectifs des filières agricoles, comme la productivité, la résistance aux maladies et aux ravageurs, la qualité technologique, l’adaptation aux conditions climatiques et aux techniques culturales. L’institut a enregistré plus de 60 variétés au catalogue officiel depuis l’avènement du Plan Maroc Vert, parmi lesquelles douze variétés de céréales, huit variétés d’agrumes et cinq variétés d’olivier.

En 2018, les équipes de l’INRA ont pu enregistrer deux variétés de fève et féverole très productives et résistantes au botrytis et à l’anthracnose. Les premières depuis la création du catalogue officiel en 1985, qui comptait depuis cette date trois variétés pour chacune de ces espèces. L’Institut a enregistré également la sixième variété de colza à huile de qualité canola, très productive et avec un taux d’huile dépassant les 43%.

L’année dernière a été marquée par l’enregistrement pour la première fois dans le monde, de six variétés d’arganier destinées à l’arganiculture, et de huit variétés de cactus résistantes à la cochenille. Ces dernières, qui sont d’ores et déjà mises en parc à bois, seront transférées aux pépiniéristes pour leur multiplication à grande échelle afin de reconstituer les plantations dévastées par la cochenille.

« Nous avons également des programmes de création de races animales. En 2011, nous avons obtenu la première race ovine synthétique nommée INRA180, reconnue et diffusée auprès des éleveurs de l'ANOC (Ndlr : Association nationale ovine et caprine) et intégrée au programme national de sélection et de marquage de notre ministère », note Faouzi Bekkaoui.

L’innovation agronomique pour appuyer les coopératives

Dans les laboratoires de l’institut, la recherche de solutions innovantes est le leitmotiv de toutes les équipes. Plusieurs avancées ont été réalisées dans le domaine de la culture in vitro pour différentes espèces végétales, notamment des filières émergentes comme le palmier dattier et l’arganier.

Ces technologies optimisées permettent à l’INRA, pour le cas du palmier dattier, de produire environ 40.000 souches bourgeonnantes par an, ce qui permet aux laboratoires privés de répondre à l’objectif de production de 300.000 vitroplants par an. De nombreuses technologies innovantes comme la mise au point de nouveaux procédés pour la valorisation des produits et sous-produits de l’agriculture à faible valeur marchande ont été développées et transférées aux coopératives agricoles.

« L’INRA assiste également à la mise au point de produits biopesticides à base d’extraits de plantes, à la découverte de souches de rhizobactéries favorisant la croissance des plantes et à l’isolation des bactéries lactiques très intéressantes pour l’industrie du lait. Ces innovations, et d’autres encore, illustrent notre engagement pour servir l’agriculture nationale et la société dans son ensemble », conclut le DG de l’INRA.
 

Recherche agronomique : Des avancées depuis le démarrage du PMV

Le 15 avril 2019 à10:47

Modifié le 15 avril 2019 à 17:53

Création variétale, programmes dédiés aux cultures de terroir, innovation agronomique… Des avancées majeures ont été réalisées en matière de recherche agronomique depuis le lancement du Plan Maroc Vert.

La recherche scientifique est le pivot du développement agricole. Cela est encore plus vrai dans un pays comme le Maroc, où l’agriculture est un pilier de l’économie, où le climat est semi-aride et où la durabilité constitue un défi majeur.

« Notre agriculture se trouve, aujourd’hui, confrontée à des défis majeurs comme la durabilité des systèmes de production, le changement climatique, l’évolution des marchés et des tendances des consommateurs … La recherche agronomique est donc appelée à jouer un rôle de premier plan : celui d'aider les politiques à la prise de décision et de faire progresser les solutions pour une exploitation durable des ressources pour créer la valeur ajoutée », explique Faouzi Bekkaoui, directeur général de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique).

Les filières agricoles au centre des travaux de l’INRA

Plusieurs filières agricoles, notamment celles prioritaires pour le Plan Maroc Vert, font l’objet de recherches scientifiques. « En conformité avec la stratégie du SNFRA (Ndlr : Système national de la formation et de la recherche agricole), nos chercheurs sont organisés en équipes de programme correspondant à ces filières et certaines équipes travaillent même en étroite collaboration avec les interprofessions, avec lesquelles nous avons établi beaucoup d’accords de partenariat », soutient Faouzi Bekkaoui.

Ces programmes se penchent sur l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur agricole. Il s’agit, à titre d’exemple pour les filières végétales, des semences et plants et des techniques de production et de protection, jusqu’à la valorisation et la commercialisation. Ces maillons sont traduits en axes de recherches interdisciplinaires dans les domaines de la génétique et la biotechnologie, l’agronomie, la protection des plantes, les technologies alimentaires et la socio-économie.

« Un axe de transfert a été également prévu pour chaque programme et qui est chargé de développer des stratégies et des outils pour aider à l’adoption de la sphère cible des connaissances et technologies créées. Par ailleurs, d’autres programmes transverses sont maintenus et concernent particulièrement la conservation de la biodiversité et la protection de l’environnement », souligne le directeur général de l’Institut.

L’INRA travaille, en effet, sur le système céréalier qui inclut les filières des céréales d’automne, des légumineuses alimentaires et des oléagineux annuels. En arboriculture, l’institut a des programmes spécifiques pour les filières olivier, agrumiculture, palmier dattier, arbres fruitiers et arganiculture.

« En horticulture, nos équipes travaillent sur les filières maraîchages et fruits rouges. Nous avons également des programmes pour les cultures de terroir qui concernent le safran, les plantes aromatiques et médicinales et le cactus. Et enfin, nous avons un programme pour la viande rouge qui concerne tout particulièrement les petits ruminants », soulève Faouzi Bekkaoui.

60 variétés enregistrées depuis 2008

Dans ses travaux, l’INRA se penche également sur la création variétale, un processus de longue haleine, visant à combiner des caractères qui répondent à certains objectifs des filières agricoles, comme la productivité, la résistance aux maladies et aux ravageurs, la qualité technologique, l’adaptation aux conditions climatiques et aux techniques culturales. L’institut a enregistré plus de 60 variétés au catalogue officiel depuis l’avènement du Plan Maroc Vert, parmi lesquelles douze variétés de céréales, huit variétés d’agrumes et cinq variétés d’olivier.

En 2018, les équipes de l’INRA ont pu enregistrer deux variétés de fève et féverole très productives et résistantes au botrytis et à l’anthracnose. Les premières depuis la création du catalogue officiel en 1985, qui comptait depuis cette date trois variétés pour chacune de ces espèces. L’Institut a enregistré également la sixième variété de colza à huile de qualité canola, très productive et avec un taux d’huile dépassant les 43%.

L’année dernière a été marquée par l’enregistrement pour la première fois dans le monde, de six variétés d’arganier destinées à l’arganiculture, et de huit variétés de cactus résistantes à la cochenille. Ces dernières, qui sont d’ores et déjà mises en parc à bois, seront transférées aux pépiniéristes pour leur multiplication à grande échelle afin de reconstituer les plantations dévastées par la cochenille.

« Nous avons également des programmes de création de races animales. En 2011, nous avons obtenu la première race ovine synthétique nommée INRA180, reconnue et diffusée auprès des éleveurs de l'ANOC (Ndlr : Association nationale ovine et caprine) et intégrée au programme national de sélection et de marquage de notre ministère », note Faouzi Bekkaoui.

L’innovation agronomique pour appuyer les coopératives

Dans les laboratoires de l’institut, la recherche de solutions innovantes est le leitmotiv de toutes les équipes. Plusieurs avancées ont été réalisées dans le domaine de la culture in vitro pour différentes espèces végétales, notamment des filières émergentes comme le palmier dattier et l’arganier.

Ces technologies optimisées permettent à l’INRA, pour le cas du palmier dattier, de produire environ 40.000 souches bourgeonnantes par an, ce qui permet aux laboratoires privés de répondre à l’objectif de production de 300.000 vitroplants par an. De nombreuses technologies innovantes comme la mise au point de nouveaux procédés pour la valorisation des produits et sous-produits de l’agriculture à faible valeur marchande ont été développées et transférées aux coopératives agricoles.

« L’INRA assiste également à la mise au point de produits biopesticides à base d’extraits de plantes, à la découverte de souches de rhizobactéries favorisant la croissance des plantes et à l’isolation des bactéries lactiques très intéressantes pour l’industrie du lait. Ces innovations, et d’autres encore, illustrent notre engagement pour servir l’agriculture nationale et la société dans son ensemble », conclut le DG de l’INRA.
 

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