Les clusters du Gharb mettent à nu la précarité des ouvrières agricoles
560 cas au total dans deux stations de conditionnement de fruits rouges dans le Gharb. Un responsable syndical UMT sur place accuse la précarité des ouvrières agricoles.
"Lalla Mimouna semble désormais plus connue que Moulay Bousselham", commente Driss Adda, syndicaliste de l'UMT, secrétaire général adjoint et responsable régional dans le Gharb de la Fédération nationale de l'agriculture au sein du syndicat.
Dans cette région agricole, c'est la saison des fruits rouges: cueillette, conditionnement, emballage et commercialisation. Driss Adda suit les nouvelles tout au long de la journée, sur place. 48 stations de conditionnement sont actives, faisant travailler jusqu'à 120.000 ouvriers, essentiellement des femmes. "Les ouvrières viennent de toute la région, parfois de Sidi Kacem, Sidi Slimane, Souk Larbaâ, Ouezzane". "Certaines ont des journées de 17 heures: 8 heures de travail et 9 heures de route (aller-retour)", raconte-t-il.
Dans une seule station à Lalla Mimouna, 457 cas ont été détectés selon un communiqué du ministère de l'Intérieur diffusé vendredi 19 juin dans la soirée. 103 autres dans une station proche de Larache. Driss Adda craint que le bilan final soit supérieur car ces ouvrières circulaient, prenaient des transports en commun, habitaient d'autres communes parfois éloignées.
Pour lui, il y avait déjà eu deux premiers cas "il y a plus de deux semaines". Ce vendredi matin, "nous avions rendez-vous avec le ministre du Travail pour une réunion avec à l'ordre du jour notamment la situation des ouvriers agricoles et ces foyers de Covid. Le ministre n'était pas présent, il s'est fait représenter".
Ce cluster met à nu la situation des ouvriers agricoles dans le Gharb et dans tout le Maroc, accuse-t-il. Lorsqu'il y a eu le début de la crise, "ces ouvriers ont été exclus des aides de l'Etat", car on estimait que la poursuite de leur travail était indispensables pour assurer l'approvisionnement des grands centres urbains en denrées alimentaires. Dans tout le Maroc, les ouvriers agricoles vivent dans la précarité, qu'il s'agisse de rémunération, de transport, de travail ou des conditions de vie d'une manière générale affirme notre interlocuteur qui décrit une catégorie qui paie le prix fort d'une hausse des exportations de fruits rouges de 25% jusqu'à la mi-mai.
Notons toutefois que le transport collectif comporte de gros risques pour les usagers et pour la collectivité; et qu'il devrait être à la charge de l'Etat et des collectivités territoriales.
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