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Zones logistiques. Les opérateurs déplorent le retard de la stratégie nationale

Sur les 70 zones logistiques prévues dans la stratégie nationale logistique, seule la zone logistique de Zenata a vu le jour. Deux autres projets de zones logistiques sont aujourd’hui en cours d’élaboration dans les régions de Souss-Massa et de Fès-Meknès.

Zones logistiques. Les opérateurs déplorent le retard de la stratégie nationale

Le 08 avril 2019 à 19:30

Modifié le 09 avril 2019 à 14:16

3.300 ha à l’horizon 2030. C’est l’objectif en termes de foncier que s’est fixé le secteur logistique dans le cadre de la stratégie nationale initiée en 2010. Un objectif qui correspond à la mise en place de 70 zones logistiques à terme. Neuf années plus tard, “80% du foncier ont été identifiés et réservés“, nous explique Abdelkebir Chajai, directeur des opérateurs et des chaînes logistiques au sein de l’Agence Marocaine de Développement de la Logistique (AMDL).

En termes de zones logistiques développées dans le cadre de la stratégie nationale, seul le projet de Zenata est sorti de terre. Développée par la SNTL, Zenata représente une surface de 28 ha (1ère tranche). Le schéma directeur national des zones logistiques prévoit pour cette zone le développement d’une surface totale de 323 ha à l’horizon 2030.

Hormis Zenata, “les projets de zones logistiques qui sont nettement avancés concernent les deux régions de Souss-Massa (zone logistique d’Ait Melloul) et de Fès-Meknès (zone logistique de Ras El Ma). Des avancées palpables sont actées en termes de sécurisation du foncier et de définition de montages institutionnel et financier. On attend quelques arbitrages pour les lancer“, déclare Abdelkabir Chajai. Selon lui, le retard accusé dans la mise en œuvre des zones logistiques s’explique en partie par le découpage régional. “Il faut savoir que le développement de zones d’activité économique est une prérogative qui relève aussi de la région. C’est ce qu’on est en train de voir avec quelques acteurs. Nous allons continuer à décliner le schéma national logistique sur l’ensemble des régions avec le nouveau découpage régional“, soutient-il.

Les dernières études de marché et de structuration réalisées par l’AMDL ont permis la définition des premières tranches des prochaines zones à développer, à savoir :

-Tanger : Zone d’Aïn-Dalia sur une superficie brute d’environ 58 ha ; 

-Agadir : Zone d’Aït-Melloul sur une superficie brute d’environ 42 ha ;

-Fès : Zone de Ras-El-Ma sur une superficie brute d’environ 37 ha ;

-Rabat : Zone d’Amer sur une superficie brute d’environ 34 ha ;

-Marrakech : Zone de Tamensourt sur une superficie brute d’environ 37 ha.

En dehors de Zenata qui a été lancée dans le cadre de la stratégie nationale, d’autres zones logistiques développées par des opérateurs publics existent également. Il s’agit notamment de Mita à Casablanca, développée par l’ONCF sur 12 ha (1ère phase), et de Medhub à Tanger, développée par TMSA sur 30 ha. “Il y a d’autres initiatives menées par des opérateurs privés dans la construction et le développement de zones logistiques“, soutient le directeur des opérateurs et des chaînes logistiques à l’AMDL.

Pour un professionnel du secteur, “le Maroc a besoin des 70 zones logistiques prévues dans le cadre de la stratégie nationale. Elles sont toutes nécessaires pour amorcer le développement du secteur. La stratégie nationale de 2010 a été bien réfléchie. Il faut maintenant aller jusqu’au bout. Pour réussi ce pari, il est essentiel de convaincre les clients de se détourner de l’informel et d’aller vers le secteur formel. Une fois que ce sera fait, le secteur aura besoin de toutes les zones logistiques prévues par la stratégie. A ce moment-là, il y aura une telle demande sur les plateformes logistiques qu’automatiquement, le contrat-programme avancera beaucoup plus vite. Il est essentiel de comprendre que c’est la demande qui pousse les réalisations et la mise en place des projets“.

L’informel n’est pas la seule contrainte au développement des zones logistiques telles qu’elles sont prévues par la stratégie nationale.

Les acteurs du secteur s’accordent à dire qu’il est nécessaire d’opérer une véritable massification des flux. Il s’agit, ainsi, de construire des entrepôts et de massifier les marchandises.

“Au lieu, par exemple, qu’un camion parte à moitié vide et revienne totalement vide entre Casablanca et Agadir, s’il y avait une zone logistique à Agadir, ce véhicule chargera à 100% à la fois à Agadir et à Casablanca. Cela diminuerait ce qu’on appelle le véhicule-kilomètre. Or, cela n’est pas possible à l’heure qu’il est, parce que tout simplement les zones logistiques n’existent pas“, estime cet opérateur. Et d’ajouter : “Sur tous les contrats qui devaient être signés au niveau des régions, il n’y a que celui de Casablanca qui a abouti, donnant lieu à la zone de Zenata. Il devait y avoir, d’ailleurs, une ceinture de 8 zones à Casablanca dont Zenata-Mohammedia, Oualed Hadda à Tit Mellil, Deroua, Nouaceur, Oualed Saleh, Khyayta 1 et Khyayta 2. Ces zones devaient contribuer à ce que les grands camions n’entrent pas en ville. Elles seraient, en effet, desservies par des petits camions pour leur faire parvenir les marchandises. Ces 8 zones devaient être spécialisées chacune dans un domaine, tels l’export, le textile ou encore le matériel BTP, avec à la clé des espaces de massification“.

 

Zones logistiques. Les opérateurs déplorent le retard de la stratégie nationale

Le 09 avril 2019 à09:03

Modifié le 09 avril 2019 à 14:16

Sur les 70 zones logistiques prévues dans la stratégie nationale logistique, seule la zone logistique de Zenata a vu le jour. Deux autres projets de zones logistiques sont aujourd’hui en cours d’élaboration dans les régions de Souss-Massa et de Fès-Meknès.

3.300 ha à l’horizon 2030. C’est l’objectif en termes de foncier que s’est fixé le secteur logistique dans le cadre de la stratégie nationale initiée en 2010. Un objectif qui correspond à la mise en place de 70 zones logistiques à terme. Neuf années plus tard, “80% du foncier ont été identifiés et réservés“, nous explique Abdelkebir Chajai, directeur des opérateurs et des chaînes logistiques au sein de l’Agence Marocaine de Développement de la Logistique (AMDL).

En termes de zones logistiques développées dans le cadre de la stratégie nationale, seul le projet de Zenata est sorti de terre. Développée par la SNTL, Zenata représente une surface de 28 ha (1ère tranche). Le schéma directeur national des zones logistiques prévoit pour cette zone le développement d’une surface totale de 323 ha à l’horizon 2030.

Hormis Zenata, “les projets de zones logistiques qui sont nettement avancés concernent les deux régions de Souss-Massa (zone logistique d’Ait Melloul) et de Fès-Meknès (zone logistique de Ras El Ma). Des avancées palpables sont actées en termes de sécurisation du foncier et de définition de montages institutionnel et financier. On attend quelques arbitrages pour les lancer“, déclare Abdelkabir Chajai. Selon lui, le retard accusé dans la mise en œuvre des zones logistiques s’explique en partie par le découpage régional. “Il faut savoir que le développement de zones d’activité économique est une prérogative qui relève aussi de la région. C’est ce qu’on est en train de voir avec quelques acteurs. Nous allons continuer à décliner le schéma national logistique sur l’ensemble des régions avec le nouveau découpage régional“, soutient-il.

Les dernières études de marché et de structuration réalisées par l’AMDL ont permis la définition des premières tranches des prochaines zones à développer, à savoir :

-Tanger : Zone d’Aïn-Dalia sur une superficie brute d’environ 58 ha ; 

-Agadir : Zone d’Aït-Melloul sur une superficie brute d’environ 42 ha ;

-Fès : Zone de Ras-El-Ma sur une superficie brute d’environ 37 ha ;

-Rabat : Zone d’Amer sur une superficie brute d’environ 34 ha ;

-Marrakech : Zone de Tamensourt sur une superficie brute d’environ 37 ha.

En dehors de Zenata qui a été lancée dans le cadre de la stratégie nationale, d’autres zones logistiques développées par des opérateurs publics existent également. Il s’agit notamment de Mita à Casablanca, développée par l’ONCF sur 12 ha (1ère phase), et de Medhub à Tanger, développée par TMSA sur 30 ha. “Il y a d’autres initiatives menées par des opérateurs privés dans la construction et le développement de zones logistiques“, soutient le directeur des opérateurs et des chaînes logistiques à l’AMDL.

Pour un professionnel du secteur, “le Maroc a besoin des 70 zones logistiques prévues dans le cadre de la stratégie nationale. Elles sont toutes nécessaires pour amorcer le développement du secteur. La stratégie nationale de 2010 a été bien réfléchie. Il faut maintenant aller jusqu’au bout. Pour réussi ce pari, il est essentiel de convaincre les clients de se détourner de l’informel et d’aller vers le secteur formel. Une fois que ce sera fait, le secteur aura besoin de toutes les zones logistiques prévues par la stratégie. A ce moment-là, il y aura une telle demande sur les plateformes logistiques qu’automatiquement, le contrat-programme avancera beaucoup plus vite. Il est essentiel de comprendre que c’est la demande qui pousse les réalisations et la mise en place des projets“.

L’informel n’est pas la seule contrainte au développement des zones logistiques telles qu’elles sont prévues par la stratégie nationale.

Les acteurs du secteur s’accordent à dire qu’il est nécessaire d’opérer une véritable massification des flux. Il s’agit, ainsi, de construire des entrepôts et de massifier les marchandises.

“Au lieu, par exemple, qu’un camion parte à moitié vide et revienne totalement vide entre Casablanca et Agadir, s’il y avait une zone logistique à Agadir, ce véhicule chargera à 100% à la fois à Agadir et à Casablanca. Cela diminuerait ce qu’on appelle le véhicule-kilomètre. Or, cela n’est pas possible à l’heure qu’il est, parce que tout simplement les zones logistiques n’existent pas“, estime cet opérateur. Et d’ajouter : “Sur tous les contrats qui devaient être signés au niveau des régions, il n’y a que celui de Casablanca qui a abouti, donnant lieu à la zone de Zenata. Il devait y avoir, d’ailleurs, une ceinture de 8 zones à Casablanca dont Zenata-Mohammedia, Oualed Hadda à Tit Mellil, Deroua, Nouaceur, Oualed Saleh, Khyayta 1 et Khyayta 2. Ces zones devaient contribuer à ce que les grands camions n’entrent pas en ville. Elles seraient, en effet, desservies par des petits camions pour leur faire parvenir les marchandises. Ces 8 zones devaient être spécialisées chacune dans un domaine, tels l’export, le textile ou encore le matériel BTP, avec à la clé des espaces de massification“.

 

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