Chakib Alj : « La relance nécessite un partenariat public-privé fort et serein »

INTERVIEW. Pour le président de la CGEM, le CVE a fait preuve de pragmatisme et de réactivité dans sa réponse à la crise. Chakib Alj parle d'un gouvernement à l'écoute et d'une DGI bienveillante. Pour les banques, il note un décalage entre les annonces et la réalité. Le patronat prépare sa proposition de plan de relance et attend une implication forte de l'Etat.

Chakib Alj : « La relance nécessite un partenariat public-privé fort et serein »

Le 27 avril 2020 à 20h53

Modifié 11 avril 2021 à 2h45

INTERVIEW. Pour le président de la CGEM, le CVE a fait preuve de pragmatisme et de réactivité dans sa réponse à la crise. Chakib Alj parle d'un gouvernement à l'écoute et d'une DGI bienveillante. Pour les banques, il note un décalage entre les annonces et la réalité. Le patronat prépare sa proposition de plan de relance et attend une implication forte de l'Etat.

La CGEM est membre du Comité de veille économique mis en place pour apporter des réponses urgentes aux effets de la crise liée au Covid-19. Son président, Chakib Alj, rapporte un impact profond de cette crise sur les entreprises et estime que les mesures décidées ont été utiles à une portion importante des entreprises. Il appelle maintenant à apporter des réponses plus structurantes aux problèmes que la crise engendre sur le long terme. Saluant l’écoute et la main tendue des pouvoirs publics, il pense que la relance économique ne peut passer que par un partenariat public-privé fort et serein. Entretien.

– Médias24 : Cela fait plus d’un mois et demi que les entreprises marocaines sont durement touchées par les effets de la crise liée au Covid-19. La CGEM a réalisé une enquête pour en mesurer l’impact. Globalement, quels sont les secteurs qui arrivent à s’en sortir et ceux qui sont en souffrance ?

– Chakib Alj : Tout d’abord, je voudrais saluer la rapidité avec laquelle le Maroc a réagi en réponse à cette crise, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste. Notre pays est aujourd’hui cité en exemple dans le monde entier pour avoir géré cette crise majeure avec courage et anticipation.

Je saisis l’occasion pour rendre hommage à celles et à ceux qui sont en première ligne pour préserver la santé de nos concitoyens et tous ceux qui travaillent pour que nous passions cette crise dans les meilleures conditions possibles.

La crise induite par le Covid-19 a déjà un impact profond sur tous les secteurs et tous les types d’entreprises, mais à des degrés différents. 

Dans le cadre des travaux du Comité Sortie Covid-19 mis en place par la CGEM pour concevoir des plans de relance sectoriels, une enquête a été lancée, le 17 avril dernier, auprès des entreprises (auto-entrepreneurs, TPE, PME, GE). Bien que l’enquête soit encore en cours jusqu’au 1er mai, 1.740 opérateurs économiques employant  300.485 salariés y ont déjà participé. 

Les résultats préliminaires confirment nos prévisions et nos constats terrains : 

  • Les secteurs du tourisme, de l’artisanat, du textile, de l’immobilier, des industries culturelles et créatives et des médias, ont enregistré une baisse de plus de 50% de leur chiffres d’affaires, avec un taux d’activité variant entre 21,76% et 62%. 
  • La baisse du chiffre d’affaires oscille entre 40 et 50% pour les secteurs de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables, de l’industrie du cuir, du transport, du commerce et services, des pêches maritimes, de l’automobile, de l’enseignement privé, du BTP, des industries forestières, des arts graphiques et de l’emballage, des industries minérales et des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche. Le taux d’activité dans ces secteurs varie entre 15% et 95,5%.
  • La chimie et la parachimie, les industries métallurgiques, le secteur avicole, les industries des matériaux de construction, le secteur du courtage d’assurance, les secteurs bancaire et financier, les technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring et l’agroalimentaire ont, quant à eux, enregistré une baisse allant de 30 à 40% de leurs chiffres d’affaires et un taux d’activité entre 45% et 82%.
  • Les secteurs des assurances et de réassurances, de la plasturgie, de l’aéronautique, de l’agriculture, de l’énergie et de la minoterie ont quant à eux enregistré une baisse de moins de 30% de leur CA avec un taux d’activité qui varie entre 98,2% pour la minoterie et 52% pour les industries aéronautiques et spatiales. 

– Comment les entreprises des secteurs les plus touchés gèrent-elles la situation ? 

– Malgré la baisse ou l’arrêt total du jour au lendemain de leur activité, certaines entreprises résistent encore et arrivent à maintenir leurs salariés en ayant mis en place des alternatives digitalisées (e-commerce).  

D’autres ont mis leurs structures à la disposition des pouvoirs publics, à l’instar des hôtels, qui ont ouvert gratuitement leurs portes et leurs services de restauration aux équipes soignantes dans différentes villes du Royaume. Certaines entreprises industrielles ont, quant à elles, innové en reconvertissant leurs unités de production vers la fabrication des masques, des solutions hydro-alcooliques, des respirateurs artificiels, entre autres…

C’est dans la phase de relance que nous allons nous tourner vers les entreprises qui ont pu tenir le coup.

Tout cela pour vous dire que le secteur privé, malgré la difficulté de la situation, est conscient de sa responsabilité sociétale. Bon nombre de nos entreprises ont démontré une agilité exceptionnelle et un grand sens de patriotisme et de solidarité en faisant front commun avec les pouvoirs publics face à cette pandémie.

– Le CVE dans lequel la CGEM est membre, a tenu 5 réunions depuis sa création le 11 mars. Comment jugez-vous les décisions prises ? 

– Au sein du Comité de veille économique, la CGEM représente l’ensemble des entreprises du secteur privé, toutes tailles confondues. Et je peux vous dire que toutes les réunions se déroulent dans un climat de confiance et de concertation. Le CVE, de par les décisions qu’il a prises et la rapidité avec laquelle il a agi, a fait preuve de pragmatisme et d’une réactivité remarquable.

Sur le plan économique, les mesures adoptées jusqu’à présent sont des mesures d’urgence, l’objectif étant de répondre à un problème de liquidité des entreprises pour préserver le maximum d’emplois et d’entreprises possibles et de prendre en charge les salariés mis à l’arrêt.

Sur le plan social, le CVE a pris également des mesures d’urgence visant à venir en aide à toutes les familles, celles des employés déclarés à la CNSS, mais aussi celles des personnes opérant dans l’informel. En tout, près de 6 millions de foyers ont été indemnisés. Et ceci a été fait en un temps record.

Au vu du temps écoulé – à peine plus d’un mois – j’estime que le CVE a agi vite et avec efficacité, en parant à l’essentiel. Les mesures sont adoptées au fur et à mesure en raison du manque de visibilité mondial sur l’évolution de l’état sanitaire.

Maintenant, une deuxième phase s’ouvre, durant laquelle nous devons apporter des réponses plus structurantes pour les entreprises et répondant aux problèmes que la crise engendre sur le long terme : Comment préserver notre appareil productif pendant cette crise ? Comment lui permettre de se relancer en sortie de crise ? Comment stimuler la demande ? Comment parer au chômage des jeunes qui vont le plus souffrir de cette crise malheureusement ? Comment intégrer l’informel dans l’économie formelle ?

Ce dernier point me tient particulièrement à cœur. Nous sommes dans une période où tout le monde voit le rôle de filet que joue l’Etat providence lorsque les temps sont difficiles: protéger les citoyens, protéger les entreprises, apporter une aide financière aux personnes démunies, etc. Tout cela est possible parce que des citoyens et des entreprises contribuent à l’impôt. Nous devons profiter de cette crise pour faire prendre conscience à nos concitoyens opérant dans l’informel que nous sommes une seule Nation, et qu’en intégrant le formel, ils participent au renforcement du lien social et de la solidarité nationale. 

– N’aurait-il pas été plus judicieux d’adopter une approche sectorielle pour répondre au mieux aux problématiques spécifiques au lieu de l’approche globale ?

– C’est prévu. La première étape de la réponse à la crise consistait à réagir à l’urgence. Nous allons par la suite passer à l’approche sectorielle pour redynamiser l’économie et rebooster la demande… 

– Vous avez parlé d’entreprises qui se sont reconverties, qui ont résisté, qui ont maintenu les emplois et les salaires. Or le CVE a pensé uniquement aux entreprises qui ont des employés à l’arrêt. Pourquoi n’a-t-il pas adopté des mesures notamment fiscales en faveur des entreprises qui sauvegardent les emplois ? Pourquoi la CGEM ne les a-t-elle pas défendues ?

– Ces mesures viendront après. N’oubliez pas que nous gérions les choses dans l’urgence. C’est dans la phase de relance que nous allons nous tourner vers les entreprises qui ont pu tenir le coup.

La CGEM pense à toutes les entreprises. Mais quand il y a un feu, la priorité est de l’éteindre avant de penser à la reconstruction. 

– Comment les entreprises ont-elles accueilli les mesures décidées ?

– Selon les résultats de l’enquête précitée, 71% des entreprises ont bénéficié au moins d’un report alors que 22,8% ont fait appel aux trois reports (bancaire, fiscal, social). Sans compter que 61% des entreprises (affiliées à la CNSS) ont déclaré du personnel à l’arrêt qui a été pris en charge par le Fonds de Gestion du COVID 19. 

Les banques doivent harmoniser leur communication et leurs procédures en ce qui concerne le report des échéances et le crédit Damane Oxygène

Cela veut dire que les mesures précitées ont été bien ciblées puisqu’elles ont été utiles à une portion importante des entreprises. Ces remontées, nous les obtenons aussi à travers les séances de travail hebdomadaires que nous tenons avec les fédérations, les CGEM-Régions, le Groupe Parlementaire et les Commissions de la CGEM qui font tous un travail exceptionnel au service de l’entreprise.

– Vous vous attendiez à plus de mesures de la part du CVE ?

Les entreprises attendent, aujourd’hui, des mesures de relance à même de les soutenir dans le maintien et la reprise de leur activité. La CGEM, à travers son Comité Sortie COVID-19, travaille actuellement sur des plans sectoriels de relance en intelligence avec les fédérations et les CGEM-Régions, qui seront présentés et discutés lors des réunions du CVE.

– La CGEM et le GPBM ont eu un échange « assez tendu » au début de la crise au sujet de l’application des mesures du CVE. Comment se déroule l’opération de report des échéances bancaires pour les entreprises ainsi que celle d’octroi des crédits Damane Oxygène ?

– Le Comité de Veille Économique du 19 mars a précisé clairement : “Mise en place d’un moratoire pour le remboursement des échéances des crédits bancaires et pour le remboursement des échéances des leasings jusqu’au 30 juin sans paiement de frais ni de pénalités”.

Toutefois, certaines entreprises ont ressenti un décalage entre le communiqué du CVE et la réalité du traitement des dossiers de report. Un éclaircissement et une harmonisation de la communication des banques sur les différents outils financiers disponibles aux entreprises et aux consommateurs sont indispensables pour lever l’incompréhension actuelle.   

Sur un autre registre, il a été observé des retards dans le traitement des dossiers, chose que nous comprenons au vu de l’afflux très important de dossiers à traiter dans des conditions sanitaires compliquées. 

Les demandes de report des échéances fiscales ont été bien accueillies par la DGI qui a fait preuve d’une grande volonté de soutenir les entreprises

En ce qui concerne le déploiement opérationnel de DAMANE OXYGÈNE, quelques  difficultés ont été constatées et pour y remédier la CGEM souhaiterait que soient connues et harmonisées les procédures et les critères relatifs aux conditions et à l’octroi de cette ligne de crédit dont l’objectif est de soulager la trésorerie des entreprises en cette période.

Je tiens enfin à rendre hommage au travail colossal effectué par les salariés des agences  bancaires pour servir aux familles les montants alloués par le Fonds de Gestion du Coronavirus en un temps record.

– Comment se déroule l’opération de report des échéances fiscales ?

– La CGEM a appelé depuis le début les entreprises à la responsabilité vis-à-vis de la collectivité.

Compte tenu de la crise, Bon nombre d’entreprises, surtout celles ayant subi un arrêt brutal de leur activité, ont choisi de reporter leurs échéances fiscales. Nous devons attendre fin juin pour évaluer.

Néanmoins, il convient de souligner que ces entreprises ont déjà honoré leurs engagements en matière d’IR et de TVA, ce qui souligne un grand sens de solidarité ayant marqué cette opération, conjointement du côté de l’Etat et des entreprises. 

Il faut savoir aussi que la très grande majorité des entreprises de plus de 20 MDH de chiffre d’affaires a pu respecter le délai du 31 mars malgré les contraintes liées à l’état d’urgence sanitaire, ce qui a permis d’assurer des recettes fiscales appréciables.  Les filiales de multinationales ont également tenu à respecter les délais légaux ordinaires en dépit de la possibilité qu’elles avaient pour bénéficier du report, ce qui est très louable.

Si vous connaissez des cas où des employés sont déclarés en arrêt alors qu’ils continuent de travailler, communiquez-les-moi, je suis prêt à intervenir personnellement

Certaines entreprises avec un CA de plus de 20 MDH et opérant dans des secteurs à l’arrêt total ont saisi la DGI pour bénéficier du report de paiement avec annulation des pénalités. Leurs demandes ont bien été accueillies par la DGI qui a promis de leur réserver un traitement bienveillant au cas par cas. 

De même, certains contribuables ayant déposé leurs déclarations fiscales hors délais, ont bénéficié d’une annulation des pénalités et intérêts de retard, ce qui dénote d’une grande volonté de soutenir les entreprises en ces moments exceptionnels.

– La mesure relative à l’exonération de l’IR sur le complément d’indemnité fait débat. Certains pensent qu’elle encourage les entreprises à déclarer l’arrêt d’activité, sans que cela ne soit vraiment effectif, pour réduire les charges. Qu’en pensez-vous?

– Nous ne pouvons pas généraliser les interprétations faites pour cette mesure. La quasi-totalité des opérateurs économiques ne sont pas dans cette optique et contrairement à ce qui peut se dire, les entreprises, quelle que soit leur taille se battent pour maintenir les emplois, notamment pour assurer leur reprise d’activité. 

La circulaire de la DGI relative à l’exonération de l’IR des compléments d’indemnité a clarifié cette disposition en soulignant, notamment qu’il s’agit d’une indemnité d’assistance à la famille permettant au salarié qui en bénéficie de couvrir ses dépenses familiales essentielles tout en gardant un certain niveau de pouvoir d’achat. Cela illustre parfaitement la solidarité tridimensionnelle Etat-Entreprise-Salarié.

De plus, la CGEM a donné son accord pour que la vérification de l’application de cette mesure soit du ressort de la DGI pour qu’il y ait un meilleur contrôle. 

Je le rappelle encore une fois, les entreprises n’ayant pas gelé leur activités, ne sont pas concernées par cette disposition.

Si vous connaissez des cas où des employés sont déclarés en arrêt alors qu’ils continuent de travailler, communiquez-les-moi, je suis prêt à intervenir personnellement. Car ce n’est pas l’esprit qui nous a animés pour adopter cette mesure.

– Il n’empêche que les fausses déclarations pour bénéficier de l’indemnité CNSS ont bel et bien eu lieu. Ce sujet a-t-il été évoqué lors de vos échanges au CVE? Comment éviter les pratiques frauduleuses pour préserver les ressources du Fonds?

– Tout d’abord, il faut préciser qu’au mois de mars, les demandes pour bénéficier de l’indemnité forfaitaire de la CNSS ont été saisies par les entreprises en l’absence de critères d’éligibilité. Ce vide juridique a fait que nombre d’entreprises ont rempli leurs déclarations dans l’opacité et la confusion. Maintenant que la notion d’entreprise en difficulté est précisée, les déclarations sociales au mois d’avril seront en conformité avec cette réglementation. En tous les cas, il n’y aura plus d’excuse.

En période de crise, L’état doit assumer pleinement son rôle pour soutenir le citoyen, l’appareil productif et la demande.

Je tiens à préciser d’autre part que les membres de la CGEM sont sensibilisés en continu, que ce soit via les fédérations sectorielles ou les CGEM-Régions, sur l’importance du  respect des conditions et règles mises en place par la législation que ce soit pour bénéficier des mesures de soutien que par rapport au respect strict des mesures sanitaires sur les lieux de travail. 

– Le gouvernement a proposé un projet de loi pour la tenue des organes de gouvernance à distance pour les SA. Des experts estiment que le texte présente des insuffisances. La CGEM partage-t-elle ce point de vue?

– Il s’agit d’une urgence réglementaire qui a émergé de la part de nos entreprises membres constituées en SA. Le projet de texte a été déposé  par le Gouvernement à l’institution législative qui lui appartient d’apporter les amendements jugés nécessaires. Le Groupe parlementaire CGEM à la Chambre des Conseillers contribuera à la discussion et éventuellement à l’amendement du texte. 

– Le CVE a annoncé le démarrage du travail sur le plan de relance. Quelles sont les propositions de la CGEM dans ce sens?

– La CGEM a commencé, il y a quelques semaines déjà, sa réflexion sur la relance de l’économie. A ce titre, nous avons mis en place le comité “sortie COVID 19” précité. 

Nous sommes convaincus que la relance de l’économie doit se faire dans le cadre d’un partenariat public-privé fort et serein. En période de crise, L’état doit assumer pleinement son rôle pour soutenir le citoyen, l’appareil productif et la demande.

Je peux vous dire qu’actuellement, le déficit de confiance entre le gouvernement et le secteur privé est dépassé

Ce comité est actuellement dans la phase d’étude des mesures d’accompagnement en phase de relance, que nous déclinons sur 3 volets : mesures pour répondre au choc sur l’offre, mesures pour répondre au choc sur la demande, et mesures transverses pour répondre à certains problèmes structurels : informel, chômage des jeunes, simplification des procédures administratives, etc.

Nos travaux sont encore en cours, mais certaines de nos convictions ressortent clairement:

  • Le renforcement de la préférence nationale et la valorisation de la production locale par la promotion du “made in morocco”
  • L’importance d’une commande publique maintenue et ciblée 
  • L’importance de gérer la solvabilité des entreprises par l’étalement de leur endettement sur de longues périodes, et par la mise en place de fonds sectoriels de restructuration

Le Maroc doit également regarder de près la recomposition des chaînes mondiales de valeur afin de voir les opportunités qui s’ouvriront après la crise. Notre pays dispose de tous les atouts pour devenir une plateforme industrielle de l’Europe au moment où plusieurs pays cherchent des circuits d’approvisionnement plus courts.  

Et comme une industrialisation accélérée ne peut être atteinte sans un environnement des affaires fluide qui favorise la compétitivité de nos opérateurs économiques, plusieurs défis doivent être relevés, notamment:

  • Les délais de paiement, un chantier en cours de finalisation 
  • La difficulté de l’accès au financement;
  • La complexité des procédures administratives et l’absence du e-Gov; 
  • La rigidité du code du travail qui a atteint ses limites; 
  • Le déficit des PPP;

Enfin, cette crise nous a permis de marquer un temps d’arrêt sur ce qui fonctionne et sur ce qui l’est moins, d’en tirer les enseignements afin de pouvoir saisir cette crise redoutable comme une opportunité afin d’établir les fondements du Modèle de développement souhaité pour notre pays. 

– Vous avez parlé de l’importance du maintien de la commande publique. Or le gouvernement est en train de fixer ses dépenses prioritaires pour éliminer ou reporter les autres. Qu’en pensez-vous ?

– La dépense publique est importante pour sortir de la crise, mais c’est logique dans le contexte actuel que l’Etat ne garde que les dépenses prioritaires.

Cela dit, la CGEM va pousser vers la réalisation de toutes les dépenses publiques de nature à redynamiser l’économie.

Lors des discussions et des négociations avec le Gouvernement, je ne sens pas que l’on est dans un esprit d’austérité mais dans un esprit de rationalisation, d’ouverture et de main tendue vers le privé pour relancer l’économie.

J’ajouterai quelque chose d’important : lors de notre campagne pour la Présidence de la CGEM, nous parlions de l’importance de rétablir la confiance. Je peux vous dire qu’actuellement cela est dépassé. En témoignent la qualité du partenariat actuel entre l’Etat et le secteur privé et les efforts fournis de part et d’autre pour faire face ensemble à cette pandémie.

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