Tourisme: les attentes du secteur privé après la nomination de Nadia Fettah

La ministre du tourisme se réunira avec les représentants du secteur privé dans la semaine du 21 octobre pour écouter leurs attentes. Sollicités par Médias24, tous les opérateurs sont extrêmement positifs à son égard et insistent à l’unisson sur son brillant parcours professionnel.

Tourisme : Les attentes du secteur privé après la nomination de Nadia Fettah Les attentes des opérateurs privés auprès de la ministre du tourisme

Le 15 octobre 2019 à 17:01

Modifié le 16 octobre 2019 à 10:19

Paradoxalement, la nomination de cette parfaite inconnue dans le tourisme, à la tête du ministère éponyme comprenant également le transport aérien, l’artisanat et l’économie sociale, a été saluée par nos interlocuteurs.

S’ils assurent ne pas vouloir se poser en donneurs de leçons, cela ne les empêche pas de lui lancer des messages pour prendre en considération les priorités du secteur privé et in fine gagner du temps.

Une nomination saluée unanimement

Ainsi pour le président de l’Observatoire du tourisme, "à la fois de par son profil, son cursus et le périmètre élargi et harmonieux de ses prérogatives, le choix de la nouvelle ministre renseigne sur le fait que cette nomination procède d’une réelle volonté politique de replacer le secteur du tourisme au cœur du nouveau modèle de développement économique, humain et sociétal de notre pays.

"Pour la première fois, la mise en synergie des 4 départements dirigés par un seul ministre, dans une perspective cohérente de complémentarité, valorisation et création d’emplois, est en mesure de repositionner le tourisme comme secteur prioritaire dans le programme d’action de l’actuel gouvernement", salue Said Mouhid qui espère que la voix du ministère du Tourisme sera entendue et comptera, à l’avenir, au sein du gouvernement.

Interrogé sur les priorités du court mandat de Fettah, celui qui dirige aussi le CRT de Casablanca déclare que tout est prioritaire car le tourisme à l’international est un secteur très concurrentiel où l’effet disruptif de son développement impose une mise à niveau et une adaptation permanente.

Notre interlocuteur laisse toutefois entendre que deux dossiers devront aboutir à l’horizon 2021.

Nécessité d’un nouveau plan Azur post 2020 et d’un contrat- programme aérien

"Cependant, hormis un nécessaire bilan exhaustif et sans concession de l’état des lieux, deux dossiers structurants pour la visibilité du secteur et la mobilisation des acteurs (professionnels et investisseurs) figurent nécessairement comme piliers de toute nouvelle stratégie à mettre en place.

"Il s’agit d’une part de la préparation de la nouvelle vision du développement du tourisme post 2020 et d’autre part, la finalisation du contrat programme dans le secteur de l’aérien, celui de la compagnie nationale (RAM) comme celui des infrastructures de l’aviation civile (ONDA).

Pas de développement sans nouveaux financements

"En filigrane de ces deux dossiers, la révision substantielle des moyens de promotion du secteur, en adéquation avec les objectifs raisonnablement ambitieux qui seront définis est inéluctable.

"Sachant que la nouvelle ministre est une financière avérée, elle saura certainement trouver de nouveaux instruments de financement pour les chantiers actuellement en souffrance.

"Ces dossiers stratégiques, comme ceux de la professionnalisation et digitalisation accrue du secteur, de la formation, de la promotion de la qualité dans tous les métiers ainsi que la mise en place de véritables structures de dialogue public-privé seront fatalement des actions qui iront au-delà du mandat actuel", conclut Mouhid en espérant que l’action de Fettah permettra de jeter les bases fondamentales d’une nouvelle industrie du tourisme que tout le secteur appelle de ses vœux.

Tout aussi optimiste, Lahcen Zelmat, président de la fédération des hôteliers du Maroc salue une "nomination qui fera nécessairement bouger les choses après deux ans d’immobilisme ministériel.

Réunion imminente du secteur public et privé

"A priori, nous devrions rencontrer la nouvelle ministre à partir de la semaine prochaine pour exposer nos problèmes et entreprendre une collaboration commune.

"Nos discussions porteront sur deux ou trois points comme la promotion du Maroc pour remplir les hôtels ainsi que sur certains freins comme la TVA qui est à 10% contre 7% partout ailleurs.

"Etant habitués aux promesses non tenues des gouvernements passés, nous espérons simplement que Fettah se concentrera sur le développement de l’aérien et de la promotion à l’international.

"Au regard de son brillant parcours dans les assurances et son rôle dans la méga-fusion Saham-Sanlam, cette dame n’a rien à prouver surtout par rapport au passé du secteur.

Seule décisionnaire et responsable finale de la réussite ou de l’échec

"De plus, elle aura les mains libres et sera soutenue par des poids lourds du gouvernement comme Moulay Hafid Elalamy et Aziz Akhanouch.

"Seul pilote à bord, elle ne connaîtra pas les problèmes de hiérarchie de la secrétaire d’Etat Lamia Boutaleb qui n’avait aucune liberté d’action.

"Sachant qu’elle vient du secteur des assurances dont n’importe qui connaît la précision pointue des contrats, elle n’aura aucun mal à négocier avec les compagnies aériennes et les T.O. étrangers sans parler des autres professionnels du secteur.

"Nous avions vraiment besoin d’un ministre qui nous tire vers le haut et plus de ceux qui roulaient à 20 KM/H contre 120 pour les acteurs du secteur privé", avance celui qui préside un groupe hôtelier.

Développer l’employabilité

Selon lui, le secteur n’avait pas de commandant pendant les deux dernières années alors que c’est l'un des premiers employeurs du pays.

"En 2007, on parlait déjà de 500.000 emplois directs mais aujourd’hui, selon moi, nous sommes à plus d’un million sans parler des emplois indirects.

"Le Maroc a toutes les infrastructures de base (autoroutes, aéroports, nature …) nécessaires au développement du secteur, il suffit donc de remédier aux problèmes empêchant le développement des arrivées (mendicité, faux guides …) pour faire travailler 2 millions voire même 3 millions de personnes.

"Si l’ensemble de la profession est satisfaite, c’est parce nous avons craint de voir débarquer à ce poste un profane à qui il aurait fallu 1 an voire 2 ans d’apprentissage avant de se révéler efficace. Au regard de son parcours, il devrait lui falloir 3 à 4 mois pour être complètement dans le bain", conclut Zelmat.

Les attentes des opérateurs privés auprès de la ministre du tourisme

Tourisme: les attentes du secteur privé après la nomination de Nadia Fettah

Le 15 octobre 2019 à17:01

Modifié le 16 octobre 2019 à 10:19

La ministre du tourisme se réunira avec les représentants du secteur privé dans la semaine du 21 octobre pour écouter leurs attentes. Sollicités par Médias24, tous les opérateurs sont extrêmement positifs à son égard et insistent à l’unisson sur son brillant parcours professionnel.

Paradoxalement, la nomination de cette parfaite inconnue dans le tourisme, à la tête du ministère éponyme comprenant également le transport aérien, l’artisanat et l’économie sociale, a été saluée par nos interlocuteurs.

S’ils assurent ne pas vouloir se poser en donneurs de leçons, cela ne les empêche pas de lui lancer des messages pour prendre en considération les priorités du secteur privé et in fine gagner du temps.

Une nomination saluée unanimement

Ainsi pour le président de l’Observatoire du tourisme, "à la fois de par son profil, son cursus et le périmètre élargi et harmonieux de ses prérogatives, le choix de la nouvelle ministre renseigne sur le fait que cette nomination procède d’une réelle volonté politique de replacer le secteur du tourisme au cœur du nouveau modèle de développement économique, humain et sociétal de notre pays.

"Pour la première fois, la mise en synergie des 4 départements dirigés par un seul ministre, dans une perspective cohérente de complémentarité, valorisation et création d’emplois, est en mesure de repositionner le tourisme comme secteur prioritaire dans le programme d’action de l’actuel gouvernement", salue Said Mouhid qui espère que la voix du ministère du Tourisme sera entendue et comptera, à l’avenir, au sein du gouvernement.

Interrogé sur les priorités du court mandat de Fettah, celui qui dirige aussi le CRT de Casablanca déclare que tout est prioritaire car le tourisme à l’international est un secteur très concurrentiel où l’effet disruptif de son développement impose une mise à niveau et une adaptation permanente.

Notre interlocuteur laisse toutefois entendre que deux dossiers devront aboutir à l’horizon 2021.

Nécessité d’un nouveau plan Azur post 2020 et d’un contrat- programme aérien

"Cependant, hormis un nécessaire bilan exhaustif et sans concession de l’état des lieux, deux dossiers structurants pour la visibilité du secteur et la mobilisation des acteurs (professionnels et investisseurs) figurent nécessairement comme piliers de toute nouvelle stratégie à mettre en place.

"Il s’agit d’une part de la préparation de la nouvelle vision du développement du tourisme post 2020 et d’autre part, la finalisation du contrat programme dans le secteur de l’aérien, celui de la compagnie nationale (RAM) comme celui des infrastructures de l’aviation civile (ONDA).

Pas de développement sans nouveaux financements

"En filigrane de ces deux dossiers, la révision substantielle des moyens de promotion du secteur, en adéquation avec les objectifs raisonnablement ambitieux qui seront définis est inéluctable.

"Sachant que la nouvelle ministre est une financière avérée, elle saura certainement trouver de nouveaux instruments de financement pour les chantiers actuellement en souffrance.

"Ces dossiers stratégiques, comme ceux de la professionnalisation et digitalisation accrue du secteur, de la formation, de la promotion de la qualité dans tous les métiers ainsi que la mise en place de véritables structures de dialogue public-privé seront fatalement des actions qui iront au-delà du mandat actuel", conclut Mouhid en espérant que l’action de Fettah permettra de jeter les bases fondamentales d’une nouvelle industrie du tourisme que tout le secteur appelle de ses vœux.

Tout aussi optimiste, Lahcen Zelmat, président de la fédération des hôteliers du Maroc salue une "nomination qui fera nécessairement bouger les choses après deux ans d’immobilisme ministériel.

Réunion imminente du secteur public et privé

"A priori, nous devrions rencontrer la nouvelle ministre à partir de la semaine prochaine pour exposer nos problèmes et entreprendre une collaboration commune.

"Nos discussions porteront sur deux ou trois points comme la promotion du Maroc pour remplir les hôtels ainsi que sur certains freins comme la TVA qui est à 10% contre 7% partout ailleurs.

"Etant habitués aux promesses non tenues des gouvernements passés, nous espérons simplement que Fettah se concentrera sur le développement de l’aérien et de la promotion à l’international.

"Au regard de son brillant parcours dans les assurances et son rôle dans la méga-fusion Saham-Sanlam, cette dame n’a rien à prouver surtout par rapport au passé du secteur.

Seule décisionnaire et responsable finale de la réussite ou de l’échec

"De plus, elle aura les mains libres et sera soutenue par des poids lourds du gouvernement comme Moulay Hafid Elalamy et Aziz Akhanouch.

"Seul pilote à bord, elle ne connaîtra pas les problèmes de hiérarchie de la secrétaire d’Etat Lamia Boutaleb qui n’avait aucune liberté d’action.

"Sachant qu’elle vient du secteur des assurances dont n’importe qui connaît la précision pointue des contrats, elle n’aura aucun mal à négocier avec les compagnies aériennes et les T.O. étrangers sans parler des autres professionnels du secteur.

"Nous avions vraiment besoin d’un ministre qui nous tire vers le haut et plus de ceux qui roulaient à 20 KM/H contre 120 pour les acteurs du secteur privé", avance celui qui préside un groupe hôtelier.

Développer l’employabilité

Selon lui, le secteur n’avait pas de commandant pendant les deux dernières années alors que c’est l'un des premiers employeurs du pays.

"En 2007, on parlait déjà de 500.000 emplois directs mais aujourd’hui, selon moi, nous sommes à plus d’un million sans parler des emplois indirects.

"Le Maroc a toutes les infrastructures de base (autoroutes, aéroports, nature …) nécessaires au développement du secteur, il suffit donc de remédier aux problèmes empêchant le développement des arrivées (mendicité, faux guides …) pour faire travailler 2 millions voire même 3 millions de personnes.

"Si l’ensemble de la profession est satisfaite, c’est parce nous avons craint de voir débarquer à ce poste un profane à qui il aurait fallu 1 an voire 2 ans d’apprentissage avant de se révéler efficace. Au regard de son parcours, il devrait lui falloir 3 à 4 mois pour être complètement dans le bain", conclut Zelmat.

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