Tourisme : Pourquoi les arrivées marocaines ne cessent d’exploser en Turquie

Depuis quelques années, la Turquie est devenue la destination de prédilection des Marocains désireux de faire du tourisme ou du shopping. Si l’absence de visa peut expliquer cet engouement, la qualité des prestations hôtelières et les prix très abordables sont pour beaucoup dans la croissance quasi-exponentielle du nombre des visiteurs marocains passant de 13.000 à plus de 200.000 en seulement quinze années. Explications en chiffres.

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Tourisme : Pourquoi les arrivées marocaines ne cessent d’exploser en Turquie

Le 18 décembre 2019 à 16:08

Modifié le 21 décembre 2019 à 22:05

Le 28 novembre dernier, le ministre marocain du Commerce et de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy  s’est ému auprès de son homologue turc du déséquilibre commercial entre la Turquie et le Maroc, victime d’un accord de libre-échange défavorable à ses intérêts qu’il a même menacé de reconsidérer.

Si le Maroc peut établir des barrières douanières pour faire face à l’afflux de marchandises turques bien plus compétitives que les siennes, il ne pourra cependant pas empêcher ses ressortissants de se rendre en masse ou de dépenser leur argent dans ce pays à la politique touristique très efficace.

Des Marocains de plus en plus nombreux mais moins que les Algériens

En effet, selon les chiffres du ministère turc du Tourisme, les Marocains sont de plus en plus nombreux à y séjourner quelle que soit la saison. Ainsi, leur nombre est passé de 111.400 visiteurs en 2017 à 176.000 en 2018 et ils devraient être plus de 200.000 à la fin de l’année en cours.

Confrontés à la difficulté d’obtenir un visa Schengen pour passer des vacances en France ou en Espagne, les nationaux sont de plus en plus nombreux à se rendre dans ce pays qui les exempte du précieux sésame.

Pendant longtemps, l’absence de visa a expliqué le nombre croissant de visiteurs marocains mais il faut préciser que cette explication n’est plus suffisante sachant que la 1ère communauté du Maghreb à se rendre en Turquie est celle des Algériens qui sont pourtant soumis à une obligation de visa.

En effet, malgré cette formalité, ils ont été 180.000 Algériens à s'y rendre en 2017, 240.000 en 2018 et certainement 260.000 en 2019.

C’est plus que le nombre de Marocains mais cela montre que les Maghrébins sont séduits par une destination qui a attiré 32 millions de touristes en 2017, 35 M en 2018 et certainement 40 en 2019.

Le contingent national dans le top 5 des arrivées d’Afrique

En effet, la croissance quasi-exponentielle des arrivées touristiques en provenance du Maroc connait des taux de progression annuelle à 2 chiffres compris entre 33% et 41% (source : ministère turc du Tourisme). En Afrique, le nombre des Marocains vient après celui des Algériens, Egyptiens et Libyens.

Des chiffres de fréquentation loin de ceux du top 5 des arrivées étrangères (16 millions) dont les marches sont occupées par les Russes, puis les Allemands, les Bulgares, les Anglais et enfin les Iraniens.

Il n’empêche qu’en consultant les arrivées marocaines entre 2004 et 2019, on se rend compte qu’elles ont été multipliées par 15, un exemple dont devraient s’inspirer les autorités concernées, notamment pour le marché chinois qui avec la levée des visas en 2015 pourrait exploser au Maroc.

Au départ de l’engouement, des séries télévisées turques

Consulté par Médias24, le patron d’une grande agence casablancaise de voyages, Ultra Tours, spécialisée dans les séjours en Asie explique l’engouement marocain par des prix très abordables.

"Si on devait dater l’intérêt croissant des Marocains pour la Turquie, on pourrait le relier à l’arrivée des séries télévisées de ce pays sur les chaînes nationales. C’est peut-être anecdotique mais ce phénomène a créé un appel d’air extraordinaire qui a donné envie aux Marocains de visiter ce pays.

Une destination à la portée de toutes les bourses

"Mais le facteur le plus important ce sont indéniablement les fourchettes de prix proposées par les opérateurs turcs. En dehors des périodes de très haute saison comme l’été ou les fêtes de fin d’année, les tarifs des séjours sont très abordables car rien qu'à Istanbul, il y a 3.000 hôtels.

"Il y a le package basique, (avion, hôtel, petit-déjeuner et transferts de l’aéroport), qui revient à 6500 dirhams dans un établissement 3 étoiles (900 DHS de plus pour les excursions).

« En basse saison, vous trouverez sans peine des séjours à 5000 DHS. Sur place les prix sont donc abordables (restauration et transports) et ils n’augmentent pas beaucoup dans les cinq étoiles.

Des hôtels et des avions à profusion

«En effet, si vous comparez avec le Maroc, Casablanca a seulement 4 grandes chaînes hôtelières classées 5 étoiles, alors qu’à Istanbul, il y en a 20 qui disposent chacune de dizaines d’établissements.

« Hormis des prix à la portée de toutes les bourses, il y a une très bonne connectivité aérienne entre les deux pays. Malgré la forte demande, vous trouverez toujours des places d’avion avec Turkish Airlines qui a plusieurs lignes directes et qui dessert même Marrakech sans compter Air Arabya.

« De plus, la Turquie est particulière car c’est à la fois un pays musulman et une destination appréciée par les touristes épris de liberté.

« Cette destination fait aussi le bonheur des amateurs d’histoire avec des monuments très bien entretenus et de ceux qui veulent faire du shopping (vêtements, bijoux en or, artisanat …) », conclut Fethi Attigui qui pense que l’engouement des Marocains pour ce carrefour entre l’Europe et l’Asie, n’est pas près de s’arrêter de sitôt.

 

Tourisme : Pourquoi les arrivées marocaines ne cessent d’exploser en Turquie

Le 18 décembre 2019 à16:08

Modifié le 21 décembre 2019 à 22:05

Depuis quelques années, la Turquie est devenue la destination de prédilection des Marocains désireux de faire du tourisme ou du shopping. Si l’absence de visa peut expliquer cet engouement, la qualité des prestations hôtelières et les prix très abordables sont pour beaucoup dans la croissance quasi-exponentielle du nombre des visiteurs marocains passant de 13.000 à plus de 200.000 en seulement quinze années. Explications en chiffres.

Le 28 novembre dernier, le ministre marocain du Commerce et de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy  s’est ému auprès de son homologue turc du déséquilibre commercial entre la Turquie et le Maroc, victime d’un accord de libre-échange défavorable à ses intérêts qu’il a même menacé de reconsidérer.

Si le Maroc peut établir des barrières douanières pour faire face à l’afflux de marchandises turques bien plus compétitives que les siennes, il ne pourra cependant pas empêcher ses ressortissants de se rendre en masse ou de dépenser leur argent dans ce pays à la politique touristique très efficace.

Des Marocains de plus en plus nombreux mais moins que les Algériens

En effet, selon les chiffres du ministère turc du Tourisme, les Marocains sont de plus en plus nombreux à y séjourner quelle que soit la saison. Ainsi, leur nombre est passé de 111.400 visiteurs en 2017 à 176.000 en 2018 et ils devraient être plus de 200.000 à la fin de l’année en cours.

Confrontés à la difficulté d’obtenir un visa Schengen pour passer des vacances en France ou en Espagne, les nationaux sont de plus en plus nombreux à se rendre dans ce pays qui les exempte du précieux sésame.

Pendant longtemps, l’absence de visa a expliqué le nombre croissant de visiteurs marocains mais il faut préciser que cette explication n’est plus suffisante sachant que la 1ère communauté du Maghreb à se rendre en Turquie est celle des Algériens qui sont pourtant soumis à une obligation de visa.

En effet, malgré cette formalité, ils ont été 180.000 Algériens à s'y rendre en 2017, 240.000 en 2018 et certainement 260.000 en 2019.

C’est plus que le nombre de Marocains mais cela montre que les Maghrébins sont séduits par une destination qui a attiré 32 millions de touristes en 2017, 35 M en 2018 et certainement 40 en 2019.

Le contingent national dans le top 5 des arrivées d’Afrique

En effet, la croissance quasi-exponentielle des arrivées touristiques en provenance du Maroc connait des taux de progression annuelle à 2 chiffres compris entre 33% et 41% (source : ministère turc du Tourisme). En Afrique, le nombre des Marocains vient après celui des Algériens, Egyptiens et Libyens.

Des chiffres de fréquentation loin de ceux du top 5 des arrivées étrangères (16 millions) dont les marches sont occupées par les Russes, puis les Allemands, les Bulgares, les Anglais et enfin les Iraniens.

Il n’empêche qu’en consultant les arrivées marocaines entre 2004 et 2019, on se rend compte qu’elles ont été multipliées par 15, un exemple dont devraient s’inspirer les autorités concernées, notamment pour le marché chinois qui avec la levée des visas en 2015 pourrait exploser au Maroc.

Au départ de l’engouement, des séries télévisées turques

Consulté par Médias24, le patron d’une grande agence casablancaise de voyages, Ultra Tours, spécialisée dans les séjours en Asie explique l’engouement marocain par des prix très abordables.

"Si on devait dater l’intérêt croissant des Marocains pour la Turquie, on pourrait le relier à l’arrivée des séries télévisées de ce pays sur les chaînes nationales. C’est peut-être anecdotique mais ce phénomène a créé un appel d’air extraordinaire qui a donné envie aux Marocains de visiter ce pays.

Une destination à la portée de toutes les bourses

"Mais le facteur le plus important ce sont indéniablement les fourchettes de prix proposées par les opérateurs turcs. En dehors des périodes de très haute saison comme l’été ou les fêtes de fin d’année, les tarifs des séjours sont très abordables car rien qu'à Istanbul, il y a 3.000 hôtels.

"Il y a le package basique, (avion, hôtel, petit-déjeuner et transferts de l’aéroport), qui revient à 6500 dirhams dans un établissement 3 étoiles (900 DHS de plus pour les excursions).

« En basse saison, vous trouverez sans peine des séjours à 5000 DHS. Sur place les prix sont donc abordables (restauration et transports) et ils n’augmentent pas beaucoup dans les cinq étoiles.

Des hôtels et des avions à profusion

«En effet, si vous comparez avec le Maroc, Casablanca a seulement 4 grandes chaînes hôtelières classées 5 étoiles, alors qu’à Istanbul, il y en a 20 qui disposent chacune de dizaines d’établissements.

« Hormis des prix à la portée de toutes les bourses, il y a une très bonne connectivité aérienne entre les deux pays. Malgré la forte demande, vous trouverez toujours des places d’avion avec Turkish Airlines qui a plusieurs lignes directes et qui dessert même Marrakech sans compter Air Arabya.

« De plus, la Turquie est particulière car c’est à la fois un pays musulman et une destination appréciée par les touristes épris de liberté.

« Cette destination fait aussi le bonheur des amateurs d’histoire avec des monuments très bien entretenus et de ceux qui veulent faire du shopping (vêtements, bijoux en or, artisanat …) », conclut Fethi Attigui qui pense que l’engouement des Marocains pour ce carrefour entre l’Europe et l’Asie, n’est pas près de s’arrêter de sitôt.

 

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