Reprise des cours : Les écoles françaises ne savent plus à quel saint se vouer

Pour l’instant, les associations représentatives des parents d’élèves n’ont pas reçu de plan de reprise, aussi bien sur le front pédagogique que sanitaire.

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Reprise des cours : Les écoles françaises ne savent plus à quel saint se vouer

Le 12 mai 2020 à 17:59

Modifié le 13 mai 2020 à 20:37

Les établissements scolaires de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) sont dans le flou. Alors que le ministre marocain de l’Éducation nationale a annoncé que le retour à l’école ne se fera pas avant le mois de septembre 2020, et que seuls les examens des 1ère et 2e années du baccalauréat seront organisés en juillet et septembre, les missions françaises, elles, ne savent plus à quel saint se vouer.

''Pour l’instant, nous n’avons pas de plan de reprise communiqué par le SCAC'', indique Mounya Dinar, présidente de l’association des Parents d’élèves des établissements publics français au Maroc (PEEP). Le Service de coopération et d’action culturelle (SCAC), qui gère l’enseignement français à l’étranger sous la tutelle de l’ambassade de France, n’a pour l’instant pas communiqué de feuille de route relative aux questions pédagogiques et sanitaires, aux différentes associations représentatives des parents d’élèves des établissements français.

MISE A JOUR : LES ECOLES FRANCAISE RESTERONT FERMEE JUSQU'EN SEPTEMBRE (AMBASSADE)

''Les autorités françaises marcheront dans le sillage des autorités marocaines. Les écoles françaises ont été fermées dès l’annonce du confinement au Maroc. Il en sera de même pour leur réouverture'', nous dit de son côté Adyl Touhami, président de l’Association des parents indépendants de Rabat (API).

Si les missions étrangères seront autonomes sur la partie pédagogique (dates et types d’examens, programmes, etc.), la décision d’ouvrir ou pas les écoles revient aux autorités marocaines (Intérieur et Santé publique). Autant dire que sans leur accord, aucune réouverture n’est possible. Un alignement sur la décision du ministère marocain de l’Éducation nationale est probable.

Un accompagnement plus qu’une continuité pédagogique

''Il n’y aura pas de reprise des cours en présentiel et, au mois de septembre, les cours reprendront probablement en combinant le présentiel et le distanciel. Dans quelles conditions ? On ne le sait pas'', s’inquiète Adyl Touhami.

Ce qui suppose, d’ici septembre, une remise à niveau de l’enseignement à distance. ''Pour l’heure, l’AEFE n’a pas de plateforme dédiée qu’elle pourrait partager avec les établissements homologués. Les enseignants ont recours au système D : certains envoient des capsules, d’autres des vidéos, d’autres encore envoient directement les cours… Il n’y a pas d’homogénéité. Je ne parlerais donc pas de continuité pédagogique mais plutôt d’accompagnement pédagogique. On demande le renforcement de cet accompagnement qui, malgré le travail remarquable des enseignants, ne remplacera jamais le présentiel. L’enseignement à distance a d’ailleurs entraîné des coûts supplémentaires pour les parents, notamment pour acheter des ordinateurs de façon à ce que chaque enfant en ait un, ainsi que des imprimantes'', souligne Adyl Touhami.

Même son de cloche du côté de Mounya Dinar : ''Il n’y a pas de continuité pédagogique à distance. L’enseignement ne se fait pas de manière uniforme : tous les cours ne sont pas dispensés selon l’emploi du temps normal ; tous les parents ne possèdent pas un ordinateur par enfant ; tous les professeurs ne sont pas à l’aise avec le système informatique car ils n’ont pas été formés à l’enseignement à distance. Le suivi pédagogique mis en place dans ce contexte de confinement ne convient ni aux parents ni aux enfants, le tout sans compter les risques de décrochage scolaire.''

Mounya Dinar soulève également une autre problématique : celle de l’organisation des tests d’admission dans les établissements français. ''Pour l’instant, ils sont censés se tenir le 15 juin mais ils pourraient être repoussés à plus tard si la situation ne s’améliore pas. Dans ce cas, ce sera un autre mode de sélection des élèves candidats qui sera mis en place. Mais là encore, nous n’avons pas de visibilité'', affirme-t-elle.

Adyl Touhami s’interroge quant à lui sur la composition du jury d’examen, chargé notamment d’attribuer les mentions et d’évaluer chaque élève en fonction des notes obtenues durant les trois trimestres, à l’exception de celles attribuées pendant la période de confinement. ''Les enseignants qui composent le jury doivent se déplacer d’un établissement à un autre pour faire passer l’examen oral de français : par exemple, un professeur du lycée Lyautey doit se déplacer à Meknès, Marrakech ou Tanger et vice versa. Or on ne sait pas encore dans quelles conditions va se faire le déconfinement au Maroc. Pour l’instant, c’est donc un gros point d’interrogation'', conclut Adyl Touhami. Parmi de nombreux autres.

Reprise des cours : Les écoles françaises ne savent plus à quel saint se vouer

Le 12 mai 2020 à18:01

Modifié le 13 mai 2020 à 20:37

Pour l’instant, les associations représentatives des parents d’élèves n’ont pas reçu de plan de reprise, aussi bien sur le front pédagogique que sanitaire.

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Les établissements scolaires de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) sont dans le flou. Alors que le ministre marocain de l’Éducation nationale a annoncé que le retour à l’école ne se fera pas avant le mois de septembre 2020, et que seuls les examens des 1ère et 2e années du baccalauréat seront organisés en juillet et septembre, les missions françaises, elles, ne savent plus à quel saint se vouer.

''Pour l’instant, nous n’avons pas de plan de reprise communiqué par le SCAC'', indique Mounya Dinar, présidente de l’association des Parents d’élèves des établissements publics français au Maroc (PEEP). Le Service de coopération et d’action culturelle (SCAC), qui gère l’enseignement français à l’étranger sous la tutelle de l’ambassade de France, n’a pour l’instant pas communiqué de feuille de route relative aux questions pédagogiques et sanitaires, aux différentes associations représentatives des parents d’élèves des établissements français.

MISE A JOUR : LES ECOLES FRANCAISE RESTERONT FERMEE JUSQU'EN SEPTEMBRE (AMBASSADE)

''Les autorités françaises marcheront dans le sillage des autorités marocaines. Les écoles françaises ont été fermées dès l’annonce du confinement au Maroc. Il en sera de même pour leur réouverture'', nous dit de son côté Adyl Touhami, président de l’Association des parents indépendants de Rabat (API).

Si les missions étrangères seront autonomes sur la partie pédagogique (dates et types d’examens, programmes, etc.), la décision d’ouvrir ou pas les écoles revient aux autorités marocaines (Intérieur et Santé publique). Autant dire que sans leur accord, aucune réouverture n’est possible. Un alignement sur la décision du ministère marocain de l’Éducation nationale est probable.

Un accompagnement plus qu’une continuité pédagogique

''Il n’y aura pas de reprise des cours en présentiel et, au mois de septembre, les cours reprendront probablement en combinant le présentiel et le distanciel. Dans quelles conditions ? On ne le sait pas'', s’inquiète Adyl Touhami.

Ce qui suppose, d’ici septembre, une remise à niveau de l’enseignement à distance. ''Pour l’heure, l’AEFE n’a pas de plateforme dédiée qu’elle pourrait partager avec les établissements homologués. Les enseignants ont recours au système D : certains envoient des capsules, d’autres des vidéos, d’autres encore envoient directement les cours… Il n’y a pas d’homogénéité. Je ne parlerais donc pas de continuité pédagogique mais plutôt d’accompagnement pédagogique. On demande le renforcement de cet accompagnement qui, malgré le travail remarquable des enseignants, ne remplacera jamais le présentiel. L’enseignement à distance a d’ailleurs entraîné des coûts supplémentaires pour les parents, notamment pour acheter des ordinateurs de façon à ce que chaque enfant en ait un, ainsi que des imprimantes'', souligne Adyl Touhami.

Même son de cloche du côté de Mounya Dinar : ''Il n’y a pas de continuité pédagogique à distance. L’enseignement ne se fait pas de manière uniforme : tous les cours ne sont pas dispensés selon l’emploi du temps normal ; tous les parents ne possèdent pas un ordinateur par enfant ; tous les professeurs ne sont pas à l’aise avec le système informatique car ils n’ont pas été formés à l’enseignement à distance. Le suivi pédagogique mis en place dans ce contexte de confinement ne convient ni aux parents ni aux enfants, le tout sans compter les risques de décrochage scolaire.''

Mounya Dinar soulève également une autre problématique : celle de l’organisation des tests d’admission dans les établissements français. ''Pour l’instant, ils sont censés se tenir le 15 juin mais ils pourraient être repoussés à plus tard si la situation ne s’améliore pas. Dans ce cas, ce sera un autre mode de sélection des élèves candidats qui sera mis en place. Mais là encore, nous n’avons pas de visibilité'', affirme-t-elle.

Adyl Touhami s’interroge quant à lui sur la composition du jury d’examen, chargé notamment d’attribuer les mentions et d’évaluer chaque élève en fonction des notes obtenues durant les trois trimestres, à l’exception de celles attribuées pendant la période de confinement. ''Les enseignants qui composent le jury doivent se déplacer d’un établissement à un autre pour faire passer l’examen oral de français : par exemple, un professeur du lycée Lyautey doit se déplacer à Meknès, Marrakech ou Tanger et vice versa. Or on ne sait pas encore dans quelles conditions va se faire le déconfinement au Maroc. Pour l’instant, c’est donc un gros point d’interrogation'', conclut Adyl Touhami. Parmi de nombreux autres.

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