img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
BUSINESS

Officiel: Stroc Industrie en sauvegarde judiciaire

Stroc Industrie devient officiellement la première société cotée en bourse à bénéficier de la procédure de sauvegarde.   

Officiel: Stroc Industrie en sauvegarde judiciaire
Abdelali El Hourri
Le 12 juillet 2018 à 13h34 | Modifié 12 juillet 2018 à 13h34

Le Tribunal de commerce de Casablanca a décidé de placer Stroc Industrie sous sauvegarde. Le jugement a été rendu ce jeudi 12 juillet. Mohamed Toukani a été désigné comme syndic judiciaire. Mehdi Salem assurera quant à lui les fonctions de juge-commissaire. Le magistrat Jaouad Ardouz le suppléera dans ses missions.  

Le tribunal avait préalablement fait appel à un expert, Mohamed Sefrioui, pour déterminer la situation financière de l’entreprise spécialisée dans l’industrie métallurgique. Ce jeudi matin, et pendant que le jugement était en délibéré, des sources misaient déjà sur la sauvegarde, arguant que "les conclusions de l'expertise plaident pour cette procédure." 

C’est l’entreprise elle-même qui a demandé son placement en sauvegarde, procédure introduite par la récente réforme du livre V du code de commerce. Elle devient ainsi la première société cotée en bourse à bénéficier de ce régime.

En optant pour cette procédure, le tribunal a donc estimé que Stroc éprouvait des « difficultés qu’elle n’est pas en mesure de surmonter et de nature à la conduire, dans un avenir proche, à la cessation de paiement». C’est en effet la condition que pose le code de commerce pour l’ouverture de la sauvegarde.

Désormais, l’objectif est de permettre à Stroc de «dépasser ses difficultés», en garantissant la poursuite de son activité, le maintien de l’emploi et le paiement des créanciers.

Via son avocat Me Hamid Adsaoui, Stroc avait présenté au tribunal «un projet de plan de sauvegarde». Théoriquement, ce document  détermine tous les engagements nécessaires au sauvetage de l’entreprise et les moyens utilisés pour le maintien et le financement de son activité. Il doit également contenir les moyens pour le règlement du passif et les garanties présentées en vue de l’exécution du plan.

Le syndic Mohamed Toukani a quatre mois pour dresser «un rapport détaillé» sur le bilan financier, économique et social de Stroc Industrie. A la lumière de ce rapport, il doit proposer au tribunal soit l’adoption du plan de sauvegarde, soit sa modification ou la mise en redressement de l’entreprise. Dans le pire des cas, il peut proposer la liquidation.  

Le tribunal validera le plan s’il estime «sérieuses» les chances de sauver l’entreprise. Dans ce cas, ce même tribunal fixera un délai pour l’exécution du plan, sans que ce délai ne dépasse 5 ans.

En tant que PDG de Stroc, Nabil Ziatt maintiendra tous les pouvoirs inhérents à la gestion de l’entreprise. L’autonomie que garde le Chef d’entreprise est l’une des caractéristiques majeures de la sauvegarde. Seuls les actes en lien avec l’exécution du plan de sauvegarde seront effectués sous le contrôle du syndic. Ce dernier fait remonter des rapports au juge-commissaire sur cette exécution.

Si l’entreprise n’exécute pas ses engagements contenus dans le plan de sauvegarde, le tribunal pourra, d’office ou sur demande des créanciers, résilier ledit plan. Auquel cas il peut être décidé soit le redressement soit la liquidation judiciaire.

En attendant, la récente décision produit des effets immédiats. Comme pour le redressement ou la liquidation, le jugement de sauvegarde suspend ou interdit « toute action en justice de la part de tous les créanciers dont la créance a son origine antérieurement audit jugement et tendant :

- à la condamnation du débiteur au paiement d'une somme d'argent

- à la résolution d'un contrat pour défaut de paiement d'une somme d'argent. 

Il arrête ou interdit également toute voie d'exécution de la part de ces créanciers tant sur les meubles que sur les immeubles.» (Article 686 de la loi 73.17 abrogeant et remplaçant le livre V du code de commerce).

Pour Stroc Industrie, qui ne paie pas une grande partie de ses salariés depuis 9 mois, c'est une sacrée bouffée d'air. 

 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Abdelali El Hourri
Le 12 juillet 2018 à 13h34

à lire aussi

Croissance à 5,3%, déficit à 3%, dette… les prévisions de clôture 2026 que Fettah a présentées au Parlement
ECONOMIE

Article : Croissance à 5,3%, déficit à 3%, dette… les prévisions de clôture 2026 que Fettah a présentées au Parlement

La ministre de l’Économie et des Finances a présenté aux parlementaires l’état d’exécution de la loi de finances 2026 et les grandes orientations budgétaires pour 2027-2029. Croissance revue à la hausse, déficit contenu, dette jugée soutenable et poursuite des grands chantiers sociaux : voici les principaux éléments de son exposé.

Mort de Abderrahim Fakir : l'avocat redoute que la vérité soit étouffée
SOCIETE

Article : Mort de Abderrahim Fakir : l'avocat redoute que la vérité soit étouffée

Le célèbre avocat italien Me Fabio Anselmo, désormais conseil de la famille de Abderrahim Fakir, mort lors d'une interpellation à Bologne, livre à Médias24 une analyse des premières orientations de l'enquête et des risques que la procédure choisie fait peser sur la manifestation de la vérité.

Bourse : quels secteurs résistent à la baisse du marché ?
Actus

Article : Bourse : quels secteurs résistent à la baisse du marché ?

Alors que le MASI perd plus de 6% depuis le début de l’année, les mines et les assurances restent parmi les rares secteurs en hausse. La progression des minières est partagée par les trois valeurs cotées, mais son influence sur le marché repose surtout sur Managem. Dans les assurances, les évolutions sont plus contrastées, avec Sanlam et Wafa Assurance en hausse face au recul d’AtlantaSanad.

Blé tendre : la collecte prolongée, la taxe de 170% maintenue
ECONOMIE

Article : Blé tendre : la collecte prolongée, la taxe de 170% maintenue

Le gouvernement prolonge jusqu'au 31 août le dispositif de protection de la récolte nationale de blé tendre, afin de laisser aux minotiers davantage de temps pour atteindre leurs objectifs d'achat. En toile de fond, une collecte qui accuse du retard et des importations toujours freinées par un droit de douane de 170%.

Législatives : l'Istiqlal mise sur la tolérance zéro contre la corruption
Elections 2026

Article : Législatives : l'Istiqlal mise sur la tolérance zéro contre la corruption

À Salé, le Parti de l'Istiqlal a détaillé l'un des cinq engagements de son programme pour les législatives de 2026 : la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts. Le parti défend cinq axes de réforme pour restaurer la confiance des citoyens.

Réseaux sociaux : la France interdit l'accès aux moins de 15 ans
INTERNATIONAL

Article : Réseaux sociaux : la France interdit l'accès aux moins de 15 ans

Le Parlement français vient de valider une mesure inédite sur le continent européen visant à bannir les moins de 15 ans des réseaux sociaux pour préserver la santé des adolescents.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité