Une lettre ouverte à Ahmed Lahlimi pour accéder aux données du HCP

Initiée par l'association Tafra, la lettre ouverte est portée par 69 universitaires et acteurs de la société civile. Elle est adressée au Haut Commissaire au Plan pour l'interpeller sur l'accès aux données publiques dont dispose le HCP.

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Une lettre ouverte à Ahmed Lahlimi pour accéder aux données du HCP

Le 13 avril 2020 à 13:53

Modifié le 14 avril 2020 à 12:49

Par cette démarche, les signataires aspirent à obtenir ces données dans leur version détaillée, et ainsi pouvoir les exploiter à des fins de recherche et d’analyse.

Voici le texte intégral de la lettre ouverte :

Lettre ouverte à Monsieur Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan

« Les citoyennes et les citoyens ont le droit d'accéder à l'information détenue par l'administration publique, les institutions élues et les organismes investis d'une mission de service public. [...] »

Constitution, art. 27

« Tous supportent solidairement et proportionnellement à leurs moyens, les charges que requiert le développement du pays, et celles résultant des calamités nationales et des catastrophes naturelles. »

Constitution, art. 40

Monsieur le Haut Commissaire,

En tant que chercheurs, statisticiens, épidémiologistes, économistes, professeurs, journalistes, géographes, médecins, avocats, développeurs, citoyens, nous souhaitons contribuer par nos moyens, nos compétences et par notre disponibilité à l’effort national de lutte contre la pandémie du Covid-19, ainsi qu’à la promotion de politiques publiques fondées sur des données probantes.

Nous voulons travailler, de manière bénévole, à la production de solutions déterminantes au défi posé à notre pays, et au soutien des efforts des pouvoirs publics et de la société civile, pour le relever. Nous disposons des compétences, du savoir-faire et de la volonté pour accomplir notre devoir citoyen. En revanche, nous ne disposons pas des données brutes indispensables à ce travail.

Or, le Maroc s’est engagé dans un processus de transparence depuis de nombreuses années. Cette volonté est traduite dans la Constitution, dans son article 27 ; elle a été précisée par l’adoption de la loi 31.13 sur le droit d'accès à l'information en février 2018 ; elle a été réaffirmée par l’adhésion du gouvernement aux principes du Partenariat pour un GouvernementOuvert (PGO), en juillet 2018.

Notre cadre juridique national, ainsi que les engagements internationaux du Maroc, indiquent aujourd’hui le chemin qu’il nous incombe d’emprunter : celui de la publication des données dont vous disposez, dans les standards des institutions productrices de statistiques publiques, c’est-à-dire : ouvertes, réutilisables, actualisées, accessibles et complètes.

Aujourd’hui, l’accès à l’information est un atout déterminant pour toutes les bonnes volontés qui souhaitent contribuer par leurs moyens, par leurs compétences ou par leur disponibilité, à la traversée de la crise. La rétention de l’information est au contraire un obstacle supplémentaire, y compris pour les pouvoirs publics. En se privant de l’intelligence collective, l’Etat se condamne à prendre des décisions difficiles dans une incertitude accrue. La publication des données et des analyses est au fondement de toute démarche scientifique. Elle permet de confronter les idées et les modèles, d’identifier les failles et de les résoudre. Elle permet le progrès.
Ailleurs, l’abondance des données partagées par les Etats alimente la recherche scientifique dans plusieurs domaines. La contribution des chercheurs nationaux et internationaux, la comparaison des données et l’élaboration de modèles permettent aux pouvoirs publics de bénéficier de l’expertise académique pour orienter leurs politiques publiques en ces moments de crise.

Pour le Maroc, il s’agit de rendre accessibles l’ensemble des microdonnées du recensement général, et la documentation afférente, ainsi que celles des enquêtes socio- économiques, sur les ménages, l’emploi, la consommation, réalisées par votre institution. A l’heure actuelle, les données publiées par le HCP, y compris les “microdonnées du recensement” sont incomplètes, puisqu’un grand nombre de variables et de méta données sont manquantes, et présentées à une échelle géographique qui empêche toute analyse pertinente. Or, ces données sont publiables sans atteinte à la protection des données personnelles, en conformité avec notre législation et les meilleures pratiques internationales. Ces données sont la condition de l’existence de la recherche publique nationale, ainsi qu’un outil précieux pour traverser cette crise.

C’est pourquoi, nous vous appelons solennellement, Monsieur le Haut Commissaire, à mettre en œuvre les engagements constitutionnels, légaux et nominaux contractés par l’Etat.

En vous assurant, Monsieur le Haut Commissaire, de notre engagement au service de la nation, veuillez agréer l'expression de notre haute considération.

>>Lire aussi : Le HCP répond à la lettre ouverte des chercheurs sur les micro-données

Une lettre ouverte à Ahmed Lahlimi pour accéder aux données du HCP

Le 13 avril 2020 à13:53

Modifié le 14 avril 2020 à 12:49

Initiée par l'association Tafra, la lettre ouverte est portée par 69 universitaires et acteurs de la société civile. Elle est adressée au Haut Commissaire au Plan pour l'interpeller sur l'accès aux données publiques dont dispose le HCP.

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Par cette démarche, les signataires aspirent à obtenir ces données dans leur version détaillée, et ainsi pouvoir les exploiter à des fins de recherche et d’analyse.

Voici le texte intégral de la lettre ouverte :

Lettre ouverte à Monsieur Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan

« Les citoyennes et les citoyens ont le droit d'accéder à l'information détenue par l'administration publique, les institutions élues et les organismes investis d'une mission de service public. [...] »

Constitution, art. 27

« Tous supportent solidairement et proportionnellement à leurs moyens, les charges que requiert le développement du pays, et celles résultant des calamités nationales et des catastrophes naturelles. »

Constitution, art. 40

Monsieur le Haut Commissaire,

En tant que chercheurs, statisticiens, épidémiologistes, économistes, professeurs, journalistes, géographes, médecins, avocats, développeurs, citoyens, nous souhaitons contribuer par nos moyens, nos compétences et par notre disponibilité à l’effort national de lutte contre la pandémie du Covid-19, ainsi qu’à la promotion de politiques publiques fondées sur des données probantes.

Nous voulons travailler, de manière bénévole, à la production de solutions déterminantes au défi posé à notre pays, et au soutien des efforts des pouvoirs publics et de la société civile, pour le relever. Nous disposons des compétences, du savoir-faire et de la volonté pour accomplir notre devoir citoyen. En revanche, nous ne disposons pas des données brutes indispensables à ce travail.

Or, le Maroc s’est engagé dans un processus de transparence depuis de nombreuses années. Cette volonté est traduite dans la Constitution, dans son article 27 ; elle a été précisée par l’adoption de la loi 31.13 sur le droit d'accès à l'information en février 2018 ; elle a été réaffirmée par l’adhésion du gouvernement aux principes du Partenariat pour un GouvernementOuvert (PGO), en juillet 2018.

Notre cadre juridique national, ainsi que les engagements internationaux du Maroc, indiquent aujourd’hui le chemin qu’il nous incombe d’emprunter : celui de la publication des données dont vous disposez, dans les standards des institutions productrices de statistiques publiques, c’est-à-dire : ouvertes, réutilisables, actualisées, accessibles et complètes.

Aujourd’hui, l’accès à l’information est un atout déterminant pour toutes les bonnes volontés qui souhaitent contribuer par leurs moyens, par leurs compétences ou par leur disponibilité, à la traversée de la crise. La rétention de l’information est au contraire un obstacle supplémentaire, y compris pour les pouvoirs publics. En se privant de l’intelligence collective, l’Etat se condamne à prendre des décisions difficiles dans une incertitude accrue. La publication des données et des analyses est au fondement de toute démarche scientifique. Elle permet de confronter les idées et les modèles, d’identifier les failles et de les résoudre. Elle permet le progrès.
Ailleurs, l’abondance des données partagées par les Etats alimente la recherche scientifique dans plusieurs domaines. La contribution des chercheurs nationaux et internationaux, la comparaison des données et l’élaboration de modèles permettent aux pouvoirs publics de bénéficier de l’expertise académique pour orienter leurs politiques publiques en ces moments de crise.

Pour le Maroc, il s’agit de rendre accessibles l’ensemble des microdonnées du recensement général, et la documentation afférente, ainsi que celles des enquêtes socio- économiques, sur les ménages, l’emploi, la consommation, réalisées par votre institution. A l’heure actuelle, les données publiées par le HCP, y compris les “microdonnées du recensement” sont incomplètes, puisqu’un grand nombre de variables et de méta données sont manquantes, et présentées à une échelle géographique qui empêche toute analyse pertinente. Or, ces données sont publiables sans atteinte à la protection des données personnelles, en conformité avec notre législation et les meilleures pratiques internationales. Ces données sont la condition de l’existence de la recherche publique nationale, ainsi qu’un outil précieux pour traverser cette crise.

C’est pourquoi, nous vous appelons solennellement, Monsieur le Haut Commissaire, à mettre en œuvre les engagements constitutionnels, légaux et nominaux contractés par l’Etat.

En vous assurant, Monsieur le Haut Commissaire, de notre engagement au service de la nation, veuillez agréer l'expression de notre haute considération.

>>Lire aussi : Le HCP répond à la lettre ouverte des chercheurs sur les micro-données

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