Le Maroc possède-t-il des drones d’attaque ? Eclairage d’un expert militaire

Quelques jours après le décès du chef de la gendarmerie du polisario, attribué le 5 avril dernier à une frappe d’un drone de l’armée marocaine, les FAR n'ont toujours pas officialisé cette information. Si certains médias algériens remettent en cause leur capacité à piloter un tel engin en l’attribuant à l’aide d’Israël, un expert militaire affirme que le Maroc a une expérience de 40 ans dans l’utilisation de cette technologie même s’il préfère passer sous silence ses acquisitions d’appareils d’attaques destinés à des missions secrètes.

Le Maroc possède-t-il des drones d’attaque ? Eclairage d’un expert militaire

Le 9 avril 2021 à 17h13

Modifié 11 avril 2021 à 2h51

Quelques jours après le décès du chef de la gendarmerie du polisario, attribué le 5 avril dernier à une frappe d’un drone de l’armée marocaine, les FAR n'ont toujours pas officialisé cette information. Si certains médias algériens remettent en cause leur capacité à piloter un tel engin en l’attribuant à l’aide d’Israël, un expert militaire affirme que le Maroc a une expérience de 40 ans dans l’utilisation de cette technologie même s’il préfère passer sous silence ses acquisitions d’appareils d’attaques destinés à des missions secrètes.

« Si le Maroc n’est pas censé faire savoir officiellement qu’il possède des drones d’attaque, qui sont des moyens secrets que toutes les armées refusent de divulguer, officieusement, il en est tout autre », nous déclare un expert militaire marocain qui a pourtant reçu l’ordre de ne pas communiquer sur ce sujet sensible.

En effet, hormis l’agence Reuters qui a annoncé récemment des négociations entre le Maroc et les États-Unis pour l’achat de drones Reaper MQ9, aucune source officielle n’a accepté de nous confirmer que les FAR disposaient déjà de ces appareils destinés à la surveillance et aux frappes aériennes.

« Les FAR disposent de plusieurs modèles d’attaque »

S’il a préféré faire l’impasse sur leur origine, notre interlocuteur nous a confirmé que le Maroc disposait actuellement de plusieurs modèles de ces bijoux de technologie équipés de plusieurs caméras et de capteurs de mouvements qui dépasseraient de très loin les modèles turc ou chinois.

« Le Maroc dispose d’une grande panoplie de drones dont certains de surveillance qui ont d’ailleurs été filmés ou photographiés dans des villes marocaines, comme à Dakhla par les agents du polisario. Mais à ce jour, aucun drone d’attaque marocain n’a pu être immortalisé en action.

« Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne dispose pas de modèles capables de détruire une éventuelle cible humaine.

« En réalité, tout laisse à penser que les FAR disposent depuis longtemps de nombreux drones d’attaque pour neutraliser des cibles ennemies grâce à un système de communication très perfectionné qui permet de partager en temps réel les images obtenues avec tous les corps d’armée.

Drone d’attaque, mode d’emploi

« Grâce à ses capteurs de mouvements, ses caméras infrarouges, ses outils de désignation d’une cible et enfin ses moyens d’auto-défense comme les brouilleurs de présence, le drone d’attaque permet de guider parfaitement une artillerie de n’importe quelle origine (air-terre-mer).

« A l’abri et sur son fauteuil dans un poste de commandement à distance où il reçoit les informations sur une cible potentielle fixe ou en mouvement, le pilote n’a plus qu’à appuyer sur un bouton pour la détruire ou simplement envoyer ses coordonnées GPS à un chasseur aérien ou à une batterie de missiles d’origine maritime, terrestre ou aérienne.

« Pour toutes les armées de la planète qui en disposent, les drones d’attaque ont plusieurs avantages qui présentent beaucoup moins de risque de pertes humaines et reviennent moins cher que l’utilisation d’un avion de chasse.

Sans confirmation officielle, la neutralisation du chef militaire du polisario reste hypothétique

« Sachant que l’opération qui a abouti au décès du chef militaire du Polisario n’a toujours pas été confirmée officiellement par le commandement des FAR, il est préférable, pour l’instant, de parler d’opération hypothétique.

« Ceci-dit, il ne faut pas écarter la possibilité que le dénommé Dah Lbendir ait été liquidé par ses pairs ou par ses mentors, ou alors qu’il ait simplement sauté sur une des nombreuses mines de la région.

« La question reste posée quand on sait que l’agence de presse du polisario a d’abord annoncé sa mort dans une dépêche officielle avant de la supprimer sans explications, quelques heures plus tard », s’interroge notre expert.

Un silence qui peut avoir plusieurs raisons

Sur le silence des FAR relatif à l’opération qui a abouti au décès du chef militaire du Polisario, notre spécialiste affirme que les militaires marocains préfèrent suivre les modèles chinois et israélien qui ne communiquent jamais sur ce genre d’opération estampillée secret-défense.

« En effet, il est bien plus efficace de travailler discrètement plutôt que de mener des grands shows médiatiques comme notre voisin de l’Est qui n’arrête pas de multiplier les grands défilés militaires à la télévision.

« Ainsi, l’opération marocaine qui a permis de sécuriser la zone de Guergarat n’a pas été filmée alors que de son côté, l’Algérie a choisi de montrer ses muscles avec des manœuvres militaires le plus souvent dépassées.

« Ce silence est peut-être aussi dû au fait que les négociations d’achat de drones Reaper MQ9 avec l’administration Biden n’ont pas encore abouti, sachant que le parrain algérien du polisario fait de son mieux pour bloquer leur vente sous prétexte que les FAR les utiliseront pour tuer des populations civiles.

« Les FAR sont les pionnières des drones de la région MENA »

Interrogé sur certains articles algériens qui accusent les FAR d’avoir sous-traité l’utilisation d’un drone à Israël faute d’expertise en la matière, notre expert affirme que le Maroc est le premier pays de la région MENA à s’être intéressé à l’utilisation de drones et à en avoir acquis.

« Encore une fois, il est facile de spéculer sur la nationalité israélienne des drones de l’armée marocaine alors qu’aucune information officielle n’a pour l’instant jamais confirmé l’acquisition de ces redoutables appareils d’attaque.

« Non seulement le personnel des FAR est formé depuis de nombreuses années au pilotage de ces drones d’attaque mais il fait également partie des meilleures compétences mondiales en la matière.

« Ainsi, aujourd’hui, le Maroc peut se targuer d’avoir des années d’expérience au niveau du pilotage mais aussi de la technique, car son armée s’est familiarisée et utilise depuis plus de 35 ans cette technologie pour des missions de surveillance.

« En effet, les FAR disposaient déjà dans les années 90 d’appareils britanniques Sky Eye R4E 5O qui servaient à surveiller les mouvements ennemis au-delà du mur de sécurité du Sahara marocain et à guider l’artillerie quand il le fallait.

« La doctrine militaire du Maroc exclut toute intervention étrangère »

« Pour ce qui est des accusations d’utiliser du personnel israélien, la doctrine des FAR est on ne peut plus claire : elle refuse d’utiliser des éléments étrangers sur les premières lignes d’attaque car même pendant la guerre au Sahara, le Maroc n’a jamais fait appel à des militaires étrangers.

« Ce n’est pas le cas des Algériens qui ont longtemps utilisé des mercenaires cubains pour les épauler et qui aujourd’hui dépendent fortement de l’aide d’attachés militaires russes notamment pour entretenir leur matériel.

« Si le Maroc fait parfois appel à des coopérants étrangers pour le service après-vente lors d’achats de nouveau matériel, aucun étranger ne mène d’opérations militaires dans l’intérêt du Maroc aux côtés des FAR », conclut notre source en ajoutant qu’il préfère travailler seul et dans la discrétion …

 

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