Ventes de voitures : l’occasion cartonne, le neuf en chute libre
Malgré l’absence de chiffres récents, les revendeurs de voitures d’occasion assurent que le marché est très dynamique. Ce qui contraste avec la chute des ventes de voitures neuves : les nouvelles immatriculations ont chuté de 13% à fin août.
Evolutions mitigées sur le marché de l’automobile.
D’un côté, le segment des voitures neuves poursuit sa chute entamée depuis le début de l’année. A fin août, les nouvelles immatriculations de véhicules de tourisme sont en baisse de 13% par rapport à la même période en 2018, à environ 93.000 unités, selon les statistiques de l'Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM).
Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer ce recul : effet de base défavorable suite à la tenue au premier semestre 2018 de l’Auto Expo qui a concentré les ventes de l’année sur une courte période ; arrêt de la commercialisation des formules de crédit gratuit par plusieurs opérateurs ; non renouvellement des gammes de voitures par certains concessionnaires ; arrêt de la subvention pour le renouvellement des taxis…
De l’autre, le segment des voitures d’occasion tourne à plein régime. Les chiffres récents ne sont toujours pas disponibles mais les revendeurs de voitures d’occasion contactés par Médias24 assurent que le marché est très dynamique.
Les revendeurs structurés ont du mal à satisfaire la demande
« Le marché est très porteur. C’est notre première année d’activité et nous parvenons malgré tout à vendre 100 véhicules d’occasion par mois. La demande est tellement forte que nous avons du mal à la satisfaire. Nous peinons à trouver des voitures à revendre », affirme Hicham Bennouna, DG de Global Occaz, revendeur structuré appartenant au groupe saoudien Bugshan (Hyundai Maroc…).
Les revendeurs structurés ont du mal à s’approvisionner car la majorité des particuliers souhaitant vendre craignent, parfois à tort, une sous-évaluation de leurs véhicules. Ils préfèrent ainsi vendre directement à d’autres particuliers ou passer par les intermédiaires classiques (samsara).
C’est la raison pour laquelle les revendeurs structurés se tournent vers les gros pourvoyeurs de voitures d’occasion, en nouant des partenariats avec les loueurs longue durée par exemple.
Mais quel que soit le canal de vente, le marché de l’occasion affiche la forme. Même les voitures d’occasion importées de l’étranger, qui sont portant chères à cause des frais de transport et des droits de douane, connaissent une forte demande en raison de leur niveau d’équipement et de leur meilleur état par rapport aux véhicules locaux.
Les concessionnaires séduits malgré les freins
Ce dynamisme n’a pas manqué d’attirer les concessionnaires de voitures neuves vers cette activité.
A l’instar de Global Occaz (filiale dédiée), Sopriam (Peugeot-Citroën), Renault et Toyota se sont jetés à l’eau, et Mercedes s’apprête à le faire, selon des sources du secteur.
Non seulement cette activité leur permet d’offrir un service de reprise pour les clients souhaitant échanger leur véhicule contre une voiture neuve, mais elle leur permet également de réaliser des bénéfices sur les voitures d’occasion cédées, dans un contexte de baisse des ventes du neuf et de resserrement des marges (offres promotionnelles ininterrompues).
Ces opérateurs ont été encouragés à investir ce créneau depuis la suppression en 2013 de la TVA sur le prix de vente des voitures d’occasion et son remplacement par la TVA sur la marge uniquement.
Ils dénoncent toutefois plusieurs freins, notamment administratifs : lourdeur des procédures de mutation, double paiement des droits de mutation à l’achat et à la revente (ce qui pousse plusieurs revendeurs à recourir à la pratique de la procuration pour l’éviter)…
Bataille contre les "samsara" et les garagistes
Dans ce marché porteur, passer par un concessionnaire ou un revendeur structuré est un choix qui arrive en dernier pour ceux qui souhaitent acheter un véhicule d’occasion, selon une enquête réalisée en 2017 par l'Observatoire de Wafasalaf. C’est la vente directe à un particulier, sur les marchés physiques ou via internet, qui constitue leur premier choix.
Un choix qui ne dérange pas les opérateurs structurés autant que le passage par les intermédiaires informels (samsaras, garagistes…). Pour eux, ces intermédiaires n’offrent aucune garantie aux acheteurs, peuvent trafiquer les compteurs et cacher l’état réel des véhicules et ne paient pas d’impôts (ni TVA sur la marge, ni IS ou IR).
Ces opérateurs appellent d’ailleurs le gouvernement à structurer ce marché, en réglementant la profession de garagiste ou intermédiaire. Ils avancent que le manque à gagner fiscal est important pour l’Etat sur un marché qui fait environ 3 fois la taille du marché des voitures neuves : plus de 360.000 mutations de voitures de tourisme en 2017 contre 148.000 immatriculations de voitures neuves.
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