Greniers collectifs : Voici les sites à inscrire au patrimoine de l’UNESCO d’ici 2026

Le Maroc prépare l’inscription des greniers collectifs au patrimoine mondial de l’UNESCO. Médias24 révèle la répartition, le nombre et la typologie des sites qui devraient être inscrits. Selon Youssef Khiara qui dirige la département du patrimoine culturel, ce projet qui nécessitera plusieurs années de préparation et de négociations avec l’organisation internationale devrait aboutir en 2025 ou 2026.

Greniers collectifs : Voici les sites à inscrire au patrimoine de l’UNESCO d’ici 2026

Le 8 avril 2021 à 17h50

Modifié 11 avril 2021 à 2h51

Le Maroc prépare l’inscription des greniers collectifs au patrimoine mondial de l’UNESCO. Médias24 révèle la répartition, le nombre et la typologie des sites qui devraient être inscrits. Selon Youssef Khiara qui dirige la département du patrimoine culturel, ce projet qui nécessitera plusieurs années de préparation et de négociations avec l’organisation internationale devrait aboutir en 2025 ou 2026.

Après avoir inscrit neuf biens sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité, le ministère de la Culture a lancé samedi 3 avril un atelier constitué de plusieurs experts pour préparer l’inscription des greniers collectifs au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Constitution d’un noyau d’experts pour monter le dossier

Sollicité par Medias24 pour connaitre la durée du processus d’inscription des greniers collectifs du Maroc, le directeur du patrimoine culturel au ministère de la culture nous affirme d’emblée que la route sera longue, en précisant que certains dossiers déposés par d’autres pays à l’UNESCO ont demandé quatorze ans de traitement.

« En premier lieu, nous allons former un noyau de spécialistes (historiens, experts en patrimoine…) qui va piloter le projet.

« Lors de leur première réunion, ils vont étudier les étapes à accomplir pour monter le dossier d’inscription à l’UNESCO et établir un rétro-planning préalable.

« Il y aura donc un travail de sélection et d’inventaire avec des propositions chiffrées de restauration qui correspondent aux paramètres de sélection de l’UNESCO pour ne pas présenter n’importe quoi.

Un processus compliqué par la multiplicité des sites à inscrire

« Si notre dossier ne devrait pas prendre quatorze années, il faut préciser que cette nouvelle candidature est quand même bien plus complexe que les précédentes comme par exemple la dernière qui concernait l’inscription de Rabat sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité.

« En effet, contrairement aux 9 autres candidatures acceptées, celle des greniers collectifs est disséminée sur plusieurs sites géographiques qui sont au nombre de 554. Il faudra donc choisir les éléments les plus représentatifs et se réunir avec les communautés et les autorités locales.

« Le plus important dans cette candidature sera donc de trouver une formule magique pour développer un plan de gestion cohérent des centaines de greniers recensés, qui respecte les critères de sélection.

2 à 3 ans de préparation avant le dépôt définitif du dossier d’inscription

« Avant l’aboutissement de ce projet, l’inscription passera certainement par un long cheminement qui demandera au moins 2 à 3 années de travail acharné à partir d’aujourd’hui.

« La première formalité qui n’a pas encore été accomplie consistera à lancer la candidature marocaine sur une liste indicative de l’UNESCO à travers l’envoi d’un simple courrier.

« Une fois le projet avancé à mi-parcours, nous informerons alors les experts de l’organisation internationale de notre volonté d’inscrire ce bien sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité.

Le verdict de l’UNESCO n’aura pas lieu avant 2025 ou 2026

« Cela se fera dans un délai de 18 mois à savoir quand nous aurons des choses à présenter, pour que l’UNESCO puisse entamer une première évaluation du bien et juger du bien-fondé de sa candidature.

« En fonction des remarques, nous aurons peut-être à rectifier le tir pour préparer le dossier final.

« Une fois déposé, il nous faudra encore patienter car l’UNESCO a d’autres biens en attente d’évaluation, mais si la candidature est bonne, elle sera remise au secrétariat de la convention qui devra se prononcer dans un délai qui n’excédera pas deux ans, soit 2025 ou 2026 au plus tard », conclut Khiara qui n’exclut pas que la pandémie actuelle pourrait également retarder le processus d’inscription des 554 greniers collectifs présentés dans le paragraphe suivant.

Répartition géographique des biens à inscrire à l’UNESCO

Appelés Iguidar ou Ighermane, les greniers collectifs au centre du dossier d’inscription sont des constructions fortifiées où on emmagasinait des récoltes et des biens, comme l’argent, les bijoux, les armes, les actes adoulaires. En temps de conflits, ces greniers étaient convertis en sites refuges.

Souvent perchés sur des sommets inexpugnables, ils constituent un riche patrimoine culturel matériel et immatériel concentré surtout dans les étendues de l’Atlas et des vallées présahariennes du Maroc, à savoir l’Anti-Atlas, le Haut Atlas, le massif de Sirwa et la région d’El Faija.

Typologie des greniers-grottes

Composantes architecturales du Maroc dotées d’une organisation propre qui reflète un savoir-faire ancestral et un mode de vie particulier, les Iguidar ont connu une évolution spécifique suivant le contexte politique et socio-économique de chaque région et de chaque groupe humain.

Ainsi, les greniers grottes représentent la forme la plus ancienne et se répandent dans les vallées d’Awnil et de l’Imini près du village de Tazlaft (province de Ouarzazate) comme à ighrem Asaka, dans le versant septentrional du Haut-Atlas et dans la région de Tata à Ifri n’Aït Irziguen. Ils sont entièrement creusés à l’horizontale et accessibles uniquement par des échelles ou des cordes.

Un couloir mène à des cellules de plan ovoïdal et de dimension variable, et une cheminée verticale sert en même temps à éclairer les galeries et à communiquer avec les niveaux supérieurs. A l’extérieur, le passage était assuré au moyen de balcons de branchage entrelacés ou de roseaux tressés. Ils constituaient autrefois un élément important dans la vie des groupes sociaux transhumants en tant que lieu de sécurité et de stockage.

Les greniers de falaise

En second lieu, les greniers de falaise sont des constructions aménagées sur les parois des falaises quasi inaccessibles témoignant du génie de constructeurs qui savaient exploiter la notion de l’espace.

Ces greniers se concentrent dans la région du Haut Atlas central. Parmi les plus impressionnants, nous citons les deux vires de Tihouna n’Uwejjgâl, les cases superposées sur plusieurs niveaux d’Ighrem n’Ushtin et Ighrem n’Zerkan (Aït Abdi, Aït Chokhmane, Provinces de Beni Mellal, Azilal et Midelt). D’autres se dispersent dans la région entre Taliouine et Sirwa, comme Agadir Tizgui n’Ayt Ubial, Ifri n’Imadiden Isktane et vers le Sud Agadir n’Tighmert à Tata …

Les greniers de hauteur

Présents dans l’Anti-Atlas, le Haut Atlas occidental et central, les greniers de hauteur sont des édifices pitons épousant le sommet des collines qui surplombent un ravin ou même une vallée.

Difficilement accessibles en raison de la disposition topographique du terrain où ils furent érigés, ces dispositifs, outre leur vocation initiale de dépôt de denrées alimentaires, d’objets de valeur, de documents et d’armes, sont un lieu de surveillance et de repli lors des moments de siège et de crise.

Les greniers de plaine

Situés dans l’Anti-Atlas, les greniers de plaine sont souvent des bâtisses à couloir, de forme quadrilatère consolidées par quatre tours.

S’ils renferment également des cellules d’emmagasinement, leur situation permet aux habitants d’y réaliser des extensions importantes comme dans Agadir n’ Imchguiguiln, Agadir (Chtouka Aït Baha) et Agadir n’Tkida (Sidi Ifni) qui est un grenier de hauteur, Agadir n’Ikounka, Agadir n’Aglagal (Sirwa)…

Les greniers de village

De leur côté, les greniers de village (Iguidar) appartiennent à la catégorie la plus récente des greniers collectifs utilisés par un nombre réduit de familles habitant un endroit isolé qui les ont érigés pour répondre à des besoins de sécurité.

Utilisés pour stocker des aliments, des denrées et des biens précieux, ils sont construits au milieu des villages, entourés d’habitations, d’espaces publics pour assurer les besoins quotidiens en céréales, comme à Ighrem Aït Abdallah et Ighrem n’tzaleft, mais aussi dans le Haut Atlas central chez les Aït Bouguemaz, les Aït Mhammed et dans la vallée d’Anergui.

Les portes d’habitation

Hormis les greniers collectifs, les portes d’habitations du Sud marocain comptent également parmi les chefs d’œuvre du patrimoine mobilier qui constituent un héritage séculaire du monde amazigh.

Là-encore, l’espace géographique de ce patrimoine est disséminé sur tout le territoire en s’étendant du Haut Atlas jusqu’aux vallées présahariennes en passant par l’Anti-Atlas.

Les tablettes louh de la loi locale

En tout dernier lieu, le département ministériel présentera des tablettes louh qui représentent des lois et des règles qui incluent des procédures et des sanctions pécuniaires relatives aux violations d’honneur, vol, conflit ou à tout délit portant atteinte à la sécurité interne et externe de la tribu.

Chacune traite des aspects du crime et précisent son châtiment. Chaque région, tribu, village ou grande famille gère ses intérêts en se référant aux lois prescrites dans ses propres tablettes, sans porter préjudice aux intérêts de la tribu voisine ou de la région.

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