Campagne agricole: les cultures évoluent favorablement

La campagne agricole continue d'évoluer dans de bonnes conditions. Les pluies de ce mois d'avril ont des effets bénéfiques pour plusieurs cultures. La campagne sera probablement excellente.

Campagne agricole: les cultures évoluent favorablement

Le 14 avril 2021 à 20h26

Modifié 15 avril 2021 à 13h11

La campagne agricole continue d'évoluer dans de bonnes conditions. Les pluies de ce mois d'avril ont des effets bénéfiques pour plusieurs cultures. La campagne sera probablement excellente.

En fin de cycle, les céréales profitent des pluies de ce mois d’avril pour la poursuite du remplissage des épis, avant la maturité et les moissons, nous explique Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome.

Ces pluies sont également bénéfiques pour l’amélioration du poids spécifique et de la qualité des graines récoltées.

Même constat pour ce qui est des légumineuses, notamment les pois chiche actuellement en fin de cycle. Notre interlocuteur note, toutefois, une superficie moins importante en légumineuses cette année. « Après une année difficile, les agriculteurs ont cultivé la plupart des parcelles (considérées comme jachères) en céréales », explique-t-il.

L’effet positif des précipitations est indéniable pour l’arboriculture, poursuit M. Guennouni, citant l’exemple de l’olivier, actuellement en pleine floraison, nécessitant un apport en engrais, un arrosage dans les zones irriguées et un traitement contre les maladies et les ravageurs, notamment l’œil de pont et la mouche de l’olivier.

Interrogé sur l’importance de la production, au terme de l’actuelle campagne, cet expert la lie au travail effectué et au traitement suivi par chaque agriculteur.

La satisfaction est partagée par le conseiller agricole Moussa Kadouri, qui se réjouit du bon déroulement de la campagne, depuis les préparatifs du sol, passant par les labours, et jusqu’à la récolte.

Les précipitations qu’a connues le Royaume ont eu un effet positif sur le cycle végétatif de toutes les cultures, notamment les céréales d’automne, actuellement en stade de remplissage du grain dans la plupart des régions, réaffirme-t-il.

Les travaux et les soins culturaux se poursuivent pour les cultures printanières comme le maïs, la pomme de terre, le haricot vert, le coing et les courges de plein champ qui profitent, pleinement, de l’apport pluviométrique, d’autant plus qu’elles sont conduites, le plus souvent en bour, explique M. Kadouri. Les préparatifs pour la tomate de plein champ sont également en cours.

Gare aux pluies tardives !

Bien qu’elles soient bénéfiques, surtout pour l’arboriculture, les pluies tardives peuvent avoir un impact négatif sur les céréales.

« A quelques semaines des moissons, elles sont parfois accompagnées de levée de mauvaises herbes en fin de cycle, pouvant fausser les procédures de moisson », explique M. Guennouni. En effet, l’humidité favorise la germination sur épis et impacte la qualité de la récolte.

Notre expert ne néglige pas le risque que représente, par ailleurs, la grêle, d’autant plus que l’arboriculture est plus localisée en hautes et moyennes montagnes. La grêle risque d’endommager les cultures, d’où l’importance de l’installation des filets anti-grêle et d’autres systèmes de protection des parcelles.

Les bonnes perspectives se confirment

Au 25 mars dernier, le cumul pluviométrique moyen national s’élevait à 271,9 mm contre 286,9 mm pour la moyenne des 30 dernières années, soit une légère baisse de 5%, avait annoncé le ministère de l’Agriculture.

Du côté des barrages, tout usage confondu, le taux de remplissage s’élève à 50,9% à ce 14 avril 2021, contre 48,4% à la même date de l’année dernière. Des barrages affichent un taux de remplissage à 100% notamment Mokhtar Soussi (contre 42,3% l’année dernière) et Acharif Al Idrissi (65,4% en 2020).

Des pluies sont encore attendues pour les deux jours à venir.

Après la récole, place aux spéculations

Dans la foulée, Abdelmoumen Guennouni tient à soulever la problématique de commercialisation des céréales, le prix livré à la minoterie étant souvent bas.

Fixé par le ministère de l’Agriculture, le prix référentiel a un impact limité sur le prix de vente par les agriculteurs, puisque les intermédiaires et les organismes stockeurs fixent leurs propres montants et bénéficient d’une marge énorme, tirant le prix vers le bas, au détriment du bon et dur labeur, pour nombre d’agriculteurs qui fondent beaucoup d’espoir sur cette saison agricole, après les récoltes moroses de ces deux dernières années.

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