Décès de la petite Idya: Louardi attend le rapport d’enquête pour se prononcer
EXCLUSIF. Au lendemain de la parution de notre article consacré à la version du père sur les circonstances troublantes du décès de sa fille, le ministre de la Santé déclare à Médias24, qu’il n’hésitera pas à prendre, s’il le faut, des mesures disciplinaires contre les responsables qui seraient identifiés par l’enquête en cours.
Le témoignage du père d’Idya décédée, selon lui, à cause de l’incompétence de deux médecins d’Errachidia qui n’ont pas détecté ce qu'il croit être une hémorragie interne consécutive à une chute accidentelle n’a pas laissé indifférent le ministre de la Santé qui s’est voulu rassurant tout en temporisant.
En réponse à ces graves accusations, Houcine El Louardi affirme avoir exprimé sa solidarité au père de la victime à qui il a assuré que toute la vérité sera faite sur cette "tragique histoire".
"J’ai nommé une commission d’enquête qui a commencé ses travaux il y a quelques jours. Ses membres sont en train de refaire tout le trajet médical qui a conduit à la mort d’Idya. Le dispensaire du village où s’est produit l’accident, l’hôpital de Tinghir, celui d’Errachidia, l’hôpital Omar Drissi de Fès et le CHU où est décédée la petite. En fonction des résultats qui apparaîtront à la fin de l’enquête, je prendrais les mesures qui s’imposent", avance prudemment le ministre.
En cas de manquements avérés, Louardi déclare qu’il n’hésitera pas à prendre des sanctions contre les responsables en rappelant l’avoir déjà fait dans certaines cliniques qu’il avait fait fermées.
"Pour l’instant, je ne veux accuser personne mais une fois l'enquête achevée, le rapport permettra de corriger les dysfonctionnements et de prendre s’il y a lieu, les mesures disciplinaires", ajoute t-il.
Selon lui, le travail de la commission prendra le temps qu’il faudra pour déterminer d’éventuelles erreurs humaines aux services de radiologie, de réanimation ou de diagnostic des médecins de garde.
"Malheureusement, ce n’est pas en se hâtant que nous ramènerons à la vie la petite fille. Il y a urgence mais nous ne pouvons pas agir dans la précipitation. Les gens réclament justice rapidement mais en allant trop vite, nous risquons de bâcler le travail et que cette triste affaire ne serve à rien".
Tout juste sorti du 1er Conseil de gouvernement El Otmani, Louardi reconnaît que son département a un gros problème de budget de fonctionnement et donc de moyens qui impacte l’efficience de toute la chaîne sanitaire.
"Nous avons des ressources humaines en sous-effectifs qui sont à l’origine, entre autres, des grèves actuelles d’infirmiers, et un budget de fonctionnement très insuffisant. Alors que l’OMS préconise d’attribuer 12% du budget de l’Etat à la santé, nous plafonnons à 5% depuis des années. En Afrique, seuls le Bénin et le Nigéria disposent d’un budget aux normes internationales qui permet de construire des hôpitaux, d’améliorer les équipements dans la ruralité et surtout de former des compétences", regrette celui qui est également médecin.
A la question de savoir si l’augmentation du budget ministériel de la santé était une priorité du nouveau Chef de l’exécutif, également médecin de profession, le ministre répond par l’affirmative.
"C’est ce qu’il m’a affirmé tout à l’heure au Conseil de gouvernement et nous avons prévu de nous voir rapidement, en tête-à-tête, pour que je puisse lui exposer en détails les problèmes de ressources humaines et le budget d’investissement dont nous avons besoin. J’espère que mon département bénéficiera d’une augmentation conséquente pour éviter que certains dysfonctionnements ne se reproduisent à l’avenir", conclut le ministre.
Au final, Louardi reconnaît indirectement que cette triste histoire aurait pu être évitée si son département disposait de moyens financiers supplémentaires et de ressources humaines suffisantes.
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