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Ministres istiqlaliens : les acteurs et les figurants

Effacés ou médiatisés, nouveaux venus ou vieux routards de la politique, les ministres istiqlaliens ont décidé lundi 8 juillet de quitter le gouvernement Benkirane. A cette occasion, nous dressons le portrait de chacun d’entre eux : itinéraire politique, vie professionnelle, bilan au ministère…  

Ministres istiqlaliens : les acteurs et les figurants
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Le 9 juillet 2013 à 14h32 | Modifié 9 juillet 2013 à 14h32

Abdessamad Kayouh

Aux commandes du ministère de l’artisanat depuis presque deux ans, Abdessamad Kayouh reste très peu connu du grand public. Ses sorties médiatiques sont très rares, son plan d’action plutôt modeste. Un petit tour d’horizon sur l’actualité du département donne le ton d’un bilan peu reluisant. En effet, celui qui a roulé sa bosse dans la politique n’a pas marqué son mandat en tant que ministre.

Mais comment a-t-il atterri dans le gouvernement ? Il faut savoir que chez les Kayouh, la politique comme le business est une affaire de famille. Quand le père y prend goût, tout le monde s’y met. C’est en suivant les traces du patriarche qu’Abdessamad Kayouh a rejoint les rangs de la politique, d’abord en portant les couleurs du PND.

Ce quadra, grand agriculteur et commerçant roudani, s’est illustré lors des législatives de 2002, quand sans surprise, sa liste arrive à rafler 40.000 voix dans la conscription de Taroudant, accordant au PI deux sièges au Parlement. Depuis, l’homme d’affaires fait un parcours sans faute. Il arrive même à devenir membre du comité exécutif de l’Istiqlal. Une première pour un Soussi. Mais surtout un grand pas en avant qui allait lui baliser le terrain vers un poste de ministre, succédant à Anis Birou.

Abdellatif Mâazouz

Les MRE ne le portent pas tous dans leur cœur. Et pour cause, ils s’attendaient à avoir un ministre issu de l’immigration, promesse faite par Abdelilah Benkirane à la veille de la formation de l’équipe gouvernementale.

Très discret, limite effacé, cet économiste, ancien ministre du Commerce extérieur, ancien consultant à l’Usaid et ex-directeur de la Maison de l’artisan, a fait le buzz sur les réseaux sociaux. On lui attribue le titre de globe-trotter au vu de ses interminables déplacements à l’étranger. A l’origine de la plateforme MaghribCom, il a mis en place une stratégie pour encourager le retour des compétences au bercail.

Sur un plan plus anecdotique, notons qu’il a donné un élan sans précédent au festival des cerises de sa ville natale, Sefrou. En tant que président du Conseil municipal de la ville, il a réussi à inscrire ce festival, presque centenaire, sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’Unesco. Les candidatures pour « Miss Cerisette 2013 »  ont enregistré un succès mémorable.

Nizar Baraka

Le départ de Nizar Baraka, ministre de l’Economie et des Finances, responsable des grands chantiers économiques du royaume, s’il était confirmé, sera regretté. Ceux qui le connaissent, qui ont traité avec lui, le décrivent un homme compétent ayant le sens de l’Etat et de l’intérêt général. Selon des sources proches de l’Istiqlal et du ministre, il a toujours plaidé pour que ce gouvernement aille sans hésitation jusqu’au bout des deux réformes structurelles qui lui paraissent essentielles pour l’avenir du Maroc, quitte à sacrifier sa popularité : les retraites et la caisse de compensation.

Proche d’Abbas Fassi dont il est le gendre, il n’a pas forcément les meilleures relations avec Hamid Chabat, le SG de l’Istiqlal. C’est un homme mesuré, qui pèse ses mots et qui ne se lance pas dans les envolées lyriques ni les discours enflammés.

Sous le gouvernement Abbas El Fassi, il a été un puissant ministre des Affaires générales et considéré comme un premier ministre bis. Deux années de suite, il s’est vu décerner des titres internationaux : en 2012 par The Banker, comme meilleur ministre des Finances du Moyen Orient et en 2013 par African Banker comme ministre des Finances africain de l’année.

Mohamed El Ouafa

C’est celui dont le départ est le moins sûr. Critiqué par le secrétaire général de son propre parti et à plusieurs reprise, Mohamed Elouafa, ministre de l’Education nationale, pourrait être tenté de braver la consigne de démission. A condition que Benkirane veuille de lui évidemment.

C’est un ministre volontariste, voire « bulldozer », aux méthodes qualifiées de militaires par ses détracteurs. Sous sa direction, on n’avait jamais vu autant de départs et de mutations, ni de polémiques et de controverses. La dernière en date concerne la triche au bac, dossier qu’il a pris à bras le corps, et il avait bien raison, alors que d’autres ministres avant lui, préféraient raser les murs. Ce sont surtout ses méthodes musclées, et son style autoritaire qui sont critiquées.

Youssef Amrani

On le dit fin diplomate, un enfant du ministère des Affaires étrangères. On dit même qu’il ferait de l’ombre à son chef hiérarchique, Saad Eddine Othmani, à travers son réseau diplomatique tissé depuis 1992, date à laquelle il devient consul général du Maroc à Barcelone.

A son actif, ses postes d’ambassadeurs dans les pays d’Amérique latine, principaux foyers de soutien aux séparatistes du Polisario. C’est ainsi qu’il a représenté le Maroc en Colombie, en Equateur, au Panama, au Chili, au Mexique, au Guatemala, au Salvador, au Honduras, au Costa Rica, au Nicaragua et au Belize. Sous l’ère, Taïb Fassi Fihri, jusqu’en 2008, il occupe le poste de directeur général du ministère des Affaires étrangères, puis secrétaire général. 

Il est également secrétaire général de la léthargique Union pour la Méditerranée, chère à Nicolas Sarkozy. Il se présente comme quelqu’un maîtrisant les dossiers sensibles du Maroc. C’est peut-être son longévité aux AE qui lui a donné cette étiquette.

Fouad Douiri

Cousin germain d’Adil Douiri, l’une des figures de proue du parti de la balance, Fouad n’a pas le charisme politique de son illustre cousin. Néanmoins, il a gardé l’estime de la corporation du monde de la finance et de l’assurance. Il représente le technocrate par excellence. Il était l’un des rares hommes de confiance du « mastodonte » de la finance, Othmane Benjelloun. Il présidait aux destinées de la RMA Watanya, le vaisseau amiral du groupe BMCE.

Ses anciens collègues lui reconnaissent à l’heure d’aujourd’hui ses qualités incontestables de manager. A son arrivée à la tête du département de l’énergie, des mines et de l’environnement, il avait promis l’organisation du secteur minier.

Et il a rempli son engagement en élaborant un projet de loi sur les mines, en remplacement du texte toujours en vigueur du 16 avril 1951. Il ne s’agit pas uniquement d’une législation, mais surtout une réglementation répondant à une stratégie minière portant sur l’investissement et la recherche. Il laisse à son successeur la lourde tâche de mettre en exécution ces textes et surtout de veiller de près au décollage du plan solaire marocain.

Karim Ghellab

Après le retrait de l’Istiqlal, ce parti va garder le perchoir jusqu’à avril 2014. En effet, l’article 62 de la Constitution stipule que « le Président (…) de la Chambre des Représentants, [est] élu en début de législature, puis à la troisième année de celle-ci lors de la session d’avril et pour la période restant à courir de ladite législature ».

Karim Ghellab est considéré comme proche de Hamid Chabat. Son clash avec Abdelilah Benkirane restera longtemps dans les mémoires. Il avait remis le chef du gouvernement à sa place au cours d’un débat public sur le droit à l’accès à l’information, le 13 juin dernier.

(par Nabila Fathi, Imane Azmi et Naceureddine Elafrite)

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Le 9 juillet 2013 à 14h32

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