Des commerçants demandent l'annulation des loyers pendant le confinement
Les propriétaires des commerces non essentiels fermés depuis le 18 mars demandent aux bailleurs l'annulation des loyers relatifs à la période du confinement et leur baisse à la reprise.
Plus de six semaines d'inactivité totale ou partielle (pour ceux qui ont opté pour la livraison) ont eu pour conséquence une importante perte de chiffre d'affaires qui peut atteindre 100 % des recettes.
Le 20 mars 2020, Médias24 a annoncé la constitution d'un groupement de près de 80 enseignes dans la mode et accessoires, sport, maquillage, décoration et lunetiers, pour mettre la lumière sur le préjudice subi et le défi auquel ces enseignes doivent faire face. D'un côté, zéro chiffre d'affaires et de l'autre, des charges fixes qu'il faut honorer.
Plus d'un mois plus tard, le groupement sort de sa réserve pour déclarer que "les enjeux sont énormes pour le retail organisé". "Contrairement aux GMS qui ont vu leur trafic sensiblement augmenter, les réseaux de boutiques n'ont plus aucune activité depuis le 18 mars. Cela représente plus de 900 commerces fermés depuis plus de 6 semaines et plus de 40.000 emplois directs et indirects qui en dépendent", explique le groupement dans une note adressée à Médias24.
"Au-delà de la dimension humaine évidente, ces emplois sont notre savoir-faire, notre clef pour la reprise de l'activité et donc notre avenir. Ces emplois doivent être notre priorité absolue !", ajoute-t-il.
"S'ajoutant aux problématiques bancaires (emprunts) ou de péremption des stocks (food, textile), le loyer représente une des charges principales des comptes d’exploitation magasin. L'équation est très simple : comme nous ne voulons pas faire d'arbitrage contre-productif sur les emplois qui constituent l'autre charge principale, il faut que les bailleurs prennent part à l'effort collectif réclamé par cette crise", poursuivent les retailers.
Ainsi, ils demandent deux mesures :
- L'annulation des loyers pendant la période de fermeture subie, comme prévu par la loi dans un cas de force majeure comme celui-ci.
- L'adaptation du loyer au niveau d'activité à la reprise.
En ce qui concerne le premier point, le groupement explique dans sa note que "la contrepartie contractuelle du paiement d'un loyer doit être la jouissance paisible d'un local commercial pouvant recevoir du public. Ceci est impossible à cause des mesures sanitaires prises par les autorités (à juste titre). La contrepartie ne pouvant être honorée, le loyer n'est plus dû". Ce qui explique la demande d'annulation des loyers relatifs à la période de confinement assortie de fermetures obligatoires des commerces non essentiels.
Pour ce qui est de la seconde mesure, les retailers l'expliquent par le fait " que le niveau de chiffre d'affaires à la reprise sera beaucoup plus bas que l'année dernière (30% du CA au mieux les premiers mois) et pour limiter les dégâts, il faudra mettre en place un mécanisme qui permette d'aligner le loyer sur le chiffre d'affaires".
Le groupement estime que ce qu'il demande "est possible". "La structure capitalistique des bailleurs le permet sans parler du nombre d’emplois en jeu qui n’est pas comparable. Preuve que cet effort solidaire est réalisable, plusieurs acteurs importants ont déjà abandonné leur loyer pendant la fermeture". C'est le cas de Morocco Mall, Anfa Place, Tanger City Center, Ryad Square…
"Malheureusement les principaux bailleurs sont pour l'instant dans une position attentiste pénalisante et inconfortable", regrette le groupement. "Constatant l'absence de décisions claires des bailleurs, nous renouvelons ici notre appel à l’aide et à un dialogue constructif qui permettra la sauvegarde de nos emplois et la pérennité économique de chacun. Par-delà la principale préoccupation des bailleurs qui devrait être la satisfaction de leurs clients (que nous sommes !), notre pérennité économique est aussi la leur… C'est l'objectif commun qui doit être recherché par tous", conclut le groupement.
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