Plan GNL du Maroc: le coup d’envoi a sonné pour les industriels
L’ONEE a lancé lundi 28 Décembre l’appel à manifestation d’intérêt pour le volet industriel du plan GNL (gaz naturel liquiéfié), annoncé presque un an auparavant jour pour jour.
Ce plan de transformation du gaz en électricité «Gas to Power», fait parti de la feuille de route GNL annoncée le 16 décembre 2014. L’investissement global nécessaire pour réaliser la filière de transformation du gaz en électricité est estimé à 4,6 MM$.
Ce vaste plan doit permettre de faire évoluer la part de l’électricité produite dérivant du gaz, de 16% aujourd’hui, à 31% en 2025.
La demande énergétique marocaine est en croissance soutenue, entretenue par le rythme de l’urbanisation. La demande électrique évoluera à un rythme d’accroissement annuel de 6% au cours des prochaines années.
Le choix du gaz dans la stratégie énergétique marocaine se pose en complémentarité des énergies renouvelables, qui représenteront 52% de l’énergie produite en 2030. La production électrique dérivée du gaz est aujourd’hui la technologie la plus mature et donc la moins coûteuse après le charbon. La technologie des centrales en cycle combiné (CCGT) retenue dans le plan «Gas to Power» permettra d’assurer une stabilité face aux intermittences du renouvelable.
Des infrastructures gazières à 4,6MM$
L’appel à manifestation d’intérêt (AMI) concerne la phase «Gas to power» pour la réalisation des infrastructures gazières et électriques. La société retenue in fine sera en charge du développement, du financement, de la construction et de l’exploitation et maintenance du projet Gas to Power.
Au terme de l’appel d’offres final, l’entreprise ou consortium retenu sera celle ou celui qui présentera l’offre de fourniture d’électricité la moins disante.
La deuxième phase du plan GNL est celle du «Power to industry»,pour une utilisation du gaz naturel par le secteur de l’industrie.
«Gas to power» inclut la réalisation d’une jetée maritime à Jorf Lasfar, le terminal GNL incluant les bacs de stockage à Jorf Lasfar, les centrales CCGT d’une puissance de 2.400 MW et leurs bretelles de raccordement au terminal et le gazoduc de transport reliant le terminal GNL au gazoduc Maghreb Europe (GME).
L’ONEE annonce une mise en service des infrastructures gazières au plus tard début 2021, tandis que les centrales à cycle combiné et les infrastructures de transport seront mises en service entre 2021 et 2025.
Avant même que l’AMI ne soit lancé, certains groupes industriels ont déjà exprimé leur intention de répondre à l’appel d’offres. C’est le cas entre autre du français GDF Suez et du japonais Mitsui.
Pas d’électricité sans gaz
Les besoins annuels en GNL sont estimés à 5 Bcm par an à partir de 2025. Dès 2020, le Maroc prévoit d’importer la moitié de ces besoins.
Le gazoduc de raccordement au GME Gazoduc Maghreb-Europe est pour le moment la seule indication de source d’approvisionnement du gaz. Le GME relie l’Algérie à l’Espagne, en Andalousie, en passant par le Maroc. Cela assure qu’une partie du GNL sera d’origine algérienne.
L’AMI prévoit deux types d’approvisionnement: le premier à travers des accords d’Etat à Etat, de fourniture de GNL entre une partie marocaine et le fournisseur énergétique; le second à travers un contrat commercial, avec un fournisseur de GNL choisi par appel d’offres.
En octobre, le ministre de l’Energie avait annoncé à la presse émiratie le shortlisting de 3 fournisseurs gaziers, dont des Etats et des sociétés commerciales. La désignation n’a toujours pas été annoncée, mais on comprend à la lecture de l’AMI que celle-ci se fera plutôt par appel d’offres. Abdelkader Amara a entrepris au cours de l’année une tournée auprès des fournisseurs potentiels, en Russie, au Qatar et aux Etats-Unis.
L’ONEE a opté pour une séparation de la fourniture de gaz et du développement industriel. C’est à l’Etat qu’incombe l’approvisionnement en gaz, plutôt qu’au développeur du complexe gazier. Ce choix est jugé stratégique par une source industrielle proche du dossier. Elle permet à l’Etat de garder un certain contrôle et une flexibilité sur l’approvisionnement, en jonglant entre contrats de long terme et marchés au comptant.
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