Les industries s’adaptent aux énergies renouvelables

Les énergies vertes et plusieurs secteurs industriels marocains commencent à collaborer pour réduire les rejets polluants et réaliser des économies d’énergies. Les cimentiers, très gros consommateurs d’énergie, se tournent vers l’éolien.

Les industries s’adaptent aux énergies renouvelables

Le 16 décembre 2013 à 13h05

Modifié 16 décembre 2013 à 13h05

Les énergies vertes et plusieurs secteurs industriels marocains commencent à collaborer pour réduire les rejets polluants et réaliser des économies d’énergies. Les cimentiers, très gros consommateurs d’énergie, se tournent vers l’éolien.

En marge de la cérémonie de signature des conventions de financement de l’IRESEN du vendredi 13 décembre, une session conférence a été organisée notamment sur le thème «potentiel, opportunités et besoins des secteurs économiques au Maroc».

Elle a été l’occasion pour les responsables de la Fédération des Industries Métallurgiques, Mécaniques et Electromécaniques (FIMME), la Fédération Nationale de l’Electricité, de l’Electronique et des Energies Renouvelables (FENELEC) et l’Association Professionnelle des Cimentiers (APC) de présenter leurs secteurs et les défis qu’ils doivent relever notamment pour s’adapter aux énergies renouvelable.

Selon Najib Cherai, Directeur de LSA Industrie, le secteur comprend 1.500 entreprises, emploie 60.000 salariés et réalise un chiffre d’affaire supérieur à 50 milliards de dirhams pour un investissement global de 8 milliards de dirhams et une valeur ajoutée de 9 milliards dirhams. Il a connu une croissance de plus de 5% par an sur les dernières années. Le secteur représente 15% des industries de transformation et 12% de la production nationale, au troisième rang après la chimie/parachimie et l’agroalimentaire.

En ce qui concerne les énergies renouvelables, la FIMME a signé, lors des assises de l’énergie, deux conventions de partenariat et elle est membre co-fondateur du futur cluster solaire qui permettra la constitution d’un réseau réunissant les professionnels et entreprises exerçant dans le domaine des énergies vertes.

Parallèlement, le secteur envisage de signer un contrat-programme avec le Ministère de l’Industrie autour des sept filières d’excellence du secteur – dont notamment la sidérurgie, la fonderie, la chaudronnerie, la construction métallique, tubes et profilés – à compter de 2014 pour une durée de 5 ans.

Un MoU (Memorandum of Understanding) ayant déjà été signé lors des assises de l’Industrie en février 2013. Ce contrat-programme devrait comporter 3 axes de développement :

–          L’élargissement des débouchés des IMM, qui comprend notamment le renforcement des filières traditionnelles et le développement de nouvelles filières ;

–          Le renforcement de la compétitivité, notamment par la modernisation du secteur ;

–          La mise en place d’un environnement favorable, notamment par l’adaptation normatif du secteur.

Les incitations à l’investissement insuffisantes

Selon les responsables de la FENELEC, l’Association des Industries Solaires et Eoliennes (AMISOLE), membre de la fédération, existe depuis plus de 20 ans, mais par manque de véritable stratégie, la situation n’a que peu progressé. Les grandes lignes ont été tracées, mais le tissu industriel sur les énergies renouvelables est embryonnaire. Il faut amener les entreprises marocaines à investir dans les énergies renouvelables, mais pour cela les industriels ont besoin de visibilité et se heurtent donc au manque de stratégie de long terme.

Or, les opportunités dans le secteur sont énormes avec un potentiel de création d’emplois et d’entreprises considérable. Selon une étude marocaine, ce seraient ainsi plus de 100.000 nouveaux emplois directs qui pourraient être créés, sans compter les emplois indirects.

Mais pour bénéficier de cette manne nouvelle, il faut mettre en place des catalyseurs qui poussent les entreprises à l’investissement. Un de ces catalyseurs, et non des moindres, est la modification de la législation pour permettre le raccordement à la basse tension.

L’éolien au secours des cimentiers

Selon Ahmed Bouhaouli, Directeur délégué de l’APC, le secteur cimentier est énergivore : il consomme 1,25 milliard de Kwh, soit 4,5% de la production nationale. Le poste énergétique représente deux-tiers du coût de production variable du secteur (46% pour l’énergie thermique et 20% pour l’énergie électrique). L’énergie est donc une vraie matière première pour la production de ciment.

Les cimentiers ont investi 2,5 milliards de dirhams entre 1997 et 2012 pour la protection de l’environnement, l’élimination des déchets et le développement de l’énergie éolienne. Ces investissements ont notamment permis l’utilisation de procédés technologiques moins énergivores, l’évolution du mix combustible du fuel oil, au charbon, puis au coke de pétrole ou encore la co-insinération des déchets industriels avec des taux de substitution aux énergies fossiles de plus en plus importants (12% actuellement avec un objectif à atteindre de 40%).

Ainsi, les efforts consentis ces 15 dernières années ont permis de diminuer la consommation en énergie thermique de 48%, en énergie électrique de 35% et d’eau de 60%. Le secteur cimentier marocain est le premier au monde à utiliser l’électricité éolienne. Sur un besoin de 300 MW, 137 MW sont aujourd’hui d’origine éolienne (soit près de 50%) et on devrait dépasser les 150MW d’ici peu.

Malgré ces progrès, l’industrie du ciment reste très polluante, avec, selon Ahmad Bouhaouli, une émission de 600 Kg de CO2 par tonne de ciment produite (pour une moyenne européenne de 620kg/tonne). L’accroissement de la substitution des déchets ménagers et industriels aux énergies fossiles est donc une façon d’atténuer l’impact de ces industries sur l’environnement.

Une autre piste explorée aujourd’hui pour réduire cet impact est la production de pétrole artificiel à partir du gaz carbonique produit par les cimenteries et de micro-algues. Ce procédé, appelé pétrole bleu, est en cours d’expérimentation en Espagne. Ce procédé permettrait à la fois de desserrer la contrainte en approvisionnement pétrolier et de réduire l’impact des activités humaines sur l’environnement.

 

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