L'actuel port îlot de Dakhla sera reconverti en port de plaisance
L’ANP vient de lancer l’appel d’offres pour la réalisation des études de requalification. Objectif : faire de l’actuel port situé dans la baie de Dakhla un espace de plaisance, de croisière, de tourisme et de sports nautiques, mais aussi un point de liaison avec les Iles Canaries. Voici les détails du projet.
Cette réflexion sur la reconversion de l’actuel port îlot de Dakhla (gagné sur la mer) intervient à quelques mois du lancement des travaux de construction du Port Atlantique, un méga port situé à 40 Km au nord de la ville, qui sera dédié au commerce, aux activités de pêche et à l’industrie. Il sera le nouveau pôle logistique de la région et devra contribuer à son développement économique et au renforcement de sa connectivité avec l’Afrique subsaharienne.
Ce méga projet de 10 milliards de dirhams sera opérationnel avant 2030, selon les prévisions annoncées.
Cette nouvelle étude lancée par l’ANP sur l’actuel port îlot de Dakhla s’inscrit dans ce contexte, puisque les activités actuelles du port seront entièrement absorbées par le Port Atlantique.
Actuellement, le port îlot est la seule porte d’entrée maritime de la région Dakhla Oued Eddahab. Il abrite les activités de pêche, de commerce (hydrocarbures et poissons congelés notamment) et autres activités connexes. Son plus grand atout, c’est son emplacement : l’immense baie de 400 km2 de Dakhla. Un site qui gagnerait à être revalorisé pour devenir un pôle touristique de premier plan.
C’est l’objet de l’étude que veut lancer l’ANP.
Des zones touristiques seront aménagées autour du port
« Le port actuel pourra évoluer vers un port de plaisance et de sports nautiques, à passagers (lignes maritimes avec les îles Canaries) et éventuellement de croisière grâce à son atout majeur de liaison directe mer/désert, avec un aménagement pertinent de son interface avec la ville », explique l’ANP dans son appel d’offres.
La requalification ne portera pas que sur le port, mais sur tout le domaine public qui l’entoure. Un domaine qui comprend actuellement une zone d’activité portuaire de 270 ha qui pourrait être affectée, souligne l’ANP, à des activités touristiques, d’animation et de loisirs.
L’ouverture des plis se fera le 20 mars 2020. Le cabinet d’études retenu devra présenter dans un délai de 8 mois un travail complet : faire d’abord un état des lieux du site, présenter plusieurs scénarios de requalification, analyser les conditions de faisabilité de chaque scénario, tout en proposant un montage opérationnel et financier du projet.
L’appel d’offres est ouvert aussi bien à des acteurs marocains qu’étrangers, ayant des références en matière de requalification de projets portuaires et urbains. Le coût de l’étude est estimé à 5MDH.
Dakhla, un futur pôle de compétitivité
L'ANP est consciente que la reconversion du port devra se faire dans le respect de l'équilibre biologique fragile de la baie qui dispose de trois statuts de reconnaissance environnementale à l'échelle internationale (zone humide d'importance internationale, zone importante pour la conservation des oiseaux et site d'intérêt biologique et écologique. Son développement doit donc être harmonieux, articulé autour de 4 socles : la pêche, le tourisme, l'agriculture et l'énergie éolienne.
Ce projet, ainsi que celui du Port Atlantique, s’inscrivent, pour rappel, dans le cadre du nouveau modèle de développement des provinces du Sud, lancé en 2015 par le Roi. Un modèle qui vise à faire des régions du sud des pôles de compétitivité économique et un trait d’union avec le prolongement africain du Maroc.
Dakhla a été identifiée dans ce modèle comme un des pôles de compétitivité du sud, au vu de son potentiel maritime, agricole, industriel, touristique et énergétique.
La région dispose en effet d’une richesse halieutique permettant de pêcher jusqu’à 7 millions de tonnes de pélagiques. Un potentiel qui devrait être valorisé dans des unités industrielles tournées à l’export.
Une industrie qui devrait également profiter des futurs projets de production d’énergies renouvelables, notamment dans l’éolien et le solaire.
L’environnement de la région favorise aussi la culture sous serre de primeurs, destinés également à l’export (Europe, USA…). Un flux qui passe aujourd’hui par le port d’Agadir et qui sera dans le futur traité dans le port Atlantique de Dakhla. La région produit déjà 36 000 tonnes de tomates cerises et de melons, cultivés dans des exploitations de plus de 450 ha.
Le potentiel touristique est également énorme, notamment à la baie de Dakhla et son arrière-pays.
Les deux projets maritimes devront, comme ce qui a été fait à Tanger, aider la région à réaliser ce potentiel logistique, maritime, industriel, agricole et touristique.
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