Education: Comment le ministère espère mobiliser les enseignants

Un budget de 100 MDH sera dédié à la formation continue des enseignants en 2020. Un système de motivation pour encourager l’exercice dans le milieu rural sera mis en place. Un nouveau programme d’aide à la propriété a été lancé.

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Réforme de l’éducation : comment le ministère espère mobiliser les enseignants

Le 30 septembre 2019 à 14:58

Modifié le 01 octobre 2019 à 12:11

Les enseignants dans l’école publique sont souvent, à tort ou à raison, accusés d’être faiblement motivés et mobilisés pour dispenser un enseignement de qualité aux élèves.

Si ce sentiment général n’est pas nouveau, il a été renforcé par les multiples grèves menées par les enseignants ces dernières années, notamment les cadres des Académies (ex-contractuels).

Faiblesse des rémunérations, manque de perspectives de développement de carrière, absence de conditions de travail optimales notamment dans le monde rural…, les raisons évoquées par les uns et les autres pour expliquer cette faible mobilisation sont nombreuses.

Or pour le Conseil supérieur de l’éducation, toute réforme et toute mise à niveau de l’école publique passe par les enseignants, et ne peut réussir que par l'engagement des enseignants et leur implication.

Le ministère de l’Education nationale semble conscient de cet enjeu. Le budget de 100 MDH qu’il a prévu d’allouer à la formation continue des enseignants en 2020 (sous réserve de son approbation lors de l’examen de la loi de finances 2020), fait partie d’une série de mesures déjà en vigueur ou en cours de déploiement qui visent à impliquer davantage le corps enseignant dans la conduite de la réforme de l’école publique.

« L’impact de la formation continue sur l'amélioration des compétences des enseignants, et par conséquent sur la qualité de l'apprentissage, est incontestable. Cet impact est aussi appréciable pour la motivation de l'enseignant et contribue au développement de sa carrière », a affirmé à Médias24 le département de Saaïd Amzazi.

Pour rappel, ce dernier est en train de déployer un « programme national de formation continue des enseignants des disciplines non linguistiques en langues étrangères », pour assurer la mise en oeuvre de l'alternance linguistique, prévue par la loi-cadre sur l'éducation.

Deuxième mesure prévue, l’amélioration des conditions de travail, dans le milieu rural et dans les zones à déficit, de ressources humaines.

« En application de l’article 20 de la loi cadre 51.17, le ministère va instaurer un système de motivation pour encourager les cadres pédagogiques et administratifs à exercer dans ces milieux. Ce système a pour but de surmonter les obstacles qui altèrent substantiellement la qualité des prestations pédagogiques dans ces milieux », assure le ministère sans donner de précisions.

Autre levier, l’amélioration des conditions sociales de l'enseignant, notamment par le biais de la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l'Education-Formation : aide à l'acquisition de logement, couverture médicale complémentaire, réduction des tarifs de voyage par train, estivage, aide à accomplir le pèlerinage et bourse de mérite scolaire au profit des enfants des adhérents.

Le ministère rappelle que depuis le 1er septembre 2019, un nouveau programme d’aide à la propriété «IMTILAK» est déployé par la fondation par le biais des banques de la place. Il remplace le mécanisme FOGALEF et vise à appuyer 100.000 nouveaux adhérents d’ici 2028, pour acquérir ou construire leur logement principal via une offre de financement.

Et pour ce qui concerne l’amélioration des conditions matérielles des enseignants, le département de l’Education nationale rappelle les dispositions du dernier accord de dialogue social (2019-2021) :

- Création d’un nouveau grade de promotion pour les enseignants dont le parcours professionnel s’arrête à l’échelle 8 et 9;

- Amélioration des conditions de promotion des professeurs de l’enseignement primaire classés actuellement au 2ème grade et qui ont été recrutés initialement à l’échelle 7 et 8;

- Amélioration des conditions de promotion des professeurs de l’enseignement primaire, collégial et qualifiant classés actuellement à l’échelle 9 et qui ont été recrutés initialement à la même échelle ;

- L'augmentation des salaires des enseignants ;

- Augmentation du montant des allocations familiales (+100 DH pour chaque enfant pour un nombre maximum de trois enfants).

Le ministère tient au recrutement régional

Le corps enseignant du cycle fondamental compte plus de 263.000 enseignants, dont 54% dans le primaire.

Pour l’année scolaire qui vient de démarrer, le besoin en nouveaux enseignants est de 15.000.

Quant au personnel d’encadrement et de contrôle, il compte 1.819 personnes et sera renforcé par 384 autres cadres à partir de juillet 2020.

L’année scolaire 2018-2019 a connu beaucoup de perturbations en raison des grèves répétitives des enseignants cadres des académies, qui exigeaient l’intégration à la fonction publique.

Malgré la reprise des cours suite à l’amélioration du statut particulier des AREF, ces enseignants tiennent toujours à leurs demandes et le risque de nouvelles grèves cette année n’est pas nul.

Le ministère affirme qu’il « reste et restera toujours attaché au dialogue institutionnel avec ses partenaires en général et les partenaires sociaux en particulier qui a permis jusqu’ici de traiter divers dossiers et questions ».

Toutefois, il tient toujours au recrutement régional comme orientation stratégique, « vise à asseoir une égalité territoriale, à renforcer la régionalisation avancée ainsi que la déconcentration, à répondre aux besoins des régions en termes de cadres enseignants et à encourager la stabilité des régions de manière à accomplir les fonctions requises dans le cadre d'une justice territoriale ».

>>Lire aussi: Ecole publique : les enseignants seront-ils à la hauteur de la réforme ?

Education: Comment le ministère espère mobiliser les enseignants

Le 30 septembre 2019 à15:14

Modifié le 01 octobre 2019 à 12:11

Un budget de 100 MDH sera dédié à la formation continue des enseignants en 2020. Un système de motivation pour encourager l’exercice dans le milieu rural sera mis en place. Un nouveau programme d’aide à la propriété a été lancé.

Les enseignants dans l’école publique sont souvent, à tort ou à raison, accusés d’être faiblement motivés et mobilisés pour dispenser un enseignement de qualité aux élèves.

Si ce sentiment général n’est pas nouveau, il a été renforcé par les multiples grèves menées par les enseignants ces dernières années, notamment les cadres des Académies (ex-contractuels).

Faiblesse des rémunérations, manque de perspectives de développement de carrière, absence de conditions de travail optimales notamment dans le monde rural…, les raisons évoquées par les uns et les autres pour expliquer cette faible mobilisation sont nombreuses.

Or pour le Conseil supérieur de l’éducation, toute réforme et toute mise à niveau de l’école publique passe par les enseignants, et ne peut réussir que par l'engagement des enseignants et leur implication.

Le ministère de l’Education nationale semble conscient de cet enjeu. Le budget de 100 MDH qu’il a prévu d’allouer à la formation continue des enseignants en 2020 (sous réserve de son approbation lors de l’examen de la loi de finances 2020), fait partie d’une série de mesures déjà en vigueur ou en cours de déploiement qui visent à impliquer davantage le corps enseignant dans la conduite de la réforme de l’école publique.

« L’impact de la formation continue sur l'amélioration des compétences des enseignants, et par conséquent sur la qualité de l'apprentissage, est incontestable. Cet impact est aussi appréciable pour la motivation de l'enseignant et contribue au développement de sa carrière », a affirmé à Médias24 le département de Saaïd Amzazi.

Pour rappel, ce dernier est en train de déployer un « programme national de formation continue des enseignants des disciplines non linguistiques en langues étrangères », pour assurer la mise en oeuvre de l'alternance linguistique, prévue par la loi-cadre sur l'éducation.

Deuxième mesure prévue, l’amélioration des conditions de travail, dans le milieu rural et dans les zones à déficit, de ressources humaines.

« En application de l’article 20 de la loi cadre 51.17, le ministère va instaurer un système de motivation pour encourager les cadres pédagogiques et administratifs à exercer dans ces milieux. Ce système a pour but de surmonter les obstacles qui altèrent substantiellement la qualité des prestations pédagogiques dans ces milieux », assure le ministère sans donner de précisions.

Autre levier, l’amélioration des conditions sociales de l'enseignant, notamment par le biais de la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l'Education-Formation : aide à l'acquisition de logement, couverture médicale complémentaire, réduction des tarifs de voyage par train, estivage, aide à accomplir le pèlerinage et bourse de mérite scolaire au profit des enfants des adhérents.

Le ministère rappelle que depuis le 1er septembre 2019, un nouveau programme d’aide à la propriété «IMTILAK» est déployé par la fondation par le biais des banques de la place. Il remplace le mécanisme FOGALEF et vise à appuyer 100.000 nouveaux adhérents d’ici 2028, pour acquérir ou construire leur logement principal via une offre de financement.

Et pour ce qui concerne l’amélioration des conditions matérielles des enseignants, le département de l’Education nationale rappelle les dispositions du dernier accord de dialogue social (2019-2021) :

- Création d’un nouveau grade de promotion pour les enseignants dont le parcours professionnel s’arrête à l’échelle 8 et 9;

- Amélioration des conditions de promotion des professeurs de l’enseignement primaire classés actuellement au 2ème grade et qui ont été recrutés initialement à l’échelle 7 et 8;

- Amélioration des conditions de promotion des professeurs de l’enseignement primaire, collégial et qualifiant classés actuellement à l’échelle 9 et qui ont été recrutés initialement à la même échelle ;

- L'augmentation des salaires des enseignants ;

- Augmentation du montant des allocations familiales (+100 DH pour chaque enfant pour un nombre maximum de trois enfants).

Le ministère tient au recrutement régional

Le corps enseignant du cycle fondamental compte plus de 263.000 enseignants, dont 54% dans le primaire.

Pour l’année scolaire qui vient de démarrer, le besoin en nouveaux enseignants est de 15.000.

Quant au personnel d’encadrement et de contrôle, il compte 1.819 personnes et sera renforcé par 384 autres cadres à partir de juillet 2020.

L’année scolaire 2018-2019 a connu beaucoup de perturbations en raison des grèves répétitives des enseignants cadres des académies, qui exigeaient l’intégration à la fonction publique.

Malgré la reprise des cours suite à l’amélioration du statut particulier des AREF, ces enseignants tiennent toujours à leurs demandes et le risque de nouvelles grèves cette année n’est pas nul.

Le ministère affirme qu’il « reste et restera toujours attaché au dialogue institutionnel avec ses partenaires en général et les partenaires sociaux en particulier qui a permis jusqu’ici de traiter divers dossiers et questions ».

Toutefois, il tient toujours au recrutement régional comme orientation stratégique, « vise à asseoir une égalité territoriale, à renforcer la régionalisation avancée ainsi que la déconcentration, à répondre aux besoins des régions en termes de cadres enseignants et à encourager la stabilité des régions de manière à accomplir les fonctions requises dans le cadre d'une justice territoriale ».

>>Lire aussi: Ecole publique : les enseignants seront-ils à la hauteur de la réforme ?

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