Verbatim. ALE Maroc-Turquie: Ankara a accepté de réviser (MHE)

La Turquie a livré sa réponse permettant d'initier la révision de l'accord de libre-échange avec le Maroc. Au Parlement, le ministre de l'Industrie a fait le point sur l'avancement des négociations.

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Verbatim. ALE Maroc-Turquie:Ankara a accepté de réviser (MHE) (Photo MAP)

Le 11 février 2020 à 11:08

Modifié le 12 février 2020 à 08:24

En réponse à une question orale à la Chambre des représentants, le ministre de l'Industrie, Moulay Hafid Elalamy, a annoncé que la partie turque a accepté jeudi 6 février, après "un vif débat", de réviser l'accord de libre-échange. Le déficit commercial entre les deux pays est de 1,2 milliard de dollars.

Lors d'une première réunion tenue fin novembre 2019 en Turquie, le Maroc avait fait part de ces préjudices, tout en réclamant une solution qui ne porte pas atteinte à ses intérêts, faute de quoi l'accord sera "dénoncé unilatéralement".

Le Royaume avait deux choix: la révision de l'accord ou son gel, a dit le ministre. La partie turque avait refusé la révision des dispositions asymétriques de l'accord. "Nous n'avons pas le choix: cet accord doit être soit révisé, soit gelé, soit déchiré", a dit le ministre sous les applaudissements des députés. "Nous n'acceptons pas de perdre autant d'autant d'emplois à cause de cet accord et le déficit commercial n'est même pas compensé par des investissements turcs qui dépassent 5 milliards de dollars en Algérie et qui sont minimes au Maroc", a-t-il ajouté en substance.

Lors de la dernière session du comité mixte de l'accord de libre-échange, les deux pays ont convenu de revoir les conditions de l'accord de libre-échange actuel pour un "commerce plus équilibré".

En effet, les deux parties ont convenu d'instruire leurs délégations respectives pour initier immédiatement leur travail sur les sujets convenus et évaluer le progrès enregistré jusqu'à la date du 30 janvier 2020. La Turquie a ensuite demandé un délai supplémentaire d'une semaine.

Le 6 février, la Turquie a transmis par mail son accord au Maroc, a précisé le ministre. "Nous prenons le temps d'étudier les points relevés avant de signer un accord gagnant-gagnant", a-t-il souligné. "Nous attendrons encore quelques semaines, pas quelques années. La Turquie a accepté nos listes négatives [secteurs marocains devant être protégés] et elle doit faire un effort en matière d'investissement.

44.000 emplois perdus

Le différend entre le Maroc et la Turquie est "commercial" et centré principalement sur le textile. Le nombre d'emplois perdus par le Maroc dans ce secteur s'élevait, selon les données livrées par le ministre de l'Industrie, à 19.000 en 2014, 24.000 en 2015, 35.000 en 2016 et 44.000 en 2017.

Le ministre a relevé que les relations commerciales ont enregistré un déficit de 18 milliards de DH, notant que le volume des investissements turcs au Maroc ne dépasse pas 1%. Le déficit attribué à l'ALE est estimé à 1,2 milliard de dollars.

Les ALE, un "déficit manifeste"

Citant une étude réalisée par son département, Moulay Hafid Elalamy a indiqué que les accords de libre-échange avec les Etats-Unis, l'Europe et la Turquie enregistrent un "déficit manifeste".

En effet, le déficit avec l’UE se situe entre 75 et 78 MMDH par an, attribué à l'importation de carburant pour plus de 20 MMDH et de voitures (plus de 18 MMDH), tandis que le Maroc exporte vers l'Europe des voitures pour 60 MMDH.

L'investissement de l'UE représentait plus de 71% du volume des investissements étrangers au Maroc. Par ailleurs, le soutien apporté par les pays européens au Maroc s'élevait à 1,4 milliard d'euros entre 2014 et 2020.

Concernant l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis, le déficit s'élevait à 20 MMDH, dont 15 MMDH pour les hydrocarbures et 3,5 MMDH pour les avions Boeing.

Les investissements des Etats-Unis au Maroc représentent 6% du total des investissements étrangers, tandis que l'aide américaine destinée Maroc atteint 1,2 milliard de dollars.

(Avec MAP)

(Les intervention de Moulay Hafid Elalamy, à 17'30, 38'50 et 45'00)

(Photo MAP)

Verbatim. ALE Maroc-Turquie: Ankara a accepté de réviser (MHE)

Le 11 février 2020 à12:02

Modifié le 12 février 2020 à 08:24

La Turquie a livré sa réponse permettant d'initier la révision de l'accord de libre-échange avec le Maroc. Au Parlement, le ministre de l'Industrie a fait le point sur l'avancement des négociations.

En réponse à une question orale à la Chambre des représentants, le ministre de l'Industrie, Moulay Hafid Elalamy, a annoncé que la partie turque a accepté jeudi 6 février, après "un vif débat", de réviser l'accord de libre-échange. Le déficit commercial entre les deux pays est de 1,2 milliard de dollars.

Lors d'une première réunion tenue fin novembre 2019 en Turquie, le Maroc avait fait part de ces préjudices, tout en réclamant une solution qui ne porte pas atteinte à ses intérêts, faute de quoi l'accord sera "dénoncé unilatéralement".

Le Royaume avait deux choix: la révision de l'accord ou son gel, a dit le ministre. La partie turque avait refusé la révision des dispositions asymétriques de l'accord. "Nous n'avons pas le choix: cet accord doit être soit révisé, soit gelé, soit déchiré", a dit le ministre sous les applaudissements des députés. "Nous n'acceptons pas de perdre autant d'autant d'emplois à cause de cet accord et le déficit commercial n'est même pas compensé par des investissements turcs qui dépassent 5 milliards de dollars en Algérie et qui sont minimes au Maroc", a-t-il ajouté en substance.

Lors de la dernière session du comité mixte de l'accord de libre-échange, les deux pays ont convenu de revoir les conditions de l'accord de libre-échange actuel pour un "commerce plus équilibré".

En effet, les deux parties ont convenu d'instruire leurs délégations respectives pour initier immédiatement leur travail sur les sujets convenus et évaluer le progrès enregistré jusqu'à la date du 30 janvier 2020. La Turquie a ensuite demandé un délai supplémentaire d'une semaine.

Le 6 février, la Turquie a transmis par mail son accord au Maroc, a précisé le ministre. "Nous prenons le temps d'étudier les points relevés avant de signer un accord gagnant-gagnant", a-t-il souligné. "Nous attendrons encore quelques semaines, pas quelques années. La Turquie a accepté nos listes négatives [secteurs marocains devant être protégés] et elle doit faire un effort en matière d'investissement.

44.000 emplois perdus

Le différend entre le Maroc et la Turquie est "commercial" et centré principalement sur le textile. Le nombre d'emplois perdus par le Maroc dans ce secteur s'élevait, selon les données livrées par le ministre de l'Industrie, à 19.000 en 2014, 24.000 en 2015, 35.000 en 2016 et 44.000 en 2017.

Le ministre a relevé que les relations commerciales ont enregistré un déficit de 18 milliards de DH, notant que le volume des investissements turcs au Maroc ne dépasse pas 1%. Le déficit attribué à l'ALE est estimé à 1,2 milliard de dollars.

Les ALE, un "déficit manifeste"

Citant une étude réalisée par son département, Moulay Hafid Elalamy a indiqué que les accords de libre-échange avec les Etats-Unis, l'Europe et la Turquie enregistrent un "déficit manifeste".

En effet, le déficit avec l’UE se situe entre 75 et 78 MMDH par an, attribué à l'importation de carburant pour plus de 20 MMDH et de voitures (plus de 18 MMDH), tandis que le Maroc exporte vers l'Europe des voitures pour 60 MMDH.

L'investissement de l'UE représentait plus de 71% du volume des investissements étrangers au Maroc. Par ailleurs, le soutien apporté par les pays européens au Maroc s'élevait à 1,4 milliard d'euros entre 2014 et 2020.

Concernant l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis, le déficit s'élevait à 20 MMDH, dont 15 MMDH pour les hydrocarbures et 3,5 MMDH pour les avions Boeing.

Les investissements des Etats-Unis au Maroc représentent 6% du total des investissements étrangers, tandis que l'aide américaine destinée Maroc atteint 1,2 milliard de dollars.

(Avec MAP)

(Les intervention de Moulay Hafid Elalamy, à 17'30, 38'50 et 45'00)

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