Voici les orientations 2020-2025 pour le développement du digital au Maroc

L’Agence de Développement du Digital (ADD) a approuvé la note d'orientations générales pour le développement du digital au Maroc à l'horizon 2025. Médias24 vous livre le détail des axes retenus pour opérer le virage numérique.

Voici les orientations 2020-2025 pour le développement du digital au Maroc

Le 17 janvier 2020 à 16:54

Modifié le 20 janvier 2020 à 23:57

Le chef du gouvernement a confié en janvier 2019 à l’Agence de Développement du Digital (ADD) la mission d’élaborer une note pour proposer au gouvernement des orientations pour le développement du digital à l'horizon 2025.

Cette note a enfin été approuvée lors du dernier conseil d’administration de l’ADD tenu le 23 décembre dernier. Ce document qui trace la trajectoire du digital pour les cinq prochaines années, fait d’abord un bilan des actions entreprises dans ce domaine durant la dernière décennie, notamment le programme « Maroc Numeric 2013 ».

Un bilan en demi-teinte

Malgré la dynamique et les avancées que ce programme a permises, les concepteurs de la note relèvent que sa mise en œuvre a été marquée par des défis et des difficultés majeurs :

- Une absence de vision intégrée de la transformation digitale,

- Des barrières réglementaires ne permettant pas la mise en œuvre effective et l’usage à grande échelle des plateformes digitales,

- Une infrastructure digitale à améliorer en raison des zones blanches restantes à couvrir, du faible débit de données et de la faible utilisation des data centers,

- Une pénurie des profils spécialisés dans les métiers du digital,

- Une culture et des usages digitaux encore limités chez les citoyens, les entreprises et les administrations publiques,

- Un système de gouvernance qui n’a pas permis un pilotage efficace de la mise en œuvre des programmes digitaux.

Partant de ces constats, l’ADD a définit les perspectives de développement du digital au Maroc avec 3 principaux défis: l’amélioration de la qualité des services publics, l’amélioration de la productivité et de la compétitivité de l’économie nationale et la réduction des inégalités sociales. 

Chacun de ces défis a donné lieu à une des orientations majeures retenues par l’ADD. Ainsi, pour accélérer la transformation digitale, l’ADD ambitionne de mettre en place à l'horizon 2025 :

- Une administration digitale au service des citoyens et des entreprises

- Une économie compétitive grâce aux gains de performance amenés par un écosystème digital et innovation

- Une société inclusive grâce au digital

Le citoyen passe en moyenne 50h par an à interagir avec l’administration

Sur le premier axe relatif à l’administration digitale, l’objectif de l’ADD est de « réduire le taux d’insatisfaction des citoyens / entreprises de 85-90% à moins de 20% à travers la transformation des interactions avec l’administration publique via la digitalisation de bout en bout des parcours citoyens/entreprises ».

Selon la note, les Marocains passent en moyenne 50 heures par an à interagir avec les différentes administrations publiques. Les entreprises, quant à elles, passent en moyenne 200 heures par année en contact avec les services publics.  

Ces moyennes cachent des durées de contact beaucoup plus importantes en fonction des cas, ce qui génère de l’insatisfaction. Et malgré les initiatives e-services lancées, le taux d’insatisfaction reste élevé en raison de l’absence de digitalisation de « bout en bout » des parcours.

Pour remédier à cette problématique, l’ADD propose à l’Etat d’intervenir dans trois domaines clés :

- Mise en place d’un cadre global d’interopérabilité effectif des administrations (cloud mutualisé, services partagés,…) et des prérequis fondamentaux (identifiant unique, signature électronique,…)

- Création d’un laboratoire d’innovation permettant à la fois d’accélérer les transformations digitales des services publics et de développer des initiatives digitales structurantes de la digitalisation au Maroc.

- Digitalisation de bout en bout des parcours de services publics. 

Installer un tissu de 2.500 startups à horizon 2025 

Le deuxième axe stratégie retenu par l’ADD concerne l’amélioration de la productivité et la compétitivité de l’économie marocaine qui fait face à des gains de productivité structurellement faibles.

Selon la note d’orientation, la croissance des années 2000-2015 s’est faite principalement grâce à l’accumulation de capital fixe. Il devient donc nécessaire de chercher des gains de productivité pour maintenir et accélérer la croissance de notre économie. L’ADD estime que le digit peut être ce levier créateur de richesse.

Concrètement, cela se traduit par un objectif « d’ériger le Maroc en tant que Hub Digital et Technologique au niveau africain, à travers une évolution dans le classement Online Service Index des Nations unies pour être dans le top 40 mondial et dans le top 3 africain et l’installation d’un tissu de plus de 2.500 startups au cours des cinq prochaines années ».

>>Lire aussi : Startup Hub, la nouvelle plateforme dédiée aux jeunes entreprises numériques

Le digital au service de la santé et l’éducation

Le dernier axe est relatif à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens grâce au Digital. Pour l’ADD, la digitalisation peut ouvrir de nouvelles perspectives en permettant à des populations moins favorisées d’accéder à l’information, aux bénéfices sociaux, aux services de soin, et à l’éducation.

Elle donne pour exemple, la télémédecine pour redessiner la carte sanitaire et opérer un rééquilibrage territorial en faveur des zones à faible densité médicale. Ou encore des classes numériques dans les écoles marocaines situées dans des zones reculées.

Ainsi, il est proposé d’intégrer le digital dans au moins trois principaux volets définis comme suit :

- Education et jeunesse avec l’utilisation des nouvelles technologies pour développer l’accès à l’éducation et à la formation sur tout le territoire du pays et sensibiliser au numérique les jeunes.

- Santé : amélioration de la prise en charge des patients via, par exemple, le développement du dossier médical électronique pour faciliter le partage d’information et le suivi médical des patients.

- Amélioration de l’accès aux aides sociales et de l’inclusion financière des populations fragiles, et notamment non bancarisées.

Les axes transversaux

En plus de ces trois axes stratégiques, l’ADD a défini des piliers transverses :

- Génération digitale : se doter d’un plan national de formation en mesure de relever le défi du capital humain.

- Infrastructure digitale : poursuivre la mise à niveau des infrastructures technologiques existantes et mise en place d’infrastructures avancées (très haut débit, 5G, cloud gouvernemental, data centers régionaux,… )

- Cadre réglementaire : élaborer un cadre réglementaire portant sur les aspects juridico-techniques intrinsèques au développement des échanges et transactions électroniques et d’autre part, sur la protection des libertés individuelles et la lutte contre la cyber-criminalité.  

- Confiance et culture du digital : créer une dynamique de d’adhésion autour des projets digitaux et mettre en œuvre les actions ad hoc qui permettront de faire évoluer significativement les modes de fonctionnement et les comportements, gage d’un changement durable.

Voici les orientations 2020-2025 pour le développement du digital au Maroc

Le 17 janvier 2020 à16:57

Modifié le 20 janvier 2020 à 23:57

L’Agence de Développement du Digital (ADD) a approuvé la note d'orientations générales pour le développement du digital au Maroc à l'horizon 2025. Médias24 vous livre le détail des axes retenus pour opérer le virage numérique.

Le chef du gouvernement a confié en janvier 2019 à l’Agence de Développement du Digital (ADD) la mission d’élaborer une note pour proposer au gouvernement des orientations pour le développement du digital à l'horizon 2025.

Cette note a enfin été approuvée lors du dernier conseil d’administration de l’ADD tenu le 23 décembre dernier. Ce document qui trace la trajectoire du digital pour les cinq prochaines années, fait d’abord un bilan des actions entreprises dans ce domaine durant la dernière décennie, notamment le programme « Maroc Numeric 2013 ».

Un bilan en demi-teinte

Malgré la dynamique et les avancées que ce programme a permises, les concepteurs de la note relèvent que sa mise en œuvre a été marquée par des défis et des difficultés majeurs :

- Une absence de vision intégrée de la transformation digitale,

- Des barrières réglementaires ne permettant pas la mise en œuvre effective et l’usage à grande échelle des plateformes digitales,

- Une infrastructure digitale à améliorer en raison des zones blanches restantes à couvrir, du faible débit de données et de la faible utilisation des data centers,

- Une pénurie des profils spécialisés dans les métiers du digital,

- Une culture et des usages digitaux encore limités chez les citoyens, les entreprises et les administrations publiques,

- Un système de gouvernance qui n’a pas permis un pilotage efficace de la mise en œuvre des programmes digitaux.

Partant de ces constats, l’ADD a définit les perspectives de développement du digital au Maroc avec 3 principaux défis: l’amélioration de la qualité des services publics, l’amélioration de la productivité et de la compétitivité de l’économie nationale et la réduction des inégalités sociales. 

Chacun de ces défis a donné lieu à une des orientations majeures retenues par l’ADD. Ainsi, pour accélérer la transformation digitale, l’ADD ambitionne de mettre en place à l'horizon 2025 :

- Une administration digitale au service des citoyens et des entreprises

- Une économie compétitive grâce aux gains de performance amenés par un écosystème digital et innovation

- Une société inclusive grâce au digital

Le citoyen passe en moyenne 50h par an à interagir avec l’administration

Sur le premier axe relatif à l’administration digitale, l’objectif de l’ADD est de « réduire le taux d’insatisfaction des citoyens / entreprises de 85-90% à moins de 20% à travers la transformation des interactions avec l’administration publique via la digitalisation de bout en bout des parcours citoyens/entreprises ».

Selon la note, les Marocains passent en moyenne 50 heures par an à interagir avec les différentes administrations publiques. Les entreprises, quant à elles, passent en moyenne 200 heures par année en contact avec les services publics.  

Ces moyennes cachent des durées de contact beaucoup plus importantes en fonction des cas, ce qui génère de l’insatisfaction. Et malgré les initiatives e-services lancées, le taux d’insatisfaction reste élevé en raison de l’absence de digitalisation de « bout en bout » des parcours.

Pour remédier à cette problématique, l’ADD propose à l’Etat d’intervenir dans trois domaines clés :

- Mise en place d’un cadre global d’interopérabilité effectif des administrations (cloud mutualisé, services partagés,…) et des prérequis fondamentaux (identifiant unique, signature électronique,…)

- Création d’un laboratoire d’innovation permettant à la fois d’accélérer les transformations digitales des services publics et de développer des initiatives digitales structurantes de la digitalisation au Maroc.

- Digitalisation de bout en bout des parcours de services publics. 

Installer un tissu de 2.500 startups à horizon 2025 

Le deuxième axe stratégie retenu par l’ADD concerne l’amélioration de la productivité et la compétitivité de l’économie marocaine qui fait face à des gains de productivité structurellement faibles.

Selon la note d’orientation, la croissance des années 2000-2015 s’est faite principalement grâce à l’accumulation de capital fixe. Il devient donc nécessaire de chercher des gains de productivité pour maintenir et accélérer la croissance de notre économie. L’ADD estime que le digit peut être ce levier créateur de richesse.

Concrètement, cela se traduit par un objectif « d’ériger le Maroc en tant que Hub Digital et Technologique au niveau africain, à travers une évolution dans le classement Online Service Index des Nations unies pour être dans le top 40 mondial et dans le top 3 africain et l’installation d’un tissu de plus de 2.500 startups au cours des cinq prochaines années ».

>>Lire aussi : Startup Hub, la nouvelle plateforme dédiée aux jeunes entreprises numériques

Le digital au service de la santé et l’éducation

Le dernier axe est relatif à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens grâce au Digital. Pour l’ADD, la digitalisation peut ouvrir de nouvelles perspectives en permettant à des populations moins favorisées d’accéder à l’information, aux bénéfices sociaux, aux services de soin, et à l’éducation.

Elle donne pour exemple, la télémédecine pour redessiner la carte sanitaire et opérer un rééquilibrage territorial en faveur des zones à faible densité médicale. Ou encore des classes numériques dans les écoles marocaines situées dans des zones reculées.

Ainsi, il est proposé d’intégrer le digital dans au moins trois principaux volets définis comme suit :

- Education et jeunesse avec l’utilisation des nouvelles technologies pour développer l’accès à l’éducation et à la formation sur tout le territoire du pays et sensibiliser au numérique les jeunes.

- Santé : amélioration de la prise en charge des patients via, par exemple, le développement du dossier médical électronique pour faciliter le partage d’information et le suivi médical des patients.

- Amélioration de l’accès aux aides sociales et de l’inclusion financière des populations fragiles, et notamment non bancarisées.

Les axes transversaux

En plus de ces trois axes stratégiques, l’ADD a défini des piliers transverses :

- Génération digitale : se doter d’un plan national de formation en mesure de relever le défi du capital humain.

- Infrastructure digitale : poursuivre la mise à niveau des infrastructures technologiques existantes et mise en place d’infrastructures avancées (très haut débit, 5G, cloud gouvernemental, data centers régionaux,… )

- Cadre réglementaire : élaborer un cadre réglementaire portant sur les aspects juridico-techniques intrinsèques au développement des échanges et transactions électroniques et d’autre part, sur la protection des libertés individuelles et la lutte contre la cyber-criminalité.  

- Confiance et culture du digital : créer une dynamique de d’adhésion autour des projets digitaux et mettre en œuvre les actions ad hoc qui permettront de faire évoluer significativement les modes de fonctionnement et les comportements, gage d’un changement durable.

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