Résolution 2548 du Conseil de sécurité sur le Sahara : la lecture de Nasser Bourita

Un message de clarté, de fermeté et de constance. Telle est la lecture de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 2548 relative à la question du Sahara marocain, le 30 octobre 2020.

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Résolution 2548 du Conseil de sécurité sur le Sahara : la lecture de Nasser Bourita (Photo MAP)

Le 31 octobre 2020 à 19:01

Modifié le 02 novembre 2020 à 19:47

Voici la lecture de Nasser Bourita :

Il s'agit d'un message de clarté d'abord, dans la définition des véritables parties dans ce différend régional, en pointant expressément le rôle de l’Algérie. L’Algérie est citée pas moins de 5 fois, alors que ce pays n’était pas du tout évoqué dans les résolutions antérieures à 2017.
­

Le Conseil de sécurité appelle donc l’Algérie à assumer un rôle à la hauteur de son implication politique, diplomatique, militaire et humanitaire dans ce différend régional. Aucun processus politique n'est envisageable sans l'implication effective et constructive de ce pays.

Il s'agit d'un message de clarté ensuite, dans l'identification de la finalité du processus politique. La résolution ne laisse aucun doute sur l’engagement du Conseil de sécurité pour « une solution politique réaliste, pragmatique et durable … qui repose sur le compromis ».
­

C’est là la façon du Conseil de sécurité de réitérer son engagement pour une solution politique et d’écarter définitivement toutes les options inapplicables. La résolution implique clairement que toute solution qui n'est pas pragmatique, n'est pas réaliste ni réalisable et est donc à écarter.

Il s'agit d'un message de clarté, enfin, dans le cheminement du processus politique, à travers les tables rondes qui doivent voir la participation de l’ensemble des parties concernées, et notamment l'Algérie.
­

En effet, la résolution ne contient aucune référence au référendum, alors qu’elle se réfère à 6 reprises à la solution politique. Ceux qui continuent à évoquer l'option référendaire s'inscrivent hors de la résolution onusienne, qui incarne à la fois la légalité internationale et exprime la volonté de la communauté internationale.

Pour ce qui est de la fermeté, elle concerne d'abord la question du recensement des populations séquestrées dans les camps de Tindouf. Le Conseil de sécurité souligne, ainsi, la responsabilité humanitaire de l’Algérie, qui est dans le devoir de se conformer à ses obligations internationales. La résolution demande à l’Algérie, « à nouveau, que l’enregistrement des réfugiés dans les camps de Tindouf soit envisagé ».

Elle concerne aussi le respect du cessez-le-feu et l’arrêt des actes de provocation et de déstabilisation. Dans la résolution 2548, le Conseil de sécurité rejoint le rapport du Secrétaire général dans l’inquiétude face aux violations récurrentes de l'Accord militaire et de la menace réelle sur le cessez-le-feu.
­

En effet, le SG avait rapporté au Conseil de sécurité 53 violations par les milices du "polisario", et relevé que les termes de l'Accord militaire n°1 étaient sensiblement moins respectés par le "polisario". Le Secrétaire général a ainsi constaté « une érosion » de la collaboration avec la MINURSO.
­

Faut-il rappeler que le Conseil de sécurité avait, dès sa résolution 2414 de 2018, demandé au "polisario" d’exécuter « son retrait immédiat » de la zone tampon de Guergarate, et « de s’abstenir de se livrer à de tels actes déstabilisateurs », qui pourraient compromettre le processus politique.

La constance, enfin, renvoie à la préservation des acquis du Maroc, notamment :
­

- L’initiative marocaine d’autonomie comme base de toute solution politique ;
­

- Les paramètres de réalisme, de pragmatisme et de compromis, qui caractérisent l’initiative marocaine ;
­

- Plusieurs pays, notamment membres permanents du Conseil de sécurité, ont d'ailleurs réitéré, à l'occasion de cette résolution, leur appui à l'initiative marocaine.

Elle renvoie également à la définition du mandat de la MINURSO :
­

- Le Conseil de sécurité confirme que ce mandat se limite à l'observation stricte du respect du cessez-le-feu ;
­

- Le Conseil de sécurité n'a pas cédé à la logique de chantage politique, de banditisme et de harcèlement du secrétariat de l'ONU, qui poussait pour la modification des missions de la MINURSO ;
­

- La résolution confirme définitivement le mandat de la MINURSO dont la présence n'est nullement liée à un hypothétique référendum, option écartée par le Conseil de sécurité.

"A la veille de la célébration de l'anniversaire de la glorieuse Marche Verte, la résolution 2548 du Conseil de sécurité vient conforter la démarche du Maroc qui s'appuie sur : la légalité internationale, la volonté de la population, la réalité sur le terrain, la poursuite de la dynamique de développement et les reconnaissances de plus en plus accrues de la communauté internationale – comme en témoigne la multiplication des ouvertures de consulats généraux dans les Provinces du Sud", conclut le ministre des Affaires étrangères.

(Photo MAP)

Résolution 2548 du Conseil de sécurité sur le Sahara : la lecture de Nasser Bourita

Le 31 octobre 2020 à19:01

Modifié le 02 novembre 2020 à 19:47

Un message de clarté, de fermeté et de constance. Telle est la lecture de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 2548 relative à la question du Sahara marocain, le 30 octobre 2020.

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Voici la lecture de Nasser Bourita :

Il s'agit d'un message de clarté d'abord, dans la définition des véritables parties dans ce différend régional, en pointant expressément le rôle de l’Algérie. L’Algérie est citée pas moins de 5 fois, alors que ce pays n’était pas du tout évoqué dans les résolutions antérieures à 2017.
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Le Conseil de sécurité appelle donc l’Algérie à assumer un rôle à la hauteur de son implication politique, diplomatique, militaire et humanitaire dans ce différend régional. Aucun processus politique n'est envisageable sans l'implication effective et constructive de ce pays.

Il s'agit d'un message de clarté ensuite, dans l'identification de la finalité du processus politique. La résolution ne laisse aucun doute sur l’engagement du Conseil de sécurité pour « une solution politique réaliste, pragmatique et durable … qui repose sur le compromis ».
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C’est là la façon du Conseil de sécurité de réitérer son engagement pour une solution politique et d’écarter définitivement toutes les options inapplicables. La résolution implique clairement que toute solution qui n'est pas pragmatique, n'est pas réaliste ni réalisable et est donc à écarter.

Il s'agit d'un message de clarté, enfin, dans le cheminement du processus politique, à travers les tables rondes qui doivent voir la participation de l’ensemble des parties concernées, et notamment l'Algérie.
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En effet, la résolution ne contient aucune référence au référendum, alors qu’elle se réfère à 6 reprises à la solution politique. Ceux qui continuent à évoquer l'option référendaire s'inscrivent hors de la résolution onusienne, qui incarne à la fois la légalité internationale et exprime la volonté de la communauté internationale.

Pour ce qui est de la fermeté, elle concerne d'abord la question du recensement des populations séquestrées dans les camps de Tindouf. Le Conseil de sécurité souligne, ainsi, la responsabilité humanitaire de l’Algérie, qui est dans le devoir de se conformer à ses obligations internationales. La résolution demande à l’Algérie, « à nouveau, que l’enregistrement des réfugiés dans les camps de Tindouf soit envisagé ».

Elle concerne aussi le respect du cessez-le-feu et l’arrêt des actes de provocation et de déstabilisation. Dans la résolution 2548, le Conseil de sécurité rejoint le rapport du Secrétaire général dans l’inquiétude face aux violations récurrentes de l'Accord militaire et de la menace réelle sur le cessez-le-feu.
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En effet, le SG avait rapporté au Conseil de sécurité 53 violations par les milices du "polisario", et relevé que les termes de l'Accord militaire n°1 étaient sensiblement moins respectés par le "polisario". Le Secrétaire général a ainsi constaté « une érosion » de la collaboration avec la MINURSO.
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Faut-il rappeler que le Conseil de sécurité avait, dès sa résolution 2414 de 2018, demandé au "polisario" d’exécuter « son retrait immédiat » de la zone tampon de Guergarate, et « de s’abstenir de se livrer à de tels actes déstabilisateurs », qui pourraient compromettre le processus politique.

La constance, enfin, renvoie à la préservation des acquis du Maroc, notamment :
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- L’initiative marocaine d’autonomie comme base de toute solution politique ;
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- Les paramètres de réalisme, de pragmatisme et de compromis, qui caractérisent l’initiative marocaine ;
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- Plusieurs pays, notamment membres permanents du Conseil de sécurité, ont d'ailleurs réitéré, à l'occasion de cette résolution, leur appui à l'initiative marocaine.

Elle renvoie également à la définition du mandat de la MINURSO :
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- Le Conseil de sécurité confirme que ce mandat se limite à l'observation stricte du respect du cessez-le-feu ;
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- Le Conseil de sécurité n'a pas cédé à la logique de chantage politique, de banditisme et de harcèlement du secrétariat de l'ONU, qui poussait pour la modification des missions de la MINURSO ;
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- La résolution confirme définitivement le mandat de la MINURSO dont la présence n'est nullement liée à un hypothétique référendum, option écartée par le Conseil de sécurité.

"A la veille de la célébration de l'anniversaire de la glorieuse Marche Verte, la résolution 2548 du Conseil de sécurité vient conforter la démarche du Maroc qui s'appuie sur : la légalité internationale, la volonté de la population, la réalité sur le terrain, la poursuite de la dynamique de développement et les reconnaissances de plus en plus accrues de la communauté internationale – comme en témoigne la multiplication des ouvertures de consulats généraux dans les Provinces du Sud", conclut le ministre des Affaires étrangères.

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