Dar Bouazza : Voici les raisons des démolitions, selon un responsable de la région

Projet de réaménagement de la côte, occupation illégale du domaine maritime, insécurité..., voici les raisons derrière la démolition des cafés, écoles de surf et kiosques à Dar Bouazza, selon un responsable au niveau du Grand Casablanca.

Dar Bouazza : Voici les raisons des démolitions, selon un responsable de la région

Le 19 mars 2021 à 17h51

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Projet de réaménagement de la côte, occupation illégale du domaine maritime, insécurité..., voici les raisons derrière la démolition des cafés, écoles de surf et kiosques à Dar Bouazza, selon un responsable au niveau du Grand Casablanca.

Après une tournée à la commune, jeudi 18 mars, où notre équipe n’a pu obtenir aucune explication, un responsable au niveau du Grand Casablanca a accepté de revenir sur l’enchainement des faits qui a conduit à la décision administrative de raser 17 kiosques, cafés et écoles de surf à Dar Bouazza.

Réaménagement de la côte

Selon notre interlocuteur requérant l’anonymat, les démolitions du mercredi 17 mars entrent dans le cadre de la poursuite de la mise à niveau du littoral de la région Casablanca-Casablanca dont la convention avait été signé le 26 septembre 2014.

En effet, il faut rappeler qu’une convention, dotée d’un budget de 700 millions de dirhams, prévoit l’aménagement des corniches de Dar Bouazza, Aïn Diab, Aïn Sebaâ et de Mohammédia dont une partie du programme a été bouclée et l’autre dont celle de Dar Bouazza est toujours en cours.

Les gérants expulsés ne disposaient pas d’autorisations du ministère de l’équipement

Interrogé sur ces destructions qui ont choqué les restaurateurs et gérants d’écoles de surf, notre source tient à préciser que contrairement à ce que nous affirmait l’exploitant du restaurant L’Maestro, la commune n’est pas habilitée à donner des autorisations d’occupation du domaine public maritime.

Sur la validité de l’autorisation temporaire accordée verbalement par les responsables de Dar Bouazza aux gérants des espaces détruits, il insiste sur le fait que la commune n’est pas habilitée à agir sur le domaine public maritime pour la bonne raison qu’il ne fait pas partie de ses attributions. Ces exploitants étaient tout simplement « tolérés » par la commune, selon lui.

« Les autorisations sont délivrées par le ministère de l’équipement et comme votre interlocuteur n’en a absolument pas parlé, il est évident que ni lui ni les autres exploitants d’espace commercial ne disposaient de cette autorisation qui permet d’occuper légalement une partie du domaine maritime.

« Dès la nuit tombée, Dar Bouazza devenait un coupe-gorge »

« Hormis l’absence d’autorisation délivrée par la seule administration habilitée à gérer les activités sur le littoral, l’exécution de la décision administrative de démolition s’explique surtout par la multiplication d’actes licencieux qui se passaient dès que la nuit tombait dans cette zone côtière.

« En effet, il n’est pas exagéré de dire qu’à partir d’une certaine heure, cet endroit effectivement très calme et sécurisé la journée se transformait en un véritable coupe-gorge avec de la prostitution et des fêtes alcoolisées à l’origine de plusieurs troubles qui remettaient en cause la quiétude des habitants.

« Dans un état de droit, il est intolérable que certains puissent occuper illégalement un espace protégé du domaine public maritime, qui plus est en causant des troubles à la sécurité », dénonce notre interlocuteur en ajoutant que les aménageurs du grand Casablanca ne prendraient certainement pas sans raison solide la décision de détruire un projet porteur de valeur-ajoutée comme une école de surf.

Expansion croissante des exploitants tolérés

« Pour les exploitants tolérés, il y a lieu de préciser que les espaces qui avaient été mis à leur disposition n’ont pas cessé de s’étendre sans accord préalable.

« D’ailleurs, il y avait la même situation sur la côte de Aïn Diab avant le réaménagement de sa corniche qui a mis un coup d’arrêt à ces pratiques illégales d’occupation croissante du littoral.

« Les négociations pour déloger les nombreux kiosques sauvages qui ne disposaient d’aucune autorisation avaient fait perdre près de deux années aux responsables du réaménagement de Aïn Diab.

« La décision de détruire les petites baraques en bois de Dar Bouazza s’explique donc aussi par le fait que leurs gérants ont pris leurs aises et se sont progressivement étalés sur un espace public protégé.

« Une mafia qui facture aux riverains la vue sur la mer »

« Certains se sont même permis d’installer des pneus très loin des limites de leur commerce afin que personne ne puisse plus poser une chaise ou une serviette sans leur verser un droit de présence.

« A la longue, c’est devenu une véritable mafia où les riverains ne pouvaient plus profiter de la vue sur la mer.

« Il fallait payer 50 dirhams pour une famille de 4 personnes sans aucun service rendu en dehors de pouvoir admirer le coucher de soleil de Dar Bouazza », dénonce notre source pour qui les habitants de la commune et les simples passants ont le droit de disposer gratuitement de la cote sans se faire systématiquement arnaquer à l’image des gardiens de voitures qui obligent les automobilistes à payer.

« Les anciennes écoles de surf sérieuses feront partie de la nouvelle corniche de Dar Bouazza »

Sur d’éventuels dédommagements ou recasement dans le cadre de la politique de réaménagement de la corniche, notre interlocuteur confirme qu’une partie du plan de réaménagement comprendra en effet des espaces ludiques et d’animation comme des écoles de surf pour certains exploitants sérieux.

« Sachant que Dar Bouazza est un spot international de surf, des endroits seront bien évidemment prévus pour accueillir des centres d’apprentissage mais qui soient dirigés par des vrais professionnels.

« L’étude en cours n’a pas encore été validée mais cela devrait se faire rapidement », conclut notre source sans toutefois donner un horizon et plus d’explications sur les exploitants qui seront aidés.

Ali Belhaj, ancien président de commune, dénonce le manque de concertation avant les démolitions

Appelé à donner sa lecture des démolitions à Dar Bouazza dont il a présidé le conseil communal entre 1992 et 1994, Ali Belhaj regrette la brutalité de la méthode utilisée tout en supposant que les intentions des promoteurs de la décision à l’origine étaient louables.

« J’imagine que le but était d’assainir la corniche mais il aurait dû y avoir davantage de concertation avec les concernés qui sont présents depuis des années et qui ne sont pas des clandestins.

« Recaser ces exploitants doit être une priorité du plan de réaménagement de la corniche »

« Reste à espérer que le réaménagement de la corniche n’aura pas lieu sans inclure ces gens qui font partie du paysage de la commune en particulier les écoles de surf, activité inhérente à Dar Bouazza

« Si on peut longuement débattre de la légitimité de leur présence, la seule chose qui importe aujourd’hui est de recaser ces personnes qui ont perdu leurs moyens de subsistance et qui apportaient une vraie plus-value à la commune », conclut Belhaj qui espère que l’élan de solidarité ne sera pas vain.

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