Sécurité alimentaire en Afrique : développer le recours aux engrais est crucial

L’augmentation de l’usage des engrais en Afrique se présente comme une solution pour améliorer le rendement agricole et assurer la sécurité alimentaire. Premier producteur d’engrais à base de phosphate, le groupe OCP joue un rôle crucial dans le développement agricole du continent.

Sécurité alimentaire en Afrique : développer le recours aux engrais est crucial

Le 02 décembre 2019 à 18:11

Modifié le 03 décembre 2019 à 10:52

La 4ème édition de l’Africa Security Forum s’est tenue ce lundi 2 décembre à Rabat. Co-organisé par le centre de recherche Atlantis et le Forum international des technologies de sécurité, le forum a été l’occasion pour rappeler les conséquences du changement climatique sur la sécurité alimentaire en Afrique.

Des saisons de végétation brèves, rareté de l’eau… les effets du changement climatique se font en effet déjà sentir sur les rendements agricoles en Afrique. Ces effets risquent de s’accentuer avec l’accroissement démographique rapide du continent.

En effet, la population africaine doit atteindre 2 milliards d'habitants d’ici 2050, soit le taux de croissance démographique le plus élevé au monde. Si le système de production actuel ne change pas, l’Afrique ne pourra subvenir qu’à 13% de ses besoins alimentaires d’ici 2050 (ONU).

Le continent africain est appelé à accélérer son développement agricole. Pour ce faire, le recours aux engrais semble une nécessité. Les engrais participent à maximiser l’utilisation des terres agricoles à court-terme et à les préserver à long-terme. Le groupe OCP est aujourd’hui le premier producteur mondial d’engrais. Son rôle en Afrique semble donc incontournable pour assurer la sécurité alimentaire du continent.

Augmenter l’usage des engrais

Le développement de l’agriculture en Afrique fait partie des objectifs fixés par OCP. Le groupe a lancé en 2016 sa filiale OCP-Africa dont la mission est de contribuer au développement durable de l’agriculture africaine. Présente dans 18 pays africains, la filiale veut développer l’usage des engrais pour augmenter le rendement agricole du continent. Aujourd’hui, le recours aux engrais en Afrique se limite à 16 kg/ha contre une moyenne mondiale de 138 kg/ha.

L’approche du groupe consiste à développer des produits qui répondent aux spécificités de la terre. Pour ce faire, une analyse approfondie est effectuée sur la réponse du sol et des cultures et les pratiques agronomiques actuelles. Le groupe effectue également des essais de terrain pour mesurer l’impact de l’usage inapproprié des engrais et la mauvaise gestion des cultures sur le rendement agricole.

Depuis 2016, OCP-Africa a investi 7 millions de dollars dans la nutrition du sol et dans les tests agronomiques dans 7 pays africains (Kenya, Nigeria, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Burkina Faso, Senegal). Les activités du groupe au sein du continent ont également permis l’augmentation de 37% du rendement du maïs en Ethiopie.

De plus, en novembre 2016, le groupe OCP a lancé un projet construction d’une usine de production d’engrais en Ethiopie. Dotée d’une capacité de production de 2,5 millions de tonnes par an, la mise en service de l’usine est prévue pour 2022.

Le changement climatique risque d’aggraver le taux de malnutrition

Le système de production agricole actuel ne parvient pas à répondre aux besoins de nutrition des populations africaines. Selon les chiffres de l’ONU, environ 240 millions d’Africains souffrent aujourd’hui de malnutrition. Une augmentation au niveau des températures du globe aggraverait encore plus le taux de la malnutrition au continent.

En effet, l’agriculture africaine est aujourd’hui largement dépendante de la pluie et des réserves d’eau que celle-ci remplisse. Mais les périodes de sécheresse deviennent de plus en plus fréquentes et pèsent lourdement sur la sécurité alimentaire du continent. "La pluie se fait de plus en plus rare, et quand les précipitations arrivent, elles sont extrêmes", a expliqué Said Mouline, directeur de l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique.

Aujourd’hui, la sécheresse pose de sérieux problèmes même aux géants africains. En octobre dernier, les autorités sud-africaines ont imposé des restrictions d’accès à l’eau après une sécheresse intense. Dans certains foyers, l’eau ne coulait plus du robinet.

Sécurité alimentaire en Afrique : développer le recours aux engrais est crucial

Le 02 décembre 2019 à18:11

Modifié le 03 décembre 2019 à 10:52

L’augmentation de l’usage des engrais en Afrique se présente comme une solution pour améliorer le rendement agricole et assurer la sécurité alimentaire. Premier producteur d’engrais à base de phosphate, le groupe OCP joue un rôle crucial dans le développement agricole du continent.

La 4ème édition de l’Africa Security Forum s’est tenue ce lundi 2 décembre à Rabat. Co-organisé par le centre de recherche Atlantis et le Forum international des technologies de sécurité, le forum a été l’occasion pour rappeler les conséquences du changement climatique sur la sécurité alimentaire en Afrique.

Des saisons de végétation brèves, rareté de l’eau… les effets du changement climatique se font en effet déjà sentir sur les rendements agricoles en Afrique. Ces effets risquent de s’accentuer avec l’accroissement démographique rapide du continent.

En effet, la population africaine doit atteindre 2 milliards d'habitants d’ici 2050, soit le taux de croissance démographique le plus élevé au monde. Si le système de production actuel ne change pas, l’Afrique ne pourra subvenir qu’à 13% de ses besoins alimentaires d’ici 2050 (ONU).

Le continent africain est appelé à accélérer son développement agricole. Pour ce faire, le recours aux engrais semble une nécessité. Les engrais participent à maximiser l’utilisation des terres agricoles à court-terme et à les préserver à long-terme. Le groupe OCP est aujourd’hui le premier producteur mondial d’engrais. Son rôle en Afrique semble donc incontournable pour assurer la sécurité alimentaire du continent.

Augmenter l’usage des engrais

Le développement de l’agriculture en Afrique fait partie des objectifs fixés par OCP. Le groupe a lancé en 2016 sa filiale OCP-Africa dont la mission est de contribuer au développement durable de l’agriculture africaine. Présente dans 18 pays africains, la filiale veut développer l’usage des engrais pour augmenter le rendement agricole du continent. Aujourd’hui, le recours aux engrais en Afrique se limite à 16 kg/ha contre une moyenne mondiale de 138 kg/ha.

L’approche du groupe consiste à développer des produits qui répondent aux spécificités de la terre. Pour ce faire, une analyse approfondie est effectuée sur la réponse du sol et des cultures et les pratiques agronomiques actuelles. Le groupe effectue également des essais de terrain pour mesurer l’impact de l’usage inapproprié des engrais et la mauvaise gestion des cultures sur le rendement agricole.

Depuis 2016, OCP-Africa a investi 7 millions de dollars dans la nutrition du sol et dans les tests agronomiques dans 7 pays africains (Kenya, Nigeria, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Burkina Faso, Senegal). Les activités du groupe au sein du continent ont également permis l’augmentation de 37% du rendement du maïs en Ethiopie.

De plus, en novembre 2016, le groupe OCP a lancé un projet construction d’une usine de production d’engrais en Ethiopie. Dotée d’une capacité de production de 2,5 millions de tonnes par an, la mise en service de l’usine est prévue pour 2022.

Le changement climatique risque d’aggraver le taux de malnutrition

Le système de production agricole actuel ne parvient pas à répondre aux besoins de nutrition des populations africaines. Selon les chiffres de l’ONU, environ 240 millions d’Africains souffrent aujourd’hui de malnutrition. Une augmentation au niveau des températures du globe aggraverait encore plus le taux de la malnutrition au continent.

En effet, l’agriculture africaine est aujourd’hui largement dépendante de la pluie et des réserves d’eau que celle-ci remplisse. Mais les périodes de sécheresse deviennent de plus en plus fréquentes et pèsent lourdement sur la sécurité alimentaire du continent. "La pluie se fait de plus en plus rare, et quand les précipitations arrivent, elles sont extrêmes", a expliqué Said Mouline, directeur de l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique.

Aujourd’hui, la sécheresse pose de sérieux problèmes même aux géants africains. En octobre dernier, les autorités sud-africaines ont imposé des restrictions d’accès à l’eau après une sécheresse intense. Dans certains foyers, l’eau ne coulait plus du robinet.

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