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Transport de marchandises, le maillon faible de la chaîne logistique

Les professionnels du secteur logistique sont unanimes. Le transport de marchandises est la composante la plus fragile de la chaîne logistique. Les dernières mesures annoncées par le département de Abdelkader Amara pourraient résoudre une partie des problématiques du secteur, mais beaucoup reste à faire, notamment en matières de prédominance de l’informel et de l’atomisation des structures spécialisées dans le transport.

Transport de marchandises, le maillon faible de la chaîne logistique

Le 09 avril 2019 à 08:02

Modifié le 09 avril 2019 à 15:20

Le transport routier de marchandises est l’une des principales composantes de l’activité logistique au Maroc. Pour preuve, “le transport de marchandises se fait par la route à hauteur de 85% en tonnage et 75% en valeur (hors phosphate)“, soutient un professionnel du secteur.

Ce secteur compte environ 84.300 entreprises, dont plus de 80% détiennent moins de deux camions. “C’est une filière très atomisée. C’est, d’ailleurs, un des facteurs qui empêchent l’organisation du secteur. Comment peut-on s’organiser quand on sait que plus de 80% des entreprises de transport au Maroc ont moins de 2 véhicules ? C’est impossible ! Et ceci sans parler de l’informel“, tranche cet opérateur.

L’informel et l’atomisation ne sont pas les seules contraintes à la professionnalisation de ce secteur. Le contrôle de la charge, la vétusté du parc, la formation et la mise en place d’un contrat-programme de la profession ont été au cœur des discussions entre les instances professionnelles et le ministère de tutelle. Et après un marathon de réunions avec les différentes catégories du secteur du transport routier et plusieurs mois de grève des transporteurs, le ministère de l'Équipement a annoncé, fin mars 2019, la mise en œuvre d’une batterie de mesures.

Des mesures que toute la profession attendait puisqu’il “ne sert à rien de faire des efforts sur les autres composantes de la chaîne logistique qui sont plus visibles, à savoir l’infrastructure, le transport portuaire, la dématérialisation… etc., tant que les problématiques liées au maillon le plus important et le plus fragile, qui est le transport, ne sont pas résolues. Le transport routier de marchandises est un sujet d’actualité parce qu’il y a eu des grèves“, soutient cet expert.

Lancement du contrôle de la charge

Le ministère a, en effet, annoncé le démarrage du contrôle de la charge. Une procédure de contrôle à la source est également en gestation, en particulier pour le transport de matériaux des carrières. Un appel d'offres imminent sur le modèle de manifeste de fret a été également annoncé.

Pour ce qui est des transporteurs de poids léger (3,5 à 14 tonnes), le ministère avait proposé la mise en œuvre des circulaires ministérielles de 2003, 2007 et 2010, relatives à la révision de la charge des camions, afin de permettre aux professionnels qui n’ont pas bénéficié des opérations d’augmentation de la charge de 3 à 5,5 tonnes, de 5,5 à 8 tonnes et de 9,8 à 14 tonnes d’en bénéficier, à condition que l’âge du véhicule ne dépasse pas 20 ans.

Selon le ministère, cette proposition permettra aux professionnels d’augmenter la charge des camions d’un taux dépassant les 30% pour les véhicules dont la charge est entre 3 et 14 tonnes.

Quant à la catégorie de 14-19 tonnes, le ministère a proposé l’augmentation du montant de la prime dédiée au renouvellement du parc des véhicules, en octroyant la possibilité de changer la catégorie en passant à plus de 19 tonnes, et ce dans le cadre de la loi de finances 2020.

Cap sur la formation et le renouvellement du parc

Le département de Abdelkader Amara a, par ailleurs, réexaminé la décision n° 2713-10 du 23 décembre 2010 sur la formation des conducteurs professionnels, dans son volet relatif à la durée et au contenu de la formation initiale et continue. Il a réitéré l'engagement du ministère d'assumer la totalité des coûts liés à la formation des conducteurs professionnels actuellement en activité. Ce volet, avec le renouvellement du parc et le régime fiscal, est commun aux filières de transport (transport de marchandise, transport touristique et transport de voyageurs).

Le ministère rappelle également la révision, en un temps record, des primes à la casse et de renouvellement des véhicules (camions et autocars) dans le cadre de la loi de finances 2019. Les deux tiers du parc de camions ont moins de 15 ans.

Le ministère a entamé la réception des dossiers pour bénéficier du programme de renouvellement du parc. 700 dossiers ont été soumis, dont 520 à Casablanca.

Le département de tutelle affirme avoir entamé le dialogue avec le ministère de l'Économie au sujet du régime fiscal du transport routier. Les propositions des professionnels seront examinées lors des Assises nationales sur la fiscalité, prévues en mai prochain.

Transport de marchandises, le maillon faible de la chaîne logistique

Le 09 avril 2019 à08:57

Modifié le 09 avril 2019 à 15:20

Les professionnels du secteur logistique sont unanimes. Le transport de marchandises est la composante la plus fragile de la chaîne logistique. Les dernières mesures annoncées par le département de Abdelkader Amara pourraient résoudre une partie des problématiques du secteur, mais beaucoup reste à faire, notamment en matières de prédominance de l’informel et de l’atomisation des structures spécialisées dans le transport.

Le transport routier de marchandises est l’une des principales composantes de l’activité logistique au Maroc. Pour preuve, “le transport de marchandises se fait par la route à hauteur de 85% en tonnage et 75% en valeur (hors phosphate)“, soutient un professionnel du secteur.

Ce secteur compte environ 84.300 entreprises, dont plus de 80% détiennent moins de deux camions. “C’est une filière très atomisée. C’est, d’ailleurs, un des facteurs qui empêchent l’organisation du secteur. Comment peut-on s’organiser quand on sait que plus de 80% des entreprises de transport au Maroc ont moins de 2 véhicules ? C’est impossible ! Et ceci sans parler de l’informel“, tranche cet opérateur.

L’informel et l’atomisation ne sont pas les seules contraintes à la professionnalisation de ce secteur. Le contrôle de la charge, la vétusté du parc, la formation et la mise en place d’un contrat-programme de la profession ont été au cœur des discussions entre les instances professionnelles et le ministère de tutelle. Et après un marathon de réunions avec les différentes catégories du secteur du transport routier et plusieurs mois de grève des transporteurs, le ministère de l'Équipement a annoncé, fin mars 2019, la mise en œuvre d’une batterie de mesures.

Des mesures que toute la profession attendait puisqu’il “ne sert à rien de faire des efforts sur les autres composantes de la chaîne logistique qui sont plus visibles, à savoir l’infrastructure, le transport portuaire, la dématérialisation… etc., tant que les problématiques liées au maillon le plus important et le plus fragile, qui est le transport, ne sont pas résolues. Le transport routier de marchandises est un sujet d’actualité parce qu’il y a eu des grèves“, soutient cet expert.

Lancement du contrôle de la charge

Le ministère a, en effet, annoncé le démarrage du contrôle de la charge. Une procédure de contrôle à la source est également en gestation, en particulier pour le transport de matériaux des carrières. Un appel d'offres imminent sur le modèle de manifeste de fret a été également annoncé.

Pour ce qui est des transporteurs de poids léger (3,5 à 14 tonnes), le ministère avait proposé la mise en œuvre des circulaires ministérielles de 2003, 2007 et 2010, relatives à la révision de la charge des camions, afin de permettre aux professionnels qui n’ont pas bénéficié des opérations d’augmentation de la charge de 3 à 5,5 tonnes, de 5,5 à 8 tonnes et de 9,8 à 14 tonnes d’en bénéficier, à condition que l’âge du véhicule ne dépasse pas 20 ans.

Selon le ministère, cette proposition permettra aux professionnels d’augmenter la charge des camions d’un taux dépassant les 30% pour les véhicules dont la charge est entre 3 et 14 tonnes.

Quant à la catégorie de 14-19 tonnes, le ministère a proposé l’augmentation du montant de la prime dédiée au renouvellement du parc des véhicules, en octroyant la possibilité de changer la catégorie en passant à plus de 19 tonnes, et ce dans le cadre de la loi de finances 2020.

Cap sur la formation et le renouvellement du parc

Le département de Abdelkader Amara a, par ailleurs, réexaminé la décision n° 2713-10 du 23 décembre 2010 sur la formation des conducteurs professionnels, dans son volet relatif à la durée et au contenu de la formation initiale et continue. Il a réitéré l'engagement du ministère d'assumer la totalité des coûts liés à la formation des conducteurs professionnels actuellement en activité. Ce volet, avec le renouvellement du parc et le régime fiscal, est commun aux filières de transport (transport de marchandise, transport touristique et transport de voyageurs).

Le ministère rappelle également la révision, en un temps record, des primes à la casse et de renouvellement des véhicules (camions et autocars) dans le cadre de la loi de finances 2019. Les deux tiers du parc de camions ont moins de 15 ans.

Le ministère a entamé la réception des dossiers pour bénéficier du programme de renouvellement du parc. 700 dossiers ont été soumis, dont 520 à Casablanca.

Le département de tutelle affirme avoir entamé le dialogue avec le ministère de l'Économie au sujet du régime fiscal du transport routier. Les propositions des professionnels seront examinées lors des Assises nationales sur la fiscalité, prévues en mai prochain.

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