Transition énergétique: le CESE plaide pour une nouvelle stratégie

Une accélération de la transition énergétique permettrait d’ancrer sur le long terme le Maroc dans une croissance verte et pourrait donner un bon coup d’impulsion au développement du Maroc.

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Transition énergétique : Le CESE plaide pour une nouvelle stratégie Ahmed Reda Chami, président du CESE.

Le 09 juillet 2020 à 18:55

Modifié le 10 juillet 2020 à 09:32

Baisse de la dépendance énergétique au pétrole, réduction de la facture énergétique, allègement du déficit de la balance de paiement, création d’emplois, repositionnement du Maroc sur le plan géostratégique… L’accélération de la transition énergétique a tout d’un levier de développement pour le royaume. C’est le message en faveur duquel plaide ardemment le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans un avis adopté le 16 juin dernier par l’assemblée générale du CESE et présenté ce jeudi 9 juillet lors d'un webinaire.

Vent et soleil : les atouts du Maroc

D’abord parce que le Maroc possède un important ''potentiel d’énergie verte'', aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif : quantitatif avant tout, au vu de son potentiel en énergies éolienne et solaire ''exceptionnel'', estimé à environ 500 TWh/an, réparti entre l’éolien onshore (350 TWh) avec un taux de charge moyen de 5.000 heures et le solaire photovoltaïque PV (150 TWh) avec un taux de charge conservateur minimal de 2.500 heures. ''Un même potentiel au moins équivalent est disponible autour de l’éolien offshore'', précise le CESE. Et d’ajouter dans la foulée : ''De ce fait, l’exploitation de notre potentiel, projetterait notre pays parmi les grands pays producteurs énergétiques, devant le Venezuela et juste derrière le Nigéria, avec une production équivalente à 86 MTep annuel (million de tonnes équivalent pétrole, ndlr), soit environ 1.65 millions de barils par jour.''

Qualitatif, aussi : la diversité des sources et la répartition des sites aménageables ''permet le lissage et le maintien relatif de la disponibilité de l’énergie sur le réseau''. Le CESE rappelle que le Maroc possède six régimes de vents différents et complémentaires : le régime tangérois, le bassin d’Essaouira-Safi, le couloir de Taza, le Moyen Atlas, le bassin de l’Oriental et le bassin saharien. Le taux très élevé de disponibilité du vent – les moyennes minimales sont de 50%, voire dépassent 60% dans certains sites – et la qualité du vent ''exceptionnelle'', dont l’intensité moyenne supérieure est de 12 m/s, sont autant d’atouts dont le Maroc peut profiter pour développer le volet éolien.

Le royaume peut aussi profiter de ses atouts solaires, avec un potentiel de 2.500 à 3.000 heures d’ensoleillement par an, soit en moyenne 8h15mn par jour, de surcroît réparti sur quasiment tout le territoire. ''le potentiel énergétique marocain, au travers de la synergie entre l’éolien et le solaire, pourra se concrétiser par une exploitation maximale des ressources énergétiques renouvelables et par un renforcement important de leur part dans le mix énergétique, tout en garantissant un système énergétique national, fort, résilient et économiquement viable'', note le CESE.

Un autre avantage concerne le coût de revient : le kWh (kilowatt-heure) PV et éolien au Maroc est parmi les moins chers au monde. Les prix de vente de l’éolien ont été divisés par deux entre 2012 et 2015. Le contrat de vente signé entre Nareva et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) en 2012 pour la centrale de Tarfaya était de 0.64 Dh/kWh. Le dernier projet de 850 MW signé entre les deux opérateurs en 2015 était de 0.30 Dh/kWh.

Cette baisse s’inscrit dans le sillage de celle enregistrée à l’échelle internationale concernant le prix des modules photovoltaïques, qui a été réduit de plus de 80% en moins de dix ans, précise le CESE. Une tendance également observée dans d’autres pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), notamment en Égypte, en Tunisie et aux Émirats arabes unis.

Trois scenarii pour évaluer les méthodes d’exploitation des ressources naturelles

L’exploitation des ressources naturelles (vent et soleil) dont bénéficie déjà le pays ''permettrait de positionner le Maroc en leader de la transition énergétique''. Dans son avis, le CESE présente trois scenarii pour évaluer les options à adopter :

- Le scénario I s’inscrit dans la poursuite des politiques publiques actuelles, c’est-à-dire le système énergétique ''qui sera probablement mis en œuvre, pour les décennies à venir, si les options stratégiques et les composantes de gouvernance, de l’offre et de la demande en énergie actuelles sont maintenues'' ;

- Le scénario II comprend des mesures ''qui influencent fortement la demande comme l’efficacité énergétique, la décentralisation (production d’énergie par le privé au niveau de la consommation), la réforme progressive de la subvention du GPL, la mobilité propre et électrique ainsi qu’un plus grand recours au dessalement'' ;

- Le scénario III ''étudie l’opportunité d’exploiter le gisement d’énergies renouvelables dont dispose le Maroc pour réaliser des projets industriels d’envergure notamment autour de la filière Power-to-X liée à l’hydrogène ainsi que l’export d’électricité et les industries énergivores''.

Réduction de la facture énergétique de 12%

Sur la base d’une comparaison de ces trois scenarii, le CESE identifie les bénéfices que le Maroc pourrait tirer de cette transition énergétique. Dans un premier temps, la dépendance énergétique et la dépendance spécifique aux produits pétroliers pourraient baisser jusqu’à 17% en 2050. ''Le taux de dépendance énergétique de 88% en 2020, intégrant le décentralisé et la biomasse, s’améliorerait dès le scénario I, compte tenu de la tendance déjà en place de renforcement des énergies renouvelables. Il en va de même pour la dépendance spécifique aux produits pétroliers'', relève le CESE.

Et d’ajouter, concernant les deux autres scenarii : ''Les scenarii II et III accentueraient davantage la tendance, le premier en réduisant la consommation de produits pétroliers et le second en poussant plus loin la demande en énergies renouvelables. Cela porterait les indicateurs respectifs à horizon 2050 à 49% et 17% pour le taux de dépendance énergétique et à 34% et 17% pour le taux de dépendance aux produits pétroliers.''

La mise en place d’une transition énergétique ambitieuse promet également d’autres bénéfices pour le Maroc : la part du renouvelable pourrait atteindre 96% de la puissance installée du mix électrique à l’horizon 2050 ; la facture énergétique pourrait se réduire sensiblement alors que l’énergie consommée serait multipliée par 3 ; la balance des paiements serait allégée de 74 MMDH en 2050 ; le coût de revient moyen du kWh électrique sur le réseau pourrait baisser de près de 39%.

Enfin, la filière énergétique pourrait créer 300.000 emplois permanents. Le CESE explique que ces emplois, répartis sur l’ensemble du territoire, concerneraient notamment les métiers des installateurs, des intégrateurs, des logisticiens, des process industriels, des auditeurs, des commerciaux, des sociétés de services (ingénierie équipements, systèmes, mécanique, électronique, logiciel, financement, assurance, etc.) et des prestataires dans diverses filières d’exploitation et de maintenance.

Une nouvelle stratégie à la hauteur des ambitions vertes du Maroc

Ces ambitions sont grandes, et pour les concrétiser dans la pratique, le CESE revendique la mise en place d’une ''nouvelle stratégie avec des options claires, une gouvernance adaptée et un positionnement international renouvelé''.

Cette nouvelle stratégie doit reposer sur des valeurs de justice sociale, ''être équitable et inclusive, responsable sur le plan environnemental et soutenable sur le plan financier''. En d’autres termes, le CESE préconise que cette nouvelle stratégie ''permette de bien gérer les impacts, en maîtrisant et minimisant les plus nocifs d’entre eux et en maximisant les plus avantageux pour l’ensemble de la communauté''.

Elle doit également s’articuler autour de ''l’augmentation de la part des EnR dans le mix énergétique, de la maîtrise de la demande par la promotion de l’efficacité énergétique et de la production décentralisée, l’émergence et le développement de filières du futur autour du ''Power to X'', le soutien de l’innovation et de l’appropriation technologique au service de l’intégration industrielle''. Pour rappel, le Maroc et l’Allemagne ont signé, début juin, un accord relatif au développement du secteur de la production de l’hydrogène vert, produit à partir d’électricité renouvelable. Il s’agit du projet porté par Masen "Power-to-X" et d’une plateforme de recherche qui lui sera dédiée.

Le CESE veut également que cette stratégie s’accompagne d’une "refonte de la gouvernance pour s’adapter aux évolutions du secteur et d’une reconfiguration des politiques publiques qui touchent à l’énergie en traitant de manière coordonnée et intégrée, plusieurs politiques connexes, actuellement, pensées et élaborées en silos".

Enfin, le volet citoyenneté et développement local n’est pas en reste : la future stratégie relative à la transition énergétique devra "reposer sur une adhésion citoyenne élargie avec l’implication des citoyens et des territoires pour lier la transition énergétique aux enjeux du développement local".

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Energies renouvelables: Le Roi Mohammed VI ordonne de relever les objectifs à l'horizon 2030

Energies renouvelables : 3.685 MW de puissance installée à fin 2019

Ahmed Reda Chami, président du CESE.

Transition énergétique: le CESE plaide pour une nouvelle stratégie

Le 09 juillet 2020 à19:15

Modifié le 10 juillet 2020 à 09:32

Une accélération de la transition énergétique permettrait d’ancrer sur le long terme le Maroc dans une croissance verte et pourrait donner un bon coup d’impulsion au développement du Maroc.

Baisse de la dépendance énergétique au pétrole, réduction de la facture énergétique, allègement du déficit de la balance de paiement, création d’emplois, repositionnement du Maroc sur le plan géostratégique… L’accélération de la transition énergétique a tout d’un levier de développement pour le royaume. C’est le message en faveur duquel plaide ardemment le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans un avis adopté le 16 juin dernier par l’assemblée générale du CESE et présenté ce jeudi 9 juillet lors d'un webinaire.

Vent et soleil : les atouts du Maroc

D’abord parce que le Maroc possède un important ''potentiel d’énergie verte'', aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif : quantitatif avant tout, au vu de son potentiel en énergies éolienne et solaire ''exceptionnel'', estimé à environ 500 TWh/an, réparti entre l’éolien onshore (350 TWh) avec un taux de charge moyen de 5.000 heures et le solaire photovoltaïque PV (150 TWh) avec un taux de charge conservateur minimal de 2.500 heures. ''Un même potentiel au moins équivalent est disponible autour de l’éolien offshore'', précise le CESE. Et d’ajouter dans la foulée : ''De ce fait, l’exploitation de notre potentiel, projetterait notre pays parmi les grands pays producteurs énergétiques, devant le Venezuela et juste derrière le Nigéria, avec une production équivalente à 86 MTep annuel (million de tonnes équivalent pétrole, ndlr), soit environ 1.65 millions de barils par jour.''

Qualitatif, aussi : la diversité des sources et la répartition des sites aménageables ''permet le lissage et le maintien relatif de la disponibilité de l’énergie sur le réseau''. Le CESE rappelle que le Maroc possède six régimes de vents différents et complémentaires : le régime tangérois, le bassin d’Essaouira-Safi, le couloir de Taza, le Moyen Atlas, le bassin de l’Oriental et le bassin saharien. Le taux très élevé de disponibilité du vent – les moyennes minimales sont de 50%, voire dépassent 60% dans certains sites – et la qualité du vent ''exceptionnelle'', dont l’intensité moyenne supérieure est de 12 m/s, sont autant d’atouts dont le Maroc peut profiter pour développer le volet éolien.

Le royaume peut aussi profiter de ses atouts solaires, avec un potentiel de 2.500 à 3.000 heures d’ensoleillement par an, soit en moyenne 8h15mn par jour, de surcroît réparti sur quasiment tout le territoire. ''le potentiel énergétique marocain, au travers de la synergie entre l’éolien et le solaire, pourra se concrétiser par une exploitation maximale des ressources énergétiques renouvelables et par un renforcement important de leur part dans le mix énergétique, tout en garantissant un système énergétique national, fort, résilient et économiquement viable'', note le CESE.

Un autre avantage concerne le coût de revient : le kWh (kilowatt-heure) PV et éolien au Maroc est parmi les moins chers au monde. Les prix de vente de l’éolien ont été divisés par deux entre 2012 et 2015. Le contrat de vente signé entre Nareva et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) en 2012 pour la centrale de Tarfaya était de 0.64 Dh/kWh. Le dernier projet de 850 MW signé entre les deux opérateurs en 2015 était de 0.30 Dh/kWh.

Cette baisse s’inscrit dans le sillage de celle enregistrée à l’échelle internationale concernant le prix des modules photovoltaïques, qui a été réduit de plus de 80% en moins de dix ans, précise le CESE. Une tendance également observée dans d’autres pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), notamment en Égypte, en Tunisie et aux Émirats arabes unis.

Trois scenarii pour évaluer les méthodes d’exploitation des ressources naturelles

L’exploitation des ressources naturelles (vent et soleil) dont bénéficie déjà le pays ''permettrait de positionner le Maroc en leader de la transition énergétique''. Dans son avis, le CESE présente trois scenarii pour évaluer les options à adopter :

- Le scénario I s’inscrit dans la poursuite des politiques publiques actuelles, c’est-à-dire le système énergétique ''qui sera probablement mis en œuvre, pour les décennies à venir, si les options stratégiques et les composantes de gouvernance, de l’offre et de la demande en énergie actuelles sont maintenues'' ;

- Le scénario II comprend des mesures ''qui influencent fortement la demande comme l’efficacité énergétique, la décentralisation (production d’énergie par le privé au niveau de la consommation), la réforme progressive de la subvention du GPL, la mobilité propre et électrique ainsi qu’un plus grand recours au dessalement'' ;

- Le scénario III ''étudie l’opportunité d’exploiter le gisement d’énergies renouvelables dont dispose le Maroc pour réaliser des projets industriels d’envergure notamment autour de la filière Power-to-X liée à l’hydrogène ainsi que l’export d’électricité et les industries énergivores''.

Réduction de la facture énergétique de 12%

Sur la base d’une comparaison de ces trois scenarii, le CESE identifie les bénéfices que le Maroc pourrait tirer de cette transition énergétique. Dans un premier temps, la dépendance énergétique et la dépendance spécifique aux produits pétroliers pourraient baisser jusqu’à 17% en 2050. ''Le taux de dépendance énergétique de 88% en 2020, intégrant le décentralisé et la biomasse, s’améliorerait dès le scénario I, compte tenu de la tendance déjà en place de renforcement des énergies renouvelables. Il en va de même pour la dépendance spécifique aux produits pétroliers'', relève le CESE.

Et d’ajouter, concernant les deux autres scenarii : ''Les scenarii II et III accentueraient davantage la tendance, le premier en réduisant la consommation de produits pétroliers et le second en poussant plus loin la demande en énergies renouvelables. Cela porterait les indicateurs respectifs à horizon 2050 à 49% et 17% pour le taux de dépendance énergétique et à 34% et 17% pour le taux de dépendance aux produits pétroliers.''

La mise en place d’une transition énergétique ambitieuse promet également d’autres bénéfices pour le Maroc : la part du renouvelable pourrait atteindre 96% de la puissance installée du mix électrique à l’horizon 2050 ; la facture énergétique pourrait se réduire sensiblement alors que l’énergie consommée serait multipliée par 3 ; la balance des paiements serait allégée de 74 MMDH en 2050 ; le coût de revient moyen du kWh électrique sur le réseau pourrait baisser de près de 39%.

Enfin, la filière énergétique pourrait créer 300.000 emplois permanents. Le CESE explique que ces emplois, répartis sur l’ensemble du territoire, concerneraient notamment les métiers des installateurs, des intégrateurs, des logisticiens, des process industriels, des auditeurs, des commerciaux, des sociétés de services (ingénierie équipements, systèmes, mécanique, électronique, logiciel, financement, assurance, etc.) et des prestataires dans diverses filières d’exploitation et de maintenance.

Une nouvelle stratégie à la hauteur des ambitions vertes du Maroc

Ces ambitions sont grandes, et pour les concrétiser dans la pratique, le CESE revendique la mise en place d’une ''nouvelle stratégie avec des options claires, une gouvernance adaptée et un positionnement international renouvelé''.

Cette nouvelle stratégie doit reposer sur des valeurs de justice sociale, ''être équitable et inclusive, responsable sur le plan environnemental et soutenable sur le plan financier''. En d’autres termes, le CESE préconise que cette nouvelle stratégie ''permette de bien gérer les impacts, en maîtrisant et minimisant les plus nocifs d’entre eux et en maximisant les plus avantageux pour l’ensemble de la communauté''.

Elle doit également s’articuler autour de ''l’augmentation de la part des EnR dans le mix énergétique, de la maîtrise de la demande par la promotion de l’efficacité énergétique et de la production décentralisée, l’émergence et le développement de filières du futur autour du ''Power to X'', le soutien de l’innovation et de l’appropriation technologique au service de l’intégration industrielle''. Pour rappel, le Maroc et l’Allemagne ont signé, début juin, un accord relatif au développement du secteur de la production de l’hydrogène vert, produit à partir d’électricité renouvelable. Il s’agit du projet porté par Masen "Power-to-X" et d’une plateforme de recherche qui lui sera dédiée.

Le CESE veut également que cette stratégie s’accompagne d’une "refonte de la gouvernance pour s’adapter aux évolutions du secteur et d’une reconfiguration des politiques publiques qui touchent à l’énergie en traitant de manière coordonnée et intégrée, plusieurs politiques connexes, actuellement, pensées et élaborées en silos".

Enfin, le volet citoyenneté et développement local n’est pas en reste : la future stratégie relative à la transition énergétique devra "reposer sur une adhésion citoyenne élargie avec l’implication des citoyens et des territoires pour lier la transition énergétique aux enjeux du développement local".

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