L’insertion sociale et professionnelle par le sport, le pari de l’ONG TIBU Maroc

Mohamed Amine Zariat, président-fondateur de l’ONG TIBU Maroc, estime que le sport est un levier apte à insérer socialement, mais surtout professionnellement, des jeunes défavorisés et en dehors des circuits scolaires et des formations, au Maroc mais pas seulement. A l’horizon 2030, l’association ambitionne de devenir "la locomotive du développement par le sport en Afrique".

L’insertion sociale et professionnelle par le sport, le pari de l’ONG TIBU Maroc

Le 24 mars 2021 à 16h51

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Mohamed Amine Zariat, président-fondateur de l’ONG TIBU Maroc, estime que le sport est un levier apte à insérer socialement, mais surtout professionnellement, des jeunes défavorisés et en dehors des circuits scolaires et des formations, au Maroc mais pas seulement. A l’horizon 2030, l’association ambitionne de devenir "la locomotive du développement par le sport en Afrique".

Comment faire converger le sport avec les politiques publiques et ainsi contribuer à résoudre des problématiques sociales ? Cette question, Mohamed Amine Zariat tente d’y répondre depuis dix ans avec l’ONG dont il est le président-fondateur, TIBU Maroc.

Et il semble y parvenir plutôt bien : depuis sa création en 2011, l’association compte désormais plus de 100 collaborateurs et gère 24 centres installés dans 17 villes, elles-mêmes réparties entre 11 régions. En plus de ces centres, l’ONG possède cinq types de structures : des centres d’éducation par le sport, des académies de sport et de leadership, des playgrounds d’autonomisation par le sport, une école de la deuxième chance orientée métiers du sport et une école HandiSport pour les enfants à mobilité réduite. Leur objectif : Favoriser l’insertion sociale et professionnelle par le sport – principalement le basketball, mais aussi le football, les arts martiaux, le fitness, le handball et le tennis.

Environ 250.000 enfants, adolescents et adultes, issus à la fois du monde rural et urbain, participent aux programmes élaborés par l’ONG, axés autour de l’empowerment, l’émancipation, l’éducation, l’insertion professionnelle et l’employabilité, ainsi que l’entreprenariat par le sport. La majorité sont marocains (dont plusieurs sont des mineurs migrants passés par l’Europe et de retour au Maroc) et environ une cinquantaine de migrants et réfugiés sont issus de la diaspora subsaharienne, notamment malienne, ivoirienne, sénégalaise, guinéenne, camerounaise et centrafricaine.

A l’horizon 2030, l’association ambitionne de devenir « la locomotive du développement par le sport en Afrique« , nous dit Mohamed Amine Zariat. Le premier « Sommet de l’éducation par le sport en Afrique » doit d’ailleurs se tenir du 3 au 6 avril prochain à Casablanca, Rabat, Dakhla et Laâyoune, « ainsi que dans les 54 pays africains via la participation virtuelle de plusieurs ONG africaines qui vont développer des activités à distance en raison du contexte sanitaire« , précise le responsable associatif.

« Le développement de l’industrie du sport doit être accompagné par des professionnels »

Au départ, c’est sa passion pour le basketball qui a motivé Mohamed Amine Zariat à se lancer dans la voie associative. « A la base, je suis joueur international de basketball. J’ai dû choisir entre les études et le basket… et finalement abandonner le basket. Lorsque j’étais étudiant à l’ISCAE (l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises, ndlr), j’avais organisé le tournoi international de basketball universitaire. C’est de là que vient le nom TIBU : T comme tournoi, I comme international, B comme basketball et U comme universitaire. Aujourd’hui, on se définit comme la principale organisation au Maroc dans l’éducation et l’insertion des jeunes par le sport« , nous explique-t-il.

Justement, comment le sport peut-il être un levier d’insertion ? « L’industrie du sport se développe au Maroc, notamment avec toutes les salles de sport, donc il y a un potentiel assez important. Il faut que ce développement soit accompagné par des professionnels, et c’est justement pour cela que nos programmes proposent une alliance entre sport, école et entreprise« .

Pour les jeunes de 18 à 35 ans, les formations dispensées durent une année : le matin, ils reçoivent des cours sur le coaching du sport, les langues (anglais et français), les outils Microsoft, l’entreprenariat sportif et l’évènementiel sportif. « L’après-midi, ils se rendent dans les entreprises avec lesquelles nous avons des partenariats pour se familiariser avec le monde professionnel. Au bout d’un an, ils ressortent avec un diplôme dans l’industrie du sport« , précise Mohamed Amine Zariat. A terme, les formations dispensées peuvent déboucher sur plusieurs métiers, notamment coach sportif, éducateur dans une association ou dans des écoles, entrepreneur dans le milieu du sport, journaliste sportif… En novembre dernier, Tibu Maroc et l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (Anapec) ont d’ailleurs signé un partenariat pour l’accompagnement des jeunes à l’insertion professionnelle par le sport.

Les évènements sportifs dans les quartiers, une porte d’entrée vers l’ONG

Concernant les mineurs, qui ne peuvent donc pas intégrer le marché du travail, ces derniers reçoivent un appui de l’ONG, qui se rend directement dans les établissements scolaires grâce à un partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale : « Beaucoup des jeunes que nous suivons sont des « NEET » : des enfants et adolescents qui ne sont ni à l’école, ni en emploi ni en formation. Le but, c’est de leur transmettre des compétences techniques, entrepreneuriales, comportementales, motrices, cognitives et socio-affectives, à travers un programme axé sur l’éducation et l’empowerment sur le sport. Cela leur permet de s’insérer dans la vie active de chaque jour, mais aussi d’assurer à terme une insertion professionnelle. Le sport a incontestablement un rôle à jouer : par exemple, pour les petits qui n’aiment pas les maths, on leur donne des cartes personnalisées avec des portraits de Ronaldo et Messi et on leur fait apprendre le calcul de façon plus ludique et stimulante, mais toujours dans l’objectif de leur transmettre des capacités.« 

Concrètement, comment ces jeunes, souvent précaires et désinsérés, peuvent-ils avoir connaissance de cette ONG ? Comment se fait-elle connaître auprès d’eux ? « Nous avons un écosystème composé de ministères marocains et de bailleurs de fonds internationaux issus des Etats-Unis, de l’Union européenne, des Pays-Bas, du Danemark et de l’Australie, ainsi que d’acteurs privés qui nous permettent d’assurer une pérennité financière. On travaille aussi avec les organisations publiques et les établissements scolaires publics et privés, avec des chercheurs universitaires et des acteurs de l’industrie du sport, notamment Décathlon et Planète Sport, pour insérer des jeunes dans nos programmes de métiers de sport. Cela nous permet d’avoir des partenaires fédérés sur nos missions. On est également présents sur les réseaux sociaux, mais aussi directement sur les plages, les quartiers, pour y organiser des évènements sportifs qui sont une sorte de porte d’entrée au sein de notre ONG« , explique Mohamed Amine Zariat.

L’ONG n’entend pas limiter ses activités au Maroc : « J’ai dû beaucoup voyager pour mener à bien cette ONG et j’insiste sur ça : il ne suffit pas de donner de l’argent ; il faut aussi faire voyager les bénéficiaires pour qu’ils découvrent d’autres pratiques, d’autres cultures, d’autres biais d’innovation, afin qu’à terme ils reviennent avec d’autres sources de financement internationaux et développent au Maroc des idées innovantes.« 

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