Code de la route: 552 nouveaux radars fixes de dernière génération pour 2020, promet le ministère du transport
Après 7 tentatives infructueuses, un 8ème appel d’offres pour l’installation, la gestion et la maintenance de 552 radars fixes, lancé en juillet 2018, est toujours en cours d’adjudication. Selon un membre du cabinet du ministère de l'Equipement et du Transport, il devrait aboutir rapidement et les premiers équipements seront opérationnels début 2020. Il faudra encore patienter pour que les routes marocaines soient équipées de 1.200 radars fixes contre seulement 112 installés en 2009.
A cause d’une succession d’appel d’offres déclarés infructueux, le nombre de radars fixes de contrôle de la vitesse installés au Maroc est le même depuis exactement 10 ans.
Contacté par Médias24, l’ex-ministre Karim Ghellab, à l’origine de la 1ère commande marocaine de radars, ne comprend pas comment ses successeurs ont pu perdre autant de temps pour augmenter le nombre de ces équipements qui permettent de lutter contre les accidents de voitures et de diminuer une éventuelle corruption des agents verbalisateurs.
Invité à expliquer pourquoi le ministère qu’il dirigeait avait autant tardé à équiper les routes marocaines en radars (durant tout son mandat de ministre), Abdelaziz Rebbah, actuel ministre de l’Energie et des Mines et ex-ministre de l'Equipement et du Transport, a éludé la question en nous renvoyant au cabinet de son successeur.
Contacté à son tour, un conseiller du ministre Abdelkader Amara nous a confirmé que l’ensemble du territoire disposait, depuis l’époque Ghellab, d’à peine 140 radars dont 28 en panne et que l’opération d’extension du parc des radars avait traîné à cause "d’offres inadaptées ou insuffisantes".
Un chiffre incroyablement bas équivalant à environ 10 unités pour chacune des 12 régions du royaume, ce qui en d’autres termes revient à dire que de très nombreuses villes n'en sont pas équipées.
Afin d’y remédier, Amara qui avait annulé à son arrivée à la tête du ministère du Transport et de l’Equipement, le 7ème appel d’offres initié par son prédécesseur Aziz Rebbah, en a lancé un huitième.
Selon notre source, le ministère a lancé le 27 juillet dernier un nouvel appel d’offres d’acquisition, d'installation, de gestion et de maintenance d’équipements de contrôle et de constatation automatisés des infractions au code de la route et des logiciels d’exploitation de ces équipements, qui est toujours en cours d’adjudication.
Sachant que l’ouverture des plis a eu lieu le 11 octobre dernier, ce marché sera "attribué très rapidement c’est-à-dire avant la fin de l’année en cours". Malgré une lourde insistance, notre interlocuteur n’a pas souhaité nous révéler le nombre ou le nom des candidats intéressés.
Contrairement aux précédents appels d’offres jugés infructueux pour dossiers techniques mal ficelés ou par manque de candidats, les offres présentées, toujours en cours d’examen, ont donc été jugées suffisamment crédibles et nombreuses pour que le processus aboutisse enfin.
A l’issue du choix final du fournisseur, l’acheteur qui est le ministère de l’Equipement et du Transport devra débourser 275 MDH pour se faire livrer 552 radars de contrôle et leur logiciel d’exploitation.
Hormis le fait qu’ils vont permettre d’étendre le maillage territorial pour contrôler la vitesse en zone urbaine ou rurale, la grande nouveauté est que ces équipements de dernière génération permettront d’autres utilisations de contrôle de la circulation routière par rapport au parc actuel des 112 radars.
En plus de la détection classique des excès de vitesse, ces radars qui peuvent être fixés n’importe où, pourront prévenir et punir plusieurs infractions routières : Le non-respect de l’arrêt imposé par le feu rouge, le franchissement de la ligne continue, l’utilisation des voies interdites à la circulation (sens interdits) ainsi que le contrôle de la vitesse moyenne sur un tronçon de plusieurs kilomètres.
Connecté aux bases de données des centres fiscaux de la vignette ou de visite technique, le système de traitement pourra également repérer les automobilistes qui ne sont pas en règle.
Grâce aux progrès de l’informatique et à l’interconnexion croissante des bases de données (assureurs, fichiers de voitures volées...), leur flash pourra à terme détecter d’autres infractions.
Le temps nécessaire entre la constatation et la réception des amendes pourrait aller de quelques heures, en utilisant les nouveaux modes de communication: SMS, mail…, à quelques jours.
Notre interlocuteur a précisé que la direction des transports routiers et de la sécurité routière, relevant du ministère des Transports, sera chargée de leur fonctionnement et de leur entretien à travers des contrats de garantie et de maintenance qui font partie du présent appel d’offres.
Optimiste, il affirme que le département de Amara compte étendre progressivement, sans plus de détails, le parc des équipements fixes pour atteindre 1.200 radars dans les opérations à venir.
Selon lui, les premiers radars ne seront opérationnels qu’au premier trimestre 2020, ce qui veut dire qu’il faudra certainement attendre encore une année supplémentaire pour installer l’ensemble des 552 équipements.
Sachant qu’au total, le ministère aura mis (si tout se passe bien) près de 12 ans à installer ces nouveaux équipements et que notre source n’a aucune visibilité sur les 600 restants pour atteindre l’objectif des 1.200, les contrevenants ont semble-t-il encore de beaux jours devant eux…
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