Toporek contre Belmamoun: audience expéditive au tribunal de Rabat

Le PDG de Brookstone Partners Morocco, Omar Belmamoun, a comparu ce mardi devant le tribunal de Rabat. Il fait l'objet d'une citation directe. Il a présenté un contre-audit s'opposant aux accusations de détournement formulées par Michael Toporek.

Toporek contre Belmamoun: audience expéditive au tribunal de Rabat Tribunal de première instance de Rabat. Première comparution de Omar Belmamoun dans l'affaire Brookstone Partners Morocco.

Le 02 avril 2019 à 20:03

Modifié le 02 avril 2019 à 21:40

Omar Belmamoun, PDG de Brookstone Partners Morocco, a comparu ce mardi 2 avril devant le tribunal de première instance de Rabat, et ce dans le cadre de la citation directe initiée par son associé américain Michael Toporek et par la société MJT Park investors (Etats-Unis).

Le dossier en est à ses premiers balbutiements. Après une courte audience, le président a décidé de renvoyer l’affaire au 11 juin. Le temps pour la défense de préparer son argumentaire.

Déposée en février 2019, la plainte porte sur des faits «de disposition frauduleuse de fonds de la société, d’escroquerie, de détournement et d'abus de confiance». Anas Belmamoun, le frère du PDG, a également comparu en tant que coauteur.

Le dossier a été amorcé par le biais d’une citation directe, déposée devant le président du tribunal. Ce mécanisme permet au plaignant, également partie civile, de se substituer au ministère public pour enclencher lui-même l’action pénale. C’est une procédure rapide qui évite l’instruction. 

«En l’espèce, Omar et Anas Belmamoun n’ont pas été entendus par le parquet ni par la police. Il n’y a pas eu d’enquête préliminaire. Il n’y a pas eu poursuite du procureur. Ils se sont présentés directement devant le tribunal», affirme une source sur place.

La citation a été appuyée par un audit effectué sur les comptes de BPM. L’audit a été diligenté par Jamal Eddine Ilyass, expert assermenté spécialisé dans les opérations et techniques bancaires. L’expertise, qui couvre la période allant de 2014 à 2018, a relevé l’existence de «nombreuses opérations douteuses» et de «dépenses conséquentes n’ayant aucun lien avec les intérêts de la société. »

L’expert évalue à 9,5 MDH le montant des "détournements" dont est accusé Belmamoun, somme dont le plaignant réclame la restitution.

Pour leur défense, les frères Belmamoun s’appuient sur un contre-audit d’Exet Audit. Le rapport qui en découle, et qui n’est que préliminaire, est parvenu à justifier les dépenses en cause «à hauteur de 7,3 MDH, soit environ 75% du montant du prétendu détournement cité» dans la plainte.

Se basant sur les PV du conseil d’administration et sur des courriels échangés avec les administrateurs, l’expert Mohammed Mallaoui conclut que Omar Belmamoun n’a usé que de ses «droits» en prélevant ses salaires et indemnités de logement, soit 3,3 MDH entre 2014 et 2016. Lesquels avaient été validés par le plaignant Michael Toporek, estime l’auditeur.

Selon l’audit, un certain nombre d’opérations utilisées dans la plainte ont même été signées et validées par le plaignant. C’est le cas du virement effectué le 18 mars 2015 au frère de Belmamoun. Ce virement (270.000 DH) a été suivi de l’acquisition, par BPM, de Belena Holding Sarl, société gérée par Anas Belmamoun.

Or, selon l’expertise, cette acquisition a été adoptée à l’unanimité des administrateurs votants. Omar Belmamoun n’en faisait pas partie en raison de «ses liens de parenté» avec le cédant. En revanche, le PV de la réunion fait ressortir la signature de Michael Toporek en sa qualité d’administrateur.

En dehors du dossier Brookstone Partners, Omar Belmamoun est également en conflit avec Michael Toporek dans le cadre de l'affaire Platinum Power, développeur privé de barrages destinés à la production électrique. Le deuxième a été révoqué de son mandat d'administrateur lors d'une assemblée générale extraordinaire tenue le 5 février 2019.

En difficulté, cette société avait fait l'objet d'une procédure d'alerte, initiée par le commissaire aux comptes auprès du tribunal de commerce. Le président de cette juridiction avait par la suite rejeté la demande tendant à l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire de la société. 

Tribunal de première instance de Rabat. Première comparution de Omar Belmamoun dans l'affaire Brookstone Partners Morocco.

Toporek contre Belmamoun: audience expéditive au tribunal de Rabat

Le 02 avril 2019 à20:39

Modifié le 02 avril 2019 à 21:40

Le PDG de Brookstone Partners Morocco, Omar Belmamoun, a comparu ce mardi devant le tribunal de Rabat. Il fait l'objet d'une citation directe. Il a présenté un contre-audit s'opposant aux accusations de détournement formulées par Michael Toporek.

Omar Belmamoun, PDG de Brookstone Partners Morocco, a comparu ce mardi 2 avril devant le tribunal de première instance de Rabat, et ce dans le cadre de la citation directe initiée par son associé américain Michael Toporek et par la société MJT Park investors (Etats-Unis).

Le dossier en est à ses premiers balbutiements. Après une courte audience, le président a décidé de renvoyer l’affaire au 11 juin. Le temps pour la défense de préparer son argumentaire.

Déposée en février 2019, la plainte porte sur des faits «de disposition frauduleuse de fonds de la société, d’escroquerie, de détournement et d'abus de confiance». Anas Belmamoun, le frère du PDG, a également comparu en tant que coauteur.

Le dossier a été amorcé par le biais d’une citation directe, déposée devant le président du tribunal. Ce mécanisme permet au plaignant, également partie civile, de se substituer au ministère public pour enclencher lui-même l’action pénale. C’est une procédure rapide qui évite l’instruction. 

«En l’espèce, Omar et Anas Belmamoun n’ont pas été entendus par le parquet ni par la police. Il n’y a pas eu d’enquête préliminaire. Il n’y a pas eu poursuite du procureur. Ils se sont présentés directement devant le tribunal», affirme une source sur place.

La citation a été appuyée par un audit effectué sur les comptes de BPM. L’audit a été diligenté par Jamal Eddine Ilyass, expert assermenté spécialisé dans les opérations et techniques bancaires. L’expertise, qui couvre la période allant de 2014 à 2018, a relevé l’existence de «nombreuses opérations douteuses» et de «dépenses conséquentes n’ayant aucun lien avec les intérêts de la société. »

L’expert évalue à 9,5 MDH le montant des "détournements" dont est accusé Belmamoun, somme dont le plaignant réclame la restitution.

Pour leur défense, les frères Belmamoun s’appuient sur un contre-audit d’Exet Audit. Le rapport qui en découle, et qui n’est que préliminaire, est parvenu à justifier les dépenses en cause «à hauteur de 7,3 MDH, soit environ 75% du montant du prétendu détournement cité» dans la plainte.

Se basant sur les PV du conseil d’administration et sur des courriels échangés avec les administrateurs, l’expert Mohammed Mallaoui conclut que Omar Belmamoun n’a usé que de ses «droits» en prélevant ses salaires et indemnités de logement, soit 3,3 MDH entre 2014 et 2016. Lesquels avaient été validés par le plaignant Michael Toporek, estime l’auditeur.

Selon l’audit, un certain nombre d’opérations utilisées dans la plainte ont même été signées et validées par le plaignant. C’est le cas du virement effectué le 18 mars 2015 au frère de Belmamoun. Ce virement (270.000 DH) a été suivi de l’acquisition, par BPM, de Belena Holding Sarl, société gérée par Anas Belmamoun.

Or, selon l’expertise, cette acquisition a été adoptée à l’unanimité des administrateurs votants. Omar Belmamoun n’en faisait pas partie en raison de «ses liens de parenté» avec le cédant. En revanche, le PV de la réunion fait ressortir la signature de Michael Toporek en sa qualité d’administrateur.

En dehors du dossier Brookstone Partners, Omar Belmamoun est également en conflit avec Michael Toporek dans le cadre de l'affaire Platinum Power, développeur privé de barrages destinés à la production électrique. Le deuxième a été révoqué de son mandat d'administrateur lors d'une assemblée générale extraordinaire tenue le 5 février 2019.

En difficulté, cette société avait fait l'objet d'une procédure d'alerte, initiée par le commissaire aux comptes auprès du tribunal de commerce. Le président de cette juridiction avait par la suite rejeté la demande tendant à l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire de la société. 

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