Marrakech, Tanger: des décharges contrôlées d’ici avril 2016
Des documents du ministère délégué à l’Environnement indiquent que la décharge contrôlée de Marrakech doit être prête avant fin janvier. Tanger doit suivre en avril.
Le département de Hakima El Haite mène deux actions en parallèle. Il s’agit d’un côté de mettre sur pied les premières tranches des nouvelles décharges contrôlées à Marrakech, Tanger et Khénifra. Dans le jargon technique et environnemental, les décharges contrôlées sont appelées CEV ou Centres d’enfouissement et de valorisation (des déchets).
Pour Marrakech et Tanger, les chantiers sont installés et les casiers et bassins de récupération du lixiviat (liquides résiduels) sont construits. En revanche, pour la voirie, si les travaux sont annoncés comme terminés à Marrakech, ce n’est pas encore le cas à Tanger.
En décembre dernier, Mme El Haite, lors d’un passage sur Médi 1 TV avait, de manière erronée, indiqué que la décharge contrôlée de Tanger -et d’autres villes- étaient en fonctionnement.
Coup d’accélérateur?
De sources proches de la ministre, l’inauguration de la décharge contrôlée de Marrakech est annoncée pour la fin du mois de janvier. Pour le cas de Khénifra, la livraison de la décharge est annoncée pour la fin de ce mois de mars, bien que le chantier à fin 2015 soit estimé à moins de 20% en termes de réalisation. Le deuxième volet de l’action du ministère s’agissant de la collecte des déchets et de leur traitement concerne le sort à réserver aux décharges actuelles.
Médias 24 a pu apprendre de bonne source que les travaux de réhabilitation de la décharge de Tanger "démarreront dans trois mois". Cette décharge située près de la gare ferroviaire de Moghogha s’étale sur 30 ha et constitue une véritable catastrophe écologique et sanitaire à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau de la baie de Tanger et au cœur de zones habitées où se trouvent des établissements scolaires.
Du nouveau à Tanger et à Sidi Moumen
Pour Sidi Moumen à l’est de Casablanca, les travaux de réhabilitation et de fermeture de la décharge sont annoncés pour la fin de ce mois de janvier. A Bouznika, les services du ministère annoncent l’ancienne décharge comme réhabilitée et fermée. Le cas est similaire à Khénifra.
Moulay Bousselham, située entre Kénitra et Larache, doit voir sa décharge réhabilitée, réaménagée et réouverte durant ce premier trimestre de l’année 2016 également.
Selon des sources de la Banque mondiale citées dans le rapport de la mission d’évaluation de la Cour des comptes publiée en octobre 2014, le coût annuel des dommages environnementaux causés par les déchets solides au Maroc est estimé à 1.700 MDH, soit 0,5 % du PIB, représentant un des taux les plus élevés de la région MENA.
Le rapport de la Cour des comptes remarque également que le secteur de la collecte et de la valorisation des déchets au Maroc "n’exploitait pas les opportunités offertes par le mécanisme de développement propre (MDP), instauré pour soutenir l’effort mondial d’atténuation des effets des changements climatiques".
En 2007, le gouvernement a approuvé un programme national de gestion des déchets ménagers (PNDM) pour une durée de 15 ans (2008-2022). Le coût de ce PNDM fixé à 40 MMDH doit mener à un taux de collecte de 90% en 2020 et de 100% en 2030.
Autres objectifs ambitieux du PNDM: réaliser des décharges contrôlées dans tous les centres urbains et fermer toutes les décharges non contrôlées à l’horizon 2020.
La tenue de la COP 22 à Marrakech en novembre et de la MED COP 22 à Tanger en juin prochain impacteront-elles positivement la politique de l’environnement au Maroc?
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