14 millions de Marocains en dehors du marché du travail: qui sont-ils?
La population en âge de travailler (âgée de 15 ans et plus) est de 26,3 millions de personnes. Plus de 14 millions ne travaillent pas et ne recherchent pas un emploi. Parmi elles, plus de la moitié sont des femmes au foyer. Voici pourquoi elles ne travaillent pas.
Les décideurs et l’opinion publique se focalisent beaucoup sur le taux de chômage et le nombre de chômeurs qui ont connu une baisse en trompe-l’œil au deuxième trimestre 2019 : 8,5% et 1,026 million de personnes.
Si ces deux indicateurs ont baissé, c’est parce que la population active (personnes exerçant ou à la recherche d’un emploi) a baissé de 70.000 personnes, à 12,108 millions.
Autrement dit, le taux d’inactivité de la population en âge de travailler (15 ans et plus) poursuit son augmentation : 54% au lieu de 53% il y a un an. La population en âge de travailler atteint 26,3 millions de personnes, dont 14,2 millions ne travaillent pas et ne recherchent pas un emploi.
Cette population ne cesse d’augmenter. Elle était de 13,1 millions de personnes en 2015 et de 13,6 millions en 2017.
Elle constitue un manque à gagner important pour l’économie nationale et pose de gros défis. Elle est en partie alimentée par des personnes découragées de la recherche d’emplois ou qui quittent l’enseignement, ce qui représente plusieurs risques sociaux.
Par ailleurs, si une partie de cette population se remet sur le marché du travail, le taux de chômage exploserait, l’économie nationale n’arrivant même pas à créer des emplois pour ceux qui restent sur le marché.
Qui sont ces personnes et pourquoi elles ne sont pas en emploi ou à la recherche d’un emploi ? Les derniers détails fournis par le HCP sur cette population remontent à 2017, année au cours de laquelle elle s’élevait à 13,6 millions de personnes. Voici ce qu’il en ressort.
Près de 8 millions de femmes au foyer
Parmi ces personnes inactives, 3,1 millions poursuivent toujours leur scolarité, ce qui est à la fois une bonne chose et un défi compte tenu de la massification des universités. 43,5% sont de sexe féminin.
Près de 1,1 million de personnes sont des retraités ou des rentiers.
Les vieillards, les malades, les infirmes et autres inactifs totalisent 1,7 million de personnes. Cette catégorie pose le problème de la prise en charge et de l’insertion sociales.
Enfin, 7,7 millions de personnes sont des femmes au foyer. Soit 56,6% de la population inactive.
Ces femmes sont majoritairement mariées (61%), âgées de moins de 44 ans (63%) et sans diplôme (56%).
Les raisons de leur sortie du marché du travail
Pourquoi ne travaillent-elles pas ? Plus de la moitié (52,7%) invoquent la nécessité de prendre soin des enfants ou du foyer et 11,6% citent le refus du mari, du père ou d’un proche. Seuls 18% affirment ne pas vouloir travailler et 3,2% ne pas trouver d’opportunités de travail ou manquer de qualifications.
L’étude du HCP indique que plus les femmes sont instruites, moins elles invoquent la nécessité de prendre soin du foyer ou des enfants comme obstacle à l’accès au marché du travail : 31,4% pour les femmes inactives diplômées du supérieur contre 60% pour les femmes sans diplôme.
1,1 million de femmes inactives disposées à travailler
Surtout, près d’une femme inactive sur 10 (10,9%) est disposée à exercer un emploi, soit 1,1 millions de femmes. Cette proportion est de 26% pour celles qui évoquent le refus du père ou d’un membre de la famille comme obstacle, 16,8% le refus du mari et 10,3% la nécessité de prendre soin des enfants.
Les femmes jeunes sont plus disposées à exercer un emploi, de même que celles ayant un diplôme supérieur. Et c’est dans les régions de Laâyoune (35%), Tanger (17%) et Casablanca (6%) qu’il y a plus de femmes inactives disposées à travailler.
Le HCP indique que l’accès de ces femmes au marché du travail aurait pour conséquence d’améliorer le taux d’activité : 51% contre 46,7% tous sexes confondus, et 30,9% contre 22,4% pour les femmes.
Mais ce qu’il ne dit pas, c’est que l’économie nationale n’étant pas en mesure de créer des emplois pour ces femmes disposées à travailler, leur arrivée sur le marché exploserait le taux de chômage : 17,8% contre 10,2% en 2017.
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