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Virus chinois: premier cas aux Etats-Unis, contrôles renforcés dans le monde (Photo AFP)

Virus chinois: premier cas aux Etats-Unis, contrôles renforcés dans le monde

Le 21 janvier 2020 à 22:06

Modifié le 22 janvier 2020 à 09:50

Les contrôles de température se généralisaient mardi dans plusieurs aéroports d'Asie et du pourtour du Pacifique pour repérer et isoler les passagers infectés par un nouveau virus mystérieux causant des pneumonies et originaire de Chine. Pour la première fois, un cas a été rapporté aux Etats-Unis.

La Chine a recensé mardi 77 nouveaux cas, portant le total à près de 300 confirmés. Six personnes y sont mortes de ce virus repéré en décembre à Wuhan, dans le centre du pays, chez des gens travaillant dans un marché de gros de fruits de mer et de poissons, et dont on ignore encore l'origine exacte ou la période d'incubation.

Depuis, des cas ont été rapportés ailleurs en Asie (Japon, Corée du Sud, Thaïlande, Taïwan), et nombre de pays ayant des liaisons aériennes directes ou indirectes avec Wuhan ont renforcé les contrôles des passagers à l'arrivée, puisant dans leur expérience de l'épidémie du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003, un virus de la même famille.

Comme les Etats-Unis le redoutaient, un premier passager en provenance de Wuhan a contracté le virus. C'est un homme d'une trentaine d'années arrivé le 15 janvier sans fièvre à Seattle, dans le nord-ouest du pays, et qui a lui-même contacté les services de santé locaux dimanche après s'être renseigné sur internet. Il a été hospitalisé par précaution et va bien. Il ne s'était pas rendu sur les marchés de Wuhan, et n'a pas fréquenté de personnes malades, selon les autorités américaines.

Désormais, tous les passagers provenant de Wuhan, par des vols directs ou indirects, devront arriver aux Etats-Unis par cinq aéroports (New York JFK, Los Angeles, San Francisco, Chicago, Atlanta) où les autorités sanitaires ont mis ou vont mettre en place des contrôles systématiques: questionnaires et prise de la température par un thermomètre sans contact.

"Nous nous attendons à d'autres cas aux Etats-Unis et dans le monde", a prévenu Nancy Messonnier, responsable des Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) américains.

Le risque pour les Américains reste cependant "faible à ce stade", a-t-elle dit.

En France, le risque est également "faible mais ne peut pas être exclu", a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Australie, Russie, Népal, Singapour, Malaisie, Vietnam, Bangladesh et Inde ont renforcé les contrôles depuis quelques jours.

En Thaïlande, les autorités ont mis en place des détections thermiques obligatoires "sans exception" dans les aéroports de Bangkok, Chiang Mai, Phuket et Krabi, pour les passagers en provenance des zones chinoises à risques. Une quarantaine de 24 heures est imposée en cas de fièvre.

A l'aéroport de Cheremetiévo, le plus grand de Russie, la température des passagers venus de Chine est contrôlée dans les avions à l'aide de caméras thermiques.

Quant à la Chine, 922 patients restaient en observation dans des hôpitaux, selon les autorités sanitaires. Wang Guangfa, un des médecins de la Commission nationale de la Santé chinoise enquêtant sur l'épidémie, a annoncé mardi sur une télévision de Hong Kong qu'il était infecté par le virus.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) se réunira ce mercredi pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale".

- 'Alerte maximale' -

La Thaïlande accueille à elle seule un quart des vols internationaux au départ de Wuhan, ville de 11 millions d'habitants.

A l'occasion du Nouvel An chinois, qui commence ce week-end, autour de 1.300 passagers devraient emprunter chaque jour ce trajet et le royaume tient à éviter tout risque d'épidémie alors que la saison touristique bat son plein.

A Hong Kong, les autorités se disent elles aussi en "alerte maximale", alors que le souvenir de la terrible épidémie du Sras hante toujours les esprits.

"Nous sommes prêts au pire. Nous n'avons pas baissé la garde", a déclaré à la presse Matthew Cheung, numéro deux de l’exécutif hongkongais.

L'aéroport de la ville, l'un des plus fréquentés du monde, procède déjà en temps normal au contrôle thermique de tous les passagers. Ceux qui arrivent de Wuhan doivent également remplir un formulaire. Ils s'exposent à des sanctions pouvant aller jusqu'à 6 mois de prison en cas de mensonge.

Les vastes frontières terrestres de la Chine font également l'objet d'un examen minutieux.

Au Vietnam, le ministère de la Santé a ordonné des contrôles renforcés à sa frontière nord, intense lieu de passage entre les deux pays.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras.

- Contagion entre humains -

Zhong Nanshan, un scientifique chinois de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi que la transmission par contagion entre personnes était "avérée". C'était la première fois qu'une telle affirmation était faite publiquement.

Les autorités sanitaires américaines ont confirmé ce type de transmission, en précisant qu'on ignorait encore si elle était facile ou non.

L'OMS estime pour sa part que l'animal semble être "la source primaire la plus vraisemblable", avec "une transmission limitée d'humain à humain par contact étroit".

Sur 8.096 cas, le virus du Sras avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l'OMS. L'organisation internationale avait à l'époque vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie.

(Photo AFP)

Virus chinois: premier cas aux Etats-Unis, contrôles renforcés dans le monde

Le 22 janvier 2020 à03:52

Modifié le 22 janvier 2020 à 09:50

Les contrôles de température se généralisaient mardi dans plusieurs aéroports d'Asie et du pourtour du Pacifique pour repérer et isoler les passagers infectés par un nouveau virus mystérieux causant des pneumonies et originaire de Chine. Pour la première fois, un cas a été rapporté aux Etats-Unis.

La Chine a recensé mardi 77 nouveaux cas, portant le total à près de 300 confirmés. Six personnes y sont mortes de ce virus repéré en décembre à Wuhan, dans le centre du pays, chez des gens travaillant dans un marché de gros de fruits de mer et de poissons, et dont on ignore encore l'origine exacte ou la période d'incubation.

Depuis, des cas ont été rapportés ailleurs en Asie (Japon, Corée du Sud, Thaïlande, Taïwan), et nombre de pays ayant des liaisons aériennes directes ou indirectes avec Wuhan ont renforcé les contrôles des passagers à l'arrivée, puisant dans leur expérience de l'épidémie du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003, un virus de la même famille.

Comme les Etats-Unis le redoutaient, un premier passager en provenance de Wuhan a contracté le virus. C'est un homme d'une trentaine d'années arrivé le 15 janvier sans fièvre à Seattle, dans le nord-ouest du pays, et qui a lui-même contacté les services de santé locaux dimanche après s'être renseigné sur internet. Il a été hospitalisé par précaution et va bien. Il ne s'était pas rendu sur les marchés de Wuhan, et n'a pas fréquenté de personnes malades, selon les autorités américaines.

Désormais, tous les passagers provenant de Wuhan, par des vols directs ou indirects, devront arriver aux Etats-Unis par cinq aéroports (New York JFK, Los Angeles, San Francisco, Chicago, Atlanta) où les autorités sanitaires ont mis ou vont mettre en place des contrôles systématiques: questionnaires et prise de la température par un thermomètre sans contact.

"Nous nous attendons à d'autres cas aux Etats-Unis et dans le monde", a prévenu Nancy Messonnier, responsable des Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) américains.

Le risque pour les Américains reste cependant "faible à ce stade", a-t-elle dit.

En France, le risque est également "faible mais ne peut pas être exclu", a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Australie, Russie, Népal, Singapour, Malaisie, Vietnam, Bangladesh et Inde ont renforcé les contrôles depuis quelques jours.

En Thaïlande, les autorités ont mis en place des détections thermiques obligatoires "sans exception" dans les aéroports de Bangkok, Chiang Mai, Phuket et Krabi, pour les passagers en provenance des zones chinoises à risques. Une quarantaine de 24 heures est imposée en cas de fièvre.

A l'aéroport de Cheremetiévo, le plus grand de Russie, la température des passagers venus de Chine est contrôlée dans les avions à l'aide de caméras thermiques.

Quant à la Chine, 922 patients restaient en observation dans des hôpitaux, selon les autorités sanitaires. Wang Guangfa, un des médecins de la Commission nationale de la Santé chinoise enquêtant sur l'épidémie, a annoncé mardi sur une télévision de Hong Kong qu'il était infecté par le virus.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) se réunira ce mercredi pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale".

- 'Alerte maximale' -

La Thaïlande accueille à elle seule un quart des vols internationaux au départ de Wuhan, ville de 11 millions d'habitants.

A l'occasion du Nouvel An chinois, qui commence ce week-end, autour de 1.300 passagers devraient emprunter chaque jour ce trajet et le royaume tient à éviter tout risque d'épidémie alors que la saison touristique bat son plein.

A Hong Kong, les autorités se disent elles aussi en "alerte maximale", alors que le souvenir de la terrible épidémie du Sras hante toujours les esprits.

"Nous sommes prêts au pire. Nous n'avons pas baissé la garde", a déclaré à la presse Matthew Cheung, numéro deux de l’exécutif hongkongais.

L'aéroport de la ville, l'un des plus fréquentés du monde, procède déjà en temps normal au contrôle thermique de tous les passagers. Ceux qui arrivent de Wuhan doivent également remplir un formulaire. Ils s'exposent à des sanctions pouvant aller jusqu'à 6 mois de prison en cas de mensonge.

Les vastes frontières terrestres de la Chine font également l'objet d'un examen minutieux.

Au Vietnam, le ministère de la Santé a ordonné des contrôles renforcés à sa frontière nord, intense lieu de passage entre les deux pays.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras.

- Contagion entre humains -

Zhong Nanshan, un scientifique chinois de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi que la transmission par contagion entre personnes était "avérée". C'était la première fois qu'une telle affirmation était faite publiquement.

Les autorités sanitaires américaines ont confirmé ce type de transmission, en précisant qu'on ignorait encore si elle était facile ou non.

L'OMS estime pour sa part que l'animal semble être "la source primaire la plus vraisemblable", avec "une transmission limitée d'humain à humain par contact étroit".

Sur 8.096 cas, le virus du Sras avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l'OMS. L'organisation internationale avait à l'époque vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie.

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