Six mois de prison avec sursis pour quatre journalistes et un député

Les journalistes sont condamnés pour avoir publié des informations relatives à la commission d’enquête parlementaire sur les déficits du régime civil de la CMR; le député, pour violation du secret professionnel. Derrière ce procès, une plainte de Hakim Benchamach, président de la deuxième chambre.  

Six mois de prison avec sursis pour quatre journalistes et un député

Le 27 mars 2019 à 18:05

Modifié le 28 mars 2019 à 22:34

Le tribunal de première instance de Rabat vient de rendre son verdict dans l’affaire opposant le président de la deuxième chambre Hakim Benchamach à quatre journalistes d’Al Massae, Akhbar Al Yaoum et Al Jarida 24.

Les quatre journalistes étaient poursuivis depuis début 2018, suite à une plainte du président de la deuxième chambre, pour avoir publié des extraits du passage, en décembre 2016, de l’ancien Chef de gouvernement Abdelilah Benkirane devant la commission d’enquête parlementaire consacrée au déficit du régime civil géré par la Caisse marocaine des retraites (CMR).

En plus des quatre journalistes, le conseiller CDT Abdelhak Hissan était également poursuivi pour « violation du secret professionnel », car accusé d’être derrière la fuite des informations publiées par nos confrères Abdelhak Belachgar d’Akhbar Al Yaoum, Mohamed Aheddad d’Al Massae, Kaoutar Zaki et Abdelilah Sakhir d’Aljarida24.

Verdict : six mois de prison avec sursis pour les quatre journalistes et le parlementaire, avec une amende de 10.000 dirhams chacun.

Hakim Benchamach avait pour rappel activé la plainte conformément à l’article 14 du règlement intérieur régissant les commissions d’enquête parlementaires. Cet article vise à entourer les travaux des commissions d’enquête de la confidentialité totale. Il stipule que toute personne ayant publié des informations issues de ces commissions encourt une peine allant de 1 à 5 ans de prison, avec une amende allant de 1.000 à 10.000 dirhams.

La défense avait demandé l'acquittement, le parquet a requis des peines de prison ferme entre un et cinq ans comme le stipule la loi.

"Un verdit contre la liberté de la presse"

"C'est un verdict contre la liberté d'expression", a déclaré à l'AFP Mohamed Aheddad, un des journalistes condamnés, peu après le verdict rendu par le tribunal de première instance de Rabat.

"Nous avons été condamnés pour avoir publié des informations exactes (...). Nous allons faire appel car nous sommes convaincus de notre innocence", a poursuivi le journaliste d’Al Massae.

"Ce verdict est injuste et n'est basé sur rien", a confié à l'AFP le conseiller CDT Abdelhak Hissan, qui a notamment estimé que les journalistes n'avaient "fait que leur travail".

Dans un communiqué diffusé ce mercredi 27 mars, le syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a dénoncé également ce jugement qu’il qualifie "d’injuste vis-à-vis des quatre journalistes et de la liberté de la presse de manière générale".

Le SNPM fait porter la responsabilité de ce jugement au président de la deuxième chambre qui, en activant cette "étrange" plainte, s’est "autoproclamé adversaire de la liberté de la presse et d’expression", selon les termes du communiqué. 

Six mois de prison avec sursis pour quatre journalistes et un député

Le 27 mars 2019 à18:05

Modifié le 28 mars 2019 à 22:34

Les journalistes sont condamnés pour avoir publié des informations relatives à la commission d’enquête parlementaire sur les déficits du régime civil de la CMR; le député, pour violation du secret professionnel. Derrière ce procès, une plainte de Hakim Benchamach, président de la deuxième chambre.  

Le tribunal de première instance de Rabat vient de rendre son verdict dans l’affaire opposant le président de la deuxième chambre Hakim Benchamach à quatre journalistes d’Al Massae, Akhbar Al Yaoum et Al Jarida 24.

Les quatre journalistes étaient poursuivis depuis début 2018, suite à une plainte du président de la deuxième chambre, pour avoir publié des extraits du passage, en décembre 2016, de l’ancien Chef de gouvernement Abdelilah Benkirane devant la commission d’enquête parlementaire consacrée au déficit du régime civil géré par la Caisse marocaine des retraites (CMR).

En plus des quatre journalistes, le conseiller CDT Abdelhak Hissan était également poursuivi pour « violation du secret professionnel », car accusé d’être derrière la fuite des informations publiées par nos confrères Abdelhak Belachgar d’Akhbar Al Yaoum, Mohamed Aheddad d’Al Massae, Kaoutar Zaki et Abdelilah Sakhir d’Aljarida24.

Verdict : six mois de prison avec sursis pour les quatre journalistes et le parlementaire, avec une amende de 10.000 dirhams chacun.

Hakim Benchamach avait pour rappel activé la plainte conformément à l’article 14 du règlement intérieur régissant les commissions d’enquête parlementaires. Cet article vise à entourer les travaux des commissions d’enquête de la confidentialité totale. Il stipule que toute personne ayant publié des informations issues de ces commissions encourt une peine allant de 1 à 5 ans de prison, avec une amende allant de 1.000 à 10.000 dirhams.

La défense avait demandé l'acquittement, le parquet a requis des peines de prison ferme entre un et cinq ans comme le stipule la loi.

"Un verdit contre la liberté de la presse"

"C'est un verdict contre la liberté d'expression", a déclaré à l'AFP Mohamed Aheddad, un des journalistes condamnés, peu après le verdict rendu par le tribunal de première instance de Rabat.

"Nous avons été condamnés pour avoir publié des informations exactes (...). Nous allons faire appel car nous sommes convaincus de notre innocence", a poursuivi le journaliste d’Al Massae.

"Ce verdict est injuste et n'est basé sur rien", a confié à l'AFP le conseiller CDT Abdelhak Hissan, qui a notamment estimé que les journalistes n'avaient "fait que leur travail".

Dans un communiqué diffusé ce mercredi 27 mars, le syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a dénoncé également ce jugement qu’il qualifie "d’injuste vis-à-vis des quatre journalistes et de la liberté de la presse de manière générale".

Le SNPM fait porter la responsabilité de ce jugement au président de la deuxième chambre qui, en activant cette "étrange" plainte, s’est "autoproclamé adversaire de la liberté de la presse et d’expression", selon les termes du communiqué. 

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