Benchaâboun : Le Fonds Mohammed VI ne financera que l'investissement
La CGEM souhaite que l’intervention du Fonds Mohammed VI ne soit pas limitée à l’acte d’investir, mais qu’elle soit étendue au financement de l'exploitation des entreprises. Une suggestion à laquelle le ministre des Finances oppose un niet catégorique.
La CGEM a organisé, jeudi 11 février, une conférence pour présenter ses priorités pour l’année 2021. Le patronat a défini six priorités, dont la première est l’appui à l’entreprise par l’opérationnalisation de la stratégie de renforcement des fonds propres via le Fonds Mohammed VI.
Vice-Président de la CGEM, Mehdi Tazi s’est arrêté sur ce point en émettant quelques remarques ou des réserves.
La première concerne la rapidité de la mise en place du fonds généraliste et des fonds thématiques qui en découlent, et dont les décrets sont en cours d'approbation. « Si ça prend trop de temps, ça viendra trop tard parce que les entreprises ne seront plus là pour qu'on les sauve », alerte-t-il.
Deuxième point sur lequel le VP du patronat a voulu attirer l’attention des pouvoirs publics : le périmètre d’intervention du Fonds Mohammed VI et de ses véhicules thématiques.
« Il y a un autre principe sur lequel on attire l'attention. Si ces fonds sont dédiés uniquement à l'investissement ça ne servira qu'à une petite partie des entreprises parce que beaucoup d'entreprises ont besoin de fonds propres ou de quasi-fonds propres pour le fonctionnement, parce que les entreprises qui investissent aujourd'hui, il y en a moins qu'avant, du moins pendant cette phase. Et donc il faut aussi aider les entreprises dans leurs coûts de fonctionnement », a lancé Mehdi Tazi, demandant au passage à l'Etat d’impliquer la CGEM dans le processus de structuration de ces différents fonds.
Pour Benchaâboun, ce Fonds sert l’investissement et pas autre chose
Cette réserve émise par Mehdi Tazi n’est pas anodine. Car depuis le lancement du projet du Fonds Mohammed VI en août dernier, le ministre des Finances a toujours insisté sur le rôle de ce mécanisme de financement qui sera là pour appuyer exclusivement des projets d’investissement.
Un point que nous confirme l’argentier du Royaume dans un échange avec Médias24. A notre question de savoir si les interventions du Fonds Mohammed VI seront liées exclusivement à l’acte d’investir ou si elles peuvent également servir à financer les besoins de fonctionnement des entreprises, Mohamed Benchaâboun nous répond en quatre mots, et sans émettre le moindre commentaire : « Fonds Mohammed VI pour l’investissement ».
Quatre mots qui ne sont autres que le nom officiel de cet instrument de financement et qui veulent tout dire.
Cette réponse est d’abord un niet au souhait émis par le patronat, et elle confirme tout ce que le ministre a soutenu jusque-là dans ses sorties parlementaires ou médiatiques.
La dernière en date : son intervention lors de l'événement Les Matins HEC, le 29 janvier, où il a bien précisé le rôle et le périmètre d’intervention du Fonds.
« Ce Fonds doit servir de catalyseur à l’investissement. L’Etat s'est engagé à y injecter 15 MMDH et à mobiliser des financements de l'économie à hauteur de 45 MMDH. Et puis bien évidemment l'investissement lui-même sera plus important », avait-il expliqué.
Et d’ajouter : « Sur le principe de fonctionnement, l'interface sera le système bancaire parce qu'il faut qu'il y ait des projets d'investissement étudiés. Le financement se fera sous forme de décaissements de la part du Fonds. Il y aura de l’investissement donc des crédits d'investissement seront débloqués par les banques ».
Même langage tenu au Parlement lors de la présentation, le 11 août dernier, par le ministre du projet de création du Fonds Mohamed VI. Et qui n’a pas bougé d’un iota depuis…
>> Lire aussi : Le décret portant création du Fonds Mohammed VI adopté par le gouvernement
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