Commune de Fès : Le bilan du PJD violemment attaqué par l’Istiqlal

Pour son 4ème bilan des grandes communes du Maroc, Médias24 a donné la parole à un membre de la majorité PJD et à un autre de l’opposition Istiqlal qui gèrent la ville de Fès. Là-encore, Mohamed El Harti, 3ème vice-président du conseil de la ville, se veut laudateur sur les réalisations de son parti depuis 2015 tandis que Allal Amraoui estime que c’est le pire bilan de l’histoire de la ville.

Commune de Fès : Le bilan du PJD violemment attaqué par l’Istiqlal

Le 17 mars 2021 à 18h37

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Pour son 4ème bilan des grandes communes du Maroc, Médias24 a donné la parole à un membre de la majorité PJD et à un autre de l’opposition Istiqlal qui gèrent la ville de Fès. Là-encore, Mohamed El Harti, 3ème vice-président du conseil de la ville, se veut laudateur sur les réalisations de son parti depuis 2015 tandis que Allal Amraoui estime que c’est le pire bilan de l’histoire de la ville.

Après 3 articles sur les communes de RabatMarrakech puis Tanger, Médias24 s’intéresse au bilan des équipes qui s’affrontent dans la capitale spirituelle du Maroc depuis 6 ans. Nous avons donc contacté les deux grands partis du PJD et de l’Istiqlal qui nous livrent comme il se doit des bilans qui diffèrent totalement.

Le PJD a développé les canaux de communication avec les Fassis

Mohamed Harti, 3ème lieutenant du maire Driss Azami Idrissi, se veut plus que positif sur les changements entrepris depuis l’arrivée de l’équipe du PJD à la tête de la commune de Fès.

« La manière de travailler a complètement changé avec une nouvelle approche administrative pour mieux servir les citoyens et leur offrir des services de qualité avec du respect et de la transparence.

« Dans le cadre du nouveau concept de smart-city, nous avons diversifié les canaux de communication avec les habitants avec des numéros WhatsApp ou sur internet grâce à la création de l’application « Jepréservemaville » qui permet de recueillir toutes les réclamations des Fassis.

« Le mode de gouvernance a également évolué avec une démarche consultative et participative qui facilite la communication et les interactions entre les habitants de la ville et leurs élus communaux.

« Légalisation à distance et disponibilité du maire »

« Nous avons introduit la légalisation à distance des documents administratifs avec l’aide d’une start-up marocaine.

« Toutes nos annexes sont désormais équipées de machines qui délivrent à distance aux citoyens tous les documents qui demandaient auparavant une longue attente.

« Nous avons initié la même méthodologie de travail basée sur la disponibilité avec les habitants de la ville qui sont reçus en cinq minutes et sans rendez-vous avec le président du conseil ou ses adjoints.

« Le conseil a débloqué plusieurs dossiers de terrains en indivision »

« En termes de transparence, nous avons liquidé un grand nombre de dossiers qui trainaient comme le cas de ces propriétaires d’un terrain en indivision qui voulaient récupérer leur titre depuis 12 ans.

« Idem pour le projet Oued Fès entrepris par la société MedZ dont le terrain qui était bloqué depuis des années a été réglé grâce à l’aide de notre équipe.

Des primes à l’emploi et des subventions pour développer le tourisme

« Ayant hérité d’une zone offshore remplie à 25%, nous avons octroyé 6 millions de dirhams de primes à l’emploi à des sociétés de plus de 50 employés, qui ont permis de passer à un taux de remplissage de 100% et à la construction d’une 2ème tranche pour accueillir davantage d’entreprises.

« Pour développer le tourisme étranger et national, nous avons été approchés par une compagnie aérienne qui était prête à ouvrir le ciel de Fès et à créer 14 nouvelles liaisons européennes et locales.

« La commune a convaincu la région de subventionner avec elle cette compagnie ce qui a permis d’obtenir 48% d’arrivées en plus et plus d’un million de passagers dès 2016 à l’aéroport de Fès.

« Nous avons également œuvré pour accueillir de nombreuses entreprises étrangères comme Alstom dans un lotissement industriel qui a embauché de nombreuses personnes diplômées.

De nouveaux espaces verts qui ont coûté des dizaines de millions de dirhams

« Les espaces verts n’ont pas été oubliés avec une superficie qui a beaucoup augmenté depuis 2015.

« Sur la route de Meknès où nous avions deux lotissements appartenant à la commune, nous avons consacré aux jardins et terrains de jeux une bande de 25 mètres qui a coûté une perte de 50 MDH.

« Nous avons aussi rénové l’ancien jardin botanique de 7 hectares, qui était complètement délabré.

Les dettes de l’ancienne équipe communale en voie d’apurement

« Il faut rappeler que nous avons dû rembourser une bonne partie des crédits hérités de l’ancienne équipe qui avait endetté la ville soit près de 1 milliard de dirhams sur 1,6 milliard de dirhams.

« En effet, la commune qui avait besoin d’un terrain pour réaliser un chantier d’utilité publique ne s’embarrassait pas de lancer une procédure d’expropriation. Elle se servait et en retour était attaquée en justice par les propriétaires ce qui coûtait bien plus cher avec pénalités et majorations. Là-encore, nous avons remboursé 50 millions de dirhams soit 35% des 130 hérités à notre arrivée.

Une nouvelle SDL pour faciliter le stationnement

 « Afin de faire face à la saturation des espaces de stationnement, nous avons créé la société de développement local (SDL) Fès Parking qui a permis de faciliter la vie des automobilistes.

« Basée sur la technologie, elle offre un service de stationnement payant par smartphone, soit directement par l’automobiliste soit auprès d’anciens gardiens de voitures que nous avons embauchés et équipés d’un terminal de paiement en lieu et place d’un horodateur classique.

« 68.000 points lumineux seront remplacés par des ampoules économiques »

« La commune a également créé une SDL dont la vocation est l’économie d’énergie pour l’éclairage public mais elle n’a pas encore démarré à cause de la pandémie actuelle qui a tout bloqué.

« Sa mission sera de changer les 68.000 points lumineux de la ville pour économiser 60% de la facture de la consommation électrique grâce à des ampoules LED », se félicite l’élu en évoquant un travail colossal accompli par l’équipe du PJD.

« Les électeurs voteront encore pour le PJD »

« C’est un travail de fond et de longue haleine qui profitera à toutes les équipes suivantes.

« Sachant que la ville est un chantier qui progresse tous les jours, les habitants ne se tromperont pas au moment de glisser leur bulletin dans l’urne au prochain scrutin communal », conclut El Harti qui se dit très optimiste aussi bien au niveau local que national pour une nouvelle victoire du PJD.

« Le pire bilan de l’histoire de la commune »

Sollicité à son tour, Allal Amraoui, élu Istiqlalien qui appartient à l’opposition, n’adhère, comme il se doit, pas du tout au bilan dressé par le 3ème vice-président du conseil de la ville.

« Sans exagération aucune, 2015-2021 a sans doute été la pire période qu’a connu notre ville depuis le début de l’histoire du fonctionnement des communes du Maroc. En effet, Le PJD est resté sourd aux doléances des habitants et a arrêté toutes les actions entreprises par l’ancien conseil.

« De plus, il y a eu un recul de tous les indicateurs dans tous les secteurs comme l’éclairage.

Une décharge prometteuse en termes de production d’énergie propre cassée en plein vol

« Ainsi, il y a lieu de citer le projet de décharge contrôlée qui a démarré au début des années 90 et qui était un modèle dont la commune pouvait être fière, même au niveau international.

« Quand elle a été lancée, il était question de recycler ses ordures dans la perspective de produire de l’énergie propre et en 2014, elle a pu en effet produire 2 mégawatts pour l’éclairage public de Fès avec un potentiel de 6 MW, alors que l’éclairage total de la ville ne dépassait pas les 4 mégawatts.

« S’il avait continué, ce programme aurait pu couvrir toute la consommation de l’éclairage public et utiliser le surplus pour d’autres utilités.

« Au lieu de ça, le PJD a arrêté ce projet en 2016, soit un an après son arrivée à la tête du conseil. Aujourd’hui, alors que l’on pourrait produire 6 mégawatts, nous en avons zéro.

« Aucun nouvel espace vert n’a été créé en 6 ans »

« Contrairement à ce qu’affirme l’équipe actuelle, la ville a changé de visage grâce à l’action de l’ancienne équipe qui avait mis en place une vraie politique de mise à niveau », dénonce l’élu en niant la création de tout nouvel espace vert grâce à la majorité communale menée par le PJD.

« Quand on parle de nouvel espace vert, il ne suffit pas de parler mais de les nommer. Or à ce jour, il n’y a eu aucun nouveau jardin ou parc dans notre ville », dément le docteur Amraoui.

Un rétropédalage du PJD sur l’éclairage public qui va coûter beaucoup d’argent

Sur l’opération en cours de remplacement des ampoules classiques par des Led pour l’éclairage public, Amraoui tient à rappeler que l’ancien conseil avait obligé les lotisseurs à équiper les lampadaires d’ampoules économiques dans le cadre de leur cahier des charges.

« Dès leur première réunion, ils ont enlevé cette obligation en donnant le choix aux lotisseurs d’équiper les lampadaires en ampoules classiques à bas prix ou de type Led plus chères.

« Ce n’est qu’en 2018 qu’ils ont décidé de revenir à notre décision mais comme en 3 ans, de nombreux terrains ont été lotis avec des milliers d’ampoules classiques, je vous laisse imaginer le coût de leur remplacement », précise non sans ironie notre interlocuteur.

La nouvelle SDL Fès Parking ramène moins de recettes qu’en 2015

Sur la création de la SDL Fès Parking, Amraoui reconnaît que l’ancien système de rétribution des parkings était mal organisé et limité en termes de recettes avec seulement 6,6 millions de dirhams.

« En 2018, le PJD a ramené une société franco-italienne à qui il a offert la gestion de tous les parkings de la ville dans le cadre d’un appel d’offres contraire à la loi et qui est actuellement en justice.

« Avant, les automobilistes payaient 2 dirhams pour un jour de stationnement alors qu’aujourd’hui, le prix est de 2 dirhams de l’heure et de 20 dirhams pour une journée de parking. Mais cela n’empêche pas cette SDL de donner à peine 6 MDHS à la commune contre 6,6 dans l’ancien système.

« Depuis qu’elle a adopté ce système, la commune n’a plus le droit d’encaisser les recettes d’autres parkings publics, ce qui occasionne une perte sèche de 15 MDHS qui vont dans les poches d’inconnus

Une SDL qui n’a fait aucun investissement et n’a embauché personne

« Le problème est que la société n’a fait aucun investissement en dehors d’une simple application qui oblige les automobilistes à disposer d’un smartphone connecté à internet pour payer le service.

« Contrairement à ce qu’il prétend, la SDL n’a embauché personne pour les automobilistes qui n’ont pas de smartphone, ce qui les empêche donc de payer leur droit au stationnement.

Une application non autorisée qui risque de fliquer les automobilistes

« De plus, il faut préciser que l’application qui doit être téléchargée dans un smartphone contient de nombreuses données personnelles (nom, adresse, téléphone, banque …) des utilisateurs et peut par conséquent devenir un outil de flicage qui retrace tous leurs déplacements sans aucune autorisation », dénonce Amraoui qui ne comprend pas le choix de cette SDL.

L’abstention risque encore une fois de profiter au PJD au prochain scrutin

A la dernière question portant sur les chances du PJD d’être réélu, l’Istiqlalien avance que tout dépendra de la mobilisation des électeurs qui sont écœurés des promesses non tenues.

« Les électeurs de la ville sont poussés à ne pas voter pour le plus grand bénéfice du PJD qui possède un électorat fidèle, même s’il ne représente qu’une infime partie de la population marocaine », conclut Amraoui qui espère que les Fassis prendront conscience des limites du PJD …

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