Reportage : A la découverte de l’UMP6 Polytechnique de Benguérir

C'est l'université de tous les superlatifs. 1.400 étudiants, 25 disciplines et une ambition d'excellence, dans un cadre de rêve. Plongée dans cette université unique au Maroc, dédiée à l'Afrique, à l'innovation et à la recherche et ayant une ambition de classe mondiale.

Le 15 janvier 2020 à 11:30

Modifié le 03 février 2020 à 16:58

C’est avec une grande curiosité que j’entame ma première visite de l’université de Benguérir. Lorsqu’on tape Benguérir dans Google, on tombe d’abord sur un article de Wikipédia sur la province du même nom. Puis c’est la ville verte qui ressort. Ensuite, la mine de phosphates. L’université ne vient qu’après et c’est normal : elle est plus récente, elle est en quelque sorte une conséquence indirecte de la mine. Partout où il y a des phosphates, OCP s’implique dans le contexte économique, social, urbain. A Benguérir, cela donne entre autres une ville verte et une université de “classe mondiale“ selon le dessein de ses concepteurs.

L’université est située en bordure de la ville verte dans laquelle elle est insérée. 60 hectares lui sont réservés. 17 ha sont déjà occupés. Le bâtiment est signé de deux architectes connus, assez emblématiques : l’Espagnol Ricardo Bofill et le Marocain Elie Mouyal. Une architecture parfaitement inscrite dans les steppes de la région, d’une élégance sobre, dans la couleur, les matériaux, les formes, la circulation intérieure…

On l’apprendra très vite grâce à nos guides : tout le monde ici est fier de vous dire que le bâtiment en question est certifié LEED, référence internationale des bâtiments durables à haute performance. Le premier bâtiment à avoir été certifié au Maroc. 

A l’intérieur, c’est spacieux, animé, riche en événements, difficile à raconter. Ce serait trop long. Et donc ennuyeux. Ou alors en style télégraphique. En nuage de mots :

 

Ce que je retiens, c’est que j’aurais aimé être étudiante dans ces lieux, ces ruelles, ces espaces dédiés au savoir mais qui ne négligent pas la qualité de vie, soumise à cette exigence d’excellence, encadrée par des enseignants parmi les meilleurs au Maroc et au monde… On voit bien qu’il y a de l’intelligence collective, du dessein, des objectifs ambitieux, des moyens.

Le tour de la propriété est long et pour dire vrai, impossible à terminer en une journée, sauf au pas de charge.

Parmi les nombreux espaces dédiés à la culture, la bibliothèque. Une œuvre qui mérite à elle seule le détour : 13.000 ouvrages physiques ainsi que des milliers de livres numériques en accès libre.

7 ans de travail

L’université a démarré en 2013, en quelque sorte à bas bruit. En janvier 2017, elle avait atteint un niveau de crédibilité tel, que le Roi a procédé à son inauguration officielle.

Elle cible l’excellence pour contribuer aux besoins du continent africain et du Maroc. Elle est construite autour de 5 principes fondateurs

-La recherche appliquée.

-L’innovation.

-L’entrepreneuriat.

-Les réponses aux enjeux socio-économiques de l’Afrique.

-L’adoption d’une approche partenariale d’ouverture sur le monde.

Elle a adopté un modèle d’enseignement et de recherche tourné vers l’innovation et l’expérimentation.

Ses objectifs principaux sont l’émergence de leaders en Afrique et les problématiques liées au continent africain.

Aujourd’hui, elle compte 1.400 étudiants dans 25 disciplines différentes.

Les 25 disciplines proposées à l’université sont organisées sous forme de programmes de recherche et de formation et sont structurées autour de trois pôles :

> le pôle science et technologies qui regroupe 25 programmes accrédités rattachés soit à une école, soit à une entité de recherche dont un cycle ingénieur et une formation continue en architecture. 

> le pôle sciences humaines regroupant 8 formations à savoir quatre masters et quatre licences en sciences politiques, sciences comportementales, affaires publiques ou encore relations internationales. 

> le Pôle Business School regroupe l’Africa Business School qui propose actuellement un E-MBA avec Columbia Business School, un MBA avec HEC et l’Ecole d’Intelligence Collective. 

Digital learning center, le Netflix de l’enseignement 

Le “Digital learning center” permet à l’université d’appliquer la technique des “cours inversés” : une méthode pédagogique où l’étudiant découvre son cours en ligne pour ensuite en discuter avec son professeur.

D’autre part, ce centre produit des “Massive Open Online Courses” (MOOC), en français, destinés à être insérés sur une plateforme gratuite. La principale vocation de ce centre est ainsi la démocratisation de l’éducation en Afrique. 

Dans un premier temps, le centre se focalise sur les cours de maths et de physique. Quand ce dernier aura enregistré environ 1.000 “MOOC”, la plateforme sera lancée au grand public. Aujourd’hui, le Digital learning center est doté de 4 studios mais 12 autres seront ajoutés sur la 2ème tranche du campus.

Aujourd’hui, le Digital learning center est doté de 4 studios mais 12 autres seront ajoutés sur la 2ème tranche du campus. Ci-dessus, l'un des quatre studios actuels. La radio du campus peut être écoutée en live streaming ici.

Le “Learning by doing” ou comment apprendre intelligemment

“Ce que nous devons apprendre à faire, nous l'apprenons en le faisant.” Les professeurs à l’UM6P sont bien d’accord avec Aristote sur ce point.

Les étudiants à l’UM6P apprennent par “projets”, sur lesquels ils travaillent en groupe tout en respectant un cahier de charges. Ainsi, le “ Learning by doing” leur apprend à la fois à être autonomes et à travailler en équipe.

La recherche est omniprésente. Dans une petite salle du laboratoire "Fab Lab", un prototype de voiture solaire traîne. Ce dernier est réalisé par des étudiants à l'école E-Mines à l'université. 

Nous avons recensé 184 publications internationales de recherche produites par l'UMP6, au 14 janvier 2020.

70% des étudiants sont boursiers

On souligne que 70% des étudiants à l’université sont boursiers. La fondation OCP offre des bourses de mérite et des bourses sociales.

Par exemple, la jeune étudiante Ghaydae El Ater, a été classée première aux concours post-bac de l’école d'ingénieurs E-Mines. De ce fait, elle bénéficie d’une bourse de mérite complète sur ses frais de formation ainsi que de 50% de remise sur ses frais de logement et de restauration. Ces derniers s’élèvent à 20.000 DH/an.

Les étudiants sont logés dans des appartements de 4 chambres individuelles avec des salles de bain privatives, kitchenette et salon

Par ailleurs, l’aventure ne s’arrête pas à la remise du diplôme. Les étudiants et les lauréats ayant des idées de projets sont accompagnés au sein de l’université. Des programmes d’incubation, d’accompagnement et de financement sont présents à l’université pour promouvoir l'entrepreneuriat. 

La culture africaine au cœur de l’université 

L’université dispose d’un “Art Lab” pour lier la science à l’art. Des recherches sont réalisées pour la promotion des cultures marocaine et africaine. 

“La poterie marocaine, par exemple, est faite de matières ne respectant pas les normes internationales et ne peut donc pas être exportée,” nous explique Ismail Hadine, directeur de l’Art Lab. De ce fait, l’Art Lab collabore avec les chercheurs de l’université pour trouver une solution à ce problème.

Pour les mélomanes, une audiothèque populaire est dédiée à la conservation du patrimoine musical marocain et africain.

Plusieurs événements sont programmés pour les étudiants, comme des concerts ou des expositions. L’université se transforme ainsi en un musée pour promouvoir la culture au sein de ses locaux et rapprocher ses étudiants à la culture tout en encourageant leur créativité.

 

MAROCOPEDIA" est une plateforme documentaire dédiée à la numérisation du patrimoine culturel du Maroc dans toute sa diversité et qui vous plonge instantanément au cœur de la culture nationale.

La recherche appliquée pour sauver l’agriculture africaine

Selon Karim Lyamlouli, chercheur post-doctorant en agro-biosciences, les pays africains et plus spécialement les pays subsahariens sont les plus sensibles et les plus touchés par les problèmes agricoles, à savoir la sécheresse, les changements climatiques, le stress thermique. 

Pour aider l’Afrique à faire face à ces problèmes, l’université dispose d’un programme en agro-biosciences, des laboratoires et tous les équipements pour qu’une équipe de chercheurs œuvre à trouver des solutions aux problèmes auxquels fait face l’agriculture africaine.

Reportage : A la découverte de l’UMP6 Polytechnique de Benguérir

Le 15 janvier 2020 à11:40

Modifié le 03 février 2020 à 16:58

C'est l'université de tous les superlatifs. 1.400 étudiants, 25 disciplines et une ambition d'excellence, dans un cadre de rêve. Plongée dans cette université unique au Maroc, dédiée à l'Afrique, à l'innovation et à la recherche et ayant une ambition de classe mondiale.

C’est avec une grande curiosité que j’entame ma première visite de l’université de Benguérir. Lorsqu’on tape Benguérir dans Google, on tombe d’abord sur un article de Wikipédia sur la province du même nom. Puis c’est la ville verte qui ressort. Ensuite, la mine de phosphates. L’université ne vient qu’après et c’est normal : elle est plus récente, elle est en quelque sorte une conséquence indirecte de la mine. Partout où il y a des phosphates, OCP s’implique dans le contexte économique, social, urbain. A Benguérir, cela donne entre autres une ville verte et une université de “classe mondiale“ selon le dessein de ses concepteurs.

L’université est située en bordure de la ville verte dans laquelle elle est insérée. 60 hectares lui sont réservés. 17 ha sont déjà occupés. Le bâtiment est signé de deux architectes connus, assez emblématiques : l’Espagnol Ricardo Bofill et le Marocain Elie Mouyal. Une architecture parfaitement inscrite dans les steppes de la région, d’une élégance sobre, dans la couleur, les matériaux, les formes, la circulation intérieure…

On l’apprendra très vite grâce à nos guides : tout le monde ici est fier de vous dire que le bâtiment en question est certifié LEED, référence internationale des bâtiments durables à haute performance. Le premier bâtiment à avoir été certifié au Maroc. 

A l’intérieur, c’est spacieux, animé, riche en événements, difficile à raconter. Ce serait trop long. Et donc ennuyeux. Ou alors en style télégraphique. En nuage de mots :

 

Ce que je retiens, c’est que j’aurais aimé être étudiante dans ces lieux, ces ruelles, ces espaces dédiés au savoir mais qui ne négligent pas la qualité de vie, soumise à cette exigence d’excellence, encadrée par des enseignants parmi les meilleurs au Maroc et au monde… On voit bien qu’il y a de l’intelligence collective, du dessein, des objectifs ambitieux, des moyens.

Le tour de la propriété est long et pour dire vrai, impossible à terminer en une journée, sauf au pas de charge.

Parmi les nombreux espaces dédiés à la culture, la bibliothèque. Une œuvre qui mérite à elle seule le détour : 13.000 ouvrages physiques ainsi que des milliers de livres numériques en accès libre.

7 ans de travail

L’université a démarré en 2013, en quelque sorte à bas bruit. En janvier 2017, elle avait atteint un niveau de crédibilité tel, que le Roi a procédé à son inauguration officielle.

Elle cible l’excellence pour contribuer aux besoins du continent africain et du Maroc. Elle est construite autour de 5 principes fondateurs

-La recherche appliquée.

-L’innovation.

-L’entrepreneuriat.

-Les réponses aux enjeux socio-économiques de l’Afrique.

-L’adoption d’une approche partenariale d’ouverture sur le monde.

Elle a adopté un modèle d’enseignement et de recherche tourné vers l’innovation et l’expérimentation.

Ses objectifs principaux sont l’émergence de leaders en Afrique et les problématiques liées au continent africain.

Aujourd’hui, elle compte 1.400 étudiants dans 25 disciplines différentes.

Les 25 disciplines proposées à l’université sont organisées sous forme de programmes de recherche et de formation et sont structurées autour de trois pôles :

> le pôle science et technologies qui regroupe 25 programmes accrédités rattachés soit à une école, soit à une entité de recherche dont un cycle ingénieur et une formation continue en architecture. 

> le pôle sciences humaines regroupant 8 formations à savoir quatre masters et quatre licences en sciences politiques, sciences comportementales, affaires publiques ou encore relations internationales. 

> le Pôle Business School regroupe l’Africa Business School qui propose actuellement un E-MBA avec Columbia Business School, un MBA avec HEC et l’Ecole d’Intelligence Collective. 

Digital learning center, le Netflix de l’enseignement 

Le “Digital learning center” permet à l’université d’appliquer la technique des “cours inversés” : une méthode pédagogique où l’étudiant découvre son cours en ligne pour ensuite en discuter avec son professeur.

D’autre part, ce centre produit des “Massive Open Online Courses” (MOOC), en français, destinés à être insérés sur une plateforme gratuite. La principale vocation de ce centre est ainsi la démocratisation de l’éducation en Afrique. 

Dans un premier temps, le centre se focalise sur les cours de maths et de physique. Quand ce dernier aura enregistré environ 1.000 “MOOC”, la plateforme sera lancée au grand public. Aujourd’hui, le Digital learning center est doté de 4 studios mais 12 autres seront ajoutés sur la 2ème tranche du campus.

Aujourd’hui, le Digital learning center est doté de 4 studios mais 12 autres seront ajoutés sur la 2ème tranche du campus. Ci-dessus, l'un des quatre studios actuels. La radio du campus peut être écoutée en live streaming ici.

Le “Learning by doing” ou comment apprendre intelligemment

“Ce que nous devons apprendre à faire, nous l'apprenons en le faisant.” Les professeurs à l’UM6P sont bien d’accord avec Aristote sur ce point.

Les étudiants à l’UM6P apprennent par “projets”, sur lesquels ils travaillent en groupe tout en respectant un cahier de charges. Ainsi, le “ Learning by doing” leur apprend à la fois à être autonomes et à travailler en équipe.

La recherche est omniprésente. Dans une petite salle du laboratoire "Fab Lab", un prototype de voiture solaire traîne. Ce dernier est réalisé par des étudiants à l'école E-Mines à l'université. 

Nous avons recensé 184 publications internationales de recherche produites par l'UMP6, au 14 janvier 2020.

70% des étudiants sont boursiers

On souligne que 70% des étudiants à l’université sont boursiers. La fondation OCP offre des bourses de mérite et des bourses sociales.

Par exemple, la jeune étudiante Ghaydae El Ater, a été classée première aux concours post-bac de l’école d'ingénieurs E-Mines. De ce fait, elle bénéficie d’une bourse de mérite complète sur ses frais de formation ainsi que de 50% de remise sur ses frais de logement et de restauration. Ces derniers s’élèvent à 20.000 DH/an.

Les étudiants sont logés dans des appartements de 4 chambres individuelles avec des salles de bain privatives, kitchenette et salon

Par ailleurs, l’aventure ne s’arrête pas à la remise du diplôme. Les étudiants et les lauréats ayant des idées de projets sont accompagnés au sein de l’université. Des programmes d’incubation, d’accompagnement et de financement sont présents à l’université pour promouvoir l'entrepreneuriat. 

La culture africaine au cœur de l’université 

L’université dispose d’un “Art Lab” pour lier la science à l’art. Des recherches sont réalisées pour la promotion des cultures marocaine et africaine. 

“La poterie marocaine, par exemple, est faite de matières ne respectant pas les normes internationales et ne peut donc pas être exportée,” nous explique Ismail Hadine, directeur de l’Art Lab. De ce fait, l’Art Lab collabore avec les chercheurs de l’université pour trouver une solution à ce problème.

Pour les mélomanes, une audiothèque populaire est dédiée à la conservation du patrimoine musical marocain et africain.

Plusieurs événements sont programmés pour les étudiants, comme des concerts ou des expositions. L’université se transforme ainsi en un musée pour promouvoir la culture au sein de ses locaux et rapprocher ses étudiants à la culture tout en encourageant leur créativité.

 

MAROCOPEDIA" est une plateforme documentaire dédiée à la numérisation du patrimoine culturel du Maroc dans toute sa diversité et qui vous plonge instantanément au cœur de la culture nationale.

La recherche appliquée pour sauver l’agriculture africaine

Selon Karim Lyamlouli, chercheur post-doctorant en agro-biosciences, les pays africains et plus spécialement les pays subsahariens sont les plus sensibles et les plus touchés par les problèmes agricoles, à savoir la sécheresse, les changements climatiques, le stress thermique. 

Pour aider l’Afrique à faire face à ces problèmes, l’université dispose d’un programme en agro-biosciences, des laboratoires et tous les équipements pour qu’une équipe de chercheurs œuvre à trouver des solutions aux problèmes auxquels fait face l’agriculture africaine.

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