UMT : La victoire annoncée de Miloudi Moukharik crée la discorde

L’UMT tient les travaux de son 12ème congrès national du 15 au 17 mars. Après avoir déclaré son intention de briguer un troisième mandat, Miloudi Moukharik a provoqué une levée de boucliers de ses opposants sachant que les statuts du syndicat imposent un maximum de deux mandats. Selon nos sources, l’appel au boycott du congrès n’a aucune chance d’aboutir car Moukharik a verrouillé l’appareil pour imposer un amendement des statuts.

UMT : La victoire annoncée de Miloudi Moukharik crée la discorde

Le 15 mars 2019 à 18:39

Modifié le 17 mars 2019 à 10:57

A l’image de son prédécesseur et fondateur du 1er syndicat du pays, Mahjoub Ben Seddik, qui avait dirigé l’UMT pendant 55 années, Miloudi Moukharik a déclaré à une chaîne de radio, ce vendredi 15 mars, qu’il avait l’intention de se présenter pour la 3ème fois aux élections du syndicat alors que son règlement limite le leadership à 2 mandats de 4 ans chacun.

Une décision qui provoque une opposition violente chez plusieurs membres de ce syndicat, regroupés dans un courant dit « réformateur » dont le but est d’éliminer sa direction jugée "gérontocratique".

C’est le cas du syndicaliste Rachid Manyari, également parlementaire à la Chambre des conseillers, qui juge illégitime le maintien de ce congrès dont l’issue électorale est jouée d’avance.

Au menu des attaques, bilan et amendement sur mesure des statuts

« Pour la grande majorité des membres de l’UMT, la tenue ce congrès est illégitime mais aussi illégale.

« En effet, le bilan du secrétaire général sortant est d’une part catastrophique et ensuite, les statuts qu’il a lui-même instaurés, lors de sa 1ère élection en 2010 et confirmés lors de la 2ème en 2015, lui interdisent formellement de briguer un nouveau mandat.

« Sachant qu’il n’existe pas encore au Maroc de loi sur les syndicats comme la loi sur les partis qui pose des limites au leadership, il se croit autorisé à diriger le syndicat aussi longtemps qu’il le voudra.

« Comment peut-il se représenter alors qu’il est à l’origine de l’hémorragie des militants soulignée par un récent rapport du HCP qui avance un taux de syndication de 4,3% chez l’ensemble des travailleurs?

« Vu sa volonté d’amender les statuts pour se maintenir à son poste, nous dénonçons cette mascarade qui montre l’absence de démocratie interne à l’UMT et empêche une alternance crédible.

« Cette position de rejet de sa personne est partagée par l’écrasante majorité des syndicalistes mais le problème est qu’il a verrouillé toutes les instances dirigeantes qui sont constituées à 97% de personnes qui ont largement dépassé l’âge de la retraite vu qu’elles ont entre 75 et 85 ans.

Une élection jouée d’avance ?

« En dix années de leadership, Si Moukharik a accru sa mainmise sur l’appareil décisionnaire sachant qu’il ne réunit jamais la commission administrative qui est censée contrôler les finances.

« En boycottant cette instance primordiale pour pouvoir distribuer à sa guise des prébendes à ses soutiens, il arrive à monopoliser le pouvoir avec un groupe d’obligés qui sont tous très âgés », accuse notre interlocuteur qui fait, pour l’instant encore, partie du secrétariat national de l’UMT.

Selon lui, le secrétaire général n’aura donc aucune difficulté à se faire réélire car aucun de ses opposants n’a été convié aux travaux du congrès qui démarre ce vendredi en début de soirée.

« Alors que je suis membre à part entière du secrétariat national, je n’ai reçu à ce jour aucune convocation alors que c’est la règle de réunir les membres des instances dirigeantes.

« Vu l’absence de démocratie interne, notre courant ne présentera donc aucun candidat contre lui », conclut Manyari qui pense que Moukharik sera seul candidat à sa succession au secrétariat général.

Une position démentie par un collaborateur du secrétaire général sortant qui a commencé par nous expliquer le fonctionnement du congrès avant de revenir sur la position de vainqueur de Moukharik.

"Moukharik l’emportera haut la main"

« Contrairement à ce qu’avancent ses opposants par voie de communiqué aux médias, l’élection n’est pas jouée car les candidats ont jusqu’à demain (samedi 16 mars) pour déposer leur dossier auprès d'une commission qui devra encore les valider.

« Les 1.500 congressistes, à jour de leurs cotisations depuis les trois dernières années, vont commencer, ce vendredi 15 mars, par élire les 163 membres de la commission administrative.

"Ce sont ces derniers qui vont désigner à leur tour les 19 membres du secrétariat général, les 15 du secrétariat national puis enfin le secrétaire général dont le nom sera connu demain soir (samedi 16 mars).

« L’opposition contre Moukharik est virtuelle car ses membres sont d’illustres inconnus qui n’ont aucune crédibilité. A partir de là, il est vrai qu’il joue sur du velours car aucun autre dirigeant de l’UMT ne jouit de son image auprès de la majorité des syndicalistes qui le poussent à se représenter.

« Personnellement, je n’ai rien contre la création de courants, chacun a le droit de critiquer mais encore faut-il qu’ils aient un vrai programme, une ligne politique et ne pas se contenter d’attaques ad hominem comme seul argument », conclut notre syndicaliste qui ajoute qu’en l’état actuel des choses, personne n’est en mesure de battre Moukharik qui « l’emportera haut la main demain soir ».

Toutes nos tentatives de joindre le secrétaire général sortant sont restées vaines. 

UMT : La victoire annoncée de Miloudi Moukharik crée la discorde

Le 15 mars 2019 à18:39

Modifié le 17 mars 2019 à 10:57

L’UMT tient les travaux de son 12ème congrès national du 15 au 17 mars. Après avoir déclaré son intention de briguer un troisième mandat, Miloudi Moukharik a provoqué une levée de boucliers de ses opposants sachant que les statuts du syndicat imposent un maximum de deux mandats. Selon nos sources, l’appel au boycott du congrès n’a aucune chance d’aboutir car Moukharik a verrouillé l’appareil pour imposer un amendement des statuts.

A l’image de son prédécesseur et fondateur du 1er syndicat du pays, Mahjoub Ben Seddik, qui avait dirigé l’UMT pendant 55 années, Miloudi Moukharik a déclaré à une chaîne de radio, ce vendredi 15 mars, qu’il avait l’intention de se présenter pour la 3ème fois aux élections du syndicat alors que son règlement limite le leadership à 2 mandats de 4 ans chacun.

Une décision qui provoque une opposition violente chez plusieurs membres de ce syndicat, regroupés dans un courant dit « réformateur » dont le but est d’éliminer sa direction jugée "gérontocratique".

C’est le cas du syndicaliste Rachid Manyari, également parlementaire à la Chambre des conseillers, qui juge illégitime le maintien de ce congrès dont l’issue électorale est jouée d’avance.

Au menu des attaques, bilan et amendement sur mesure des statuts

« Pour la grande majorité des membres de l’UMT, la tenue ce congrès est illégitime mais aussi illégale.

« En effet, le bilan du secrétaire général sortant est d’une part catastrophique et ensuite, les statuts qu’il a lui-même instaurés, lors de sa 1ère élection en 2010 et confirmés lors de la 2ème en 2015, lui interdisent formellement de briguer un nouveau mandat.

« Sachant qu’il n’existe pas encore au Maroc de loi sur les syndicats comme la loi sur les partis qui pose des limites au leadership, il se croit autorisé à diriger le syndicat aussi longtemps qu’il le voudra.

« Comment peut-il se représenter alors qu’il est à l’origine de l’hémorragie des militants soulignée par un récent rapport du HCP qui avance un taux de syndication de 4,3% chez l’ensemble des travailleurs?

« Vu sa volonté d’amender les statuts pour se maintenir à son poste, nous dénonçons cette mascarade qui montre l’absence de démocratie interne à l’UMT et empêche une alternance crédible.

« Cette position de rejet de sa personne est partagée par l’écrasante majorité des syndicalistes mais le problème est qu’il a verrouillé toutes les instances dirigeantes qui sont constituées à 97% de personnes qui ont largement dépassé l’âge de la retraite vu qu’elles ont entre 75 et 85 ans.

Une élection jouée d’avance ?

« En dix années de leadership, Si Moukharik a accru sa mainmise sur l’appareil décisionnaire sachant qu’il ne réunit jamais la commission administrative qui est censée contrôler les finances.

« En boycottant cette instance primordiale pour pouvoir distribuer à sa guise des prébendes à ses soutiens, il arrive à monopoliser le pouvoir avec un groupe d’obligés qui sont tous très âgés », accuse notre interlocuteur qui fait, pour l’instant encore, partie du secrétariat national de l’UMT.

Selon lui, le secrétaire général n’aura donc aucune difficulté à se faire réélire car aucun de ses opposants n’a été convié aux travaux du congrès qui démarre ce vendredi en début de soirée.

« Alors que je suis membre à part entière du secrétariat national, je n’ai reçu à ce jour aucune convocation alors que c’est la règle de réunir les membres des instances dirigeantes.

« Vu l’absence de démocratie interne, notre courant ne présentera donc aucun candidat contre lui », conclut Manyari qui pense que Moukharik sera seul candidat à sa succession au secrétariat général.

Une position démentie par un collaborateur du secrétaire général sortant qui a commencé par nous expliquer le fonctionnement du congrès avant de revenir sur la position de vainqueur de Moukharik.

"Moukharik l’emportera haut la main"

« Contrairement à ce qu’avancent ses opposants par voie de communiqué aux médias, l’élection n’est pas jouée car les candidats ont jusqu’à demain (samedi 16 mars) pour déposer leur dossier auprès d'une commission qui devra encore les valider.

« Les 1.500 congressistes, à jour de leurs cotisations depuis les trois dernières années, vont commencer, ce vendredi 15 mars, par élire les 163 membres de la commission administrative.

"Ce sont ces derniers qui vont désigner à leur tour les 19 membres du secrétariat général, les 15 du secrétariat national puis enfin le secrétaire général dont le nom sera connu demain soir (samedi 16 mars).

« L’opposition contre Moukharik est virtuelle car ses membres sont d’illustres inconnus qui n’ont aucune crédibilité. A partir de là, il est vrai qu’il joue sur du velours car aucun autre dirigeant de l’UMT ne jouit de son image auprès de la majorité des syndicalistes qui le poussent à se représenter.

« Personnellement, je n’ai rien contre la création de courants, chacun a le droit de critiquer mais encore faut-il qu’ils aient un vrai programme, une ligne politique et ne pas se contenter d’attaques ad hominem comme seul argument », conclut notre syndicaliste qui ajoute qu’en l’état actuel des choses, personne n’est en mesure de battre Moukharik qui « l’emportera haut la main demain soir ».

Toutes nos tentatives de joindre le secrétaire général sortant sont restées vaines. 

A lire aussi


commentaires

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.