Santé, éducation… Voici le positionnement international du Maroc (IRES)

Un rapport de l'IRES dresse un aperçu du positionnement du Maroc à l'international sur les plans politique, économique, social, culturel et environnemental. Médias24 a choisi de retenir le positionnement international du Maroc dans quelques domaines clés.

Santé, éducation… Voici le positionnement international du Maroc (IRES)

Le 20 novembre 2019 à 16:18

Modifié le 24 novembre 2019 à 09:24

L’Institut Royal des Etudes Stratégiques vient de publier la 7e édition de son rapport sur le positionnement international du Maroc. En se basant sur environ 190 indicateurs, le rapport vise à élaborer un tableau de bord comprenant le positionnement international du Maroc dans plusieurs domaines. 

Education

Les indicateurs liés à l’éducation placent le Maroc dans une situation où il est appelé à fournir beaucoup plus d’efforts. Les dépenses d’éducation se sont établies à 5,3% du PIB en 2018 contre 5,2 en 1998. Un niveau encore faible. De plus, le rendement de ces dépenses demeure insuffisant en raison de l’échec scolaire et la dégradation de la qualité du système éducatif.

Les faibles scores obtenus par le Maroc dans les programmes PIRLS (Progress in International Reading Literacy Study) et TIMSS (Trends in International Mathematics and Science Study) confirment les dysfonctionnements qui touchent à la qualité du système éducatif national. En effet, le Maroc a obtenu dans ces tests un score moyen de 358 points en 2016, bien en-deçà de la moyenne mondiale qui s’établit à 450 points pour le PRILS et 485 pour le TIMSS. Le Maroc est classé 48e sur 50 pays dans le premier classement et 37e sur 39 pays, dans le second.

La scolarisation au Maroc s’est toutefois nettement améliorée durant les deux dernières décennies. Le taux de scolarisation au niveau de l’enseignement primaire est passé de 66% en 1998 à 99,5% en 2018. Il y a eu également une nette amélioration au niveau de la scolarisation secondaire collégiale qui est passée de 24% en 1998 à 89,7 en 2018. Quant à la scolarisation au niveau de l’enseignement secondaire qualifiant, elle affiche encore un taux bas qui s’établit à seulement 65,8%.

Les ménages supportent plus que la moitié des dépenses de santé

En 1962, l’espérance de vie des Marocains était de 47 ans. Elle est de 74,8 aujourd’hui, soit un allongement de 28 ans. Cette évolution est notamment due à l’extension de la couverture médicale. Mais elle reste en dessous de la moyenne d’espérance de vie dans les pays de l’OCDE, qui est de 80 ans.

Les taux de mortalité maternelle et infantile ont diminué. En 1980, on enregistrait 404 décès maternels pour chaque 100 000 naissances, contre 78 aujourd’hui. Quant à la mortalité infantile, elle s’établissait à un ratio de 91 décès pour chaque 1 000 naissances, contre 18 aujourd’hui. Mais il y a encore une grande marge d'amélioration, et ce taux demeure très élevé en milieu rural et particulièrement dans les zones enclavées.

Le système de santé au Maroc demeure très inégalitaire et dépend de la solvabilité des ménages. En 2017, 54% des dépenses globales de santé ont été mises à la charge des ménages, contre 53% en 1995. Ces chiffres montrent que le Maroc ne réalise aucun progrès en matière d’égalité d’accès aux services de santé.

Démocratie, libertés publiques et Etat de droit

Le Maroc se classe aujourd’hui au 100e rang sur 167 pays dans l’indice de démocratie, ce qui le place dans la catégorie des régimes hybrides. Ce résultat est consolidé par le positionnement du Maroc en matière de protection des libertés publiques, avec l’obtention d’un score faible de 2,25 sur 4. Le Royaume affiche également un score faible de 2,67 sur 4 en matière de liberté de l’information, et se classe au 135e rang sur 180 pays dans l’indice de liberté de la presse.

Au niveau de la consolidation de l’Etat de droit, le Maroc se positionne au 108e rang sur 209 pays, et à la 108e place au niveau de l’efficacité du gouvernement.

Accès à la mondialisation

Une évolution importante a été enregistrée par le Maroc dans son positionnement en matière de facilité des affaires. Le Royaume a gagné plus de 70 places entre 2004 et 2019 dans l’indice de Doing business. Pour les rédacteurs du rapport, cette évolution est notamment due aux « avancées effectuées dans le domaine de la création de l’entreprise, du transfert de propriété, d’obtention des prêts, de la protection des investisseurs minoritaires et du commerce transfrontalier ».

L’amélioration du climat général des affaires a également permis au Maroc de gagner 35 places entre 2007 et 2019, dans l’indice de « Best Countries for Business » qui évalue la compétitivité des pays.

Les Marocains ne font pas confiance aux institutions élues

A l’exception de l’armée, les Marocains affichent une confiance insuffisante vis-à-vis des institutions régaliennes, notamment la police et le système judiciaire. Selon le rapport, ce résultat est dû au fort degré de perception de la corruption. « Il existe, selon les données de l'IRES, une relation de cause à effet, inversement proportionnelle, entre la perception de la corruption et le degré de confiance accordée aux institutions », note le rapport.

Les Marocains affichent également un niveau de confiance extrêmement faible à l’égard des partis politiques, du Parlement et du gouvernement.  

Santé, éducation… Voici le positionnement international du Maroc (IRES)

Le 20 novembre 2019 à17:01

Modifié le 24 novembre 2019 à 09:24

Un rapport de l'IRES dresse un aperçu du positionnement du Maroc à l'international sur les plans politique, économique, social, culturel et environnemental. Médias24 a choisi de retenir le positionnement international du Maroc dans quelques domaines clés.

L’Institut Royal des Etudes Stratégiques vient de publier la 7e édition de son rapport sur le positionnement international du Maroc. En se basant sur environ 190 indicateurs, le rapport vise à élaborer un tableau de bord comprenant le positionnement international du Maroc dans plusieurs domaines. 

Education

Les indicateurs liés à l’éducation placent le Maroc dans une situation où il est appelé à fournir beaucoup plus d’efforts. Les dépenses d’éducation se sont établies à 5,3% du PIB en 2018 contre 5,2 en 1998. Un niveau encore faible. De plus, le rendement de ces dépenses demeure insuffisant en raison de l’échec scolaire et la dégradation de la qualité du système éducatif.

Les faibles scores obtenus par le Maroc dans les programmes PIRLS (Progress in International Reading Literacy Study) et TIMSS (Trends in International Mathematics and Science Study) confirment les dysfonctionnements qui touchent à la qualité du système éducatif national. En effet, le Maroc a obtenu dans ces tests un score moyen de 358 points en 2016, bien en-deçà de la moyenne mondiale qui s’établit à 450 points pour le PRILS et 485 pour le TIMSS. Le Maroc est classé 48e sur 50 pays dans le premier classement et 37e sur 39 pays, dans le second.

La scolarisation au Maroc s’est toutefois nettement améliorée durant les deux dernières décennies. Le taux de scolarisation au niveau de l’enseignement primaire est passé de 66% en 1998 à 99,5% en 2018. Il y a eu également une nette amélioration au niveau de la scolarisation secondaire collégiale qui est passée de 24% en 1998 à 89,7 en 2018. Quant à la scolarisation au niveau de l’enseignement secondaire qualifiant, elle affiche encore un taux bas qui s’établit à seulement 65,8%.

Les ménages supportent plus que la moitié des dépenses de santé

En 1962, l’espérance de vie des Marocains était de 47 ans. Elle est de 74,8 aujourd’hui, soit un allongement de 28 ans. Cette évolution est notamment due à l’extension de la couverture médicale. Mais elle reste en dessous de la moyenne d’espérance de vie dans les pays de l’OCDE, qui est de 80 ans.

Les taux de mortalité maternelle et infantile ont diminué. En 1980, on enregistrait 404 décès maternels pour chaque 100 000 naissances, contre 78 aujourd’hui. Quant à la mortalité infantile, elle s’établissait à un ratio de 91 décès pour chaque 1 000 naissances, contre 18 aujourd’hui. Mais il y a encore une grande marge d'amélioration, et ce taux demeure très élevé en milieu rural et particulièrement dans les zones enclavées.

Le système de santé au Maroc demeure très inégalitaire et dépend de la solvabilité des ménages. En 2017, 54% des dépenses globales de santé ont été mises à la charge des ménages, contre 53% en 1995. Ces chiffres montrent que le Maroc ne réalise aucun progrès en matière d’égalité d’accès aux services de santé.

Démocratie, libertés publiques et Etat de droit

Le Maroc se classe aujourd’hui au 100e rang sur 167 pays dans l’indice de démocratie, ce qui le place dans la catégorie des régimes hybrides. Ce résultat est consolidé par le positionnement du Maroc en matière de protection des libertés publiques, avec l’obtention d’un score faible de 2,25 sur 4. Le Royaume affiche également un score faible de 2,67 sur 4 en matière de liberté de l’information, et se classe au 135e rang sur 180 pays dans l’indice de liberté de la presse.

Au niveau de la consolidation de l’Etat de droit, le Maroc se positionne au 108e rang sur 209 pays, et à la 108e place au niveau de l’efficacité du gouvernement.

Accès à la mondialisation

Une évolution importante a été enregistrée par le Maroc dans son positionnement en matière de facilité des affaires. Le Royaume a gagné plus de 70 places entre 2004 et 2019 dans l’indice de Doing business. Pour les rédacteurs du rapport, cette évolution est notamment due aux « avancées effectuées dans le domaine de la création de l’entreprise, du transfert de propriété, d’obtention des prêts, de la protection des investisseurs minoritaires et du commerce transfrontalier ».

L’amélioration du climat général des affaires a également permis au Maroc de gagner 35 places entre 2007 et 2019, dans l’indice de « Best Countries for Business » qui évalue la compétitivité des pays.

Les Marocains ne font pas confiance aux institutions élues

A l’exception de l’armée, les Marocains affichent une confiance insuffisante vis-à-vis des institutions régaliennes, notamment la police et le système judiciaire. Selon le rapport, ce résultat est dû au fort degré de perception de la corruption. « Il existe, selon les données de l'IRES, une relation de cause à effet, inversement proportionnelle, entre la perception de la corruption et le degré de confiance accordée aux institutions », note le rapport.

Les Marocains affichent également un niveau de confiance extrêmement faible à l’égard des partis politiques, du Parlement et du gouvernement.  

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