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Au Maroc, le maintien du télétravail hors pandémie devient une option sérieuse

Plus qu’un phénomène conjoncturel, le télétravail est là pour durer. C’est le principal constat d’une récente étude menée par l’entreprise d’informatique américaine Cisco, portant sur 21 pays et 3 000 entreprises. Au Maroc, la pandémie a au moins permis d’ouvrir le débat sur le télétravail au sein des entreprises.

Au Maroc, le maintien du télétravail hors pandémie devient une option sérieuse
Solène Paillard
Le 14 novembre 2020 à 9h25 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

L’étude confirme tout d’abord la volonté, à la fois des entreprises et des salariés, de maintenir un modèle de travail hybride avec une partie des collaborateurs opérant à plein temps ou partiellement depuis leur domicile, ou en dehors des locaux de l’entreprise.

A l’échelle mondiale, plus d’un tiers des entreprises sondées considèrent que plus de 50% de leurs employés resteront en télétravail à l’issue de la pandémie.

''Cette étude nous éclaire sur la manière dont les entreprises réagissent. Le travail à distance n’est pas un phénomène nouveau ; c’est simplement qu’il n’a jamais été réellement adopté par les entreprises de façon excessive car les entreprises n’y croyaient pas vraiment'', réagit Myriam Alaoui, directrice générale de Cisco Maroc, auprès de Médias24.

Quid de l’avenir du télétravail au Maroc ? Les entreprises et salariés marocains se sont-ils laissés convaincre par le télétravail ? 

''Ce qu’on observe sur le marché marocain, c’est que les discussions sont désormais ouvertes. Les gens veulent en parler, surtout dans certains milieux comme les centres d’appels, l’éducation, le health care… 

"Je n’irais pas jusqu’à dire que la tendance va radicalement s’inverser à l’issue de la pandémie, que les choses vont changer du tout au tout, mais sur certains secteurs comme la santé et l’éducation, il va y avoir une ouverture. Cela va encourager la digitalisation : on aura accès à beaucoup plus de données à distance'', indique Myriam Alaoui.

Et d’ajouter : ''Aujourd’hui, la pandémie nous a prouvé qu’on pouvait travailler à distance, mais aussi qu’il y a des lacunes. Il y a eu un effet d’urgence très rapide, les entreprises et salariés n’étaient pas prêts. Les entreprises marocaines doivent désormais régler les problèmes techniques soulevés par le télétravail et répondre à ces besoins précis afin de donner aux salariés la possibilité de travailler à distance. ''

Des enjeux techniques et technologiques

Il faut en effet que les technologies soient au diapason des exigences que requiert le télétravail et des enjeux qu’il soulève. L’étude souligne que si cette pratique a été adoptée dans l’urgence dictée par la pandémie, les entreprises ont tant bien que mal essayé de ''raccorder'', avec les moyens du bord, un maximum de monde en peu de temps.

Cela s’est traduit par une expérience dégradée pour certains employés, voire un sentiment d’abandon, en raison de problèmes d’accès aux services de l’entreprise, de saturation et de lenteur de la bande passante.

La généralisation du télétravail implique d’autres problématiques, comme les cyberattaques et l’intrusion dans l’espace de l’entreprise, l’exfiltration de données sensibles, l’usurpation d’identité et l’infection, par des malwares, des laptops et autres terminaux des employés, avec un risque de propagation dans les réseaux de l’entreprise. 

L’étude a d’ailleurs montré que les cyberattaques ont augmenté d’environ 50% pendant la phase de confinement.

Contacté par Médias24, Omar Lataoui, président-directeur général de Finatech Group, l’un des partenaires de Cisco Maroc, estime que les enjeux technologiques et techniques du télétravail se découpent en deux volets : le volet collaboration et expérience utilisateur, et le volet cybersécurité.

''Le volet collaboration est relatif à la nécessité d’équiper les collaborateurs en outils qui permettent de minimiser l’impact de la distance, en assurant de bonnes visioconférences et une bonne qualité de son.

"Lorsque le salarié est au bureau, il dispose d’un réseau local de bureau, sécurisé, mais il a aussi accès à ses applications de façon très rapide car bien souvent, ces applications sont hébergées au sein de l’entreprise elle-même ou avec un environnement cloud avec des liaisons d’entreprise.

"Le lien internet ou les liaisons téléphone n’ont rien à voir avec la connexion internet que le salarié possède à la maison, qui peut être instable ou faible. Il faut donc faire en sorte que l’utilisateur ne ressente pas l’impact technologique lié au travail à domicile'', explique Omar Lataoui.

Concernant le volet lié aux cyberattaques, Omar Lataoui évoque la technologie SD-WAN qui, dans le cadre du télétravail, permet d’appliquer toutes les règles de sécurité de l’entreprise : ''Plutôt que de laisser le salarié se connecter directement à son routeur à la maison, l’entreprise lui fournit un petit boîtier qui va s’insérer entre le Wifi et le terminal de l’utilisateur (le téléphone fixe ou portable, l’ordinateur...).

"Ce boîtier est suffisamment intelligent pour ne pas déplacer le trafic internet du salarié vers l’entreprise. Si l’utilisateur veut accéder à ses applications professionnelles, le boîtier va emprunter le chemin sécurisé pour aller vers l’entreprise.''

Le Maroc est-il prêt à relever tous les défis techniques et technologiques engendrés par le télétravail ? Oui, estime Omar Lataoui. ''Le Maroc dispose de l’une des meilleures couvertures télécom filaires et sans fils du continent et a accès aux dernières technologies permettant de mettre en place un environnement de télétravail fiable et sécurisé.''

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Tags : coronavirus, covid
Solène Paillard
Le 14 novembre 2020 à 9h25

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