Rimal. Situation complexe pour l'unique producteur de sable de dragage au Maroc

La société "Rimal", filiale de "Drapor" est à l'arrêt depuis fin 2017. La raison ? Le non-renouvellement des autorisations de dragage de sable, par le ministère de tutelle. 250 salariés risquent un licenciement immédiat. 

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Rimal. Situation complexe pour l'unique producteur de sable de dragage au Maroc

Le 13 août 2020 à 09:34

Modifié le 13 août 2020 à 10:31

Créée par l'Etat en 1984, la société "Drapor" a été privatisée en 2007. Sa filiale "Rimal" a été fondée en 2008 pour exploiter, traiter et commercialiser le sable de dragage au niveau des embouchures de trois oueds: Oum Rabia à Azemmour, Sebou à Mehdia (Kénitra) et Loukkos à Larache.

Cela dit, depuis le 31 décembre 2017, les activités de dragage la société Rimal sont à l'arrêt. Et ce, en raison d'autorisations de dragage qui n'ont pas été renouvelées par le ministère de l'Equipement. 

Il s'agit de l'unique producteur de sable de dragage au Maroc et il annonce le licenciement de 250 salariés.

Joint par Médias24, Hassan Ayad, Directeur général délégué de la société "Rimal", déclare que "la société Rimal a payé, pendant 3 ans et malgré la situation de l'entreprise, la totalité des salaires de ses 500 employés. Cette situation ne peut plus durer compte tenu des circonstances". 

Pour comprendre comment "Rimal" en est arrivé à cette situation de crise, il convient de revenir 13 années en arrière. 

800 millions de DH d'investissement en 10 ans

A l'occasion de la privatisation de la société "Drapor" en 2007, une convention a été signée entre cette dernière et l'Etat. Selon cette convention, la société s'engage à ne pas modifier son objet social et à continuer dans la voie de promotion du dragage de sable, tandis que l'Etat, représenté par le ministère de l'Equipement et di transport, s'est engagé à lui garder les autorisations et lui faciliter la tâche auprès des administrations dans le cadre de l'octroi d'autorisations". 

"Cette convention, qui est valable 5 ans, est renouvelable par tacite reconduction. C'est sur la base de cet accord qu'une convention d'investissement a été signée en 2008. Selon cette dernière, la société s'engage à investir 500 millions de DH. Au final, ce sont 800 millions de DH qui ont été investis dans du matériel qui n'a été utilisé que pendant 10 ans", ajoute la même source. 

Demandes de renouvellement d'autorisations: les motifs du refus

Les autorisations de dragage de sable marin ont une durée de validité de 10 ans. Ainsi, le permissionnaire (Rimal) doit présenter une demande de renouvellement 3 mois avant l'expiration. 

"Nous avons soumis, dans les délais, les demandes de renouvellement d'autorisation pour nos 3 plateformes de sable. Nous avons reçu deux refus pour les plateformes de Mehdia et Larache. Par contre, pour le cas de la plateforme d'Azemmour nous n'avons reçu aucune réponse jusqu'à présent. Et ce, malgré les diverses relances envoyées par nos soins, à travers des lettres adressées au ministère de tutelle", explique M. Ayad. 

Les deux refus de renouvellement des autorisations de dragage de sable ont été justifiés par la non-conformité des deux plateformes en question, aux critères de la loi 27.13 sur les carrières. 

"Il s'agissait d'une nouvelle loi, que nous avions d'ailleurs appuyée. Cela dit, pour pouvoir nous y conformer, nous avions besoin de temps. C'est dans ce sens que nous avions demandé un délai supplémentaire, qui nous a également été refusé", ajoute-t-il. 

Par la suite, et pour se conformer à la loi 27.13 sur les carrières, la société Rimal a cherché deux sites de dragage, qui répondent aux critères de ladite loi, et a présenté au ministère de tutelle des demandes d'autorisation auxquelles la société n'a, à ce jour, reçu aucune réponse, assure M. Ayad.

"Nous ne demandons qu'à reprendre nos activités"

Selon Hassan Ayad, "la situation ne peut plus durer, sachant que 250 salariés seront licenciés. Pour les autres, il n'y a pas de visibilité pour l'instant". 

Une situation poignante pour la société qui a veillé, selon la même source, "à payer la totalité des salaires même pendant la crise sanitaire et économique".

"Ce que nous réclamons aujourd'hui, c'est d'avoir une réponse à nos demandes et d'obtenir les autorisations afin de reprendre nos activités et préserver les emplois".

Rimal. Situation complexe pour l'unique producteur de sable de dragage au Maroc

Le 13 août 2020 à10:24

Modifié le 13 août 2020 à 10:31

La société "Rimal", filiale de "Drapor" est à l'arrêt depuis fin 2017. La raison ? Le non-renouvellement des autorisations de dragage de sable, par le ministère de tutelle. 250 salariés risquent un licenciement immédiat. 

Créée par l'Etat en 1984, la société "Drapor" a été privatisée en 2007. Sa filiale "Rimal" a été fondée en 2008 pour exploiter, traiter et commercialiser le sable de dragage au niveau des embouchures de trois oueds: Oum Rabia à Azemmour, Sebou à Mehdia (Kénitra) et Loukkos à Larache.

Cela dit, depuis le 31 décembre 2017, les activités de dragage la société Rimal sont à l'arrêt. Et ce, en raison d'autorisations de dragage qui n'ont pas été renouvelées par le ministère de l'Equipement. 

Il s'agit de l'unique producteur de sable de dragage au Maroc et il annonce le licenciement de 250 salariés.

Joint par Médias24, Hassan Ayad, Directeur général délégué de la société "Rimal", déclare que "la société Rimal a payé, pendant 3 ans et malgré la situation de l'entreprise, la totalité des salaires de ses 500 employés. Cette situation ne peut plus durer compte tenu des circonstances". 

Pour comprendre comment "Rimal" en est arrivé à cette situation de crise, il convient de revenir 13 années en arrière. 

800 millions de DH d'investissement en 10 ans

A l'occasion de la privatisation de la société "Drapor" en 2007, une convention a été signée entre cette dernière et l'Etat. Selon cette convention, la société s'engage à ne pas modifier son objet social et à continuer dans la voie de promotion du dragage de sable, tandis que l'Etat, représenté par le ministère de l'Equipement et di transport, s'est engagé à lui garder les autorisations et lui faciliter la tâche auprès des administrations dans le cadre de l'octroi d'autorisations". 

"Cette convention, qui est valable 5 ans, est renouvelable par tacite reconduction. C'est sur la base de cet accord qu'une convention d'investissement a été signée en 2008. Selon cette dernière, la société s'engage à investir 500 millions de DH. Au final, ce sont 800 millions de DH qui ont été investis dans du matériel qui n'a été utilisé que pendant 10 ans", ajoute la même source. 

Demandes de renouvellement d'autorisations: les motifs du refus

Les autorisations de dragage de sable marin ont une durée de validité de 10 ans. Ainsi, le permissionnaire (Rimal) doit présenter une demande de renouvellement 3 mois avant l'expiration. 

"Nous avons soumis, dans les délais, les demandes de renouvellement d'autorisation pour nos 3 plateformes de sable. Nous avons reçu deux refus pour les plateformes de Mehdia et Larache. Par contre, pour le cas de la plateforme d'Azemmour nous n'avons reçu aucune réponse jusqu'à présent. Et ce, malgré les diverses relances envoyées par nos soins, à travers des lettres adressées au ministère de tutelle", explique M. Ayad. 

Les deux refus de renouvellement des autorisations de dragage de sable ont été justifiés par la non-conformité des deux plateformes en question, aux critères de la loi 27.13 sur les carrières. 

"Il s'agissait d'une nouvelle loi, que nous avions d'ailleurs appuyée. Cela dit, pour pouvoir nous y conformer, nous avions besoin de temps. C'est dans ce sens que nous avions demandé un délai supplémentaire, qui nous a également été refusé", ajoute-t-il. 

Par la suite, et pour se conformer à la loi 27.13 sur les carrières, la société Rimal a cherché deux sites de dragage, qui répondent aux critères de ladite loi, et a présenté au ministère de tutelle des demandes d'autorisation auxquelles la société n'a, à ce jour, reçu aucune réponse, assure M. Ayad.

"Nous ne demandons qu'à reprendre nos activités"

Selon Hassan Ayad, "la situation ne peut plus durer, sachant que 250 salariés seront licenciés. Pour les autres, il n'y a pas de visibilité pour l'instant". 

Une situation poignante pour la société qui a veillé, selon la même source, "à payer la totalité des salaires même pendant la crise sanitaire et économique".

"Ce que nous réclamons aujourd'hui, c'est d'avoir une réponse à nos demandes et d'obtenir les autorisations afin de reprendre nos activités et préserver les emplois".

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