Tourisme: Les priorités à court terme de la ministre Nadia Fettah

Formation, digital, réglementation et tourisme rural. Ce sont les axes sur lesquels planche la ministre du Tourisme, dans le cadre d’une gouvernance impliquant les professionnels et les autres département ministériels.

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Le 28 février 2020 à 16:25

Modifié le 29 février 2020 à 16:56

Nadia Fettah était l’invitée de la Chambre de commerce britannique, jeudi 27 février, dans le cadre d’une conférence ayant pour thème : "Le tourisme, quel bilan d’étape et quelle vision stratégique pour la relance du secteur ?".

Abdelhamid Addou, PDG de la RAM, Othman Cherif Alami, PDG d’Atlas Voyages, et Mark Tazner, président de l’association des voyagistes et tour-opérateurs britanniques étaient également de la partie.

Lors de cette première sortie médiatique, la ministre du Tourisme n’a pas vraiment dressé un bilan de la vision touristique 2020 ni annoncé une nouvelle stratégie. Elle a fourni tout de même quelques précisions.

Vision 2020 : des taux de réalisation des objectifs entre 75% et 100%

Pour Nadia Fettah, la Vision 2020 est très ambitieuse en termes d’objectifs (doubler les chiffres des arrivées, de la capacité…). « Ce n’est pas encore l’heure du bilan, mais les taux de réalisation atteints jusqu’ici sont satisfaisants, entre 75% et 100%. Nous n’avons pas tout fait, ni tout bien fait. Mais nous ne devons pas revoir nos ambitions à la baisse. Nous resterons exigeants, nous verrons ce qui a marché et ce qui peut mieux marcher », affirme la ministre pour qui cette feuille de route a été structurante pour le secteur.

Selon elle, le secteur a réalisé de bonnes performances au cours des dix dernières années : 3,7% de croissance annuelle moyenne des arrivées, avec une accélération au cours des 3 dernières années entre 5 et 8%. « C’est le double de la croissance économique marocaine », se félicite la ministre.

Le secteur affiche à fin 2019 un pic de 13 millions d’arrivées, un taux d’occupation en amélioration à 59%, mais surtout des recettes en devises en hausse de 7,7% à 78,6 milliards de DH. « Tous les opérateurs n’ont pas profité de cette croissance sur le même pied d’égalité, mais globalement, le secteur se développe », résume-t-elle la partie « Bilan ».

Travailler sur les priorités communes avec les professionnels

S’agissant de sa feuille de route, Nadia Fettah préfère parler de priorités à court terme. Elle évoque la feuille de route des professionnels (la CNT) qui est, selon elle, claire est mature. « Avec les professionnels, nous avons essayé de trouver le maximum d’interactions possibles avec les priorités du ministère ».

Ces interactions sont :

- Le capital humain : c’est un facteur essentiel dans une activité de services telle que le tourisme. Et les besoins sont énormes en matière de formation. « Côté chiffres, nous avons atteint les objectifs de la vision 2020 : près de 120.000 personnes formées. Mais nous n’avons pas forcément formé dans les filières importantes. Le ministère avec ses départements forme 15% des effectifs, le reste l’est par l’OFPPT et le secteur privé. L’idée est que le ministère se concentre sur les filières à forte valeur ajoutée et spécifiques. Et tout ce qui peut être mieux fait par des professionnels de la formation le sera, notamment à travers les PPP ».

- Le digital : Une étude conduite par le ministère avec différentes parties prenantes est en cours de réalisation. Ses résultats seront prêts dans quelques mois. « La digitalisation a bouleversé l’industrie du tourisme, la distribution, le choix des destinations, l’expérience client… Je pense que les opérateurs ont su se débrouiller pour s’y adapter mais nous devons avoir une approche plus disciplinée et rigoureuse. La chaine de valeur est longue et complexe ».

- La réglementation : « Nous avons énormément de textes de loi réglementant les différentes activités du secteur, qui ont été discutés avec les professionnels. Nous sommes en train de finaliser leurs textes d’application. Après leur adoption, les opérateurs auront deux ou trois ans pour se mettre en conformité. Nous travaillerons main dans la main avec eux pour ce faire. La réglementation vise à améliorer la qualité. Elle n’est pas là pour sévir mais pour servir ».

- Le tourisme rural : « C’est un segment primordial. Si certaines destinations se vendent toutes seules, comme Marrakech et Agadir, le contrat avec les professionnels impliquera que l’ensemble des régions d’appartenance de ces destinations en profite. Il faut que les petits villages, les coopératives, les artisans profitent de la dynamique. D’autant que nous avons un momentum extraordinaire avec le programme intégré d’appui à l’entrepreneuriat »

La ministre compte travailler sur ces priorités avec une gouvernance impliquant toutes les parties prenantes : commissions avec les professionnels avec des plans d’action précis et dialogue avec les autres départements ministériels pour une cohérence d’ensemble et une efficacité élevée.

Pour Nadia Fettah, toutes les régions du Maroc ont un potentiel touristique fort et non exclusif. « Quand on vend nos régions, on a la chance que chacune d’entre elles offre une diversité de produits touristiques. On ne va plus à Saida ou à Agadir uniquement pour la mer, il y a un arrière-pays magnifique et une culture. Et c’est valable pour toutes les régions.

« Aujourd’hui, la régionalisation avancée est une chance pour le tourisme. Il y a une prise de conscience des acteurs régionaux des potentialités touristiques de leurs régions. Ils ont la volonté de les valoriser. C’est même devenu une priorité », a-t-elle dit avec optimisme.

>>Lire aussi: Tourisme : Nadia Fettah élabore son plan de travail 2020-2021

Tourisme: Les priorités à court terme de la ministre Nadia Fettah

Le 28 février 2020 à16:31

Modifié le 29 février 2020 à 16:56

Formation, digital, réglementation et tourisme rural. Ce sont les axes sur lesquels planche la ministre du Tourisme, dans le cadre d’une gouvernance impliquant les professionnels et les autres département ministériels.

Nadia Fettah était l’invitée de la Chambre de commerce britannique, jeudi 27 février, dans le cadre d’une conférence ayant pour thème : "Le tourisme, quel bilan d’étape et quelle vision stratégique pour la relance du secteur ?".

Abdelhamid Addou, PDG de la RAM, Othman Cherif Alami, PDG d’Atlas Voyages, et Mark Tazner, président de l’association des voyagistes et tour-opérateurs britanniques étaient également de la partie.

Lors de cette première sortie médiatique, la ministre du Tourisme n’a pas vraiment dressé un bilan de la vision touristique 2020 ni annoncé une nouvelle stratégie. Elle a fourni tout de même quelques précisions.

Vision 2020 : des taux de réalisation des objectifs entre 75% et 100%

Pour Nadia Fettah, la Vision 2020 est très ambitieuse en termes d’objectifs (doubler les chiffres des arrivées, de la capacité…). « Ce n’est pas encore l’heure du bilan, mais les taux de réalisation atteints jusqu’ici sont satisfaisants, entre 75% et 100%. Nous n’avons pas tout fait, ni tout bien fait. Mais nous ne devons pas revoir nos ambitions à la baisse. Nous resterons exigeants, nous verrons ce qui a marché et ce qui peut mieux marcher », affirme la ministre pour qui cette feuille de route a été structurante pour le secteur.

Selon elle, le secteur a réalisé de bonnes performances au cours des dix dernières années : 3,7% de croissance annuelle moyenne des arrivées, avec une accélération au cours des 3 dernières années entre 5 et 8%. « C’est le double de la croissance économique marocaine », se félicite la ministre.

Le secteur affiche à fin 2019 un pic de 13 millions d’arrivées, un taux d’occupation en amélioration à 59%, mais surtout des recettes en devises en hausse de 7,7% à 78,6 milliards de DH. « Tous les opérateurs n’ont pas profité de cette croissance sur le même pied d’égalité, mais globalement, le secteur se développe », résume-t-elle la partie « Bilan ».

Travailler sur les priorités communes avec les professionnels

S’agissant de sa feuille de route, Nadia Fettah préfère parler de priorités à court terme. Elle évoque la feuille de route des professionnels (la CNT) qui est, selon elle, claire est mature. « Avec les professionnels, nous avons essayé de trouver le maximum d’interactions possibles avec les priorités du ministère ».

Ces interactions sont :

- Le capital humain : c’est un facteur essentiel dans une activité de services telle que le tourisme. Et les besoins sont énormes en matière de formation. « Côté chiffres, nous avons atteint les objectifs de la vision 2020 : près de 120.000 personnes formées. Mais nous n’avons pas forcément formé dans les filières importantes. Le ministère avec ses départements forme 15% des effectifs, le reste l’est par l’OFPPT et le secteur privé. L’idée est que le ministère se concentre sur les filières à forte valeur ajoutée et spécifiques. Et tout ce qui peut être mieux fait par des professionnels de la formation le sera, notamment à travers les PPP ».

- Le digital : Une étude conduite par le ministère avec différentes parties prenantes est en cours de réalisation. Ses résultats seront prêts dans quelques mois. « La digitalisation a bouleversé l’industrie du tourisme, la distribution, le choix des destinations, l’expérience client… Je pense que les opérateurs ont su se débrouiller pour s’y adapter mais nous devons avoir une approche plus disciplinée et rigoureuse. La chaine de valeur est longue et complexe ».

- La réglementation : « Nous avons énormément de textes de loi réglementant les différentes activités du secteur, qui ont été discutés avec les professionnels. Nous sommes en train de finaliser leurs textes d’application. Après leur adoption, les opérateurs auront deux ou trois ans pour se mettre en conformité. Nous travaillerons main dans la main avec eux pour ce faire. La réglementation vise à améliorer la qualité. Elle n’est pas là pour sévir mais pour servir ».

- Le tourisme rural : « C’est un segment primordial. Si certaines destinations se vendent toutes seules, comme Marrakech et Agadir, le contrat avec les professionnels impliquera que l’ensemble des régions d’appartenance de ces destinations en profite. Il faut que les petits villages, les coopératives, les artisans profitent de la dynamique. D’autant que nous avons un momentum extraordinaire avec le programme intégré d’appui à l’entrepreneuriat »

La ministre compte travailler sur ces priorités avec une gouvernance impliquant toutes les parties prenantes : commissions avec les professionnels avec des plans d’action précis et dialogue avec les autres départements ministériels pour une cohérence d’ensemble et une efficacité élevée.

Pour Nadia Fettah, toutes les régions du Maroc ont un potentiel touristique fort et non exclusif. « Quand on vend nos régions, on a la chance que chacune d’entre elles offre une diversité de produits touristiques. On ne va plus à Saida ou à Agadir uniquement pour la mer, il y a un arrière-pays magnifique et une culture. Et c’est valable pour toutes les régions.

« Aujourd’hui, la régionalisation avancée est une chance pour le tourisme. Il y a une prise de conscience des acteurs régionaux des potentialités touristiques de leurs régions. Ils ont la volonté de les valoriser. C’est même devenu une priorité », a-t-elle dit avec optimisme.

>>Lire aussi: Tourisme : Nadia Fettah élabore son plan de travail 2020-2021

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