Les énergies renouvelables représentent un potentiel de 100.000 emplois au Maroc

Outre l’emploi, le développement du solaire et de l’éolien aura un impact positif sur la croissance et les exportations selon une étude publiée par l’initiative allemande.  

Les énergies renouvelables représentent un potentiel de 100.000 emplois au Maroc

Le 23 mai 2013 à 10h23

Modifié 11 avril 2021 à 2h35

Outre l’emploi, le développement du solaire et de l’éolien aura un impact positif sur la croissance et les exportations selon une étude publiée par l’initiative allemande.  

«Economic impacts of Desert», tel est le titre de l’étude réalisée par l’initiative Dii (Desertec industrial initiative) et son partenaire Leoni Maroc présentée mercredi 22 mai à la Chambre allemande de commerce et de l’industrie à Casablanca. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ses résultats sont prometteurs pour le développement économique du pays à l’horizon 2030.  

Le Maroc qui dépend fortement des combustibles fossiles pour la production d’électricité (17% de celle-ci provient du gaz, 23% du pétrole et 27% du charbon) ne produit actuellement que 8% par l’éolien et 25% par l’hydraulique. Son potentiel est tel qu’il pourrait lui permettre à la fois de couvrir sa propre demande d’électricité et d’en exporter une partie vers ses voisins dans le futur.

Contribution à la croissance économique : les chiffres

Selon l’étude de la Dii, l’investissement massif dans le solaire, à travers les deux technologies thermo-solaire concentré (CSP) et le photovoltaïque (PV), l’éolien réduirait la part des importations marocaines d’énergie fossile de 8% du PIB actuellement à 4% en 2030. Simultanément, les productions industrielles dans le secteur rehausseraient la valeur totale des biens produits au Maroc de 5% à la même échéance.

Autre apport et non pas des moindres, la contribution significative à l’augmentation des exportations vers l’Europe comme premier client mais également vers d’autres pays voisins. A l’heure du creusement du déficit commercial, c’est en effet une alternative de taille pour relever et diversifier les produits à l’export à long terme.

Côté emplois, le rapport répartit plus de 100.000 emplois potentiels par types d’énergies et ce pour chaque milliard d’euros investis :

–          35.000 emplois par années(c’est-à-dire pour chaque personne travaillant pendant un an) dans le CSP et en particulier dans les secteurs de la construction, les mines, la métallurgie et les équipements électroniques ;

–          23.000 emplois par annéesdans le PV répartis de manière égale entre les différents secteurs d’activités liés au PV : construction, industrie métallurgique (structure de fixation, composants en aluminium), industries des équipements électroniques (systèmes de contrôle, onduleurs, modules) et industrie du câblage entre autres ;

–          46.000  emplois par annéesdans l’éolien en particulier dans la métallurgie (nacelle, mâts, vis), la construction, la mécanique (générateur d’électricité, câbles,…) et le secteur du transport (pales des éoliennes).

Les pistes pour atteindre ces objectifs

En vue d’atteindre ces objectifs prometteurs et compte tenu du potentiel énergétique du Maroc, l’étude propose de se concentrer, dans un premier temps, sur la fabrication de composants relativement simples et multi-usages tels que les câbles électriques pour les éoliennes ou les structures support pour des panneaux photovoltaïques tout en s’orientant en parallèle vers la fabrication de composants plus complexes.

Afin d’assurer également les perspectives d’emplois directs et indirects, un transfert de savoir-faire et de conseils devront être livrés en partenariat avec la Dii mais aussi avec Leoni Maroc qui par l’intermédiaire de son directeur général, Adel Ben Khaled affirme que : «les besoins de compétences dans le secteur des énergies renouvelables sont bien réels. Le producteur de câbles international Leoni, partenaire associé de Dii qui emploie plus de 8.000 personnes au Maroc, serait prêt à s’engager sur ce marché prometteur. Le Royaume a déjà commencé à former de jeunes marocains afin qu’ils acquièrent un métier dans cette filière en pleine expansion. Je suis persuadé que les mesures incitatives du gouvernement encourageront de nombreuses entreprises étrangères, telles que Leoni, à développer leurs activités et à transférer leur savoir-faire dans notre pays».  

A la question de Medias24 au sujet des partenariats et programmes de formation professionnelle pour qualifier la main d’œuvre, Julian Blohmke, analyste économique de la Dii et membre de l’étude, nous répond : «la formation est effectivement l’une des recommandations phares de notre rapport. À ce même effet, nous avons développé, entre autres, des programmes de stages qui sont déjà mis en place avec nos partenaires. Par ailleurs, nous considérons que le transfert et l’échange de connaissances doit être assuré aux cols bleus et pas seulement aux cadres hautement qualifiés, un véritable changement de raisonnement doit être réalisé à ce niveau-là compte tenu de l’importance de la main-d’œuvre professionnelle dans ce secteur».

Pour avoir accès à l’étude complète, cliquez ici : http://www.dii-eumena.com/dii-casablanca/Economic-Impacts-of-Desert-Power.pdf


 

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