Tourisme: Fin proche de la crise au sein de la CNT?

La Fédération nationale des agences de voyages du Maroc, qui faisait partie du collectif de 5 fédérations suspendues, a réintégré la Confédération nationale du tourisme à l’issue d’un conseil d’administration tenu le 14 février. Selon le vice-président de la CNT, la porte reste ouverte aux 4 fédérations restantes mais ces dernières n’emboîteront pas le pas à la FNAVM sans satisfaction d’un certain nombre de conditions.

Tourisme: Fin proche de la crise au sein de la CNT ? Collectif des 5 fédérations suspendues de la Confédération nationale du tourisme.

Le 19 février 2019 à 18:31

Modifié le 23 février 2019 à 10:21

Après la suspension des 5 fédérations des 6 constitutives de la CNT pour défaut de paiement de cotisations, le nouveau comité de direction de la FNAVM a décidé de réintégrer sa maison-mère. Une décision saluée par la direction de la CNT qui vit une crise interne depuis plusieurs mois. Mais ce retour n’a pas convaincu les quatre autres fédérations suspendues.

Joint par Médias24, Fouzi Zemrani qui copréside la CNT se félicite de la démarche du nouveau président des voyagistes, Khalid Benazzouz, qui a rompu avec la position de son prédécesseur démissionnaire Amal Karioun.

Le poids de la FNAV redonne de la légitimité à la CNT

« Le 14 février dernier, il y a eu la réunion de deux conseils d’administration. La première a été celle de la FNAVM qui a voté à l’unanimité sa réintégration au sein de la CNT. Après ce vote, cette fédération a nommé ses représentants au conseil d’administration de la CNT où elle a décroché quatre fauteuils.

« Cette décision a ensuite été avalisée le même jour lors d’un conseil d’administration de la CNT », raconte Fouzi Zemrani.

Le vice-président salue d’autant plus « ce retour à la maison » que la FNAVM est, selon lui, la plus importante des 5 fédérations suspendues et qu’elle a été un membre fondateur de la FNT transformée en CNT.

« C’est un pilier fondamental de la CNT qui revient dans son giron car cette fédération regroupe un nombre très important de membres avec ses 10 associations qui représentent 1.800 agents de voyages.

« En termes de poids et de représentativité, elle vient juste après la FNIH (Fédération nationale de l’industrie hôtelière) qui regroupe tous les hôteliers du Royaume », se félicite Zemrani.

Un nouveau président des voyagistes pour un nouveau départ

Selon lui, ce retour s’explique avant tout par le changement de président.

« La position anti-CNT de l’ex-président Karioun ne faisait pas l’unanimité au sein de la FNAVM.

« La preuve est que les choses ont changé dès qu’il a été remplacé par Benazzouz devenu président-intérimaire jusqu’en juin prochain.

« Si ce dernier n’a pas été élu mais nommé à titre provisoire, c’est parce que son prédécesseur a démissionné sans préavis et surtout sans prendre la peine de convoquer une assemblée élective », regrette celui qui a également été président de cette fédération dans le passé.

Une version démentie par l'intéressé qui affirme n'avoir pas démissionné mais être simplement arrivé au terme de son mandat, le 15 décembre dernier. 

"Contrairement aux allégations, je n'ai pas été en mesure de convoquer une assemblée générale élective sachant que 10 associations sur les 11 qui constituent la FNAVM n'étaient pas à jour de leurs cotisations.

"De plus, je ne suis pas seul comptable de la décision de suspendre nos activités de la CNT, car elle a été prise et approuvée lors d'un conseil d'administration de la FNAVM", a précisé Karioun contre les accusations précédentes.

Concernant les quatre fédérations restantes, Zemrani affirme que la porte leur est toujours ouverte et que le « bon sens devrait pousser leurs représentants à travailler de l’intérieur plutôt que de l’extérieur.

Un retour qui signe la paix des braves ?

Contacté à son tour, Khalid Benazzouz affirme que sa décision de revenir à la CNT a été motivée par les récents changements de gouvernance intervenus à la FNAVM dont il a dirigé l’antenne de Casablanca.

« Notre conseil d’administration a validé ce retour car nous sommes convaincus que les anciens désaccords ne pourront être résolus que par un travail à l’intérieur. Nous avons décidé de dépasser nos désaccords avec la direction actuelle de la CNT et de revenir à la raison car l’avenir du secteur est quand même plus important que les rivalités d’égos ou de personnes », explique Benazzouz qui refuse de dire si cette décision est à mettre au crédit de Salaheddine Mezouar, chargé de réconcilier les parties.

Concernant la position figée des 4 autres fédérations de ne pas réintégrer la CNT sans obtenir satisfaction de certaines conditions de retour, le président intérimaire se dit mal placé pour interférer dans leur choix mais ajoute que l’opposition intérieure est préférable pour faire avancer leur cause.

« Avec une participation intramuros, il est plus facile d’imposer ses idées et ses projets. Je ne prétends influencer personne car le retour de la FNAVM découle d’une décision collégiale et démocratique.

« Le retour des 4 autres fédérations est préférable car nous serons plus forts dedans que dehors », avance Benazzouz qui ne veut pas révéler la nature des tractations qui ont conduit à la réintégration de la FNAVM à l’intérieur de la CNT

« C’est d’ordre confidentiel mais ce que je peux dire est que la CNT a exaucé toutes nos demandes », conclut le président qui précise cependant que la FNAVM n’a pas encore réglé ses cotisations impayées qui lui avaient valu d’être suspendue avec les quatre autres fédérations.

Selon un membre important des 4 fédérations toujours suspendues, le retour des voyagistes ne va pas entraîner automatiquement celui de son collectif (ANIT, FNTT, FNR, FLASCAM).

En attendant d’établir un communiqué officiel avec les conditions précises préalables à leur réintégration, notre source, requérant l’anonymat, revient sur les conséquences du retour de la FNAV.

« Lors du dernier conseil d’administration de la FNAVM, le président démissionnaire a été remplacé à titre provisoire par Khalid Benazzouz. Il est important de préciser qu’il n’est en poste que jusqu’à juin sachant que c’est à ce moment qu’il y aura des élections formelles pour remplacer le bureau provisoire.

Benazzouz a décidé de changer de cap car selon lui, les membres de la FNAVM ont décidé de réintégrer la CNT pour transformer son organisation de l’intérieur », explique notre interlocuteur.

Oui pour un retour mais à des conditions

Selon lui, il n’est pas exclu que les 4 fédérations suspendues réintègrent la confédération mais cela ne pourra se faire que « sous réserve de conditions de retour ».

« Lors du conseil d’administration de la FNAVM, Benazzouz a affirmé son intention de retourner à la CNT mais avec des conditions de retour que personne ne connait. Il a préféré d’abord réintégrer avant de négocier les conditions de ce retour en arguant que la politique de la chaise vide n’était pas productive.

« En prenant cette décision, il n’a pas jugé utile d’attendre le résultat de la médiation menée par Salaheddine Mezouar qui devait livrer sa réponse le 31 janvier et que tout le monde attend toujours.

« Ceci dit, ce n’est pas parce que Benazzouz a décidé de réintégrer la CNT alors qu’il n’est président que jusqu’à juin prochain que nous allons suivre.

« Nous sommes pour la réintégration mais avec des conditions portant sur une réforme du mode électoral, des statuts, des objectifs de travail, plus de transparence et sur d’autres points sans portée politique.

« Le problème est que le binôme qui dirige la CNT a clamé pendant 3 ans qu’il ne pouvait rien faire, que les professionnels étaient désunis, que la CNT manquait d’argent, qu’il ne se représenterait pas alors qu’au final, Kabbaj et Zemrani ont rempilé et refusent de faire leur bilan », regrette sur un ton accusateur notre source.

En conclusion, il se dit surpris par le changement d’attitude de Benazzouz sachant que ce dernier qui était présent à la réunion de conciliation sous l’égide de Mezouar en décembre dernier n’était pas le plus tendre à l’égard de l’équipe actuelle qui dirige la CNT.

Au final, quelle que soit l’issue du conflit entre les deux parties, la réintégration volontaire de la FNAVM redonnera plus de représentativité à une CNT qui était privée d’une partie de sa légitimité avec l’absence de 5 fédérations sur six.

Collectif des 5 fédérations suspendues de la Confédération nationale du tourisme.

Tourisme: Fin proche de la crise au sein de la CNT?

Le 19 février 2019 à18:31

Modifié le 23 février 2019 à 10:21

La Fédération nationale des agences de voyages du Maroc, qui faisait partie du collectif de 5 fédérations suspendues, a réintégré la Confédération nationale du tourisme à l’issue d’un conseil d’administration tenu le 14 février. Selon le vice-président de la CNT, la porte reste ouverte aux 4 fédérations restantes mais ces dernières n’emboîteront pas le pas à la FNAVM sans satisfaction d’un certain nombre de conditions.

Après la suspension des 5 fédérations des 6 constitutives de la CNT pour défaut de paiement de cotisations, le nouveau comité de direction de la FNAVM a décidé de réintégrer sa maison-mère. Une décision saluée par la direction de la CNT qui vit une crise interne depuis plusieurs mois. Mais ce retour n’a pas convaincu les quatre autres fédérations suspendues.

Joint par Médias24, Fouzi Zemrani qui copréside la CNT se félicite de la démarche du nouveau président des voyagistes, Khalid Benazzouz, qui a rompu avec la position de son prédécesseur démissionnaire Amal Karioun.

Le poids de la FNAV redonne de la légitimité à la CNT

« Le 14 février dernier, il y a eu la réunion de deux conseils d’administration. La première a été celle de la FNAVM qui a voté à l’unanimité sa réintégration au sein de la CNT. Après ce vote, cette fédération a nommé ses représentants au conseil d’administration de la CNT où elle a décroché quatre fauteuils.

« Cette décision a ensuite été avalisée le même jour lors d’un conseil d’administration de la CNT », raconte Fouzi Zemrani.

Le vice-président salue d’autant plus « ce retour à la maison » que la FNAVM est, selon lui, la plus importante des 5 fédérations suspendues et qu’elle a été un membre fondateur de la FNT transformée en CNT.

« C’est un pilier fondamental de la CNT qui revient dans son giron car cette fédération regroupe un nombre très important de membres avec ses 10 associations qui représentent 1.800 agents de voyages.

« En termes de poids et de représentativité, elle vient juste après la FNIH (Fédération nationale de l’industrie hôtelière) qui regroupe tous les hôteliers du Royaume », se félicite Zemrani.

Un nouveau président des voyagistes pour un nouveau départ

Selon lui, ce retour s’explique avant tout par le changement de président.

« La position anti-CNT de l’ex-président Karioun ne faisait pas l’unanimité au sein de la FNAVM.

« La preuve est que les choses ont changé dès qu’il a été remplacé par Benazzouz devenu président-intérimaire jusqu’en juin prochain.

« Si ce dernier n’a pas été élu mais nommé à titre provisoire, c’est parce que son prédécesseur a démissionné sans préavis et surtout sans prendre la peine de convoquer une assemblée élective », regrette celui qui a également été président de cette fédération dans le passé.

Une version démentie par l'intéressé qui affirme n'avoir pas démissionné mais être simplement arrivé au terme de son mandat, le 15 décembre dernier. 

"Contrairement aux allégations, je n'ai pas été en mesure de convoquer une assemblée générale élective sachant que 10 associations sur les 11 qui constituent la FNAVM n'étaient pas à jour de leurs cotisations.

"De plus, je ne suis pas seul comptable de la décision de suspendre nos activités de la CNT, car elle a été prise et approuvée lors d'un conseil d'administration de la FNAVM", a précisé Karioun contre les accusations précédentes.

Concernant les quatre fédérations restantes, Zemrani affirme que la porte leur est toujours ouverte et que le « bon sens devrait pousser leurs représentants à travailler de l’intérieur plutôt que de l’extérieur.

Un retour qui signe la paix des braves ?

Contacté à son tour, Khalid Benazzouz affirme que sa décision de revenir à la CNT a été motivée par les récents changements de gouvernance intervenus à la FNAVM dont il a dirigé l’antenne de Casablanca.

« Notre conseil d’administration a validé ce retour car nous sommes convaincus que les anciens désaccords ne pourront être résolus que par un travail à l’intérieur. Nous avons décidé de dépasser nos désaccords avec la direction actuelle de la CNT et de revenir à la raison car l’avenir du secteur est quand même plus important que les rivalités d’égos ou de personnes », explique Benazzouz qui refuse de dire si cette décision est à mettre au crédit de Salaheddine Mezouar, chargé de réconcilier les parties.

Concernant la position figée des 4 autres fédérations de ne pas réintégrer la CNT sans obtenir satisfaction de certaines conditions de retour, le président intérimaire se dit mal placé pour interférer dans leur choix mais ajoute que l’opposition intérieure est préférable pour faire avancer leur cause.

« Avec une participation intramuros, il est plus facile d’imposer ses idées et ses projets. Je ne prétends influencer personne car le retour de la FNAVM découle d’une décision collégiale et démocratique.

« Le retour des 4 autres fédérations est préférable car nous serons plus forts dedans que dehors », avance Benazzouz qui ne veut pas révéler la nature des tractations qui ont conduit à la réintégration de la FNAVM à l’intérieur de la CNT

« C’est d’ordre confidentiel mais ce que je peux dire est que la CNT a exaucé toutes nos demandes », conclut le président qui précise cependant que la FNAVM n’a pas encore réglé ses cotisations impayées qui lui avaient valu d’être suspendue avec les quatre autres fédérations.

Selon un membre important des 4 fédérations toujours suspendues, le retour des voyagistes ne va pas entraîner automatiquement celui de son collectif (ANIT, FNTT, FNR, FLASCAM).

En attendant d’établir un communiqué officiel avec les conditions précises préalables à leur réintégration, notre source, requérant l’anonymat, revient sur les conséquences du retour de la FNAV.

« Lors du dernier conseil d’administration de la FNAVM, le président démissionnaire a été remplacé à titre provisoire par Khalid Benazzouz. Il est important de préciser qu’il n’est en poste que jusqu’à juin sachant que c’est à ce moment qu’il y aura des élections formelles pour remplacer le bureau provisoire.

Benazzouz a décidé de changer de cap car selon lui, les membres de la FNAVM ont décidé de réintégrer la CNT pour transformer son organisation de l’intérieur », explique notre interlocuteur.

Oui pour un retour mais à des conditions

Selon lui, il n’est pas exclu que les 4 fédérations suspendues réintègrent la confédération mais cela ne pourra se faire que « sous réserve de conditions de retour ».

« Lors du conseil d’administration de la FNAVM, Benazzouz a affirmé son intention de retourner à la CNT mais avec des conditions de retour que personne ne connait. Il a préféré d’abord réintégrer avant de négocier les conditions de ce retour en arguant que la politique de la chaise vide n’était pas productive.

« En prenant cette décision, il n’a pas jugé utile d’attendre le résultat de la médiation menée par Salaheddine Mezouar qui devait livrer sa réponse le 31 janvier et que tout le monde attend toujours.

« Ceci dit, ce n’est pas parce que Benazzouz a décidé de réintégrer la CNT alors qu’il n’est président que jusqu’à juin prochain que nous allons suivre.

« Nous sommes pour la réintégration mais avec des conditions portant sur une réforme du mode électoral, des statuts, des objectifs de travail, plus de transparence et sur d’autres points sans portée politique.

« Le problème est que le binôme qui dirige la CNT a clamé pendant 3 ans qu’il ne pouvait rien faire, que les professionnels étaient désunis, que la CNT manquait d’argent, qu’il ne se représenterait pas alors qu’au final, Kabbaj et Zemrani ont rempilé et refusent de faire leur bilan », regrette sur un ton accusateur notre source.

En conclusion, il se dit surpris par le changement d’attitude de Benazzouz sachant que ce dernier qui était présent à la réunion de conciliation sous l’égide de Mezouar en décembre dernier n’était pas le plus tendre à l’égard de l’équipe actuelle qui dirige la CNT.

Au final, quelle que soit l’issue du conflit entre les deux parties, la réintégration volontaire de la FNAVM redonnera plus de représentativité à une CNT qui était privée d’une partie de sa légitimité avec l’absence de 5 fédérations sur six.

A lire aussi


commentaires

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.