Samir: Un candidat pour les produits pétroliers du raffineur

Une société marocaine se positionne pour la reprise des produits pétroliers de la Samir. Une offre de 8,23 millions de dollars sur la table, acceptée par le syndic et la Douane mais refusée par les salariés et BCP.

Samir: Un candidat pour les produits pétroliers du raffineur Tribunal de commerce de Casablanca, dossier la Samir.

Le 11 juin 2019 à 13:43

Modifié le 11 juin 2019 à 14:02

Mis en vente par la Samir, environ 30.000 tonnes de Naphta et d’essence semi-fini attendent un repreneur. Ce dossier a été examiné ce mardi 11 juin, lors d’une audience au tribunal de commerce de Casablanca.

Présent sur place, Médias24 a constaté la présence d’un investisseur intéressé par le rachat des produits en question. Il s’agit d’Exol Lubrificants Morocco, filiale marocaine d’Exol Lubrificants Limited, Holding anglaise spécialisée dans la fabrication et la distribution des lubrifiants.

Selon nos informations, la société propose d’acquérir les stocks de Samir au prix de 8,23 millions de dollars. L’offre a été antérieurement soumise au syndic Abdelkbir Safadi. Le Directeur général d’Exol, Mohamed Saouabi, s’est présenté ce mardi à l’audience pour confirmer cette offre.

L’appel d’offres a été lancé il y a quelques semaines. Le syndic voudrait acter la vente et sollicite une ordonnance du juge-commissaire pour en déterminer les termes. Avant de rendre une décision, ce dernier devra recueillir les avis des parties. Et une chose est sûre,  la proposition d’Exol ne fait pas l’unanimité.

Des trois contrôleurs, la Douane est, pour l’heure, la seule à avoir formulé un avis favorable. Sur le principe, le représentant des salariés ne s’oppose pas à la vente, mais refuse l’offre d’Exol, jugée en deçà du prix du marché.

Reste la Banque centrale populaire, qui n’a pas encore formulé une position ferme mais qui se dirige aussi vers un refus. « Le prix proposé est très faible. Il ne correspond pas aux prix pratiqués à l’international », note Me Driss Laraqui (cabinet Bassamat & Laraqui), conseil de BCP. Celle-ci devra formuler sa position le 18 juin.

Selon nos informations, le syndic estime le prix de la marchandise à 120 MDH. Mais ce chiffre est amené à évoluer en fonction du cours international.

Cela étant, d’autres candidats avaient formulé des offres plus importantes que celle d’Exol. Il s’agit notamment de Glencore, qui s’est positionné à hauteur de 13,99 millions de dollars et de Trafigura à 11,70 millions de dollars. Nous n'avons pas pu déterminer les positions des parties pour ces offres, ni si celles-ci sont toujours valables. 

Pour sa part, le représentant d’Exol justifie son offre par le fait que « l’essence semi-finie ne peut être vendue qu’en Egypte » et par « la fluctuation du marché international », a-t-il déclaré au juge-commissaire. « Depuis trois ans, le prix référentiel n’a jamais baissé au niveau de celui proposé par Exol », a rétorqué Me Laraqui.

Depuis sa mise en liquidation, la Samir a plusieurs fois placé des produits pétroliers en vente, notamment du platine ou encore 400 tonnes de gaz butane. Proposés depuis respectivement novembre et décembre 2018, « ces produits n’ont toujours pas trouvé preneur », indique une source proche du dossier.

Les produits concernés n’entrent pas dans le périmètre de la cession globale. « Ce sont des actifs qui ont été dissociés de cette cession pour que leur vente puisse financer l’entretien de la raffinerie, les salaires et les frais de procédure », clarifie notre interlocuteur.

Tags : La Samir
Tribunal de commerce de Casablanca, dossier la Samir.

Samir: Un candidat pour les produits pétroliers du raffineur

Le 11 juin 2019 à14:02

Modifié le 11 juin 2019 à 14:02

Une société marocaine se positionne pour la reprise des produits pétroliers de la Samir. Une offre de 8,23 millions de dollars sur la table, acceptée par le syndic et la Douane mais refusée par les salariés et BCP.

Mis en vente par la Samir, environ 30.000 tonnes de Naphta et d’essence semi-fini attendent un repreneur. Ce dossier a été examiné ce mardi 11 juin, lors d’une audience au tribunal de commerce de Casablanca.

Présent sur place, Médias24 a constaté la présence d’un investisseur intéressé par le rachat des produits en question. Il s’agit d’Exol Lubrificants Morocco, filiale marocaine d’Exol Lubrificants Limited, Holding anglaise spécialisée dans la fabrication et la distribution des lubrifiants.

Selon nos informations, la société propose d’acquérir les stocks de Samir au prix de 8,23 millions de dollars. L’offre a été antérieurement soumise au syndic Abdelkbir Safadi. Le Directeur général d’Exol, Mohamed Saouabi, s’est présenté ce mardi à l’audience pour confirmer cette offre.

L’appel d’offres a été lancé il y a quelques semaines. Le syndic voudrait acter la vente et sollicite une ordonnance du juge-commissaire pour en déterminer les termes. Avant de rendre une décision, ce dernier devra recueillir les avis des parties. Et une chose est sûre,  la proposition d’Exol ne fait pas l’unanimité.

Des trois contrôleurs, la Douane est, pour l’heure, la seule à avoir formulé un avis favorable. Sur le principe, le représentant des salariés ne s’oppose pas à la vente, mais refuse l’offre d’Exol, jugée en deçà du prix du marché.

Reste la Banque centrale populaire, qui n’a pas encore formulé une position ferme mais qui se dirige aussi vers un refus. « Le prix proposé est très faible. Il ne correspond pas aux prix pratiqués à l’international », note Me Driss Laraqui (cabinet Bassamat & Laraqui), conseil de BCP. Celle-ci devra formuler sa position le 18 juin.

Selon nos informations, le syndic estime le prix de la marchandise à 120 MDH. Mais ce chiffre est amené à évoluer en fonction du cours international.

Cela étant, d’autres candidats avaient formulé des offres plus importantes que celle d’Exol. Il s’agit notamment de Glencore, qui s’est positionné à hauteur de 13,99 millions de dollars et de Trafigura à 11,70 millions de dollars. Nous n'avons pas pu déterminer les positions des parties pour ces offres, ni si celles-ci sont toujours valables. 

Pour sa part, le représentant d’Exol justifie son offre par le fait que « l’essence semi-finie ne peut être vendue qu’en Egypte » et par « la fluctuation du marché international », a-t-il déclaré au juge-commissaire. « Depuis trois ans, le prix référentiel n’a jamais baissé au niveau de celui proposé par Exol », a rétorqué Me Laraqui.

Depuis sa mise en liquidation, la Samir a plusieurs fois placé des produits pétroliers en vente, notamment du platine ou encore 400 tonnes de gaz butane. Proposés depuis respectivement novembre et décembre 2018, « ces produits n’ont toujours pas trouvé preneur », indique une source proche du dossier.

Les produits concernés n’entrent pas dans le périmètre de la cession globale. « Ce sont des actifs qui ont été dissociés de cette cession pour que leur vente puisse financer l’entretien de la raffinerie, les salaires et les frais de procédure », clarifie notre interlocuteur.

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