Reprise progressive de la Omra: les voyagistes marocains manquent de visibilité

La préparation des programmes pour la Omra ne peut commencer de sitôt. Les voyagistes nationaux manquent d’informations, des deux côtés, marocain et saoudien.

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Reprise progressive de la Omra : les voyagistes marocains manquent de visibilité (Photo AFP)

Le 24 septembre 2020 à 16:27

Modifié le 24 septembre 2020 à 17:28

Après sa suspension fin février dernier, pour freiner l’arrivée du Covid-19, les autorités saoudiennes ont annoncé, mardi 22 septembre, la reprise progressive de la Omra, à partir du 4 octobre, pour les citoyens résidant en Arabie saoudite.

Les fidèles venant de l'étranger seront, eux, autorisés à partir du 1er novembre, quand le nombre de pèlerins admis s'élèvera à 20.000 par jour, a précisé le ministère de l’Intérieur saoudien dans un communiqué.

Cette décision s’appuie, selon le document, sur les rapports des autorités locales concernant les développements dans la lutte contre le coronavirus. Mais cette reprise représente un défi logistique énorme pour le Royaume saoudien, avec des foules colossales qui s'entassent dans des lieux saints relativement petits, les rendant vulnérables à la contagion. En effet, rien qu’au Maroc, entre 90.000 et 100.000 fidèles font la Omra annuellement. 

Il est vrai qu'aucun cas n'a été signalé sur les lieux saints pendant le Haj, qui a eu lieu cette année, entre fin juillet et début août, dans des conditions exceptionnelles et avec une capacité réduite, mais le risque de contamination sera très élevé, lorsque le pays autorisera la capacité totale d'accueil en novembre.

Dans la conjoncture actuelle, tous les pèlerins devront adhérer aux mesures préventives exigées par l'Arabie, y compris le port de masques, le maintien d’une distance de sécurité et éviter le contact physique.

Zéro visibilité pour le Maroc

Contactés par Médias24, différents opérateurs marocains dénoncent un manque de visibilité des deux côtés, saoudien et marocain. La préparation des programmes pour cette opération ne pourra donc pas débuter.

"Les agences de voyages marocaines n’ont pas encore commencé à préparer les programmes pour la Omra, puisqu’on n’a pas de vision claire sur les mesures qui seront adoptées par l’Arabie saoudite, notamment en ce qui concerne les mesures sanitaires", nous confie Taoufik Madih, président de l’Association des agences de voyages de Marrakech-Safi.

"Il y a un manque d’informations de la part du Royaume saoudien". Par exemple, une fois arrivés à l’aéroport, quelles sont les mesures qui seront décidées vis-à-vis des Marocains? Quels sont les documents qui seront demandés? Un test PCR sera-t-il obligatoire? Quel délai pour les résultats?.... "Un ensemble de mesures que nous ignorons pour l’instant".

"On attend donc un peu plus de détails, cette période étant critique, nous n’avons pas le droit à l’erreur. La santé des voyageurs est très importante pour nous, et on ne pourra pas présenter de garanties face à cette pandémie".

Le Maroc fera-t-il parti des pays autorisés?

Même son de cloche auprès de l’Association des agences de voyages de Rabat-Salé-Kénitra.

"Il n’y a pas encore de visibilité sur ce sujet. l’Arabie saoudite a annoncé une date de reprise de la Omra, mais celle-ci est limitée aux pays ou la situation pandémique est maitrisée. Les autorités saoudiennes n’ont pas encore communiqué cette liste et, pour l’instant, nous ne savons pas encore si le Maroc y figurera".  

Rappelons que le nombre de cas au Royaume a explosé depuis quelques semaines. Le nombre de cas actifs s’élève à plus 17.500, au mercredi 24 septembre.

"Du côté marocain, nous ne connaissons pas encore la date de la levée de l’état d’urgence sanitaire. Il a été prolongé jusqu’au 10 octobre, mais on ne sait pas s’il sera reconduit", ajoute l’Association.

"D’une autre part, l’ouverture des frontières n’est pas encore effective. Seuls les vols exceptionnels sont autorisés actuellement".  

Par ailleurs, "la Omra est une opération conditionnée par les prestataires saoudiens. Les agences de voyages marocaines n’ont pas encore commencé à recevoir leurs contrats, ni les détails sur les tarifs des différentes prestations, notamment la restauration, le transport….. Pour que nous puissions commencer à travailler et élaborer des programmes, nous avons besoin de plusieurs éléments".

La prudence est de mise

Pour résumer, cette reprise reste tributaire de plusieurs éléments, dont les agences de voyages marocaines ne disposent pas pour l'instant.

La présidente de l’Association, Imane Lamrani, appelle pour sa part les citoyens à la prudence. "Ce dont nous avons peur, c’est que certains arnaqueurs profitent de l’occasion pour commercialiser de faux programmes, ce qui portera préjudice à toutes les agences de voyages".

"Ce qu’il faut dire aux citoyens, c’est que pour l’instant il n’y a pas de programmes, jusqu’à nouvel ordre".

Concernant la réouverture des frontières aériennes, M. Madih nous a expliqués "que tous les intervenants du secteur touristique sont mobilisés pour trouver une solution. Nous avons eu pas mal de réunions avec tout le secteur, notamment les compagnies aériennes, et il va falloir qu'on trouve un accord gagant-gagant", conclut-il. 

(Photo AFP)

Reprise progressive de la Omra: les voyagistes marocains manquent de visibilité

Le 24 septembre 2020 à16:31

Modifié le 24 septembre 2020 à 17:28

La préparation des programmes pour la Omra ne peut commencer de sitôt. Les voyagistes nationaux manquent d’informations, des deux côtés, marocain et saoudien.

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Après sa suspension fin février dernier, pour freiner l’arrivée du Covid-19, les autorités saoudiennes ont annoncé, mardi 22 septembre, la reprise progressive de la Omra, à partir du 4 octobre, pour les citoyens résidant en Arabie saoudite.

Les fidèles venant de l'étranger seront, eux, autorisés à partir du 1er novembre, quand le nombre de pèlerins admis s'élèvera à 20.000 par jour, a précisé le ministère de l’Intérieur saoudien dans un communiqué.

Cette décision s’appuie, selon le document, sur les rapports des autorités locales concernant les développements dans la lutte contre le coronavirus. Mais cette reprise représente un défi logistique énorme pour le Royaume saoudien, avec des foules colossales qui s'entassent dans des lieux saints relativement petits, les rendant vulnérables à la contagion. En effet, rien qu’au Maroc, entre 90.000 et 100.000 fidèles font la Omra annuellement. 

Il est vrai qu'aucun cas n'a été signalé sur les lieux saints pendant le Haj, qui a eu lieu cette année, entre fin juillet et début août, dans des conditions exceptionnelles et avec une capacité réduite, mais le risque de contamination sera très élevé, lorsque le pays autorisera la capacité totale d'accueil en novembre.

Dans la conjoncture actuelle, tous les pèlerins devront adhérer aux mesures préventives exigées par l'Arabie, y compris le port de masques, le maintien d’une distance de sécurité et éviter le contact physique.

Zéro visibilité pour le Maroc

Contactés par Médias24, différents opérateurs marocains dénoncent un manque de visibilité des deux côtés, saoudien et marocain. La préparation des programmes pour cette opération ne pourra donc pas débuter.

"Les agences de voyages marocaines n’ont pas encore commencé à préparer les programmes pour la Omra, puisqu’on n’a pas de vision claire sur les mesures qui seront adoptées par l’Arabie saoudite, notamment en ce qui concerne les mesures sanitaires", nous confie Taoufik Madih, président de l’Association des agences de voyages de Marrakech-Safi.

"Il y a un manque d’informations de la part du Royaume saoudien". Par exemple, une fois arrivés à l’aéroport, quelles sont les mesures qui seront décidées vis-à-vis des Marocains? Quels sont les documents qui seront demandés? Un test PCR sera-t-il obligatoire? Quel délai pour les résultats?.... "Un ensemble de mesures que nous ignorons pour l’instant".

"On attend donc un peu plus de détails, cette période étant critique, nous n’avons pas le droit à l’erreur. La santé des voyageurs est très importante pour nous, et on ne pourra pas présenter de garanties face à cette pandémie".

Le Maroc fera-t-il parti des pays autorisés?

Même son de cloche auprès de l’Association des agences de voyages de Rabat-Salé-Kénitra.

"Il n’y a pas encore de visibilité sur ce sujet. l’Arabie saoudite a annoncé une date de reprise de la Omra, mais celle-ci est limitée aux pays ou la situation pandémique est maitrisée. Les autorités saoudiennes n’ont pas encore communiqué cette liste et, pour l’instant, nous ne savons pas encore si le Maroc y figurera".  

Rappelons que le nombre de cas au Royaume a explosé depuis quelques semaines. Le nombre de cas actifs s’élève à plus 17.500, au mercredi 24 septembre.

"Du côté marocain, nous ne connaissons pas encore la date de la levée de l’état d’urgence sanitaire. Il a été prolongé jusqu’au 10 octobre, mais on ne sait pas s’il sera reconduit", ajoute l’Association.

"D’une autre part, l’ouverture des frontières n’est pas encore effective. Seuls les vols exceptionnels sont autorisés actuellement".  

Par ailleurs, "la Omra est une opération conditionnée par les prestataires saoudiens. Les agences de voyages marocaines n’ont pas encore commencé à recevoir leurs contrats, ni les détails sur les tarifs des différentes prestations, notamment la restauration, le transport….. Pour que nous puissions commencer à travailler et élaborer des programmes, nous avons besoin de plusieurs éléments".

La prudence est de mise

Pour résumer, cette reprise reste tributaire de plusieurs éléments, dont les agences de voyages marocaines ne disposent pas pour l'instant.

La présidente de l’Association, Imane Lamrani, appelle pour sa part les citoyens à la prudence. "Ce dont nous avons peur, c’est que certains arnaqueurs profitent de l’occasion pour commercialiser de faux programmes, ce qui portera préjudice à toutes les agences de voyages".

"Ce qu’il faut dire aux citoyens, c’est que pour l’instant il n’y a pas de programmes, jusqu’à nouvel ordre".

Concernant la réouverture des frontières aériennes, M. Madih nous a expliqués "que tous les intervenants du secteur touristique sont mobilisés pour trouver une solution. Nous avons eu pas mal de réunions avec tout le secteur, notamment les compagnies aériennes, et il va falloir qu'on trouve un accord gagant-gagant", conclut-il. 

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